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La Communauté Nande connue pour son dynamisme et son succès dans le commerce à l’Est de la R.D. Congo est depuis quelques mois l’objet des menaces d’anéantissement de la part de ses voisins du Nord, du Sud, et de l’Est. La supériorité numérique, la solidarité clanique, l’homogénéité religieuse (Christianisme), et l’hégémonie des Nande dans le secteur économique au Nord-Kivu et en Province Orientale, font d’eux une cible privilégiée de ceux qui veulent s’imposer par les armes pour régner seuls sur l’empire du coltan, de la cassitérite, du gaz Méthane, du pétrole, du bois, etc. Rien que par la supériorité numérique, les Nande ont toutes les chances de régenter tout processus démocratique basé sur le principe : une personne, une voix. Impatients de battre les Nande sur le plan numérique, les rwandophones n’ont pas trouvé mieux que de proposer le découpage de la Province du Nord-Kivu en deux provincettes. Les Nande sortiraient de ce plan avec la Province de Beni-Lubero-Walikale et les Hutu s’accapareraient de Rutshuru, Goma et Masisi. Mais la réalité est que les Nande sont toujours majoritaires en territoire de Rutshuru où ils tiennent en mains le secteur économique et agricole. Les cités comme Kiwanja, Rubare, Nyamilima, Kinyandoni, Kisharo, Buramba, Ishasha, Vitshumbi, Kibirizi, etc. sont en majorité Nande. Il n’est pas étonnant que ce soit dans ces agglomérations que les massacres des civils ont été perpétrés par le RCD-Goma (le cas de Buramba) et par le CNDP (le cas de Kiwanja, de Rubare, etc.). C’est ainsi que la menace des Nande en territoire de Rutshuru est précise: anéantir les Nande numériquement. Après avoir massacré plusieurs Nande, mutiler les sexes de leurs femmes, violer les mamans en présence de leurs enfants pour les tuer psychologiquement, brûler leurs maisons, les tracts en circulation annoncent la mort pour quiconque ne s’exécuterait pas en temps. L’alibi trouvé que les simples peuvent comprendre est que les Nande ne sont pas de Rutshuru. Pourtant, selon l’histoire de la Province du Nord-Kivu, les Nande de Rutshuru sont aussi originaires de Rutshuru ? Ils y étaient bien avant que les colons belges n’y amènent les rwandais comme travailleurs dans leurs plantations. Il en est de même du territoire de Masisi et de Walikale. Il y a eu ensuite l’indépendance et l’octroi collectif de la nationalité congolaise à toute cette main d’œuvre venue du Rwanda. Le rappel de cette histoire du Nord-Kivu vaut la peine pour remettre à leur place tous ceux qui font circuler des tracts en Territoire de Rutshuru, demandant aux Nande de rentrer chez eux (entendez par là Beni-Lubero). Les Nande ont toujours été à Rutshuru bien avant l’arrivée des rwandais. En d’autres termes, les Nande sont plus originaires de Rutshuru que les rwandophones. Mais comme ces derniers ont acquis la nationalité congolaise, ils sont devenus politiquement congolais. C’est cette appartenance politique à une même nationalité depuis 1960 qui doit cimenter les relations entre les uns et les autres. Le programme Amani avait adopter un cahier des charges pour tous les kivutiens. Malheureusement, au lieu de privilégier la paix par la collaboration avec les autres ethnies congolaises, les rwandophones ont choisi de s’allier à leurs frères rwandais pour occuper militairement la Province du Nord-Kivu, d’où ils veulent aussi chasser les premiers occupants, tels les Nande, etc. Cela s’appelle trahison ! Le Gouvernorat ainsi que l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu sont saisis de cette menace de mort à l’encontre des Nande du territoire de Rutshuru. Les Nande prennent au sérieux cette menace à leur encontre. Le silence de Kinshasa et de la communauté internationale après les massacres des Nande de Buramba en 2004, les massacres de Kiwanja en 2008, fait craindre ceux qui sont menacés de mort. En effet, ceux qui ont commis ses massacres sont aujourd’hui promus à des hautes fonctions en République Démocratique du Congo.
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Pendant que les Nande de Rutshuru étaient occupés à alerter l’opinion nationale et internationale sur cette menace de génocide qui pèse sur eux, une autre menace de mort s’est déclenchée en Ituri contre eux. Ceux qui connaissent l’histoire des mouvements des populations au Congo ne peuvent pas être surpris par cette menace de l’Ituri après celle de Rutshuru. Il y a en Ituri une ethnie qui s’appelle Hema. Selon les historiens, les Hema sont des éleveurs Tutsi qui ont émigré avec leurs vaches du Rwanda en Ituri à la fin du 19 siècle en passant par la vallée de la Semuliki. Un autre groupe d’éleveurs Tutsi avaient pris la direction de l’Ouganda où on les appelle de Banyankole, l’ethnie de Kaguta Yoweri Museveni. Dans la planification de l’Empire HIMA en Région des Grands Lacs africains, tous ces clans Tutsi seraient mis en contribution pour s’assurer de la réussite de l’opération. C’est ainsi que les Nande sont menacés au Sud par les Hutu et les Tutsi, au Nord par les HEMA, et à l’Est par les Banyankole de l’Ouganda. La seule voie ouverte aux Nande c’est la forêt équatoriale à l’Ouest de Beni-Lubero où en 1997-1998 les Tutsi avaient massacrés leurs victimes Hutu dans ce qu’il convient d’appeler le Génocide Hutu en R.D. Congo.
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La menace de l’Ituri a déjà été l’objet d’un atelier de paix de la société civile de Beni et de Bunia, atelier tenu à Bunia du 06 au07/07/2009, sous les auspices du Réseau Haki na Amani (un regroupement des ONG de droits humains) appuyé par Pax-Christi/Pays-Bas.
Cet atelier qui se voulait un cadre de dialogue entre les sociétés civiles de Beni-Lubero et de l’Ituri s’était transformé en procès avec les Nande à la barre. Tout semble avoir été savamment préparé bien à l’avance. En examinant les thèmes choisis, on remarquera d’emblée qu’ils étaient tout simplement provocateurs, incitatifs et éloquents par rapports aux revendications des Ituriens. Nous citons:
1. Mouvements des populations du Nord Kivu vers l’Ituri : Problèmes, Défis et Enjeux ;
2. L’Exploitation du bois dans le Territoire de Beni et Irumu : Problèmes, Défis et Enjeux;
3. Commerce entre Nord Kivu : Problèmes, Défis et Enjeux;
4. Exploitation de l’Or et du Pétrole : Problèmes, Défis et Enjeux.
Les Ituriens s’étaient acharnés contre les Nande, les accusant de tout. Ainsi par exemple, les Nande étaient accusés d’avoir une responsabilité dans le conflit de l’Ituri de 1998-2004, d’envahir les terres de l’Ituri pour des fins agricoles mais aussi avec but d’étendre l’hégémonie Nande et de conquérir le Pouvoir en Ituri. Pourtant la vérité est que les Nande ont beaucoup perdu (et continue de perdre) en Ituri en termes de vies humaines et de biens. Au plus fort des guerres ethniques de l’Ituri, Beni-Lubero avait offert une hospitalité à ses propres dépens aux milliers de déplacés de l’Ituri. En effet, il n’y a jamais eu d’hostilité entre les Nande et les Ituriens. Les Hema et les Lendu se battaient entre eux en Ituri mais jamais les Nande qui participent activement au développement économique de l’Ituri n’ont eu des problèmes en Ituri. La vive tension actuelle entre les Ituriens et les Nande date, selon les observateurs, depuis que l’armée et les services de securité de l’Ituri sont dirigés par les rwandophones issus du CNDP. Ces derniers exporteraient en Ituri la guerre aux Nande qu’ils mènent actuellement au Nord-Kivu.
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La délégation du Nord-Kivu, surprise par le ton offensif de l’atelier de paix, a su , nonobstant, placé des mots justes pour balayer d’un revers de la main toutes les accusations infondées contre les Nande . Le fait qu’un Munande, notamment Gilbert Lusenge ait été élu comme deputé de Mambasa ne veut pas dire que les Nande sont entrain de conquérir le pouvoir en Ituri. Le peuple se choisit les leaders qu’il veut. C’est ainsi que Moise Nyarugabo est un élu de Kinshasa bien qu’il soit de Minembwe ou d’ailleurs.
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Parlant des mouvements de populations, il sied de constater qu’il y a un mouvement en deux sens. Les Nande vont en Ituri faire du commerce et les Ituriens viennent étudier et travailler dans au Nord-Kivu.
La présence Nande en Ituri est liée à l’Histoire et non à la récente guerre comme le prétendent certains extrémistes politiciens de l’Ituri. En effet, jusqu’à 1934, les Territoires de Beni-Lubero appartenaient au district de Kibali-Ituri. Nombreux chefs coutumiers Ituriens venaient à Beni-Lubero demander aux Chefs coutumiers Nande des hommes experts en agriculture pour exploiter les terres de l’Ituri et mettre fin à la culture de la cueillette en Ituri. C’est le cas du Mwami Amadi MBIDA de la Collectivité de Babila-Babombi, en Territoire de Mambasa.
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Pour ce qui est de l’exploitation du bois, le Président de la Société Civile territoire de Beni, Mr Omar KAVOTA, l’un des intervenants pour le compte de la délégation du Nord-Kivu, a fait remarquer que l’exploitation anarchique du bois est commune au Nord-Kivu et à l’Ituri, et que les exploitants ne sont pas des Nande mais des multinationales qui obtiennent des permis d’exploitation auprès du gouvernement de Kinshasa et qui utilisent les miliciens ou les Fardc. Sur terrain, ces multinationales sont protégées par les officiers militaires ! Il en est de mémé de l’exploitation de l’or, du diamant, du coltan, etc. Omar Kavota avait terminé son intervention en invitant la société civile de l’Ituri et du Nord-Kivu à se mettre au-dessus des allégations politiques et politiciennes. La société civile doit rester le rempart d’une population congolaise abandonnée et livrée aux rapaces du monde par ses leaders politiques sans foi ni loi.
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Intervenant sur l’accusation contre les commerçants Nande, Mr. Polycarpe NDIVITHO, Président de la FEC/BUTEMBO, a rappelé que le Secteur commercial est réglementé par l’État et que les commerçants Nande se conforment à la législation en vigueur. Ainsi, a-t-il demandé qu’on ne diabolise pas les commerçants qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles pour le développement de l’Ituri. S’il y a un problème particulier, comme dans le cas des Microfinances qui ont fait des victimes partout au Congo, il faut tout simplement recourir à la justice et éviter de faire de tout problème avec un nande, un problème ethnique ou politique.
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Pour ce qui est de l’Or et du Pétrole, l’Honorable MUHINDO NZANGI, Député Provincial du Nord-Kivu et membre de la délégation du Nord Kivu a appele les Ituriens au calme, leur demandant d’éviter l’alarmisme, car l’or et le pétrole existent aussi au Nord-Kivu, notamment dans le graben du territoire de Beni. Et comme le commerce est libre au Congo, tout congolais est libre de le pratiquer là où il veut…
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Cet atelier a révélé qu’il y a des démons qui travaillent pour opposer les ethnies de l’Est du Congo afin de les affaiblir si pas les éliminer par le biais de ces guerres fratricides. Après que les ethnies se seraient éliminées, le malin tireur de ficelles dans l’ombre régnerait en seul maitre sur l’Est du pays débarassé de ses populations actuelles.
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C’est ainsi que les participants ont, à l’issue de l’atelier de paix de Bunia, souhaité que le dialogue entre les ethnies de l’Est du pays soit permanent pour barrer la route au malin qui cherche à semer la zizanie là où il faut la paix, le développement. S’il y a un ennemi commun au Nord-Kivu et en Ituri c’est ni les Ituriens ni les Nande mais ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre et qui cherchent par tous les moyens, y compris la guerre, le génocide, les incendies des maisons d’habitation, à promouvoir une politique identitaire exclusiviste.
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Depuis Bunia, pour benilubero.com
O. BAHATI

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En attendant la réalisation de 5 chantiers de l’Etat,  le Maire de Ville, l’Honorable Hubert Kakule Syahetera, a initié l’opération « J’aime Butembo » pour s’attaquer à la poussière. Dans la foulée, le maire de Butembo voudrait mettre de l’ordre dans le système de transport des marchandises par les Tsukudu ou trottinettes qui constituent le quatrième moyen de transport à Butembo après les voitures, les motos, les vélos.  

Un Tsukudeur en ville de Butembo
Butembo, une ville de 700 000 habitants sans moyen de transport suffisant. Le commun des bubolais dépendent encore des charretiers pour déplacer des marchandises lourdes du marché ou du dépôt à domicile ou vice-versa.  
– Prix d’un Tsukudu sur le marché de Butembo : De  25 à 50 US$ (même prix qu’un vélo d’occasion)
– Tout tsukudeur doit payer son affiliation à l’Association des charretiers et des Trotinateurs au Kivu, ACTK en sigle et dont le bureau se trouve à Butembo sur l’Avenue de l’Eglise.
– L’adhésion ou l’enregistrement du Tsukudu coûte 5 US$ (contre 47 US$ pour les motos) ,
– Taxe mensuelle de chaque tsukudeur revient à ± 2 US$
– Chaque tsukudeur est obligé de porter un gilet portant son numéro d’identification. Le but du gilet est de lutter contre la perte des marchandises que les tsukudeurs malhonnêtes  amènent de fois  à d’autres destinations que celles prévues par les propriétaires. Il en est de même pour les Moto de transport. Le port du Gilet est déjà obligatoire partout à Beni-Lubero.
Taximan de Musienene

Plusieurs beniluberois de par le monde saluent aussi l’initiative de lutte contre la poussière et attendent que le maire de ville  communique davantage sur les modalités de contribution en diffusant par exemple, les numéros de compte bancaire où sera logé l’argent, la liste des individus et associations qui contribueront, un budget chiffré pour donner une idée approximative du coût de l’opération, une transparence dans la gestion, le recrutement des Ingénieurs et des travailleurs compétents qui formeraient une institution permanente de salubrité pour la ville de Butembo, etc. 
 
Les casques bleus nepalais de la Monuc participent à l’opération J’aime Butembo avec les cantonniers de la mairie
Les débuts des travaux avec les agents de la Monuc et les quelques cantonniers de la Mairie soulèvent des critiques parmi les bubolais quant au sérieux de l’opération que tous portent dans leurs cœurs. S’il est vrai que les cantonniers ont comme bubolais de la place dans l’opération J’aime Butembo, les bubolais attendent du maire de la ville une structuration de l’opération avec des équipes techniques qui en assureront la faisabilité avec compétence et dans la transparence.
 
Un contre-maître congolais surpervise le travail des casques  bleus nepalais et des cantonniers de la mairie
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Pour réussir cette opération, les beniluberois qui se sont exprimés sur le « Kyaghanda Forum » du site internet www.benilubero.com, demandent au maire de ville de se réconcilier avec les opérateurs économiques de Butembo dont l’apport est indispensable à la réalisation de l’opération J’aime Butembo. Pour les participants au Kyaghanda Forum, il serait absurde de se mettre sur le dos les opérateurs économiques de Butembo pour mendier les fonds à Chine, au Canada, aux USA, etc. Les bubolais doivent être à la ligne de front de la lutte contre la poussière pour qu’après l’opération ils puissent s’approprier l’ouvrage et l’entretenir avec le sentiment que c’est un fruit de leur labeur.    
 
Parlant de l’objectif de l’opération, à savoir éradiquer la poussière, les participants au Kyaghanda Forum sont d’accords qu’il faut commencer quelque part, mais que plusieurs secteurs sont à attaquer en même temps. C’est le cas de l’eau, de l’électricité, l’érosion, les moyens de transport, la securité des personnes et de leurs biens.
 
Une vue de la rue Kinshasa  de Butembo avec ses étangs
Butembo, une ville de 700 000 habitants sans eau potable
Les bubolais saluent toutes ces initiatives du maire de ville qui veut mettre de l’ordre dans le domaine de transport qui se met en place avec des moyens de bord. Il reste à savoir à quoi servent les differentes taxes perçues par l’autorité urbaine. L’usage des tsukudu dans une ville de la taille de Butembo est un signe qu’il y a encore plusieurs opportunités d’investissement en R.D. Congo. 
Le souhait de tous est que le maire ira au-delà  de l’annonce de toutes ces opérations!

Service Protocole de la Mairie de Butembo
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Tembos Yotama
Butembo
Beni-Lubero Online
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En attendant de savoir la forme qu’a choisit le clan politique de Joseph Kabila pour enterrer ce qu’on appelait jusqu’à présent par euphémisme «la jeune démocratie congolaise », le 16 ou le 17 mars 2009 est en passe d’entrer dans la triste histoire congolaise comme la date du lancement officiel de la dictature de Joseph Kabila. En effet, le clan politique a choisit de ne donner aucune chance à la résolution démocratique du bras de fer Kabila-Kamerhe. Pour empêcher à Kamerhe de faire une dernière déclaration télévisée, les câbles de retransmission de la RTNC auraient été arrachés de l’Hémicycle congolais. Cela s’appelle dictature !
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En même temps au Nord-Kivu, les sources se disant proches du gouvernement parallèle de Joseph Kabila rapportent qu’après l’eviction de Kamerhe du perchoir de l’Assemblee Nationale, ce serait le tour de la Province du Nord-Kivu où les rwandais voudraient imposer un gouverneur de leur obédience pour achever la conquête entamée par Nkunda. Le départ de Kamerhe ouvrirait ainsi la voie à un véritable séisme politique dont le vainqueur sera pas Joseph Kabila et ses rwandais, mais le peuple congolais!
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Joseph Kabila qui avait gagné les élections de 2006 avec son qualificatif de « prudent porteur d’œufs », a choisit aujourd’hui de jeter par terre son panier d’œufs. Les masques de Joseph Kabila sont tombés pour le commun des congolais jusqu’alors obnubilé par les promesses mielleuses de cinq chantiers! Les congolais qui pensaient connaître Joseph Kabila depuis 2001 et qui en appelaient à son départ deviennent prophètes. Avec l’abolition spectaculaire de l’ordre constitutionnel issu des élections de 2006, les congolais du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, vont sentir l’odeur nauséabonde des œufs que Joseph Kabila vient de jeter par terre pour se libérer du poids de la démocratie ! La dictature parait toujours facile car dans une dictature, toute décision dépend de la volonté d’un seul.
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Déjà, d’après les échos de Kinshasa, l’ambiance militariste devant les bureaux des ONG des droits humains ( cfr articles ci-dessous) et l’arrestation des dirigeants de ces ONG rappelle la dictature de Joseph Mobutu. C’est curieux que les Joseph deviennent souvent des dictateurs (Staline, Mobutu, Kabila…)! De Kinshasa, l’appel au départ de Joseph Kabila devient de plus en plus la chose la mieux partagée des kinois. Mais attention ! Joseph Kabila peut se moquer de ces appels, tels ceux du genre Apareco d’Honoré Ngwanda et de Candide Okeke : Kabila doit partir ! Le premier Joseph président du Zaïre avait réussi à régner pendant 32 sur les zaïrois en dépit des appels à son départ et des dénonciations de sa dictature. Les opposants à Mobutu qui ont vieilli dans l’opposition sans réussir à le faire partir en savent quelque chose. Il ne suffit donc pas de criailler, défiler dans les rues, lancer des pétitions sur internet, etc. pour que Kabila parte avec sa dictature…
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Pour venir à bout de la dictature Joséphiste, les congolais ont besoin des actions concertées, bien coordonnées sur base d’analyses solides  de ce qui fait la puissance du nouveau dictateur de la R.D. Congo. Que les congolais se rappellent que le moteur de sa politique est en marche depuis 1996 et que les congolais n’ont pas encore réussi à l’arrêter ou tout au moins à le gripper.
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Au niveau international, ce moteur s’appelle Occident, plus précisément l’Angleterre, les USA, le Canada, l’Union Européenne (notamment la France, l’Allemagne, la Belgique, etc.).
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Au niveau régional, le moteur politique de Joseph Kabila s’appelle Rwanda et Ouganda. Ces deux coalitions ont soutenu Laurent Nkunda quand Joseph Kabila a voulu se faire grand lui-même avec les dollars chinois. Devant la menace de ces deux coalitions, Joseph Kabila a convaincu ses mousquetaires congolais qui voulaient aller en guerre contre les agresseurs, qu’il n’avait pas d’autre choix que d’accepter la Pax Rwandana! Comme cadeau de cette lâcheté et haute trahison, Nkunda s’était effacé mais remplacé par 8 milles soldats rwandais entrés au Congo par le truchement des operations militaires conjointes R.D. Congo-Rwanda.
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Appliquant l’adage selon lequel on ne change pas l’équipe qui gagne, les deux coalitions susmentionnées qui soutiennent Joseph Kabila veulent sécuriser leurs intérêts au Congo par des Tutsi rwandais. Selon des sources militaires l’armée congolaise compte déjà une cinquantaine d’officiers supérieurs Tutsi. Avec les 8 milles militaires rwandais dont l’entrée par le Nord-Kivu constitue le nœud du contentieux Kabila-Kamerhe, plus tous les rwandais qui s’étaient déjà infiltrés dans le CNDP de Nkunda et qui ont précitamment été intégrés au sein des Fardc, l’armée congolaise n’est plus véritablement congolaise. Le déploiement à travers le pays de ces milliers de militaires rwandais dépendra désormais du pouvoir discrétionnaire de Joseph Kabila pour assurer sa securité contre les congolais mais aussi pour éliminer toute résistance à son pouvoir dictatorial. Ce n’est pas par hasard que Joseph Kabila choisit la dictature aujourd’hui après les opérations conjointes R.D.Congo-Rwanda.
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Pour essayer de faire de cette dictature une affaire congolo-congolaise, le Rais a choisi de séjourner à Goma. Ainsi les congolais de son clan politique peuvent s’empoigner à Kinshasa, rivaliser de bravoure dans la fidélité au guide moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes ( 20 000 US$ pour la tête de Kamerhe), le Président veut rester au-dessus de la mêlée.
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Après la réussite de l’entrée massive des militaires rwandais au Congo pour assurer la securité du Rais et museler les résistants, le temps était propice pour bâillonner le parlement congolais. Les analystes de la situation disent que, selon toute probabilité, Joseph Kabila va tenter de remplacer les démissionnaires de l’Assemblée Nationale par ses hommes de paille manipulables à souhait. Ainsi personne ne posera la question de la présence des rwandais dans les institutions du pays. La punition infligée à Kamerhe se veut dramatique pour servir d’école et prévenir du sort de tout récalcitrant.
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A Goma, les rwandais du Rwanda qui ont commencé à travailler dans les institutions du pays s’appellent «congolais du CNDP ». Selon un député provincial qui a requis l’anonymat, l’Assemblée Provinciale craint d’inscrire ce dossier à l’ordre du jour car celui qui oserait les appeler des rwandais risquerait de subir le sort de Kamerhe.
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Après Vital Kamerhe, Julien Paluku serait assis sur une chaise éjectable !
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Selon des sources proches du gouvernement parallèle de Joseph Kabila, après le départ de Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée Nationale, la prochaine cible serait le Gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku. Les Tutsi veulent contrôler la Province du Nord-Kivu de bout à bout. Comme Julien Paluku est issu du RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi dont les relations avec Joseph Kabila ne sont plus au bon fixe, on ne sera pas surpris de voir surgir dans l’assemblée provinciale du Nord-Kivu une motion de défiance, ou un audit financier contre Julien Paluku pour avoir sa tète. Le départ de Julien Paluku et son remplacement par un rwandais ou par un collabo manipulable à souhait, permettrait d’achever la conquête de Laurent Nkunda.
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Selon les mêmes analystes, Kamerhe doit partir non seulement à cause de sa déclaration courageuse et historique, mais parce qu’il est du Kivu où la défense de l’intégrité territoriale de la R.D. Congo contre le Rwanda est un devoir sacré. Aussi Kamerhe et Mbusa Nyamwisi sont deux ressortissants du Kivu avec des ambitions présidentielles. S’en débarrasser maintenant à deux ans des élections, est une bonne affaire pour Joseph Kabila. Le départ de la scène de ces deux leaders du Kivu, tente aussi de casser les espoirs des résistants du Kivu.
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Mort politique d’Ernest Kyaviro
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La façon dont Joseph Kabila a cassé le député national Ernest Kyaviro, initiateur de la célèbre pétition demandant l’évaluation de l’entrée des troupes rwandaises au Congo, est un prélude macabre à la nouvelle dictature qui par définition ne tolère pas des rivaux. Le nom d’Ernest Kyaviro a fait le tour du monde. Plusieurs congolais ne cessaient de prier pour sa securité et son courage pour qu’il ne succombe à l’intimidation de l’AMP et à l’argent de Joseph Kabila. Pour tuer politiquement ce jeune courageux de Beni-Lubero, l’AMP l’a choisit pour lire à la télévision Digital, l’appel à la démission de Kamerhe et au boycott de la session parlementaire si Kamerhe ne démissionnait pas. Ceux qui connaissent Ernest Kyaviro sont convaincus qu’il s’est dédit pour sauver sa peau. Quoiqu’il en soit, en allant contre l’esprit de la pétition qui porte son nom, Kyaviro a raté sa chance de devenir héros national ! Qu’en est-il des autres députés pétitionnaires ! La sélection de Kyaviro député qui était devenu célèbre contre Joseph Kabila, est un signe qui annonce que la dictature joséphiste sera dure, sans pitié, jalouse, répressive, etc.
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Curieusement, les exécutants des sales besognes de cette dictature sont des congolais et les maîtres à penser sont sans aucun doute des Tutsi-rwandais, des anglais, des américains, etc.
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Laisser s’implanter cette dictature joséphiste, c’est accepter un second Mobutu ! Cela est inaceptable! Congolais de partout, unissons-nous pour arrêter la dictature de Joseph Kabila dans ses diverses manifestations, en l’occurrence, les congolais collabos de son régime, le Rwanda, l’Ouganda, les multinationales et les pays de la coalition internationale décrite plus-haut.
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Pour le RACODIT,
Edgar Kahindo
Butembo
Beni-Lubero Online
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FLASH: LE GOUVERNEMENT PARALLELE VEUT IMPLIQUER LA COUR SUPREME DANS LE LIMOGEAGE DU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE
Démocratie Chrétienne, Kinshasa, 15/03/2009
Le climat de déconfiture institutionnelle va bientôt rejoindre son paroxysme avec l’implication – ou plutôt la manipulation – de la Cour Suprême de Justice.
En effet, le plan d’éviction du Président de l’Assemblée Nationale va se concrétiser selon le schéma ci-après:
1. l’Assemblée Nationale ne pourra pas rejoindre le quorum pendant deux ou plus séances – deux de suites probablement – à cause de la corruption de parlementaires de la majorité sensibilisés à ne pas participer aux prochaines séances.
2. Face à cette situation montée de toute pièce, le Président de la République compte saisir la Cour Suprême afin qu’elle se prononce sur la situation d’impossibilité « prétendue » pour le bureau “démissionnaire” de réunir les parlementaires.
La Cour Suprême, selon ce scénario déjà programmé, va se prononcer en faveur de la convocation de la plénière de la part du secrétaire général de l’Assemblée, qui, selon ce complot contre la démocratie, devra procéder immédiatement à l’ élection du nouveau bureau.
Inutile de souligner que la Constitution et le Règlement Intérieur du Parlement seront encore une fois piétinés afin de permettre au “Raïs ” d’assoir et étendre son pouvoir chaque jour plus totalitaire. En effet, une fois réalisé ce plan, la séparation des pouvoirs en RDC ne sera plus qu’ un leurre destiné à la consommation interne.
Ainsi la Démocrature congolaise glissera indiscutablement vers une dictature totalitaire.
Yves Kota
LA DEMOCRATIE CHRETIENNE, D.C.
Kinshasa – R.D.Congo/ website: http://dc-kin.net, http://dc-kin.com
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Floribert Chebeya arrêté dimanche à Kinshasa
Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de l’association de défense des droits de l’Homme "La Voix des Sans Voix".
La nouvelle a été communiquée à la rédaction de «Congoindependant. com», vers la fin de l’après-midi, ce dimanche 15 mars, par Paul Nsapu Mukulu, secrétaire général de la Fidh (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme). Dans la soirée, un communiqué de «La Voix des Sans Voix» est venu confirmer l’info. Une synergie des organisations non gouvernementales avait prévu d’organisé, lundi 16 mars, un sit-in devant le Palais du peuple, siège du Parlement, pour «la sauvegarde de la jeune démocratie en RD Congo». Un mémorandum devait être remis aux présidents des deux Chambres du Parlement. Les Kinois étaient invités à participer nombreux à cette «manif». Outre Chebeya, directeur exécutif de la VSV, on apprend également l’arrestation de son adjoint Doli Ibefo Mbunga et de Donat Tshikaya Chargé de réception au Renadhoc. Ils ont été appréhendés lors d’un point de presse organisé au siège du Renadhoc dans la commune de Barumbu.
Un climat politique irrespirable règne à Kinshasa à moins de vingt-quatre heures de l’ouverture de la session ordinaire du Parlement congolais. Selon des sources, les équipements audio-visuels de la RTNC (Radio télévision nationale du Congo) ont été démontés pour empêcher la retransmission en direct de l’allocution du président de l’Assemblée nationale en titre, le PPRD Vital Kamerhe. Point n’est besoin de chercher à savoir à qui profite le «crime». Au moment où nous couchons ces lignes, les chefs des groupes parlementaires de la majorité présidentielle se trouvaient encore à Goma pour une ultime concertation avec Joseph Kabila. But : définir l’attitude à adopter lundi. Faut-il ou pas boycotter la rentrée parlementaire ? C’est, semble-t-il, la question qui a été au centre des discussions.
Les troupes rwandaises
Deux événements sont à l’origine de ce tumulte. A savoir : le déploiement, le 20 janvier dernier, des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu pour «traquer» les miliciens hutu des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). L’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais a été unanimement stigmatisée au sein de l’opinion congolaise. Le président de l’Assemblée nationale a eu le courage de dire tout haut ce qui se murmurait tout bas provoquant le courroux de Joseph Kabila. Celui-ci a décidé de faire démissionner le Bureau de l’Assemblée nationale. Cinq membres de cet organe, sur sept, ont déjà rendu leur tablier sur simple injonction de «l’autorité morale» de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle» qui n’est autre que le «raïs» Joseph Kabila.
A l’occasion de cette rentrée parlementaire, une vingtaine d’associations de défense des droits humains avait prévu d’organiser une «marche pacifique» lundi 16 mars. La «manif» devait commencer à 9h30 sur le boulevard Triomphal avant d’aboutir au Palais du peuple. Ces associations sont : Renadhoc, Comité droits de l’Homme maintenant (CDHM), Cojeski, Toges noires, VSV, Human rescue, Anesco, Justice et Solidarité, Ligue des électeurs,CDDH, Anges du ciel,ANMDH, Reprodhoc/Kin, Cidi,CDH,Socikin, ACCI, USPE, RAF,Forem et Linelit.
Mémorandum
Dans une lettre datée 12 mars 2009, Floribert Chebeya et Philémon Mukendi avaient informé le gouverneur de la Ville de Kinshasa de l’organisation de cette «démonstration» en précisant que l’objectif in fine est de remettre un «mémorandum» aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
En parcourant les documents parvenus à la rédaction de Congoindependant. com, il apparaît que les organisateurs avaient convié les Kinois «à participer massivement» à cette «marche pacifique». Des calicots dénonçant «la dictature», «la violation de la Constitution» et les «démissions forcées» des membres du Bureau de l’Assemblée nationale devaient être déployés par les protestataires. D’autres calicots sont sans équivoque : "Non à la dictature, oui à la liberté d’opinion et d’expression"; "Non à la violation de la Constitution, oui au respect des règlements intérieurs de deux Chambres du Parlement"; "La Synergie exige la sauvegarde de la jeune démocratie en RD Congo"; "Non aux démissions forcées, oui à la solidarité de tous les parlementaires avec les membres du Bureau de l’Assemblée nationale".
Le pouvoir kabiliste a-t-il pris peur ?
C’est à la fin de l’après-midi du dimanche que notre rédaction a reçu un coup de fil de l’activiste des droits humains Paul Nsapu Mukulu : «Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de «La Voix des Sans Voix» vient d’être arrêté par des agents de la police accompagnés des fonctionnaires de l’Agence nationale de renseignements» , dit-il avec une pointe de colère. Doli Ibefo Mbunga et Donat Tshikaya, respectivement directeur exécutif adjoint de la «VSV» et Chargé de réception au Renadhoc (Résau national des ONGs des droits de l’Homme en RD Congo) ont également été interpellés. Les trois hommes ont été amenés «vers une destination inconnue».
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Brutalité
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Au début de la soirée, un communiqué de la «VSV» daté 15 mars est tombé. Le document apporte quelques précisions. A savoir notamment que les arrestations des personnalités précitées ont lieu dimanche 15 mars vers 14h36. Les associations animaient une conférence de presse sur la «crise inter-institutionne lle» en RD Congo et pour annoncer l’organisation de la «marche». «Des éléments armés de la police, venus à bord de trois véhicules, ont enlevé les trois précités avec une brutalité sans précédent et sans respect de la dignité humaine après avoir neutralisé sous menaces d’armes plus d’une dizaine des militants des droits humains et des journalistes présents au siège du Renadhoc, indique le communiqué. Le matériel du Bureau du Renadhoc dont les ordinateurs, des fournitures du Bureau ainsi qu’une camera de la chaîne privée Canal Congo TV a été emporté par les éléments armés de la police après avoir cassé la porte d’entrée du bureau du Renadhoc.»
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Le communiqué de la «VSV» fait remarquer que l’«enlèvement» de ces activistes des droits humains est intervenu vingt-quatre heures après l’arrestation au niveau de l’UPN (Université Pédagogique Nationale) de trois étudiants. Il s’agit de Zelens Idambo, de l’Université de Kinshasa, Edouard Bukize et Patrick Yemba de l’UPN. Les trois étudiants distribuaient le message de la Synergie appelant la population à la marche et au sit-in sur le boulevard Triomphal, lundi 16 mars.
Libération immédiate et sans condition
La Voix des Sans Voix exige «la libération immédiate et sans condition» des messieurs Floribert Chebeya Bahizire, Dolly Ibefo Mbunga et Donat Tshikaya et la restitution du matériel du Bureau du Renadhoc et autres biens emportés.
A Bruxelles, Paul Nsapu, secrétaire général de la Fidh n’a pas trouvé des mots assez durs pour dénoncer la «pensée unique» et la «dérive dictatoriale» qui se sont installées en Rd Congo. Pour lui, il n’était que normal que les activistes des droits humains saisissent l’occasion de l’«énième violation flagrante de la Constitution» à travers la venue des troupes rwandaises au Congo pour organiser une manifestation.
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«Ces arrestations démontrent qu’il n’y a point de démocratie en République démocratique du Congo, s’enrage Nsapu. Ceux qui ont porté à bras le corps le processus électoral qui nous a ramené plusieurs années en arrière, loin de la démocratie, doivent se mordre les doigts. Les libertés fondamentales sont inexistantes au Congo. La Constitution est régulièrement violée. Le dernier cas en date concerne la venue des troupes rwandaises à l’insu du Parlement. Nous dénonçons ce harcèlement, cette nouvelle intimidation des défenseurs des droits de l’Homme.» Nsapu Mukulu de conclure : «On ne s’attaque pas impunément aux défenseurs des droits de l’Homme.»
B.A.W.
© Congoindépendant 2003-2009
L’AMP a décidé de franchir le Rubicon. L’on sera fixé ce lundi 16 mars avec la rentrée parlementaire (Par Le Potentiel)
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Une rentrée parlementaire qui s’effectue sur fond de « guerre de clans » au sein de la famille présidentielle. Après la guerre de 1960 qui aura duré 46 ans, la République démocratique du Congo risque de connaître une nouvelle crise politique si jamais l’AMP n’a pas la capacité, surtout politique, de gérer l’après-départ du Bureau de l’Assemblée nationale.
De quoi sera fait le décor aujourd’hui au Palais du peuple avec la rentrée parlementaire pour la session du mois de mars ? Les Congolais sont obligés de retenir leur souffle. Nul ne sait le spectacle que l’hémicycle du Palais du peuple offrira ce jour à la population congolaise. Sera-t-elle indigeste ou digne de représentants du peuple ? Jusque tard hier soir, l’on parlait toujours de la probable démission de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et de Ngokosso, rapporteur adjoint. Mais rien n’ y fit.
En plus, de sources concordantes, l’on apprenait qu’un groupe de députés nationaux s’était rendu hier dimanche à Goma, rencontrer le chef de l’Etat. Les entretiens devraient porter sur la rentrée parlementaire, et bien sûr la démission de derniers membres du Bureau de l’Assemblée nationale..
Entre-temps, dans les couloirs de l’AMP, l’on s’affairait sur cette rentrée parlementaire. Il nous revient que l’on continuait à exercer des pressions pour que Vital Kamerhe s’en aille. Et que sa démission et celle de Ngokosso devraient être déposées hier dimanche dans l’après-midi.
Toutefois, depuis les dernières quarante-huit heures, des voix se sont élevées pour tempérer les ardeurs et éviter cet acharnement sur le président de l’Assemblée nationale. Deux « clans » viennent d’avoir le jour au sein de l’AMP.
Aussi, la rentrée parlementaire qui s’effectue aujourd’hui risque de se dérouler sur fond de « guerre de clans ». Pour preuve, la déclaration des députés de l’AMP désavouant le président de l’Assemblée nationale. Une réunion qui a été marquée par des hésitations et il a fallu de conciliabules pour convaincre certains députés à signer la déclaration, malgré eux, prétextant qu’ils refusaient de le faire devant les cameras.
La crise de 1960
Que Vital Kamerhe démissionne ou pas, là n’est plus le problème fondamental. A plusieurs reprises, Le Potentiel a souligné dans ces mêmes colonnes qu’il existe effectivement un problème interne à l’AMP. Ce problème est aujourd’hui réel avec cette « guerre de clans ».
Cependant, la question fondamentale est celle de savoir si l’AMP a les moyens politiques – nous le soulignons pour ne pas ramener le débat vers le bas en évoquant « d’autres moyens » – afin de faire face à l’après-départ du Bureau actuel de l’Assemblée nationale. En fait, s’il s’était agi seulement de la tête de Kamerhe, pourquoi s’en prendre à tout le bureau ? Si l’AMP dispose des preuves indiscutables d’insoumission, de traîtrise pour obtenir le départ de Kamerhe, il fallait à tout prix en terminer au sein des instances du parti et de la plate-forme. Et si réellement cette attitude devrait porter préjudice au parti, à l’action du chef de l’Etat, aux institutions nationales, emboîter alors le pas au Sénégal et à l’Afrique du Sud.. Dans ces deux pays, l’on avait brandi les preuves, au sein des institutions nationales, de la culpabilité de Maky Sall au regard de la gestion douteuse des fonds qui lui avaient été donnés pour les projets socioéconomiques à Thiès, sa ville natale. En Afrique du Sud, des preuves avaient été également brandies pour démontrer que Thabo Mbeki avait exercé des pressions sur la justice afin d’obtenir le procès de Jacob Zuma, accusé de corruption. Il y a eu donc trafic d’influence. L’AMP devrait procéder de la même façon pour rassurer l’Opposition et toute la population de ses bonnes intentions, de sa crédibilité et de son honorabilité.
En fait, tout se passe comme si l’on voudrait ramener les Congolais à la situation de 1960. Puisque l’on voulait la tête de Lumumba, des pressions avaient été exercées dans le but d’obtenir son départ. La crise politique qui a résulté de cette situation a duré 46 ans. La classe politique devrait tirer la leçon de toutes ces situations analogues et à plusieurs ramifications.
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Pas de président en otage
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Dans cette « guerre de clans » à l’AMP, il y aura bel et bien un gagnant et un perdant. D’où cette grande crainte de voir le président de la République être pris en otage par le camp vainqueur. Ce qui aura des répercussions multiples et néfastes sur la bonne marche de cette plate-forme, et au-delà, sur le processus de démocratisation en cours dans notre pays.
Mais le véritable problème est cette image que la RDC projettera à travers le monde. En effet, l’histoire nous a appris souvent dès que l’on touche à des institutions issues des élections, la majorité au pouvoir a souvent eu du mal à maintenir le cap. Le cas de la France, par deux fois sous le Général De Gaulle et Jacques Chirac en dit long. Le premier a été contraint à la démission et le second à la cohabitation avec l’opposition.
Par ces temps qui courent, toucher à des organes issus des élections n’agrandirait pas le pays. Il y a là une tendance au mépris envers le souverain primaire et un retour au monolithisme alors que le président de la République se bat chaque jour pour instaurer un Etat de droit, un Etat démocratique. C’est même là l’essence de son parcours politique, maintes fois rappelée dans ses différents discours tant à la Nation qu’à la Communauté internationale. En décidant de franchir le Rubicon, l’AMP s’est-elle suffisamment préparée, politiquement s’entend, pour convaincre le peuple congolais et la Communauté internationale ? La question reste posée.
16/03/2009
Bras de fer Présidence – Parlement (par Marie-France Cros)
La libre Belgique, 14/03/2009
Depuis longtemps, la présidence veut se défaire du contrôle parlementaire. Elle réclame cette fois la tête de Vital Kamerhe, qui fait jouer à l’Assemblée nationale son rôle de contre-pouvoir. Tout se jouera lundi, à l’ouverture de la session.
La session ordinaire du Parlement congolais, qui s’ouvre lundi à Kinshasa, pourrait constituer un tournant dans l’histoire de la IIIe république. Elle survient en effet dans un contexte marqué par un bras de fer entre la présidence et l’assemblée nationale.

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Étendre son pouvoir
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Ce dernier ne date pas d’hier : voilà longtemps que la présidence s’efforce d’étendre son pouvoir au-delà de ce que prévoit la Constitution, adoptée par référendum en 2005. Le chef de l’Etat a ainsi profité du manque de capacité de travail de l’ex-Premier ministre Gizenga (2007-08) pour présider à sa place les conseils des ministres ; de la lenteur du Sénat à nommer le Haut conseil de la magistrature pour nommer lui-même les juges de la Cour suprême. Et puisque cela "passait", il a poursuivi, s’octroyant le bureau du président de l’Assemblée nationale, dans le bâtiment abritant celle-ci, et reléguant son titulaire dans une pièce grande comme un placard à balais ; obtenant du gouvernement qu’il bloque les comptes de l’Assemblée qui a besoin de fonds pour ouvrir des enquêtes parlementaires sur des sujets qui gênent l’exécutif – et les enquêtes n’ont pas (encore) eu lieu.
Le dernier affrontement porte sur l’opération militaire conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu. Le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, avait exprimé publiquement son indignation de ce qu’elle n’ait pas donné lieu à un débat parlementaire ; son avis rencontra un écho dans l’opinion qui, nourrie depuis longtemps de discours antirwandais, ne pouvait comprendre ce brusque retournement d’alliance.
Le président Kabila a décidé de sanctionner ce manque de solidarité partisane de M. Kamerhe, membre du parti présidentiel PPRD, en exigeant sa démission du perchoir. Il ne fut pas obéi, même lorsque le PPRD exigea la démission de tout le bureau de l’Assemblée.
Le bouche à oreille politicien évoque de fortes pressions (on parle même de menaces) sur Vital Kamerhe pour qu’il se soumette, mais celui-ci serait désireux de préserver l’indépendance de l’Assemblée. Plusieurs sources lui prêtent l’intention de ménager la chèvre et le chou en présentant sa démission dans les règles, lundi, à l’ouverture de la session parlementaire.
La présidence ne serait pourtant pas rassurée et craindrait "un show" de Kamerhe, voir un coup de tête des élus qui étaient majoritaires (262 sur 500) à réclamer une session extraordinaire pour discuter de l’opération conjointe rwando-congolaise – y compris donc des députés de la majorité. Selon le journal "Kongo Times", les députés de la majorité présidentielle ont reçu lundi dernier un SMS sur leurs portables : "Vous, les députés, lâchez Kamerhe, sinon l’Assemblée nationale sera dissoute."
Politique et juridique
"Il y a deux aspects à ce conflit, fait observer, pour "La Libre Belgique", le constitutionnaliste Bob Kabamba. Politiquement, les accords au sein de la majorité présidentielle prévoyaient un poste pour chaque composante, la présidence de l’assemblée revenant au premier parti – le PPRD." Le poste "appartient" donc au parti. "Mais, juridiquement, un membre du bureau de l’assemblée ne peut être démis par l’exécutif, seulement par la plénière", poursuit M. Kabamba.
Une éventuelle démission de M. Kamerhe, en outre, n’est pas pour la présidence une garantie qu’elle imposera sa volonté. Qui lui succédera au perchoir ? Un homme fort ou un homme soumis à l’exécutif ? Dans ce dernier cas, que fera-t-elle du Sénat, où le rapporteur adjoint, Jean-Pierre Lola Kisanga, a dénoncé "une tentative de liquidation de la démocratie au sein du Parlement".
Enfin, qui peut assurer que les 262 députés qui avaient signé la pétition réclamant un débat sur l’opération rwando-congolaise oublieront leur exigence après l’éventuel départ de M. Kamerhe – alors que plus le temps passe, moins le bilan de celle-ci paraît positif, le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés s’inquiétant de la "déterioration rapide" de la situation au Kivu depuis le départ de l’armée rwandaise, le 27 février. Les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires) – dont l’éviction était le but officiel de l’opération – reviendraient en effet en force dans la région.
Assemblé nationale du 16 mars 2009 : drôle de coup à l’ordre du jour
Le Potentiel 14/03/2009
La rentrée parlementaire interviendra dans 48 heures. Elle sera marquée par le dernier scénario du « feuilleton AMP » visant le renouvellement du Bureau de l’Assemblée nationale. 16 mars 2009, un jour de tous les enjeux et de tous les dangers. Fait insolite tant il s’agit d’une première signée par une majorité présidentielle, au pouvoir. Et pour tout consommer, l’AMP a inscrit à l’ordre du jour un « drôle de coup ». Pour avoir la tête de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale.
Les Congolais doivent retenir leur souffle avec la rentrée de la session parlementaire du mois de mars. Fixée constitutionnelleme nt au 15 mars, un dimanche, elle interviendra le 16 mars, lundi. Mais contrairement aux précédentes sessions, elle sera marquée dès le premier jour par la question liée au renouvellement du Bureau de l’Assemblée nationale.
En effet, sur décision de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et pour des raisons de discipline au sein de cette plate-forme, il a été décidé de la démission de tous les membres du Bureau de l’Assemblée nationale. Argumentant qu’ils ont été désignés par la plate-forme pour faire partie du Bureau, la même instance politique vient de leur retirer la confiance. Aussi, ont-ils été invités à déposer leur démission, avec effet immédiat, avant la rentrée parlementaire. Jusqu’à ce jour, seuls cinq des sept membres qui composent ce bureau ont obtempéré à cette injonction. Le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et le rapporteur adjoint, Dr Ngokosso, ne l’ont pas encore fait. Ce dernier, sur décision de son parti, l’Udemo, s’exécutera le jour de la rentrée parlementaire, en plénière. Quant à Vital Kamerhe, il n’a fait aucune déclaration à la presse depuis la prise de cette décision. Toutefois, dans les milieux de l’AMP, on affirme que le PPRD a écrit à Kamerhe pour qu’il dépose sa démission. Mais dans les couloirs du Palais du peuple, et face aux pressions dont il est l’objet en plus de l’humiliation politique, il ressort qu’il n’a pas d’autre choix. Il annoncera sa démission le jour de la rentrée parlementaire, et en plénière. Suspense.
Box vide
Suspense ? Oui, c’est le cas de le dire d’autant plus qu’à l’AMP, on attendait la démission de tout le monde avant la rentrée parlementaire. Ce qui n’est pas le cas. Aussi, l’AMP qui ne peut plus reculer, doit aller jusqu’ à la fin de sa logique pour avoir la tête de Vital Kamerhe. Elle s’est réunie le jeudi 12 mars. Il ressort de cette rencontre que l’ordre a été donné à tous les députés nationaux de l’AMP de boycotter les séances du lundi 16 mars et du mardi 17 mars. De boycotter la séance d’ouverture. Question de faire constater l’incapacité du Bureau à organiser la rentrée parlementaire pour permettre au secrétaire général de l’Assemblée nationale d’assumer ses prérogatives. Ainsi, l’on rentrerait à la case départ en vue de constituer un bureau provisoire avec le doyen des députés, secondé par les deux députés les moins âgés pour procéder à l’élection du bureau définitif de l’Assemblée nationale.
Un drôle de coup en fait. Tout ce scénario ne vise que le départ de Vital Kamerhe. Aussi, l’AMP qui ne peut plus reculer, disions-nous, est déterminée à utiliser tous les moyens pour parvenir à ses fins.
Vieux démons et jeunes loups
Il existe effectivement un véritable problème interne à l’AMP. La déclaration de Vital Kamerhe sur la présence des troupes rwandaises en RDC ne serait que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il y a bien d’autres « crimes de lèse-majesté ». Notamment, ses déclarations à la presse comme s’il avait de grandes ambitions politiques personnelles. Mais surtout cet entretien dans un « cercle privé » qui aurait été rapporté au « chef », sur bande qu’on aurait fait auditionner à l’intéressé. Aussi, la dernière déclaration sur les soldats rwandais n’aurait fait que corroborer les premières et mis à nu ses « intentions » de « briser la cohésion autour du chef ». Une faute impardonnable. Partant, le laisser évoluer dans cet élan et cet enthousiasme, engendrerait des émules.
Cependant, l’AMP n’est pas une formation politique homogène. Elle est hétéroclite et dispose en son sein des « indépendants », «des vieux démons » qui ne ratent jamais une telle opportunité pour demeurer en selle. Personnalités politiques à l’esprit fertile, elles se révèlent souvent d’habiles manipulateurs pour faire et défaire des « hauts cadres », ayant toujours à l’esprit la lutte des générations. Tout se passe comme si l’on assistait à un duel entre les « vieux démons et les jeunes loups ». Ou encore la « guerre des clans » comme aux temps forts du mobutisme avec le MPR, Parti – Etat, laquelle guerre a engendré le clientélisme et la délation qui ont fait le lit du monolithisme. Fait combattu par les « artisans » de la IIIème République.
D’autre part, l’on est surpris dans l’entourage de l’AMP de constater que certaines personnes s’agitent autour de la décision de cette plate-forme. L’on précise qu’il ne s’agit nullement d’une première en Afrique. Des cas analogues se sont produits au Sénégal et en Afrique du Sud, avec Macky Sall et Thabo Mbeki, l’un ancien président de l’Assemblée nationale du Sénégal et l’autre président de la République. Ils ont été destitués de leurs fonctions respectives par leur parti. Soit.
Mais nul n’interdit à l’AMP de sanctionner ses membres si les griefs leur reprochés sont avérés. Cependant, il serait imprudent de copier servilement ce qui s’est passé au Sénégal et en Afrique du Sud. Dans ces deux pays où la culture politique et la tradition des institutions stables se passent de tout commentaire, le débat a bel et bien eu lieu au sein des institutions nationales sénégalaise et sud-africaine avant la destitution de Macky Sall et Thabo Mbeki. Et ce, en respectant les règles du jeu, la Constitution, sans harcèlement politique, et en le faisant de façon propre.
En a-t-il été le cas pour Vital Kamerhe et les autres membres du Bureau de l’Assemblée nationale, pris individuellement ? Il revient à l’AMP de répondre à cette interrogation pertinente.
Pour revenir au cas du Sénégal et de l’Afrique du Sud, il y a bien eu des vagues après le départ de ces deux personnalités. Dans le premier cas, la turbulence politique persiste à l’approche des élections et le président Abdoulaye Wade, à qui l’on reproche de favoriser « politiquement » son fils Karim, devra analyser les résultats des élections municipales pour mieux apprécier la suite des événements. En Afrique du Sud, l’ANC a connu une scission. Les sympathisants de Thabo Mbeki ont claque la porte et créé le COPE. Les prochaines élections en Afrique du Sud s’annoncent intéressantes. Dans quel clan se trouve l’AMP ? Dans celui du Sénégal ou de l’Afrique du Sud ?…
La réponse dans les tout prochains jours. Avec cette rentrée parlementaire du mois de mars fertile en rebondissements tant il est important de souligner que l’on vient de toucher à des « institutions issues des élections » : la représentation nationale.
Rude épreuve pour les députés nationaux. Dur test pour la jeune démocratie en RDC.
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Articles choisis et publiés par Beni-Lubero Online
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Apr

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La crainte des congolais vis-à-vis des opérations militaires Rwanda-Congo sans mesures des protections des populations civiles se précise. Comme les LRA en Province Orientale, les FDLR pourchassés au Nord-Kivu viennent de tuer 36 congolais en Territoire de Masisi et un congolais en Territoire de Lubero.
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Face à cette nouvelle série de morts inutiles qui s’ajoutent aux six millions dont le nombre ne semble pas être suffisant pour les commanditaires, les plus sceptiques parmi les congolais continuent à penser que le génocide des congolais est le but des opérations militaires en cours au Nord-Kivu et en Province Orientale. Pour détourner l’attention de la communauté internationale sur les responsabilités du Rwanda et de l’Ouganda dans les crimes contre l’humanité commis par leurs laquais au Congo, le Rwanda et l’Ouganda ont inventé des opérations conjointes avec le Congo pour continuer leur mission d’avant, à savoir, dépeupler l’Est du Congo avant son occupation et l’exploitation de ses ressources naturelles. Le Rwanda et l’Ouganda voudraient ainsi faire porter aux LRA et aux FDLR, la responsabilité des massacres de grande envergure devant précéder l’occupation effective. En effet, avant les opérations conjointes, les congolais savaient que les armées rwandaise et ougandaise étaient déjà au Congo par le truchement des plusieurs milices. Les FDLR et les LRA qu’on associe aux régimes précédents du Rwanda et de l’Ouganda, n’avaient jamais tué autant des paisibles congolais. Aussi, on ne peut comprendre pourquoi les planificateurs des opérations militaires conjointes n’avaient pas envisagé la protection des populations civiles par des forces de police ou de securité. Le Congo aurait accepté de coaliser avec ses agresseurs parce qu’il se croyait mal au point militairement. Mais depuis le début de ses opérations conjointes avec des armées qui se disent aguerries, les congolais ne voient pas le bien-fondé de la coalition ni sa force de frappe qui serait supérieure à celle des congolais. Là où les Fardc mal armés réussissaient tant bien que mal à contenir les LRA ou les FDLR, la coalition Rwando-Congolaise, Ougando-Soudano-Congolaise est incapable de protéger un seul village, ou de remporter une seule victoire nette sur les LRA ou les FDLR. Comme du temps de la coalition MONUC-Fardc contre les FDLR, la mission s’arrête parce que les FDLR ont fui dans la brousse. Pourquoi les coalitions militaires invitées au Congo ont-elles peur de la brousse ? Et si elles ne savent pas se battre en brousse, pourquoi ne pas les remplacer par des combattants habitués à la forêt ou à la savane ? A l’allure où vont les choses, on se demande comment le Président Joseph Kabila peut justifier sa décision de pactiser avec les ennemis jurés du Congo connus pour leur mensonge et leur ruse, sans aucune garantie sécuritaire pour les congolais. Sa décision est tout simplement absurde et suicidaire comme certains l’ont qualifié. Le Président Joseph Kabila est donc condamné à réussir son opération de pacification de l’Est pour espérer survivre politiquement la grogne populaire qui monte jusqu’au parlement de tous les coins du Congo.
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Les faits du terrain contredisent ce que le Président Joseph Kabila appelle mission de pacification.
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Hier, Jeudi 29 janvier 2009, au village de MITEMBE, dans la localité de Kasugho, en Territoire de Lubero, un congolais du nom de Muhindo, père de famille de son état, a été abattu dans son champ par des FDLR en fuite. Deux jours avant cet assassinat, deux femmes du même village enlevées par des FDLR avaient passé deux nuits de calvaire comme esclaves sexuels aux mains de leurs ravisseurs. Pour le moment ces femmes violées abandonnées sans force dans la brousse par leurs ravisseurs en fuite sont internées au Centre de Santé de Référence de Kasugho pour des soins de santé.
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Après une semaine d’opérations militaires dites de grande envergure, le bilan est maigre, trop maigre. Les opérations en cours rappellent les controffensives foudroyantes sans effet annoncées par Kengo contre les troupes de l’AFDL au Sud-Kivu en 1996… Au Nord-Kivu les opérations de pacification de Joseph Kabila sont timides et risquent de durer une éternité. Jusque-là, aucune arrestation ou capture d’un FDLR n’a eu lieu. Seulement quelques redditions des FDLR malades, femmes, ou enfants.
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Des informations émanant de la coalition Fardc-RDF-CNDP- mais non vérifiées par des sources indépendantes, font état d’un officier FDLR tué avec deux de ses hommes au Masisi.
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Vendredi 23 janvier 2009 : Deux femmes et trois enfants FDLR se sont rendus au Camp Militaire de Kasugho. Images ci-dessous:
Deux femmes rwandaises et leurs trois enfants au camp militaire de Kasugho (Lubero)
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Mercredi 28 Janvier 2009 : Un Homme FDLR faible de santé s’est rendu aux Fardc
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Jeudi 29 Janvier 2009 : Un homme FDLR d’un certain âge s’est rendu aux Fardc.
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Au total, après 9 jours d’opérations militaires, 2 deux hommes, trois femmes, trois enfants FDLR se sont rendus d’eux-mêmes.
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Au lieu de poursuivre leur objectif que sont les FDLR, les forces de la coalition Fardc-CNDP-Armée rwandaise, tracassent les paisibles congolais. Ainsi les populations civiles sont à la fois la cible des FDLR en fuite, et des libérateurs de la coalition Rwanda-Congo. Ce phénomène qui caractérise la guerre à l’Est du Congo depuis 13 ans, renforce l’idée du dépeuplement de la région comme vrai motif de la guerre et des opérations militaires en cours.
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Au Village de MAVINGU, une belle famille d’un élément FDLR a été pourchassée hier Jeudi 29 janvier par les Fardc à cause de son gendre rwandais en fuite. Une arme aurait été récupérée sur le lieu lors de la fouille et deux membres de cette famille sont aux arrêts. Les crépitements des balles ont retenti dans ce village qui faute de vrai combat avec les FDLR, s’est transformé en champ de bataille, au grand dam de la paisible population. La question des enfants issus des unions des FDLR avec les femmes congolais commence aussi à se poser. Ces enfants sont-ils FDLR ou congolais ?
Sur le même lieu, toujours en défaut d’en découdre avec les FDLR ayant pris la poudre d’escampette, les Fardc ont emporté 18 bâches qui couvraient des briques adobes destinées à la construction de l’école primaire de MAVINGU. Le responsable de cette école est découragé par cette barbarie des Fardc qui s’attaquent aux symboles de développement du village, démontrant aussi qu’ils sont envoyés au front sans discipline ou sans moyens logistiques.
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Ailleurs sur l’axe Kasugho-Kagheri, les FARDC qui retournaient à Kagheri après une vadrouille en brousse ont soumis tous les usagers de ce chemin à toutes sortes de tracasseries, arrêtant tout le monde qu’ils trouvaient sur leur passage, extorquant argent et biens de valeur. C’est ainsi qu’un acheteur de cossettes de manioc venu de la cité de Lubero a été extorqué de tout son capital d’achat, soit 14 US$ au niveau du village de MUKUTO.
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A Kasugho, c’est un élève de l’Institut Kasugho qui s’est fait arraché son téléphone portable par les Fardc.
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Ces quelques faits sont ceux que nous avons pu recueillir. La vérité est que sur le terrain, rien ne montre que la pacification est pour demain, les sources des tracasseries étant multiples, les FDLR et les coalitions armées qui veulent les combattre.
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Comme les congolais avertis l’avaient pressenti, la population civile paie le lourd tribut de la chasse aux FDLR qui ne sont pas visibles sur terre. Au lieu que la coalition Rwanda-Congo les poursuive en brousse, ou change de stratégie de combat, elle s’attaque aux cibles faciles que sont les populations civiles. D’où l’inquiétude de la population dont la souffrance risque de se prolonger. Pour mettre au clair ces opérations militaires dont les stratégies ne portent pas de fruit pour le moment, le parlement doit faire pression sur Joseph Kabila pour que les termes de la mission de démantèlement des FDLR soient définis de commun accord avec les représentants du peuple au niveau national et provincial. Le peuple veut savoir pourquoi Joseph Kabila n’a pas choisi des alliés neutres au conflit congolais pour pacifier l’Est du Congo.
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Correspondance particulière de Kasugho
Beni-Lubero Online
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Apr

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Les nouvelles qui circulent au Nord-Kivu rapportent que la Monuc se préparerait à se retirer du Nord-Kivu, abandonnant ainsi le terrain à Nkunda. En effet, depuis la débâcle de Mushake, les Fardc ne se battent plus contre Nkunda, du moins les commandants. Les hommes de Nkunda prennent du terrain partout au Nord-Kivu par l’entremise des membres du gouvernement provincial parallèle installé par le Général John Numbi en janvier 2007. Les officiers militaires de Nkunda circulent librement à travers toute la Province où ils recrutent des jeunes, organisent des réunions, au vu et au su des autorités politiques, administratives et militaires locales au pont que l’on se demande si le CNDP va hériter de tout, la terre et les institutions politiques. C’est le cas du Colonel Mbale Matsongani du CNDP qui circule librement à Butembo et à Beni où il recrute des jeunes, au vu et au su des autorités locales, des Fardc, de la Monuc, et du RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi,etc.
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Les sources proches des milieux politiques parlent de l’intransigeance de certaines grandes puissances qui s’opposeraient à l’application des lois internationales dans le conflit qui oppose la R.D. Congo au Rwanda par le truchement du CNDP de Nkunda. C’est ainsi que la MONUC serait entrain de se faire damer les pions au Kivu comme l’ONUC de 1960-1965. Le représentant spécial de l’ONU au Congo représenterait plus les grandes puissances que le Secrétaire Général Ban Kimoon. Pour les grandes puissances intéressées par les matières premières du Kivu, la mission de la MONUC est terminée. L’américain William Swing l’avait si bien mené à terme. Il ne reste plus qu’à fomenter un alibi pour que la Monuc se retire du Nord-Kivu moyennant une bonne Résolution du Conseil de Securité taillée sur mesure, laissant le terrain aux grandes puissances et leurs alliés régionaux.
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Comme bien d’observateurs l’avaient prédit, la prétendue conférence de paix de Goma n’était qu’une prise de température du Kivu par les grandes puissances à la veille de son éventuelle amputation de la R.D. Congo. Même si d’aucuns disent que le Kosovo n’est pas le Kivu, la raison du plus fort étant toujours la meilleure, dixit Lafontaine, il y a lieu de craindre pour le Congo où les dirigeants ne savent pas ou ne veulent pas utiliser les moyens politiques qui sont à leur disposition pour cimenter l’unité nationale et mobiliser le peuple congolais contre ses ennemis.
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Parlant de lois internationales, les nouvelles qui circulent au Nord-Kivu rapportent qu’il existerait un bras de fer entre la TPI et certaines grandes puissances, sur le sort des criminels congolais, tels Nkunda, Jean-Pierre Bemba, etc. sur qui pèsent des accusations de crime contre l’humanité.
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Pour le cas de Nkunda, les grandes puissances pressées d’exploiter le Kivu demanderaient son amnistie immédiate et sans conditions.
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Pour le cas de Jean Pierre Bemba, pneu de réserve de certaines puissances supplétives, tout serait fait pour le protéger contre les enquêteurs du TPI. C’est bien là le mandat de l’opposition politique au Congo d’après les grandes puissances. Quand celui qui détient le pouvoir démérite, son opposant est remis en selle pour le remplacer, avec ou sans élections.
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Une fois de plus, la loi internationale s’il y en avait une, est mise en mal en R.D. Congo. Non seulement l’ONU comme organisation des nations y est humiliée mais aussi le Tribunal Pénal International (TPI).
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Comme l’avait dit Kwame Nkrumah, l’ONU n’est crédible que quand les Grandes Puissances le lui permettent. En d’autres termes, l’ONU n’est qu’une caisse de résonnance des Grandes Puissances. Cette vérité les dirigeants congolais doivent l’assimiler aujourd’hui une fois pour toutes pour que dans l’avenir ils ne se trompent plus d’alliés.
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En 1960, Emery Patrice Lumumba, premier élu congolais, avait regretté d’avoir fait appel à cette coquille vide de l’ONU. En effet, L’ONU n’avait pas pu assurer sa securité non pas qu’elle n’en avait pas la volonté mais parce que son action était contrecarrée par certaines grandes puissances. Quand Lumumba désespéré ou exaspéré chercha de l’aide à Moscou, ses carottes furent toutes cuites immédiatement bien qu’il fut l’élu du peuple congolais. Il fut assassiné sous les yeux et le nez de l’ONUC. Le Secrétaire Général de l’ONU Dag Hammarskjöld qui croyait bien faire d’appliquer la Charte de l’ONU au Congo y avait laissé sa peau dans des circonstances mystérieuses.
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Mzee LDK est venu et a vu le danger d’accepter la MONUC ainsi que les médiateurs internationaux comme Ketumile Masire du Botswana, qu’il avait choisi d’appeler « le Msiri complicateur » au lieu de « pacificateur ». Son nationalisme l’avait conduit à sceller les bureaux de ces complicateurs et cela jusqu’à son assassinat. Ceux qui suivent la crise du Kenya peuvent comprendre pourquoi Mwai Kibaki refuse l’arbitrage de la communauté internationale. Dès que vous lui prêter le flanc, elle vous poignarde dans le dos.
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Joseph Kabila avait pensé innover en faisant revenir au pays ceux-là même qui avaient fait assassiner Mzee LDK, véritable héros national. Sa lune de miel avec les complicateurs internationaux semble s’être arrêtée brusquement depuis qu’il a choisi de se tourner vers la Chine, ce géant asiatique que malheureusement aucun pacte international n’autorise à intervenir militairement pour sauver un état ami d’Afrique, à l’exemple de la France qui vient de sauver le Tchad de rebelles. Qui sauvera le Congo de rebelles de Nkunda?
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Depuis lors, les rumeurs les plus folles sur le sort de Joseph Kabila circulent partout au pays, jusque dans les villages les plus reculés de Beni-Lubero où des gens qui se disent bien informés racontent à qui veut les croire que Joseph Kabila serait assassiné avant le mois de mai 2008 s’il n’y a pas résiliation de ses contrats avec la Chine et s’il n’amnistiait pas Nkunda de ses crimes contre l’humanité commis au Nord-Kivu. Selon les mêmes rumeurs persistantes, ses tueurs internationaux seraient déjà dans la capitale congolaise, et que si par hasard, il résistait, la rébellion de Nkunda alignerait avant le 30 juin prochain, des congolais comme Jean-Pierre Bemba, pour libérer le Congo de Joseph Kabila.
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Il y aurait ainsi deux plans malsains qui se mijoteraient contre la R.D. Congo. Le Plan A consisterait à passer le Kivu sous le contrôle de Nkunda au bénéfice des grandes puissances. Le Plan B, consisterait à remplacer Joseph Kabila par quelqu’un d’autre qui garantirait le monopole de certaines grandes puissances sur toutes les ressources minières du Congo. Pour remplacer Joseph Kabila, il y aurait aussi deux sous plans, notamment son élimination physique ou, le cas échéant, une nouvelle guerre de libération.
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Ces rumeurs d’assassinat ou de guerre de libération sont cependant prises avec des pincettes au Kivu où Joseph Kabila et ses collabos du RCD-Goma et du RCD-K-ML n’ont plus pignon sur rue depuis qu’ils sont soupçonnés d’être de mèche avec Nkunda à qui ils ont permis de s’emparer militairement du Nord-Kivu. En effet, pourquoi Nkunda s’attaquerait-il à celui qui a fragilisé le Congo pour lui préparer le terrain ? Le départ imminent de la Monuc n’étonne personne car elle a aussi préparé le terrain pour Nkunda. Ainsi le gouvernement comme la Monuc ayant accompli chacun sa mission au Nord-Kivu avec satisfaction, le cap est pour le moment sur le reste du Congo. Quel rôle ces traitres peuvent-ils continuer à jouer ? Il faut réveiller le sentiment anti-occident qui prend bien au Congo, selon les circonstances, pour sauver les traitres vendeurs du Kivu du lynchage populaire ou électoral.
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C’est ainsi que les rumeurs de l’assassinat de Joseph Kabila peuvent avoir comme origine son entourage pour donner l’impression que Joseph Kabila n’a pas vendu le Kivu aux grandes puissances, à Nkunda, et pour le faire accepter à l’Ouest du Congo après le coup fatal du Kivu. Il pourrait retrouver ainsi l’image qu’il avait avant la longue transition politique quand les congolais le prenaient pour un combattant, un patriote, un jeune qu’il fallait aider pour redresser le Congo. Une chose est vraie, cependant, l’occupation effective du Nord-Kivu par Nkunda sonnera la fin du Règne de Joseph Kabila au Congo.
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Le fait que le CNDP s’installe partout au Nord-Kivu sans que cela ne dérange ni Kinshasa, ni le RCD-K-ML, accrédite la thèse d’une grande diversion en fabrication en R.D. Congo. Aux congolais de décortiquer toutes les rumeurs avant de prendre position. Comme la loi internationale ne peut s’appliquer au Congo par peur de donner avantage aux congolais, la ruse et l’intox sont entrain d’y jouer un grand rôle. Les politiciens se cachent derrière des soutanes des prêtres et des pasteurs qu’ils manipulent pour tenter de faire avaler une pilule amère aux Kivutiens. Le peuple congolais doit rester sur ses gardes car il a toujours été floué par ses politiciens, marionnettes des grandes puissances.
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Edgar Kahindo
Coordinateur du RACODIT– Rassemblement des Congolais pour la Défense de l’Intégrite Territoriale
Butembo
Beni-Lubero Online

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Apr

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On vient de terminer, à Bruxelles, une grande conférence sur la forêt congolaise et l’on annonce pour demain le début d’une Foire économique à Mbandaka, chef-lieu de l’Equateur et principale localité de la cuvette centrale forestière du Congo. Applaudissons au passage cet intérêt pour une province qui aurait pu penser qu’on lui reprocherait encore pendant un siècle ou deux d’avoir vu naître Mobutu, et revenons à la forêt.
Forêt Equatoriale vue du Panoroma de chez Mr. Lotis (route de Beni-Butembo)
Un premier point paraît digne d’attention. Quand on parle de pillage du Congo, le regard se braque presque automatiquement sur les régions minières, et l’on pense diamant, coltan, cobalt ou cuivre…
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La forêt aussi est pillée ! Bien sûr, aucun trafiquant ne se fait jamais attraper, dans un aéroport, avec un arbre dissimulé dans ses bagages, comme cela peut arriver pour les diamants. Mais les camions passant les frontières par de petites pistes de brousse, cela existe, dans des zones mal contrôlées… Toute la question étant qu’au Congo, on peut se demander s’il y a quelque part une zone contrôlée ! On a plutôt l’impression que le contrôle de l’Etat congolais s’arrête à vingt mètres du bureau de Joseph Kabila !
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Et, bien entendu, ce pillage-là est aussi scandaleux que l’autre. Si voler un diamant, c’est mal, il n’y a pas de raison d’approuver le vol d’un arbre ! Mais à côté de cela, ce pillage représente des dangers supplémentaires !
L’exploitation « sauvage » des forêts peut amener la désertification. Cela ne veut pas dire que là où se trouve aujourd’hui la grande forêt équatoriale, il y aurait une sorte de Sahara ! C’est au contraire la pluie qui se chargerait du travail, en « lessivant » les couches arables jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un sol stérile. Pour éviter cela, il faut exploiter la forêt en limitant la pression exercée sur la nature, en choisissant les arbres plutôt qu’en faisant « table rase », et replanter des nouveaux arbres à mesure qu’on en coupe. Tout cela suppose de la part des exploitants forestier une attitude « écologiste » qui est diamétralement à l’opposé d’une recherche du profit maximum en peu de temps, ce qui veut dire qu’elle doit être imposée et encadrée par les pouvoirs publics. On connaît le paysage congolais (je veux dire l’économie, pas les forêts !) les entrepreneurs y sont rapaces, et les pouvoirs publics inexistants. Devinez le résultat !
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A côté de ces considérations qui concernent la forêt comme l’une des richesses naturelles exploitables du Congo, il y a des considérations qui regardent l’ensemble de la planète. On en parle beaucoup depuis qu’Al Gore a eu un Oscar. Il s’agit du rôle de la forêt primaire comme « poumon de la planète ». La Terre en avait deux : la forêt amazonienne et la forêt d’Afrique centrale. Le poumon amazonien est dans un état inquiétant, un brin tuberculeux. Quid de son frère africain ?
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A côté de ces considérations écologiques à l’échelle planétaire, on en fait d’autres qui sont à échelle réduite. La forêt est aussi un réservoir de biodiversité, dont l’inventaire est loin d’être fait. Et l’on peut même aller jusqu’à hisser la question à un niveau philosophique : L’Homme n’aurait-il pas besoin de conserver des espaces de nature vierge, intacte ?
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En un mot comme en cent, là il ne s’agit plus de couper les arbres, mais de conserver la forêt, et l’on n’est plus dans une démarche de production économique, mais au contraire de protection et de conservation, un peu dans la ligne des « réserves naturelles » et des « parcs nationaux ». Cette préoccupation est éminemment louable et urgente MAIS…
Champ de riz et de palmier dans la forêt de Kisima-Vuhunga ( Mutwanga)
Mais faut-il nécessairement que la conservation de la nature, mise en danger par la rapacité du Nord, soit mise en œuvre exclusivement pas le Sud, et à ses frais ?
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Il est bien possible que les Africains chez qui se trouve la grande forêt équatoriale (elle a son centre au Congo, mais s’étend largement sur les pays voisins) se sentent très fiers d’être investis, pour le compte de l’Humanité entière, du rôle respectable de « gardiens de l’écologie et de la biodiversité ». Il est moins sûr qu’ils soient vraiment contents d’assurer cette fonction « à la congolaise », c’est-à-dire d’être des gardiens non rémunérés.
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A partir du moment où l’on proclame que la fonction naturelle de la forêt revêt une importance planétaire et intéresse la survie de l’humanité dans son ensemble, on devrait aussi considérer que la conservation de cette forêt regarde toutes les nations, et pas seulement celles sur le territoire desquelles cette forêt pousse !
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Nous n’avions que deux « poumons », il n’y en a donc pas un troisième, en réserve, à gâcher. L’exemple du Brésil, pourtant plus prospère et mieux organisé que le Congo, a montré qu’en laissant faire les capitalistes sous la surveillance symbolique d’un état faible, on courrait à la catastrophe. Au Congo, entre les rapaces habituels et un état embryonnaire, c’est le cataclysme qui menace.
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Il n’est pas juste qu’après avoir été la source du « maldéveloppement » qui a engendré les problèmes climatiques, le Nord laisse au Sud le soin de payer la note ! Si ce qui est en cause est un patrimoine naturel mondial et une ressource que nous ne pouvons pas gaspiller pour la survie même de toute l’humanité, c’est aussi le monde entier qui doit se liguer pour trouver les moyens de cette conservation.
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Guy De Boeck 
Belgie
Beni-Lubero Online

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Apr

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 Après les élections libres, transparentes et démocratiques, qui ont défié tous ceux qui pensaient que la R.D.Congo était malade d’elle-même, la longue transition est censée close. Finie la récréation. L’heure est à la reconstruction. Peut-on parier que le peuple goûtera désormais les fruits de la paix retrouvée que chantait la « Zaïroise » de Mobutu ? Rien n’est moins sûr, disent les prudents. Pourtant tous les candidats l’ont promis au peuple, l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (A.M.P.) la première.
 
Joseph Kabila vient de remporter les élections présidentielles en R.D. Congo au deuxième tour avec une majorité absolue de 58% des voix. Les premières démocratiques après plus de 40 ans. Il se sait Président de tous les rd. Congolais. Ceux-ci aussi le reconnaissent. Il semble n’avoir qu’une obsession : rétablir la paix et l’unité nationale et faire de la RDC la « Chine de l’Afrique ». Or l’actualité nous rappelle une vérité éternelle. Les hommes ont toujours été des loups. Sur la route et dans le convoi, il y en a toujours qui posent problème, ceux qui posent des questions parfois pour désorienter le cours de l’histoire de la Nation. Opposition républicaine ou République opposée ? Règlements de comptes ou vrais défis ? L’avenir seul nous le dira.
 
Contre vents et marrées, le jeune Président en sort indemne en succédant à lui-même. Néanmoins il paie cette indemnité avec de nombreux défis qu’il doit affronter avec sérénité s’il ne choisit pas le profil bas. Plus jamais de faux fuyants. Le fantôme 1+4 s’en est allé laissant l’espace à un gouvernement responsable, émanation des institutions démocratiques. Plus que jamais le peuple est sensibilisé à la gestion de la chose publique grâce à l’éducation civique et électorale. Il attend passer au jury ses élus qui lui ont promis monts et merveilles. Ils sont dans l’erreur ceux qui pensent que la bataille démocratique est finie et qu’il ne reste plus qu’à dormir sur ses lauriers.
 
Ceux qui auraient pensé que les élections étaient tout seront surpris quand le souverain primaire leur demandera de rendre compte de leurs promesses électorales et engagements politiques. Longtemps le peuple a été marginalisé. Certains s’en seraient-ils servis comme marchepieds pour accéder au pouvoir ? Ceux qui l’auraient manipulé seront déçus en découvrant le revers de la médaille. L’époque est bien révolue où l’on pouvait lancer des slogans comme « Nyenye ! » pour clouer le bec aux plus critiques. Encore que la critique doit être rationnelle sinon raisonnée et non pas fantaisiste ni idéologique. S’il en sera ainsi après les élections, nous serons en droit de nous demander : en quoi auraient-elles servi ?
 
Sommes-nous malades de la mémoire ? Loin de là. La loi sur la nationalité, qui a emmené avec elle le débat sur la congolité, la thèse de la minorité écrasante et non moins terroriste- qui se canonise contestant toute remise en cause et niant des faits historiques pourtant têtus, l’amnistie à accorder aux criminels et pilleurs d’hier quand le sang qu’ils ont fait couler saigne encore et les caisses pillées restent béantes, des accords signés sur base des compromis néanmoins entachés des compromissions, il faut être amnésique pour oublier tout cela. Cependant y revenir met à jour des blessures de toute la société congolaise et soulève une polémique. Faut-il pour autant fermer les yeux, effacer le tableau pour repartir de zéro ? Cela est impossible même si nos musiciens chantent en toutes les langues : « Compteur à zéro ».
 
Le grand défi du Parlement démocratiquement élu consiste donc dans la lecture de l’Histoire de la Nation en revisitant les lieux de mémoire, ces lieux physiques ou idéologiques dont on ne peut se passer dans la démarche de la réconciliation dans la vérité pour le bien-être de tous les citoyens rd. Congolais. Cela n’ouvre pas la porte à la dérive, à une forme d’exclusion. Au contraire. Chacune des parties prenantes, les complexés tout comme les soi-disant fils du pays, reste à sa place et s’engage, par amour de la patrie notre mère, pour la reconstruction de la Nation. Il est donc du devoir du Parlement élu d’orienter la mémoire collective. C’est aussi son devoir d’honorer les victimes.
 
Certes, nous n’avons pas un discours historicisant. Pourtant il en faut parfois pour rafraichir la mémoire du Législateur et des décideurs, comprenez ici le pouvoir exécutif. La définition élémentaire de l’histoire ne nous apprend-elle pas que celle-ci étudie le passé pour comprendre le présent afin de préparer l’avenir ? Qu’à cela ne tienne, nous suivons scrupuleusement, selon les opportunités que nous offrent le monde des médias, l’actualité congolaise qui semble bouger dans le bon sens même si certains démons continuent à nous tirer dessus en cachette. Il faut les exorciser « au nom de Jésus !», diraient nos pasteurs et prédicateurs zélés et « inspirés ».
 
En effet, devant la surinformation caractéristique de notre temps- cela se vérifie aussi dans notre pays qui sort à peine d’une crise généralisée et d’une longue transition-, l’intelligence du choix des sources est une vertu non moins importante. Car l’histoire est une construction ou reconstitution orientée. Elle est toujours problématique. Elle n’est jamais complète pour autant qu’elle reconstitue des faits qui n’existent plus, mais qui n’ont laissé derrière eux que des traces.
 
Peu importe, revisiter la mémoire nationale peut souder la solidarité identitaire. Cela exige un travail historique sérieux et serein. Ainsi aurait-on échappé au piège de la tyrannie de la mémoire nostalgique sinon de son terrorisme. Il faut resituer les faits historiques tels qu’ils nous sont présentés par l’air du temps dans les médias sensationnels et idéologiques pour comprendre la mémoire et la dépasser. Il appert qu’à l’heure où nous sommes plus que jamais engagés à réécrire complètement l’Histoire de la RDC, nous ne devons pas le faire du point de vue des victimes. Encore que beaucoup de politiciens congolais jouent à la victimisation comme les footballeurs font la simulation au stade pour attirer la sympathie de l’arbitre.
 
Tout compte fait, la réconciliation dans la vérité ne saurait faire économie de l’histoire qui nous porte et nous façonne. Si la mémoire fanatique divise, l’histoire, elle, rassemble et consolide la cohésion nationale. Ainsi la « r.d.c. »- comme ré de chaussée- pourrait devenir, grâce la réconciliation dans la vérité, une vraie R.D.C. (République Démocratique du Congo). –
 
P. PALUKU MAYANI Adélard a.a.
Rome
Beni-Lubero Online

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