Archives : La situation du Nord-Kivu selon les Rwandophones

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Nord-Kivu, le 03 Février 2006

Rutshuru, des semaines après les violents combats qui ont opposés la 5e brigade à la Brigade dite ‘’Brigade d’Intervention Populaire’’, des revendications sont faites au gouvernement de transition. Le capitaine MUGEMA Jean porte parole de la brigade d’intervention populaire rappelle à travers un mémorandum de quatre pages l’essentiel de leurs revendications qui de plus ne sont pas nouvelles aux yeux de la communauté internationale et nationale. Il dénonce l’échec du gouvernement de transition vis-à-vis des objectifs de la transition. Voici ci-dessus in extenso le mémorandum de la ‘’Brigade d’intervention Populaire’’

.

MEMORANDUM

A l’intention :

− Du gouvernement de transition à KINSHASA/GOMBE

− Du parlement de transition à KINSHASA/LINGWALA

− Du conseil de sécurité des Nations Unies à NEW-YORK

− Du Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT)

− De la commission de l’Union Africaine à ADDIS-ABEBA

− De la commission de l’Union Européenne à BRUXELLES

− Du chef de bureau de la MONUC/Nord- Kivu à GOMA

− Du Gouverneur de la province du Nord- Kivu à GOMA

− Du commandant de la 8e Région militaire à GOMA

.Concerne : nos revendications

.Depuis le début de la transition congolaise nous avons produit un certain nombre de memoranda en vue d’alerter les acteurs politiques de notre pays, mais aussi la communauté nationale et l’ensemble des intervenants internationaux sur les préoccupations et les inquiétudes qui sont les nôtres, en particulier au regard de l’exclusion dont nous continuons d’être l’objet dans un pays qui est censé être un état de droit et dont la constitution édicte l’égalité des citoyens devant la loi ainsi que leur égale protection par elle.

En effet, il y a encore peu, nous avions espoir en la transition dont l’unique ambition était de placer la RDCongo dans la sphère de nations modernes où régnerait la sécurité, la paix, la stabilité, le développement économique, le mieux être et la cohabitation pacifique des populations congolaises. Force est de constater aujourd’hui que le gouvernement de transition a montré ses limités en cela par son incapacité à assurer la sécurité des congolais sur l’ensemble du territoire et il n’est pas non plus en mesure d’apporter des solutions aux nombreux problèmes qui se posent tant dans le déroulement normal de la transition que dans la préparation et l’organisation des élections libres, crédibles et incontestables qui constituent l’aboutissement souhaité d’un processus conduit avec maturité et responsabilité politique Il nous emble malheureusement que ces deux derniers qualificatifs sont une denrée rare au pays, principalement parmi les acteurs de la transition actuelle chez qui tout acte et toute décision sont imprégnés d’une telle légèreté et d’un amateurisme si pas de mauvaise foi au but de satisfaire les calculs malsains ou multiples agendas cachés qui dans la majorité des cas ont nécessité les interventions des intervenants internationaux ; CIAT, Union Européenne et même le conseil de sécurité pour que les questions vitales comme l’adoption de la loi sur l’amnistie, le brassage et l’intégration de l’armée nationale, le referendum constitutionnel et la loi électorale trouvant une issue , sans que les acteurs eux même en aient la forte conviction ; entraînant sûrement des retombés néfastes dans l’interprétation ou l’exécution. Nous dénonçons donc l’échec du gouvernement de transition qui n’a pas réussi à gérer les affaires de l’état à apporter la réconciliation nationale tant souhaité et encore moins, à faire preuve d’une gouvernance impartiale qui réserve à tous les citoyens l’égalité des chances, qui les promets selon leurs mérites et non leur phénotypes et qui les puni au vu de leur fautes individuelle et non sur les bases de leur apparence collective. Cette manière de conduire les affaires de l’état a finit, par renforcer les sentiments de vulnérabilité de certaines minorités dont la communauté « rwandophone » du Sud et du Nord-Kivu, qui réclame aujourd’hui des mesures concrètes qui démontre la bonne foi et l’impartialité des décideurs politique et militaire de notre pays parce qu’elle estime qu’il y a encore toute les raisons pour qu’elle soit inquiète et qu’elle ne prenne pas pour comptant, les initiatives prises ici ou là pour soi disant la sécuriser. Nous nous faisons encore une fois le devoir de résumer en quelques points nos revendications les plus importantes, afin de permettre à nos population de retrouver la sérénité et qu’à l’égard de tous les autres congolais elle puisse se préparer et participer activement au processus électoral en cours dans notre pays. Entre autre nous exigeons et cela avant la tenue des élections proprement dite :

.1. le retour de nos compatriotes toujours réfugiés au Rwanda en Ouganda au Burundi et en Tanzanie après plus de 10 ans d’exil forcé.

. 2. la sécurisation de nos population sur les collines où elle subissent des actes fréquents des forces négatives FDLR/Interahamwe et autre Maï-Maï nous disons bien la sécurité sous toutes ses formes ; physique ; juridiques et politique.

3. l’application de la loi sous l’amnistie dans l’esprit et la lettre tel que adopté par le parlement de la transition. 4. la prise en charge (dotation logistique, salaire, ration …) et la reconnaissance des gardes et effectifs des militaires de l’ex-ANC à fin qu’il n ‘y aient plus envers eux de politique de deux poids deux mesures.

5. l’intégration et le brassage de forces armées doivent obéir à de critères et des normes bien défini et acceptable et doivent être précédé par une formation idéologique des militaires en vue de leur réconciliation 6. la poursuite, par la justice militaire du colonel SHE KASIKILA et ses collaborateurs de la 5e brigade intégrée déployé dans le territoire de Rutshuru, à cause des multiples exactions commise sur la population civile tels qu’énumérés dans notre lettre du 25 janvier 2006.

7. le désarmement et le rapatriement des FDLR/Interahamwe qui sèment la mort et la désolation dans nos campagnes avant la tenue des élections générale en RDC!

8. la préparation et organisation des élections suivant l’option des listes ‘’bloquées et zébrées’’. Nous attendons donc des actes concrets des autorités de la transition afin d’enrailler nos inquiétudes telles qu’exprimées dans les lignes qui précèdent. Notre seul souhait et espoir étant de voir la nation congolaise toute entière ainsi que la communauté internationale comprendre la légitimité de nos revendications ; prendre fait et cause pour elles et les appuyer.

.Fait à Rutshuru le 03 février 2006

Pour la Brigade d’Intervention Populaire

Capitaine MUGEMA Jean

.Transmis à BLO par P. Loup Blanc

Goma

Nord-Kivu

R.D.Congo

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *