12 morts: Bilan du carnage au marché de Kiwanja

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Une semaine après le carnage des civils à Shabunda au Sud-Kivu, le Nord-Kivu vient d’enregistrer un carnage similaire par des militaires rwandophones le dimanche 15 janvier 2011 au marché de Mabungo, Cité de Kiwanja, en Territoire de Rutshuru. C’était vers 14h30, heure locale. Comme à Shabunda, ce qu’on appelle encore armée régulière et police locale n’avaient pas réagit pendant l’attaque comme après l’attaque de Kiwanja. Les assaillants en tenues militaires sont entrés à découvert au marché au marché et en plein jour avant d’ouvrir le feu sur les civils qui faisaient leurs achats de dimanche. La quiétude avec laquelle ils ont opéré laisse dire aux observateurs qu’il s’agissait d’un pillage et d’un massacre prémédité. 

Le bilan provisoire de l’attaque est de 12 morts dont 1 bébé de 8 mois, deux cambistes, 1 militaire congolais d’origine, 8 autres civils. Le nombre exact des blessés n’est pas encore connu d’autant plus que le carnage a provoqué une débandade au marché. Parmi les blessés graves qui ne pouvaient pas courir, on a compté 21, la plupart étant des mamans. 

Kiwanjacentre

                   Une manif dans les rues de Kiwanja ( Archives BLO)

Les observateurs refusent l’hypothèse selon laquelle les assaillants étaient des FDLR. La passivité de l’armée régulière et de la police locale est perçue comme un signe de leur complicité comme cela avait été le cas à Shabunda au Sud-Kivu. Le camp militaire de NYONGERA qui n’est pas loin du marché était très calme comme en temps de paix. D’où l’hypothèse répandue selon laquelle l’armée de l’occupation de la RDC utilise les étiquettes des groupes armés FDLR, ADF/NALU, LR, etc. pour tenter de camoufler ses macabres opérations et soustraire ses troupes de toute inculpation postérieure du tribunal de l’histoire. 

Le rôle de la Monusco dans cette extermination du peuple congolais n’est plus à démontrer. Arrivée au Congo en 1999, le bilan de l’extermination du peuple congolais est passé de 200 000/400 000 en 1999 à 8 millions des morts congolais en 2012. Autrement dit, il y a plus des morts après l’arrivée des troupes de l’ONU qu’avant leur arrivée. 

Le dernier rapport des experts étrangers de l’ONU sur les rebelles étrangers de l’ADF en territoires de Beni et de Lubero est tellement faux et tendancieux qu’il laisse entrevoir que l’ONU est mise en contribution pour tenter de justifier une attaque prochaine des populations congolaises de Beni-Lubero au motif qu’elles collaborent avec les rebelles ougandais ADF/NALU alliés aux jihadistes Somaliens El Shabab. Le pillulement des groupes armés en Afrique (FDLR, LRA, ADF/NALU, EL SHEBAB, BOKO HARAM, AQMI, TOUAREGS, etc.) semble être le cheval de Troie des grandes puissances pour imposer leurs diktats sur les pays où ils sont actifs. Ces groupes armés joueraient ainsi  le rôle de l’Al Qaeda au Moyen-Orient. Les pays où ses groupes armés sont signalés et où ils se révèlent être plus forts que les armées régulières sont obligés de signer des contrats avec les armées des grandes puissances pour leur sécurité. Dans la foulée, ils perdent leur autonomie militaire et sécuritaire. Après la RDC, le Mali et le Nigeria sont dans le collimateur de ceux qui utilisent des groupes armés pour re-coloniser un pays souverain.

Dire que les habitants de Beni-Lubero collaborent avec les ADF /NALU alors qu’ils sont leurs victimes est une moquerie de la communauté internationale à l’égard des congolais. Le conflit congolais a ainsi le mérite d’avoir démontré ce qu’est en réalité la communauté internationale, l’ONU et les experts internationaux : des caisses de résonance des intérêts des plus forts. 

Le régime de Joseph Kabila en dépit de son impopularité joue bien le jeu de ses intérêts des plus forts en livrant la RDC au pillage pour recevoir en retour une protection internationale.

L’opposition politique congolaise peine à trouver ses marques parce qu’elle veut remplacer le régime de Joseph Kabila pour continuer le même jeu malsain. Cette opposition politique congolaise cherche l’appui de la communauté internationale, et espère remplacer l’équipe de Joseph Kabila qui gagne aux yeux des gangsters de la communauté internationale. L’opposition politique congolaise se trompe de stratégie. Sa force est la population congolaise qui seule libérera la RDC. En effet, la population congolaise qui est la cible des attaques des milices couvrant l’armée d’occupation, a une vision réelle du conflit. Ce qui manque aujourd’hui à la population congolaise ce sont des leaders capables d’agir pour transformer le ras-le-bol du peuple congolais longtemps meurtri en arme de destruction massive de tous ses ennemis, et cela jusqu’à la victoire. 

Correspondance Particulière de Kiwanja

©Beni-Lubero Online

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