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Assassinat d’un policier gardien du centre d’enrôlement de LUOTU

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Moins d’un mois après l’assassinat de Mlle KAVIRA TSONGO Evé dans un centre d’enrôlement en ville de Butembo, un policier congolais commis à la garde du Centre d’enrôlement de LUOTU, en Territoire de Lubero a été abattu à bout portant à Kyondo par un policier d’un Sous-Commissariat de Police de Kyondo le lundi 13 avril 2011. L’identité de la victime et du tueur n’est pas encore confirmée par la rédaction de Beni-Lubero Online. 

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Le Bureau de la Cité de Kyondo lors d’un salut au drapeau au mois de mars 2011

La victime affectée au Centre d’ Enrôlement de LUOTU avait sa famille dans la cité de Kyondo d’où il était détaché pour LUOTU il y a à peine trois semaines. Tous les centres d’enrôlement sont en congé chaque Lundi. La victime profitait ainsi de son congé de Lundi pour dire bonjour à sa famille à Kyondo. Profitant de la même occasion, la victime a voulu dire bonjour à ses compagnons d’armes d’un sous-commissariat de Kyondo. Arrivé au Sous-Commissariat, il n’y a trouvé aucun policier pour la garde. Connaissant le milieu, la victime savait dans quel débit des boissons trouver ses compagnons d’armes. Arrivé dans un débit des boissons, il rencontre le policier qui devait être de garde. Comme on pouvait s’y attendre il lui reproche devant témoins et sous forme de blague, son abandon de poste. Au lieu de répondre à ce reproche amical, les témoins rapportent que la policier de Kyondo a fait parler son arme en tirant sur son ami à bout portant. Le policier commis à la garde du Centre d’Enrôlement de Luotu tombe et meurt sur le champ. 

Même si apparemment cet assassinat n’est pas motivé par le travail que la victime rendait à la CENI, la nouvelle répandue par ouï-dire dans la région de Kyondo-Luotu ne dissocie pas les deux au point que certains colporteurs de cette nouvelle font penser que le policier de garde du Centre d’Enrôlement de Luotu était assassiné à Luotu même et non à Kyondo. Les opérations d’enrôlement se déroulent bien à Luotu et personne n’a été assassiné dans le centre d’enrôlement de Luotu.

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Les enfants de Luotu autour de l’artiste musicien Quatre Langues (Photo Archives BLO)

Le malaise se trouverait ailleurs. Certaines sources proches de la Police font état d’un malaise grandissant entre les policiers congolais et ceux issus du CNDP. Il en serait de même au sein des Fardc. Pour ceux issus du CNDP, le moment ne serait pas opportun pour l’enrôlement des électeurs. Au centre du mécontentement serait la fameuse question des retournés du Rwanda et de l’Ouganda qui se révèlent être non des retournés ou des revenants mais des occupants, des envahisseurs qui n’ont jamais été au Congo auparavant. Ceux parmi les premiers retournés recensés au Sud de Lubero qui avaient été dans la région et reconnus par les populations locales sont quelques Commandants FDLR rapatriés au Rwanda par la Monuc et qui reviennent sous l’étiquette des refugiés congolais du Rwanda ou des Hutu-Nande, etc. D’où le discrédit total sur tout le processus et sur les ONG internationales qui couvrent ce qui apparait aux yeux des congolais comme une occupation territoriale de l’Est de la RDC. 

Toujours, selon les mêmes sources, les policiers congolais non issus du CNDP seraient de plus en plus les seules victimes des attaques attribuées aux FDLR, ADF-NALU, etc., au point que certains policiers pensent qu’il y a une épuration des congolais au sein du corps de la Police et de l’armée déployé dans la région. Cette hypothèse est très répandue parmi les policiers congolais affectés en Territoire de Beni, notamment dans les secteurs de Mbau-Oïcha et de Ruwenzori où ils croient que les attaques attribuées aux imprenables ADF-NALU c’est une stratégie inventée pour purger la police nationale congolaise et l’armée de tous les congolais. Les victimes des opérations de traque contre les ADF-NALU ne seraient que des congolais non issus du CNDP. D’où la peur dans le camp des policiers et militaires congolais, une peur renforcée par le fait que tous les commandants de ces deux corps sont issus du CNDP.

Le gouvernement congolais devrait se pencher sur cette question pour remonter le moral des troupes qui ne peuvent pas bien remplir leur mission au sein de telles suspicions de leurs commandants. Une façon de résoudre ce problème serait le déploiement immédiat dans la région des commandants de la police et des Fardc qui ne sont pas issus du CNDP. 

Au vu de tout ceci, les observateurs apprécient la décision de la révision du fichier électoral dans toutes les provinces du pays comme un signal fort du gouvernement de Kinshasa. Le caillou dans les souliers de ce gouvernement demeure la gestion de l’ex-mouvement rebelle du CNDP et les retournés du Rwanda et de l’Ouganda qui se révèlent être non des retournés mais des occupants, des envahisseurs. 

©Beni-Lubero Online

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