Assassinat du commercant Mokolo Diamant

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Butembo est devenue une ville-abattoir des civils congolais! Les bouchers sont des militaires et des policiers portant l’uniforme de l’armée et de la police congolaises. L’heure est on ne peut plus grave ! Au lieu de rechercher les tueurs, les militaires et les policiers en poste à Butembo intimident les survivants et les empêchent de s’attrouper pour se consoler et consoler les familles éprouvées. On comprend pourquoi les veillées mortuaires sont devenues des cibles des attaques des militaires et des policiers. Pendant que la ville est sous le choc, le Maire de ville demande aux bubolais de vaquer à leurs occupations comme d’habitude. La population boude le Maire de ville et arrête toute activité dans une ville quadrillée aux quatre coins par des militaires et policiers armés jusqu’aux dents ! Une guerre contre les populations civiles serait-elle en marche à Butembo? En effet on a vu plus d’armes sur les artères de la ville que contre les rebelles étrangers FDLR et les ADF-NALU… Ce scénario auquel on assiste chaque fois qu’il y a assassinat d’un congolais dans la ville de Butembo est ce qu’on a vu aujourd’hui, au lendemain de l’assassinat du commerçant Kambale Kasongya, connu sous le sobriquet de « Mokolo Diamant » ( 43 ans).
                                      
                                                Feu Mokolo Diamant (1967-2010)
L’illustre disparu résidait au Quartier Biondi, Cellule Vétérinaire, n° 123.
Il est 20h45, heure de Butembo, dans la soirée du Dimanche 25 au Lundi 26 juillet 2010. Papa Mokolo Diamant est chez lui au Salon avec sa femme et ses enfants. Subitement l’éclairage est coupé alors que le groupe électrogène continue de vrombir. Il envoi son fils Thierry voir de quoi il s’agit. Arrivé derrière la cuisine sur lieu du groupe électrogène, il voit dans l’obscurité deux personnes qui sautent sur lui, mettent la main sur sa bouche pour l’empêcher de crier.
Quelques minutes après, papa Mokolo Diamant se rendant compte que son fils n’arrivait pas à résoudre le problème de la coupure du courant, ira voir ce qui se passe. Il aperçoit son fils Thierry entre les mains des tueurs. Robuste qu’il était, il saute sur les deux bandits et les jettent en terre et libère son fils. Malheureusement, deux autres tueurs étaient embusqués dans un coin de la parcelle. Voyant leur cible sorti de sa maison, ils lui logent 2 balles dans sa poitrine. Le fils Thierry s’en sort sain et sauf grâce à la bravoure de son papa. Mais le papa s’écroule sur le champ ! Dépêché à l’Hôpital Général de Matanda, les médecins n’arrivent pas à sauver sa vie ! Une autre vie fauchée par des hommes en armes dans une ville capitale de l’impunité des hommes en armes et en uniforme militaire.
                                        Le lieu du crime
                                    Feu Mokolo Diamant sur son lit de mort
Mokolo Diamant était un des commerçants de la ville de Butembo. Il était vendeur de véhicules qui roulait dans l’une des voitures les plus chères de la ville. Il était aussi patron d’une auto pièces de rechange de grande renommée. A cause de sa grosse fortune, on l’avait surnommé Mokolo Diamant. Il n’avait que 43 ans d’âge.
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Comme on pouvait s’y attendre, à l’annonce de sa mort, la ville était surchauffée. Au lieu de chercher les tueurs, tout le bataillon des Fardc de Butembo se déploie dans les coins et recoins de la ville pour intimider les bubolais, disperser les récalcitrants par des crépitements des balles. Pour la première fois, les commandants Tutsi de ce bataillon qui normalement se cachent la journée, ont été visibles dans les rues de Butembo, signe que les enjeux étaient grands. La lapidation du policier le samedi dernier par l’Opération Kata Kichwa doit avoir eu comme effet de sortir les rois des bêtes de leurs tanières.
Le parlement de Furu connu comme symbole du patriotisme bubolais était quadrillé par des militaires pour qu’il n’y ait pas de réunion.
Mais les bubolais ont eu le temps de braver la présence des militaires pour brûler les pneus, barricader les avenues, hisser des calicots demandant la démission immédiate du Maire de ville issu du PPRD, et discipliner tous les collabos de l’ennemi qui essayaient de minimiser l’assassinat.
Plus les militaires étouffaient la manifestation que les bubolais voulait faire, plus les manifestants se regroupaient pour échanger sur les stratégies à entreprendre pour crier leur colère et venger toutes les victimes des assassinats perpétrés dans la ville de Butembo.
Correspondance Particulière de Butembo
©Beni-Lubero Online
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