Auto-prise en charge populaire : 1 éclaireur des FDLR lapidé à mort à  Kirumba

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Pour suppléer à  l’incapacité du gouvernement congolais de sécuriser les populations civiles du Sud de Lubero, les survivants du génocide en cours  ont décidé d’aider le gouvernement congolais à sécuriser les personnes et leurs biens contre les génocidaires, les kidnappeurs et leurs infiltrés disséminées dans les grandes agglomérations, cités et villes de Beni-Lubero.

La première victime de cette auto-prise en charge populaire est un présumé  éclaireur des FDLR qui a été lapidé à mort dans la soirée de ce mercredi 13 janvier 2016 à  KAVOZA – ITSU, Quartier KASUNGANO, dans la ville de Kirumba, au Sud du Territoire de Lubero, Province du Nord-Kivu, R.D.Congo. C’est depuis une semaine que la rumeur de sa présence  était l’objet de toutes les causeries de la place. Repéré aujourd’hui dans l’après-midi par des fins limiers de la population locale, sa lapidation est intervenue quand ce dernier voulait entamer sa randonnée vespérale, à la recherche des leaders d’opinion de la place. Il était dans un groupe de 10 éclaireurs  FDLR armés de fusils et des machettes. Bien qu'ils soient armés, les 9 autres ont été maitrisés par la population avant d'être remis à la Monusco. 

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Une vue de Kirumba Town

Avant la lapidation du présumé  éclaireur FDLR, la ville de Kirumba était déjà  sous le choc du kidnapping d’un de ses habitants dont on a aucune nouvelle jusqu'à présent.

Depuis deux semaines, les leaders d’opinion du Sud du Lubero vivent dans la clandestinité à la suite d’un tract des FDLR menaçant de leur faire subir une mort publique infâme pour dissuader les autres de parler et de mobiliser la population contre les génocidaires qui encerclent aujourd’hui le Yiraland.

La population du Sud de Lubero fait ainsi un appel pathétique au gouvernement congolais ainsi qu’à la communauté internationale  de faire tout ce qui est à leur pouvoir de mettre fin au génocide des Nande sans tarder pour éviter des scènes de justice populaire et à la longue une guerre civile. Quand un peuple découvre qu’il est abandonné par tous, il se prend en charge contre tous les complices de son ennemi, ceux de l’intérieur comme ceux de l’extérieur.

Depuis le génocide de Miriki du 7 janvier dernier,  la population meurtrie du Sud de Lubero n’a pas reçu un seul message du Président de la République, du Gouverneur de Province, ni du perroquet national Lambert Mende.

 L’Union Européenne et l’Union Africaine qui qualifient bien ce qui se passe au Burundi de génocide, devraient s’intéresser aussi au génocide des Nande qui a déjà fait beaucoup plus des victimes que celui en gestation au Burundi. Selon le martyrologue de Beni-Lubero Online, 1197 victimes nande  documentés ont déjà péri  au Nord-Kivu depuis 2006. Il est temps que la justice internationale loge à la même enseigne Pierre Nkuruziza du Burundi  et Joseph Kabila de la R.D.Congo. En effet, tous les deux n’excellent-ils pas dans les massacres des populations civiles, des répressions sanglantes des manifestations pacifiques d’opposants, de fosses communes où sont jetées les victimes de la répression policière, le glissement au pouvoir… ? Entre le Burundi et la R.D.Congo, il ne devrait pas exister une politique de deux poids, deux mesures !

Depuis plus d’un an la population de Beni-Lubero y compris ses leaders politiques réclament  en vain une enquête internationale, nationale voire provinciale. En lieu et place de l’enquête, on voit les membres du gouvernement y compris ceux qui ont en charge la sécurité du pays, débiter des mensonges pour conforter  Joseph Kabila dans son refus  délibéré de faire connaître la vérité  sur le génocide des Nande en cours en Beni-Lubero.  

Les multiples visites du Président de la République et de ses ministres n’ont jamais eu de retombées positives sur la situation sécuritaire de Beni-Lubero. Au contraire, les massacres les plus odieux se commettent pendant ou juste après les visites du Président de la République et de ses ministres. Le génocide en cours en Beni-Lubero est militaire. Il devrait avoir une solution militaire.  Le mode opératoire des  humanitaires, bras séculier des grandes puissances, qui cherchent à résoudre le conflit armé congolais par des séminaires, des projets d’adduction d’eau, l’apprentissage de la coupe et couture aux femmes… a montré ses limites. A conflit militaire, solution militaire. Dawa ya moto ni moto !

Kakule KIVOTO

Kirumba

©Beni-Lubero Online

Email: benilubero@benilubero.com

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