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Une sensibilisation par la Veranda Mutsanga à Butembo Photo BLO, par Georges NOKO

Massacres de Beni : La Veranda MUTSANGA interpelle…!

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Face à l’ampleur de l’insécurité à BENI, et compte tenue de l’insouciance et l’indifférence des Notables de BENI-Lubero, « TEMBOS YOTAMA de la Veranda Mutsanga » adresse une lettre aux Notables religieux de Beni-Lubero leur demandant de réunir d’urgence les notables de Beni- Lubero pour parler sans tabous des massacres qui se poursuivent dans l’espace de Beni-Lubero. Ci-dessous le contenu de cette lettre ouverte:

Objet : Rencontre urgente entre notables de Beni-Lubero

– A Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Butembo Beni ;
– Au Représentant Légal de l’ECC de Beni-Lubero ;
– Au Représentant Légal des Musulmans de Beni-Lubero ;

Excellences, Messieurs,

Par la présente, nous venons auprès de votre grande responsabilité et autorité pour vous demander d’organiser urgemment une rencontre entre les notables de Beni-Lubero sans tenir compte des tendances politiques, religieuses, sociales,…. , afin de décortiquer froidement sans polémiquer, la problématique de la «persistance et permanence de l’insécurité à BENI».


Du carnage récurrent dans les territoires de Beni et Lubero, faut-il vraiment en parler ou se taire ? En effet, tout humain épris de justice ne doit répondre à cette question que par l’affirmatif, et celui qui peut afficher un silence et/ou indifférence n’est qu’un complice. Mais alors, qui doit en parler ? « Les notables étant des personnes à qui leurs fonctions et position sociale donnent de l’influence dans les affaires publiques ou d’une région », sont parmi les bouches autorisées pour parler et chercher une solution sur l’insécurité qui perdure à Beni-Lubero.


Ce petit questionnement traduit simplement l’état d’un esprit fatigué et dépassé par les événements tragiques qui se passent en ville et territoire de BENI depuis 2014 en particulier et dans d’autres de l’espace Beni-Lubero en général, semblables si pas pire que ceux nous imposés par les arabes à travers la traite des noirs.


Tout ayant commencé en 2014 par des enlèvements, kidnappings par des «présumés ADF NALU », selon le vocable de ceux qui ont dans leurs charges la protection des personnes et de leurs biens, s’en étaient suivi les massacres sélectifs des habitants dans plusieurs villages en territoire avant que certains coins de la ville de Beni ne soient touchés. Les embuscades suivies des massacres, incendies des véhicules sur les routes MBAU KAMANGO, BENI KASINDI, BENI ERINGETI n’ont pas été du reste.
Devant ce drame qui a perduré, la population reste agenouillée par l’ennemi, elle pleure en silence sous les fortes intimidations violentes des FARDC et des Policiers contre les manifestants. En dépit des pleurs, cris de détresses, manifestations, dénonciations,…., les massacres se poursuivent jusqu’à ce que, les dirigés et les dirigeants ne tiennent plus le même langage pour le problème précis de l’insécurité dans cette région, le divorce avec l’autorité politico administrative est entrain d’être consommée au fil du temps. La confiance a tari complément au bout de ces 4 ans de carnage, pourtant on a assisté à une file indienne des délégations de haute facture de tout genre émanant de plusieurs coins : les délégations du gouvernement provincial, du gouvernement central voire même de la présidence, ainsi que des délégations internationales, ont multiplié des visites dans la région martyrisée de Beni, curieusement sans apporter la solution. Des religieux, des laïcs, des associations, des structures de la société civile,….., sont venus compatir avec les victimes, mais l’ennemi n’a fait que redoubler d’élan au fil du temps comme pour dire « je suis déterminé à agenouiller les Congolais de Beni-Lubero». Des pleures sans larmes de la part de la population, des longues marches à pieds, des déclarations des coordinations la société civile des villes meurtries, des appels à l’incivisme fiscal, des appels à des villes mortes, des mobilisations pour des journées de deuil, ….., pour forcer le gouvernement à mettre fin à cette tragédie qui est parvenue déshumanisé le congolais de Beni-lubero en banalisant la vie humaine dans cet espace, n’ont pas pu influencer un seul instant la position de l’ennemi qui visiblement reste déterminé et redouble ses efforts comme s’il était sûr de l’appui de ceux qui devaient le contraindre.
L’attitude des uns et des autres face à cette tragédie n’échappera jamais à l’histoire au point que tous, nous risquerons d’être coupables et responsables devant l’histoire. Au prélude des carnages de Beni, nous avons vu certaines personnes s’entre accuser sur les chaînes de radio.


Le Gouverneur du Nord Kivu avait indexé MBUSA NYAMWISI dans ses propos le pointant du doigt accusateur comme étant responsable des massacres de BENI, et de l’autre coté, le Chef de l’Etat qualifiera cette tragédie d’une petite affaire à laquelle il mettrait fin en un clin d’œil. A présent, le silence est devenu le seul mode opératoire de la part des autorités qui mettent beaucoup de temps à chercher à arrêter MBUSA NYAMWISI, à qui ils ont collé les massacres. Sans gans ni casques, à son tour, comme s’il avait des preuves, MBUSA NYAMWISI avait accusé le général MUNDOS d’être auteur des massacres de Beni en le taxant d’être à la fois chef des ADF NALU et des FARDC. Plusieurs experts de l’ONU avaient aussi pointé du doigt accusateur cet officier de l’armée nationale. Mais cette série d’accusations apparue comme un jeu de ping pong n’a nullement influencé l’arrêt des massacres à Beni.


Une série d’audiences publiques a été lancée par la cours opérationnelle de BENI avec l’éminent juriste, le général MUKUTU KIANA, qui a été suivi d’une série des condamnations des présumés ADF NALU, mais cela n’a presque pas influencé l’activisme des présumés auteurs des massacres qui endeuillent la région : les kidnappings des civils, les assassinats par armes blanches et fusils, l’incendie des maisons et des véhicules poursuivent leur bonhomme de chemin comme si de rien n’était et les pauvres citoyens ne savent plus à quel saint se vouer.


En un moment donné, l’honorable maire de ville de Beni, BWANAKAWA NYONYI, avait déclaré sur la voix des ondes, qu’il aurait reçu des messages indexant certaines personnes habitants de Beni Lubero d’avoir les dettes des présumés auteurs des massacres et que, pour eux égorger les pauvres citoyens c’est une façon de recouvrer leurs dettes. Pour cela, les concernés devaient rembourser leur argent pour que la paix revienne. Mais cela n’a pas aussi suffi pour faire arrêter les massacres dans l’espace de Beni-Lubero.


Excellences Chers leaders religieux, lorsque l’insécurité a surgi dans le KASAI avec le phénomène KAMWINA TSAPU, les notables de ce coin se sont vite mobilisés et se sont mis autour d’une table afin de parler le même langage pour voir comment d’une manière où d’une autre mettre fin à cette insécurité. La même mobilisation a été observée en province de l’ITURI lorsque les massacres ont débuté dans le territoire de DJUGU. Les notables HEMA, LENDU et NGITI s’étaient réunis s’urgence autour d’une table pour regarder dans une même direction, et exactement les massacres ont été stoppés net.


Par rapport à ce que doivent jouer comme rôle les notables face à un problème communautaire, pourquoi, bientôt 5 ans de massacres à Beni mais une indifférence doublée d’une insouciance collective semble caractériser les notables de l’espace de Beni Lubero ? Cela fait que l’on assiste à des accusations qui tombent comme une pluie. Si d’une part les autorités et certaines personnes mal intentionnées accusent certains notables et les habitants du milieu d’être complices de ces massacres, d’une autre part certains notables s’entre accusent.
Malheureusement toutes ces accusations ne profitent qu’à l’ennemi qui jusqu’à présent bénéficie d’un doute, puisqu’on l’appelle « présumé », et ces accusations n’influencent en rien l’arrêt des massacres des civils à Beni.


Chers leaders religieux de Beni-Lubero, compte tenu de tout ce qui précède, la Véranda Mutsanga, une structure citoyenne, Groupe de pression pro Démocratie :


1°/. Vous demande, en tant que coqs au milieu du village, face au calvaire persistant et permanent qu’endurent les fils de Beni-Lubero, de réunir urgemment les notables de Beni-Lubero, sans tenir compte de leur couleur politique, religieux, rang social,…, en se mettant autour d’une table sans complexe ni complaisance pour affronter froidement sans tabous en face, la question de l’insécurité de Beni en particulier et de Beni-Lubero en général à l’instar des notables de KASAI qui ont eu à apporter leur contribution pour la neutralisation du phénomène KAMWINA TSAPU ; les notables HEMA, LENDU et NGITI de l’ITURI ayant empointé le pas aux notables du KASAI, et leur prise de position commune a été un coup de pousse aux Forces Armées pour arrêter stop net le massacre dans cette partie de l’ex province orientale.


2°/. Exhortons les grands leaders notables religieux (Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Butembo Beni ; Le Représentant Légal de l’ECC à Beni-Lubero, ainsi que le Représentant des musulmans de Beni-Lubero ) de convoquer urgemment tous les notables de Beni-Lubero pour discuter froidement la question du génocide qui se poursuit, étant donné que la quasi indifférence collective des notables fait réfléchir l’opinion locale, nationale et internationale ; à cette occasion il faudra fixer l’opinion face aux accusations qui sont faites contre la communauté Nande pointant du doigt accusateur d’être auteur de notre propre malheur.
3°/. En cas de négligence de cet appel, l’opinion prendra acte et ne tardera pas à conclure de la responsabilité historique des notables de Beni-Lubero dans les massacres qui se poursuivent dans la région de Beni, et la véranda Mutsanga se réservera le droit de passer à la vitesse supérieure contre l’indifférence et insouciance complice de certains notables de Beni-Lubero.


Espérant que vous allez faire de notre cause la votre, nous vous prions d’agréer, Excellences, Messieurs, l’expression de nos sentiments de solidarité et de patriotisme.

Pour la Véranda Mutsanga

TEMBOS YOTAMA : +243 997799020

Transmis copie pour information à (aux) :
– Excellence Monsieur le Gouverneur du Nord-Kivu;
– Honorable Antipas MBUSA NYAMWISI
– Honorable Vénas KIPASA VANGISIVAVI
– Honorables Députés Nationaux et Provinciaux (originaires de Beni-Lubero),
– Excellences Messieurs les Ministres Nationaux et Provinciaux (originaires de Beni-Lubero)
– Conseillers du Chef de l’Etat (originaires de Beni-Lubero)

©Beni-Lubero Online.

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