BENI : Gouvernement congolais et Monusco pris de panique devant l’arrivée prochaine du Conseil de Sécurité des Nations Unies

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Les opinions ont été saisies du projet de descente à Beni via Kinshasa d’une délégation du Conseil de Sécurité, telle que prévue au 11 novembre 2016. D’emblée, la population locale y a manifesté beaucoup d’intérêt.

Cependant, le gouvernement congolais, les FARDC et la Monusco regardent cet événement autrement. Ils redoutent la confrontation que la délégation onusienne aura à mener entre les rapports du gouvernement congolais, les activités réelles des FARDC (complicité avec les tueurs) ainsi que de la Monusco (déficit accablant de protection des civils) sur terrain d’une part, et les témoignages de la population victime ainsi que le recueil des faits réels (refus de secours des FARDC à la population lors des massacres, refus d’intervention pour prévenir certains cas de massacres où les FARDC ont été préalablement alertés par des autochtones, ravitaillement de l’ennemi en uniformes, vivres et armement par les FARDC…) vécus au quotidien sur place à Beni d’autre part.

Du côté du gouvernement et des FARDC, soudain on constate la manifestation des actions militaires intensives : des bombardements nourris et à grande échelle sont observés, jour et nuit, depuis le 22 octobre 2016 dans les aires de Mayimoya, non loin d’Oicha. Et pourtant aucun bilan de ces actions ni leurs résultats contre les présumés ennemis (dits ADF) ne sont rendus au public pour en confirmer la consistance. Entretemps, à Butembo, il s’observe une sur-militarisation qui panique et force sans raison valable des milliers de la population locale à déserter leurs domiciles. Voilà une série de « trompe-l’œil » qui s’amorce pour distraire la communauté internationale (Conseil de sécurité) qui s’apprête à venir sur les lieux en vue de s’imprégner de la réalité des faits. Le gouvernement et son armée qui n’ont pu stopper les massacres deux ans durant tentent de faire croire qu’ils travaillent d’arrache-pied.

Du côté de la MONUSCO, une agitation similaire est également observée : les casques bleus onusiens semblent multiplier et intensifier les patrouilles de leurs hélicoptères sur Mayangose, Nyaleke, Oicha etc. et même sur la ville de Butembo.

La population estime donc que les cris de détresse quasiment quotidiens de la société civile de l’espace de Beni-Lubero semble, enfin, avoir été entendus par la communauté internationale. Depuis deux années entières, les massacres des civils ont battu leur plein dans la région de Beni. Les habitants autochtones de ce rayon se sont retrouvés comme abandonnés de tous et livrés à leur triste sort. Cette détresse s’est accrue par l’apathie permanente du gouvernement de la RDC qui, par ailleurs, n’a cessé de duper les opinions au sujet de la tragédie de Beni, en y déployant des multitudes de soldats malheureusement orientés à opérer en trahison de leur serment au patriotisme. Les FARDC ont maintes fois exposé des preuves de leur complicité avec les égorgeurs en collaborant aux massacres (selon les preuves recueillies à Erigneti, à Oicha, à Mayangose, à Rwangoma/ville de Beni, à Nyaleke etc.), en protégeant les bourreaux, en les ravitaillant en armes, munitions, vivres et uniformes jusqu’à ces jours.

Beni demande secoursphoto Georges Noko

Beni demande le secours de la Communauté Internationale et de la CPI

Quel crédit pourrait-on encore espérer en faveur d’une telle armée auprès du peuple? Que pouvait-on espérer davantage d’un gouvernement qui entretient délibérément une pareille tragédie?

Aussi, une des plus grandes attentes de la population de Beni, c’est de voir le Conseil de Sécurité exiger l’ouverture immédiate d’une enquête internationale sur la tragédie vécue à Beni depuis 2014, et de déférer devant la Cour Pénale Internationale tous les coupables. Les victimes des massacres de Beni ne peuvent absolument rien espérer des ressources judiciaires du pays, qui ont transformé ces événements en un business politique en faveur du « glissement » du mandat du pouvoir en place.

Baudouin KYAVAGHENDI
Beni

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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