50 sacs de drogue saisis au camp militaire de Rughenda/Butembo

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Une sagesse bien connue dit que le malheur ne vient jamais seul ! C’est le cas des militaires de la République Démocratique du Congo (Fardc en sigle) qui deviennent au jour le jour l’incarnation du mal congolais. Cette généralisation ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelques exceptions. Mais d’une manière générale l’armée congolaise a besoin d’être sauvée d’elle-même. Non seulement les militaires congolais sont accusés de tuer, violer, voler les congolais qu’ils sont supposés protéger, mais aussi comme on vient d’en avoir une preuve irréfutable, ils pratiquent le commerce de la drogue. Ce triste constat ressort de la saisie d’une importante cargaison de chanvre dans le camp militaire de l’aéroport de Rughenda/Butembo par le parquet militaire de Butembo le 17 mai 2011. Lors de cette perquisition, plusieurs colis estimés à près de 50 sacs de chanvre comprimé ont été saisis dans les domiciles des militaires du Camp de Rughenda.

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La drogue saisie au camp militaire de l’aéroport de Rughenda en Ville de Butembo

Ces colis de chanvre retrouvés dans des domiciles des militaires seraient destinés à alimenter le réseau des narcotrafiquants dans plusieurs villes du pays. Selon le Magistrat Charles MUYEZI, Chef du Parquet Militaire de Butembo, les épouses militaires dont les domiciles regorgeaient de cette cargaison échapperont aux sanctions judiciaires car elles ne sont pas dans une situation de flagrance. Selon la même source, les colis ont été saisis en l’absence des propriétaires des maisons, c’est-à-dire des militaires qui étaient en formation. Si cette clémence à l’égard des épouses des militaires peut s’expliquer car elles sont souvent victimes de leurs maris drogués, le fait de ne pas poursuivre en justice leurs maris militaires est diversement commenté en ville de Butembo. Pour les uns, Butembo n’est pas connu comme une plaque tournante de drogue au point qu’ils doutent que la drogue saisie soit produite à Beni-Lubero. Pour d’autres, le réseau de trafic de drogue appartiendrait aux chefs militaires hiérarchiques du Magistrat Muyezi au point qu’il ne peut pas interpeller ses chefs, hiérarchie militaire oblige. Les militaires et leurs femmes qui se chargent de la commercialisation de cette drogue ne sont que des intermédiaires dans un réseau plus vaste. Si tous saluent le courage du Magistrat Muyezi de révéler au public ce qui se cache dans les maisons des intouchables que sont les militaires congolais, le constat est qu’il s’est arrêté à mi-chemin de la justice. Sa décision de détruire la quantité de drogue saisie le vendredi 10 juin 2011 dans la cour de l’auditorat militaire de Butembo laisse le réseau des narcotrafiquants intact. Seule une poursuite judiciaire des militaires coupables pouvait aider au démantèlement du réseau et des toutes les caches de drogue non seulement à Butembo mais dans toutes les villes de la Province du Nord-Kivu et de tout le pays. Pourtant le jeu en valait la chandelle pour la formation d’une armée respectueuse des droits des citoyens et des lois nationales et internationales. En effet, il n’est pas impossible que la consommation abusive de la drogue soit souvent à la base de plusieurs bavures commises par les militaires. 

Interrogée au sujet du trafic de chanvre et autres stupéfiants, une épouse militaire qui a requis l’anonymat a confirmé que cette pratique est courante dans tous les camps militaires où elle a séjourné. Et d’ajouter que c’est l’irrégularité de la solde de leurs maris qui les pousserait à trouver un autre métier beaucoup plus rentable. Contredisant la présomption d’innocence brandit par le Magistrat Muyezi, cette épouse d’un militaire a dit que plusieurs épouses des militaires se livrent à l’importation et ou à la vente du chanvre et des boissons fortement alcoolisées dites Mbandule(Kintingi) pour nourrir leurs familles.

 Au sujet des lieux d’approvisionnement en chanvre, notre source a parlé du Graben le long de la frontière ougandaise, mais aussi des localités reculées du Territoire de Lubero telles Muhanga, Bunyatenge, Kasugho, etc. 

Ainsi, se rend-on compte que l’armée congolaise est encore loin de faire advenir en R.D.Congo un état de droit si elle est la première à violer les lois congolaises. Le Magistrat Muyezi est sur le bon chemin. Il a besoin de l’appui de tous pour ne pas s’arrêter en si bon chemin. Justice oblige !

Deogratias SIKU

Butembo

©Beni-Lubero Online

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