BENI: Deux Nande pendus par les NALU

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La menace d’anéantissement des Nande se précise sur toutes les frontières de Beni-Lubero. Au Sud, les Hutu et les Tutsi de Rutshuru demandent aux Nande de partir. Au Nord, les Ituriens sont manipulés par un certain Major BONANE pour chasser les Nande. A l’Est, et plus précisément en Collectivité de Beni-MBAU, les ougandais qui se disent ADF-NALU sont de retour, s’installent dans des villages où ils tuent des civils Nande sans aucun motif !  
 
La menace du peuple Nande fait partie d’un grand plan d’anéantissement des populations autochtones de l’Est de la R.D. Congo. La stratégie pour cette sale besogne se dessine petit à petit. On voit en effet l’utilisation des étiquettes des rebellions qui ont existé dans les différents coins de la partie orientale de la R.D. Congo dans l’exécution du plan d’anéantissement. Dans un pays où il n’y a pas un Etat de droit et une justice au service des citoyens, cette stratégie a l’avantage de cacher aux yeux des congolais et du monde, la vraie identité de ceux qui exécutent le plan machiavélique d’anéantissement des peuples autochtones. En d’autres termes, l’ennemi actuel porte le nom des mouvements rebelles connus au niveau national et international. La stratégie utilise les medias internationales pour lancer ce camouflage. Il suffit que BBC, VOA, ou Radio OKapi disent que les LRA ont attaqué Dungu pour que les journaux congolais qui n’ont pas de reporter à Dungu répercutent la même  nouvelle  au sein de la population congolaise. Les politiciens, voire les élus de Dungu vont utiliser les mêmes termes de référence d’une radio étrangère parce qu’ils n’ont pas d’antenne ou de bureau dans leur propre circonscription électorale. Dans un pays où on ne fait pas d’enquête et où il n’y a pas de débat sur les questions qui touchent à la securité du pays, un mensonge ou une demi-vérité se propage jusque dans les cercles qui se disent académiques. L’ennemi invente et dicte le vocabulaire de la situation du Congo ! La première annonce d’une attaque d’une ville ou d’un village vient toujours des radios étrangères pour être crédibles. Et c’est ainsi l’identité réelle  de ceux qui  commettent actuellement les crimes contre les populations de l’Est du pays  est accepter sans preuve  comme FDLR, LRA, ADF, NALU, Mbororo, etc.  
 
Ainsi Nord-Kivu, les crimes d’humanité contre les Nande sont attribués aux FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda)  quand même, d’après les sources locales et les victimes, ce sont les miliciens du CNDP qui les commettent. Comme les radios étrangères ont dit FDLR, c’est que c’est vrai.
 
En Province Orientale, les violations massives des droits humains sont attribuées aux rebelles ougandais du LRA (Lord Resistance Army)   quand bien même les forces vives de la place les attribuent aux troupes ougandaises habillées en rebelles. Selon d’autres analystes, le Chef rebelle du LRA (Lord Resistance Army) aurait tout simplement accepté de rendre un service de mercenaire  à Museveni en R.D. Congo pour un salaire. Mais quel organe congolais a fait une enquête d’identification de ces rebelles ? Avec l’intervention de trois armées nationales (RDC, Uganda, Soudan)  plus la Monuc  pendant trois mois, aucun rebelle LRA n’a été capturé,  montré vivant ou mort à la Télévision comme preuve.
 
A la frontière avec l’Ouganda, les crimes qui se commettent depuis un mois sont attribués à des bandits qui s’appellent tantôt ADF (Alliance Democratic Front), tantôt  NALU (National Army for the Liberation of Uganda),  des mouvements rebelles qui ont eu dans le temps une base arrière en Territoire de Beni à l’époque de Mobutu.  Mais comment ces rebelles ougandais sont-ils arrivés à plus de 150 Km à l’intérieur du pays sans que la police des frontières congolaises avec tous les services de securité qui se gonflent les poches à tous les postes frontaliers avec l’Ouganda ?  
 
Toutes ces trois forces rebelles qui d’un coup deviennent responsables des milliers des morts congolais se ressemblent en ceci qu’elles sont toutes des mouvements rebelles étrangers et jusqu’il n’y a pas longtemps avaient plutôt des  relations  pas très mauvaises avec les populations congolaises. Si au Sud du Nord-Kivu et en Province Orientale, la version officielle et politicienne est que ces rebelles massacrent les congolais parce que le gouvernement congolais a décidé de collaborer avec les armées des régimes dictatoriaux  qu’ils combattent, à savoir le Rwanda et l’Ouganda, en Collectivité de Beni-Mbau, il n’y a pas eu d’opération militaire conjointe contre les NALU. Aussi, depuis l’agression et l’occupation de l’Est de la R.D. Congo par la coalition rwando-ougandaise, il n’y avait plus d’ADF ni de NALU en Territoire de Beni. Où étaient-ils partis et pourquoi reviennent-ils maintenant avec un agenda contre les civils congolais ?  Pourquoi ces rebelles étrangers ne s’attaquent-ils qu’aux civils et jamais aux militaires congolais ? Pourquoi les autorités congolaises laissent-elles  ces rebelles étrangers s’implanter dans des villages congolais, y massacrer des civils, sans aucune réaction de ce qu’on appelle «armée congolaise » ?  Ces questions et bien d’autres taraudent les esprits de  la population de la Collectivité de Beni-Mbau. Malheureusement, aucune autorité de l’Etat ne veut y répondre ni diligenter une enquête pour  en savoir plus !
 
Le cas récent, objet de cette dépêche est celui relatif aux tueries ainsi que la disparition des civils innocents dans la localité de Kokola à 16 km à l’Est de la cité d’OICHA, chef-lieu du Territoire de BENI, Groupement de Bambuba-Kisiki, Collectivité de Beni-Mbau, en Territoire de Beni.
 
Pas plus tard que lundi 13 et samedi 18/07/2009, Mr Dieu MERCI du village de MALIONGO et Mr Dieudonné TSONGO du village de RUPISI dans cette localité de Kokola ont été arrêté dans leurs maisons respectives sans aucun motif par des inciviques qui s’appellent ADF/NALU et qui les ont conduit dans un coin du village. Les  victimes avaient d’abord été  soumises à de traitements cruels,  inhumains et dégradants avant  d’être pendus par leurs bourreaux.
Les cadavres de ces deux victimes portaient des rayures sur l’ensemble de leurs corps, signe des tortures au feu  auxquelles elles étaient soumises avant leur pendaison.
 
A part cet assassinat de Dieu Merci et de Dieudonné Tsongo, 14 autres civils, tous des hommes qui avaient été arrêté par les mêmes inciviques pendant la même semaine dans la même localité de Kokola, sont portés disparus.
 
Les rescapés et survivants de Kokola appellent l’opération des inciviques ADF /NALU  « opération Saddam Hussein ».  C’est tout ce qu’ils peuvent à leur niveau, ceux qui ont la responsabilité de les sécuriser n’ayant pas dit quel peut être l’objectif de ce vandalisme en ce coin du pays. Notez que cette opération crée la psychose au sein de la population qui ne sait plus vaquer à ses occupations quotidiennes de survie.
 
Le nombre des assassinats tel que prélevé par la Société Civile Coordination Territoriale de Beni  dans les  collectivités de Beni-Mbau, Watalinga, Ruwenzori, s’élève à 15 depuis le mois de janvier 2009.  Le nombre des disparus, des blessés qui resteront infirmes toute leur vie durant,  des traumatisés psychologiquement par les traitements inhumains leur infligés par ces inciviques, dépasse la centaine.
 
Se confiant à benilubero.com, le Président de la Société Civile Territoire de Beni s’est dit scandalisé par le silence des autorités territoriales,  provinciales et nationales face à ces morts et violations des droits humains sur des paisibles congolais, et surtout par des discours des politiciens qui disent sans froid aux yeux que la securité est revenue à l’Est du pays. Il est vrai qu’aucun politicien n’a encore été victime ni des FDLR, LRA, ADF, NALU, etc.
 
Pour notre part, nous estimons que le silence des autorités congolaises face au drame humanitaire dont le théâtre est toute la partie orientale de la R.D.Congo, est une preuve indéniable  de leur complicité et trahison du peuple congolais. Ceux qui disent que l’Est de la R.D. Congo est  abandonné  par le régime de Kinshasa à d’autres forces, à savoir les Hima-Tutsi  soutenus par les grandes puissances anglo-saxonnes ont peut-être raison car personne n’a encore démenti cette interprétation des faits qui se répand à l’Est du pays.  Même l’ONU qui est représentée sur place par la Monuc ne fait rien pour être la voix des victimes et arrêter les violations massives des droits humains, un des objectifs contenus dans la charte de l’ONU.
 
Devant cette menace d’élimination des peuples entiers au vu et au su de l’ONU et des grandes puissances qui se disent pourtant championnes des droits humains, le peuple congolais victime de ce vaste complot doit agir vite pour se défendre. La société civile, les églises toutes les confessions confondues, les ONG des droits humains et de développement, tous les hommes et femmes de bonne volonté,  les intellectuels, les operateurs économiques, les jeunes,  les griots du peuple, etc. doivent trouver sans tarder un mécanisme pour faire entendre la souffrance du peuple congolais ( 7 millions des morts) que tous, y compris le gouvernement congolais, les leaders politiques locaux, cherchent à étouffer  pour une poignée des billets verts ou une promesse de position dans le prochain gouvernement qu’on annonce et retarde pour entretenir l’illusion d’un pays fonctionnel. Entretemps, les signes d’un nouvel ordre politique à l’Est du pays sont visibles, notamment, l’anéantissement  et le mouvement des populations congolaises, l’annonce d’un repeuplement par des colons Tutsi des territoires abandonnés  par les déplacés congolais, etc.  
(à suivre)
 
O.BAHATI
benilubero.com 
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