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 « Cote d’alerte aux Haut et Bas-Uélé » – Article d’Olivier le Bussy dans « La Libre Belgique » du samedi 1er août/MSF-Belgique s’alarme de la situation humanitaire au nord-est de la RDC.                                                    
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Attention : catastrophe humanitaire en cours et en voie d’aggravation dans les districts du Haut et Bas-Uélé. Selon MSF-Belgique, la population de cette région du nord-est de la République démocratique du Congo est victime d’une "stratégie de la terreur" menée par les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA pour Lord’s Resistance army) ougandaise, installé en RDC depuis 2005.
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Les offensives conjointes menées en décembre 2008 par l’armée ougandaise – dont la présence sur le territoire congolais est tolérée par Kinshasa – et les Forces armées de la république démocratique du Congo n’ont pas réussi à faire plier les rebelles chrétiens dirigés par Joseph Kony (visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, pour crime de guerre et contre l’humanité).
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Au contraire, puisque les rebelles chrétiens se sont rendus coupables de plusieurs massacres contre des civils congolais en représailles. "Les attaques contre la population ont pris une tournure qui a atteint un degré de gravité paroxystique", témoigne Luis Encines, coordinateur des opérations Grands Lacs pour MSF Belgique. Les meurtres, les pillages, les viols, les enlèvements d’enfants pour grossir les rangs de la LRA, ont poussé près de 200000 habitants du nord-ouest de la RDC – essentiellement des cultivateurs – à fuir leurs villages et leurs champs.
Les uns – entre 40 et 50 000 – se réfugiant au Soudan voisin, les autres se déplaçant à l’intérieur du Haut et du Bas-Uélé.
"A Faradje, 4000 déplacés se trouvent dans des camps ou s’abritent dans des bâtiments de fortune", explique Katharine Derderian, responsable de projet chez MSF, qui revient de la région. "Ils sont 10000 dans la ville de Niangara, mélangés à la population" de 90000 habitants. Katharine Derderian loue le sens de l’hospitalité et la solidarité dont font preuve les habitants de Niangara et Faradje, mais le partage des ressources a des limites. "Les conditions de vie se détériorent", avertit-elle.
L’insécurité persistante empêche les déplacés de retourner sur leurs terres, qui ne sont plus cultivées. "Tout le monde a fui très vite. Ces cultivateurs très attachés à leurs terres, ont raté la dernière récolte de mars-avril, alors qu’il n’y a déjà pas grand-chose sur les marchés", où l’inflation fait grimper les prix en flèches, commente Katharine Derderian.
Quant aux enfants, ils ne sont plus scolarisés, "parce que les parents ont trop peur de s’en séparer".
Le fait que le nord-est de la RDC est une région oubliée de l’administration congolaise, mais aussi des acteurs humanitaires, n’arrange rien à l’affaire. Les infrastructures sont insuffisantes, les médicaments manquent, de même que le personnel médical.
L’hôpital de MSF à Faradje compte 40 lits, celui de Niangara 50. Tout cela pour soigner de nombreux cas de paludisme, d’infections respiratoires, des patients atteints de maladies sexuellement transmissibles. Mais aussi de problèmes de gastrites et de maux généralisés, "indicateurs de conditions de vie difficiles, mais aussi du stress psychologique" auquel ont été soumis les déplacés, souligne Katharine Derderian, précisant que la moitié des gens soignés pour troubles psychiques "ont été confrontés directement à la violence de la LRA ".
Seule ONG internationale présente en permanence dans cette région, elle appelle les autres acteurs humanitaires à s’impliquer dans le Haut et les Bas-Uélé, où "les besoins sont énormes", dit encore Luis Encinas.
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Source : Internet/ Blog des Congolais
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