Assassinat de MUMBERE PATRICK (22 ans) à Butembo

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Le sang des congolais abattus au quotidien continue de rougir les rues de la ville de Butembo. Les tueurs sont les mêmes : des hommes armés et en uniforme militaire Fardc. Malgré la pléthore des organes de la justice, les slogans de tolérance zéro,  et la multitude de services de securité, les assassins ne sont jamais inquiétés. Ceux que la population locale arrête et remet à la police, sont souvent libérés et remis dans la rue pour tuer les survivants des assassinats antérieurs. Y-a-t-il quelque part une cour de justice nationale ou internationale pour qualifier cette barbarie ?

Hier, mercredi 3 novembre 2010, c’était le tour de Mr Mumbere Patrick (22 ans) du Quartier Mutiri, Cellule Maghala, en Commune de Bulengera. Mumbere était marié et père d’un bébé du nom de Patricia âgée de 8 mois. 

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                                                        R.I.P.

                                 Feu Mumbere Patrick (1988-2010)

Il était   22h00. Patrick de profession mécanicien était le technicien chargé de la maintenance du Groupe Electrogène que les habitants de la Cellule Maghala avaient eux-mêmes achetés pour s’offrir 4 heures d’électricité par jour.

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La veuve de Mumbere inconsolable

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L’unique enfant de Mumbere, bébé Patricia (8 mois d’âge) regarde le corps inerte de son papa, son meilleur ami. 

Après l’extinction du groupe électrogène, Mumbere a pris de sa maison un peu d’eau pour se laver dans sa baignoire extérieure avant d’aller se coucher. C’est ce temps que les tueurs qui rodaient déjà autour de la parcelle ont choisi pour l’agresser, lui demandant argent et téléphone avant de l’abattre. Costaud qu’il était, Mumbere avait résisté aux deux tueurs chargés de son exécution. Quand il avait vu que ses tueurs voulaient plus que son argent et son téléphone, raconte la jeune veuve, Mumbere avait réussi à se refugier à l’intérieur de sa maison, fermant la porte derrière lui. Les tueurs ont alors utilisé leurs armes pour défoncer la porte de la chambre à coucher ou son épouse et son bébé étaient déjà éplorés et craintifs des crépitements des balles contre leur chambre. Une fois dans la chambre à coucher, les tueurs ont demandé à Mumbere et à son épouse de donner tout ce qu’ils avaient comme argent pour racheter leur vie. Prenant son courage, Mumbere s’est battu jusqu’à la dernière minute. Dans sa chambre, il a réussi a donné des coups aux deux tueurs, terrassant celui qui avait l’arme, avant de se sauver à l’extérieure de la maison. Son idée était certainement d’alerter les autres jeunes du quartier. Mais c’était sans savoir que toute sa parcelle était entourée d’autres militaires bien armés. Selon les voisins, ils étaient au nombre de 7. Ce sont ces derniers qui ont abattu Mumbere lors de sa tentative de fuite pour alerter le quartier. Son corps montre qu’il a reçu deux balles dans les jambes et 4 balles dans la hache. Son dernier cri en swahili était : «Vadi mina kufia nini, nime fanya nini, Patricia wangu ata kuwa wa nani…., aiii Mungueeeee… » . Puis, c’était la fin. Il était mort.

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Les voisins n’avaient pas pu intervenir car les ils étaient enfermer dans leurs maisons par les militaires qui entouraient la parcelle de Mumbere. Ces derniers auraient dit aux voisins qu’ils étaient en mission dans le quartier. 

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L’assassinat de Mumbere a jeté tout le quartier dans un émoi indescriptible. Mumbere était l’homme fort du quartier. Il connaissait tout le monde et était connu de tous de par son travail de technicien-électricien du quartier. Il dépannait tout le monde qui avait un problème technique ! 

La veuve reste inconsolable ! Après un an de mariage, elle ne sait pas ce que sera sa vie sans Mumbere ! Elle se dit aussi déjà morte en esprit ! 

 

Selon d’autres témoignages des gens du quartier qui ont aperçu les tueurs après l’assassinat, les tueurs seraient au nombre de 9, 7 en tenue militaire et deux en tenue civile. Ils parlaient Lingala et Swahili pendant leur opération macabre.

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Comme d’habitude dans pareille circonstance, les jeunes ont érigé des barricades et brulé des pneus pour manifester leur mécontentement. Mais ces barricades et ces pneus brulés n’arrivent pas encore à dissuader les tueurs qui utilisent des armes modernes.

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Que la terre de nos ancêtres soit douce à l’illustre disparu! 

Kakule Mathe

Butembo 

© Beni-Lubero Online

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