Manifestants dispersés au gaz lacrymogène et aux tirs des balles à Kinshasa ce 30/11/2017

Appel à des manifestations populaires ininterrompues à partir du 29 décembre 2017 jusqu’au départ de Kabila et tous ses complices.

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Déclaration n° LUCHA/2017043. (Contact +243974233390)

En cette date symbolique du 19 décembre 2017 qui marque une année jour pour jour depuis l’expiration du second et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila, et à dix jours à peine de la fin du « bonus » lui consenti à la faveur de l’Accord de la Saint Sylvestre pour organiser les élections au 31 décembre 2017 au plus tard :

La LUCHA réitère ce constat : tant que Joseph Kabila sera aux commandes, il n’y aura jamais des élections libres, inclusives et apaisées, susceptibles de permettre aux Congolais de prendre véritablement en mains leur destinée en élisant un nouveau président de la République et d’autres dirigeants de leur choix. Les manœuvres en cours au niveau de la CENI et du parlement pour tailler une loi électorale sur mesure et imposer une machine à voler les votes, ne sont que les dernières illustrations de cette évidence. Quant au calendrier électoral de la CENI, comme nous l’avons dénoncé dès sa publication, ce n’est rien d’autre que la continuation de la stratégie du glissement mise en œuvre depuis que le peuple Congolais a fait échec aux tentatives de Kabila et son régime de réviser ou modifier sa constitution pour formaliser leur maintien au pouvoir.

La LUCHA rappelle que la seule source de légitimité des institutions de la RDC c’est la constitution de la République. Après l’avoir violée, Joseph Kabila a piétiné l’accord de la Saint Sylvestre qui lui accordait un semblant de légitimité politique pour organiser des élections au cours des 12 derniers mois. Passé le 31 décembre 2017 à minuit, même ce semblant de légitimité politique aura cessé d’exister et Joseph Kabila et son gouvernement que la LUCHA a depuis longtemps appelé les Congolais à cesser de reconnaître comme autorités légitimes ne seront plus que des occupants et des envahisseurs, devant être traités comme tels par notre peuple et par la communauté internationale.

La LUCHA rappelle que l’unique issue raisonnable à l’impasse actuelle et l’unique garantie pour des élections véritablement libres, inclusives et apaisées, c’est le départ de Kabila et de toutes les membres des institutions à mandat électif de son régime, suivi de la mise en place rapide d’une transition neutre dirigée par des personnalités dignes et compétentes issues de la société civile pour organiser les élections, stabiliser le pays et fortifier nos acquis démocratiques, dans un délai raisonnable à fixer de commun accord.

La LUCHA salue la bravoure des Congolaises et des Congolais qui ont compris que Kabila n’est pas prêt à partir de lui-même, et qui, ces derniers mois, ont participé massivement à des mobilisations citoyennes à travers le pays pour exiger son départ, en bravant la peur et la répression de ce régime sanguinaire. Ceux qui ont perdu leur vie, ceux qui ont versé leur sang, ou qui sont toujours détenus dans les geôles du régime pour avoir résisté méritent la reconnaissance de la Nation toute entière. Surtout, ils méritent que nous finissions le travail en chassant ce régime et en décrochant la liberté pour laquelle ils se sont sacrifiés.

Dans cet esprit, et en guise d’épilogue à la série de mobilisations citoyennes de ces derniers mois, la LUCHA appelle les Congolaises et les Congolais à manifester massivement et pacifiquement sur l’ensemble du pays et de manière ininterrompue à compter de vendredi 29 décembre 2017, jusqu’au départ effectif de Joseph Kabila et de ses complices à tous les niveaux. Comme déjà expérimenté, pour réussir et perdurer autant que nécessaire, la LUCHA rappelle que tout le monde doit manifester dans son quartier et son avenue, le but étant d’asphyxier totalement le régime et de neutraliser ses moyens de répression, y compris en barricadant les routes principales et les routes de quartier pour empêcher ou limiter au maximum leurs mouvements. La LUCHA insiste sur le fait que cette mobilisation sans précédent doit demeurer pacifique. Laissons Kabila et ses sbires continuer à sceller leur sort en répandant la violence ; n’y répondons sous aucun prétexte. La justice se chargera d’eux une fois que le peuple se sera libéré. La LUCHA rappelle instamment les vrais patriotes Congolais au sein l’armée, la police et les services de renseignement à prendre parti pour le peuple et à s’abstenir de tirer ou faire tirer sur ce dernier, car cette lutte pour libération est aussi la leur et celle de leurs enfants.

Enfin, la LUCHA exprime son soutien à l’Eglise catholique encore victime ces derniers jours d’attaques lâches en raison de ses prises de position et ses actions courageuses, notamment à Kinshasa, autant qu’elle salue le rapprochement des principaux leaders de l’opposition politique pour parler d’une seule voix et coordonner enfin les actions sur le terrain. La LUCHA appelle toutes les forces sociales et politiques, y compris les laïcs catholiques, les autres confessions religieuses et l’opposition politique à :
Cesser les tergiversations et avoir un seul message cohérent, à savoir exiger le départ de Kabila et la mise en place dès le 1er janvier 2018 d’une transition neutre, unique garantie pour avoir des élections véritablement démocratiques ;
Appeler, mobiliser et surtout, pour les leaders de la société civile et de l’opposition, participer personnellement aux manifestations ininterrompues à partir de vendredi 29 décembre 2017 jusqu’au départ effectif de Kabila et de ses complices à tous les niveaux ;
S’apprêter à mettre en place la transition neutre et à soutenir la mission de ses futurs animateurs.

Comme Thomas Sankara le disait, « on ne libère pas un peuple, un peuple se libère lui-même ! » Pour le Congo et pour notre peuple, la résistance n’est plus une option ; c’est une nécessité et une urgence absolues. Notre peuple a une occasion unique d’écrire enfin sa propre histoire. La LUCHA joue et continuera de jouer son rôle, quoiqu’il arrive.

Fait à Kinshasa, le 19 décembre 2017
Pour la LUCHA
La Cellule de Communication.

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