Beni, la ville où les humains ne comptent plus

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Au premier regard, l’atmosphère générale ne prête pas à l’espoir ! Le sentiment de la peur envahit les esprits de « benitiens ». Les femmes, les enfants et les hommes sont égorgés ; les maisons sont incendiées. Toutes ces dévastations se font dans une indifférence notoire de la part de ceux qui sont censés assumer la sécurité… Horreur ! Il n’y a plus de vie ou, pour le moins, c’est devenu banal de mourir assassiné. Pas une semaine ne passe sans qu’on enregistre des pertes de vies humaines.

Ce mercredi 21 septembre 2016, «des rebelles présumés ADF ont de nouveau endeuillé la ville de Beni […] Ils ont fait incursion dans cette ville au niveau du quartier Kasinga dans la commune de Ruwenzori. Selon les habitants du même quartier, c’est aux environs de 19h […] que ces rebelles ont commencé leur opération. Le bilan encore provisoire est de 7 personnes tuées parmi elles 3 femmes, 5 autres portées disparues et une dizaine de maisons incendiées. Ce bilan avancé par la société civile est confirmé par les autorités administratives locales. » (Cfr. Radio Moto Oïcha Publié le 22/09/2016 ; 10h19’)

Plus les jours passent, plus cette situation est vécue comme une fatalité… Les populations subissent des atrocités macabres sans savoir les tenants et les aboutissants de ces ravages. Le peuple est instrumentalisé, il est devenu un outil, un moyen que le tyran utilise pour ses propres fins. On se moque de la vie de ces femmes violées, de ces enfants égorgés et de ces hommes kidnappés. Pour le tyran, la vie de ces humains ne compte pas. Son intérêt est ailleurs, bien qu’il puisse être atteint moyennant le sang des humains. Ce qui compte pour lui, c’est le pillage des ressources, le maintien au pouvoir au-delà du délai constitutionnel.

Par contre, le tyran et ses partenaires ignorent que cette situation qui perdure depuis plusieurs années alimente la haine entre les peuples. Cette haine est plus dangereuse qu’une bombe. Pour que cette bombe n’explose pas, il est peut-être temps et urgent de faire de la situation à l’Est du pays une priorité pour toute la nation. Il est quand même étonnant que le dialogue de Kinshasa donne de l’importance à la révision du fichier électoral au détriment de manque de justice pour les victimes de violences à l’Est du pays.

Il faut le dire, le pays se précipite dans un chaos vertigineux que nous constatons tristement. Tout le monde est fatigué d’entendre ou de lire des massacres aux allures génocidaires sans qu’aucune action sérieuse de sortie ne soit envisagée. Le souhait primaire du peuple est justement de voir que les enquêtes importantes soient initiées afin que justice soit rendue… La justice demeure encore le socle et la source d’une paix durable pour ces régions des Grands-lacs.

Journal du paysan

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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