Assassinat de Kambale Hérode (25 ans) à Mambingi/Beni

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Le dimanche dernier 21 Août 2011 à 16h00, c’était le tour du taximan Kasereka Hérode (25 ans) de succomber sous les balles des militaires supposés lui assurer la sécurité.  Il faisait du transport par taxi moto pour nourrir sa famille. A 16h00 du dimanche dernier, un groupe des militaires Fardc armés jusqu’aux dents l’arrête et son client au niveau du Pont de la rivière TANU, axe Mambingi-Visiki, Collectivité Chefferie des Bashu, en Territoire de Beni.

Après les avoir déposséder de tout ce qu’ils avaient comme argent, téléphone, montres, les militaires ont tiré à bout portant sur le taximan Kasereka Hérode (25 ans) qui est mort sur le champ. Son passager Muhindo Kavikula (23 ans) sortira de la fusillade avec une plaie par balles à l’épaule gauche. Il lutte entre la vie et la mort dans un centre de santé de la place dont nous taisons le nom pour la securité du centre hospitalier et du témoin oculaire et rescapé de l’assassinat. 

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Vue du village de Mambingi (le lieu du crime est à 5 km, au Nord de ce village)

 

Selon le rescapé, une fois la fouille des poches terminée sans aucune résistance de leur part, le chef militaire du groupe avait donné l’ordre d’éliminer les deux infortunés par balles. La suite était immédiate et aux conséquences incalculables. Ce témoignage démontre que les militaires et policiers tueurs ne sont pas des éléments incontrôlés comme leurs collabos tentent souvent de les dédouaner de leurs crimes de génocide. Ce n’est pas non plus parce qu’ils sont impayés qu’ils tuent. Les militaires de Mobutu étaient impayés mais ne tuaient pas. Ceux qui tuent aujourd’hui donnent l’air d’être des tueurs déployés dans la région pour exterminer à petit feu les congolais en commençant par les plus actifs dont l’âge varie entre 1 et 45 ans. 

Comme d’habitude, après l’assassinat de Kasereka Hérode, aucune enquête n’a été diligentée pour retrouver les militaires tueurs qui ne sont pas à leurs premiers crimes sur ce même pont de la rivière TANU, devenu tristement célèbre car plusieurs congolais y ont perdu la vie ou tout leur avoir. 

Le lendemain matin, soit le lundi 22 Août 2011, les motocyclistes de la place ont procédé à l’enterrement de leur camarade assassiné la veille en plein exercice de son métier au service de la communauté. Pour éviter les représailles du chef des militaires tueurs, aucune autorité militaire, policière, et administrative de la place n’est venue participer aux cérémonies funèbres. Ce fait qui n’est pas passé inapercu a été sévèrement puni par les taximen qui ont incendié cinq maisons des agents de renseignement (ANR) et des policiers.

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C’est ainsi que se poursuit la série des assassinats des congolais par les militaires et policiers déployés à Beni-Lubero. Le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale représentée en RDC par la Monusco n’ont aucun plan pour arrêter cette hécatombe que les évêques catholiques ont déjà qualifié de génocide. Entre les forces vives et le gouvernement congolais il n’y a plus de cadre de concertation pour sécuriser la population et  établir les differentes responsabilités. Cette absence de mécanisme de concertation est suivie du silence du gouvernement congolais et de la communauté internationale vis-à-vis du génocide des congolais (six millions des morts). Les congolais habitant ce coin de la R.D.Congo semblent être tous condamnés à mort, certains avec sursis ( notamment les collabos actuels), pour la simple raison qu’ils sont nés dans une région fertile et riche en minerais convoitée par les rwandais. Les formes de ce génocide sont :

  1. Les massacres des congolais, les assassinats ciblés (surtout des chefs coutumiers et des jeunes entre 1-45 ans), etc.
  2. Le « femmecide » (viols et mutilations sexuelles des femmes).

    3. Les braquages sur les routes et pillages des biens destinés au commerce,

    4. Les attaques des repaires culturels tels les dispersions des veillées mortuaires, etc.

    5. Les incendies des maisons aux heures du sommeil profond,

  1. La destruction des récoltes dans les champs par des vaches venant du Rwanda, dites « vaches sans frontières » (VSF en sigle).
  2. L’expropriation par les services du cadastre des terres fertiles (pour l’agriculture, l’élevage) et riches en minerais, des parcelles dans les grandes agglomérations, et tout cela à l’insu de leurs propriétaires et foulant aux pieds la loi foncière coutumière, etc.

Si les congolais ne s’organisent pas aujourd’hui pour exiger que leurs vies et biens soient protégés, Kasereka Hérode, le 390 nième martyr du martyrologue de Beni-Lubero, ne sera pas le dernier. Demain ce sera toi, moi, et nos enfants. 

Correspondance Particulière de Mambingi

©Beni-Lubero Online

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