Blasphème à Beni ! Les militaires tirent sur la population en deuil et en colère

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Incroyable mais vrai !

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Incapables de tirer sur les égorgeurs, les militaires tirent sur la population sans armes. En effet, au troisième jour de deuil et de ville-morte, conformément à la décision de la coordination civile de Beni-ville, Beni territoire, territoire de Lubero et ville de Butembo, il était prévu que la journée de ce mercredi soit marquée par une marche pacifique pour réclamer la paix et dénoncer l’inertie de différentes institutions de la République et la complicité de ces dernières.

C’est ainsi que dès les premières heures de la journée, les populations de Butembo et d’Oicha, comme on peut le voir sur les images, se sont dirigées à Beni à pieds pour présenter leurs condoléances aux sœurs et frères de Beni. Des gestes forts mais qui traduisent l’âme-même du peuple Nandé. Quand le voisin est en deuil, on n’envoie pas des messages des condoléances ; on se déplace soi-même et on va à sa rencontre, à l’exemple de Dieu, fait homme qui n’avait pas hésité d’aller à la rencontre de Marie et Marthe visitées par la mort de leur frère Lazarre !

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Et voilà ! Vers 8h30, les sœurs et frères de Beni commencent à se rassembler pour attendre ceux qui viennent les réconforter. Lieu de rendez-vous : le rond-point Enock Nyamwisi ! Très émouvant de voir, par exemple, un papa qui a perdu sa femme et son enfant dans le dernier carnage, à la tête de la marche qui partait de Butanuka !

L’ordre tombe des autorités ! Non pas l’ordre d’encadrer les manifestants mais de tirer sur la population ! L’ordre d’empêcher les populations de faire le deuil ! L’ordre d’empêcher de réconforter les familles en deuil, tout à fait à l’encontre de la tradition de solidarité yira !

Il est 10h00 ! La police commence à tirer. Les populations sans armes avancent et ne reculent pas. Entre temps, nous apprenons que nos frères et sœurs venus d’Oicha et de Butembo vont bientôt faire leur entrée dans la ville ! La police est débordée. La hiérarchie demande l’intervention des militaires de tirer sur tout ce qui bouge !

La population n’en revient pas à ses yeux ! Elle pensait qu’elle se fait massacrer parce que nos forces ne disposent pas de moyens suffisants pour faire face à l’ennemi ! C’est le contraire ! A voir les armes utilisées, on ne peut que crier à la complicité ! Au lieu de capturer l’ennemi qui tue à l’arme blanche ; les Fardc utilisent son arsenal de guerre et tirent sur une population en deuil et qui n’a que comme armes les larmes aux yeux !

Pendant que nous sommes en train de vous écrire ce mot, nous apprenons que nos sœurs et frères venus de Butembo et d’Oicha se sont fait tirer dessus et ont été interdits de manifester leur solidarité avec nous. On appelle cela blasphème dans notre culture ! On n’empêche jamais personne d’aller en deuil!

Par ailleurs, nos sources viennent de nous alerter sur les raisons cachées derrière ces tirs de l’armée sur la population en deuil : le régime en place est en préparation de la déclaration de l’état d’urgence dans le Grand-Nord et interdire toutes manifestations. Officiellement les autorités feront croire que cette mesure est prise pour protéger la population ! Mais le vrai objectif consistera à favoriser l’entrée de l’ennemi sans qu’il soit vu par la population ! Cette mesure n’est pas sans rappeler l’ordre que Julien Kahongya avait intimé aux maires du Grand-Nord de supprimer toutes les barrières et de n’exiger à aucun voyageur une carte d’identité !

Toujours selon nos sources, c’est pour préparer cette entrée de l’ennemi que Joseph Kabila serait en ce moment à Aru où pour arrêter les stratégies avec les généraux déployés dans cette nouvelle pronvince et accusés par les différents rapports d’être complices du génocide qui sévit à Beni et en Ituri : Gahizi, Bonane, Rugai, Mundos !

Les balles continuent à crépiter. Les premières victimes de ce plan macabre sont tombées. A l’heure où nous vous écrivons un manifestant vient de succomber à l’hôpital général de Beni.
5 autres y reçoivent des soins. Des caméras cachés des jeunes qui accompagnaient les victimes ont pu prendre quelques photos ! Le bilan risque de s’alourdir !

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Au moins dix manifestants ont été violemment interpellés, jetés sans ménagement dans une jeep militaire pour être conduits vers une destination inconnue.
Des drapeaux du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) ont été brûlés, au grand marché de Beni, mêmement une effigie du président congolais Joseph Kabila.

L’heure a sonné ! Heureusement que la population a tout compris ! Elle ne se laissera plus tromper. Matata Ponyo l’a compris hier lors de son meeting : hué et conspué ! Evariste Boshav, le soi-disant ministre de l’intérieur resté sur place ne sait pas comment sortir de chez lui pour venir affronter cette population sans armes !

Comme vient de l’exiger le Kyghanda Yira, Joseph doit être demis de ses fonctions pour haute trahison.

Le peuple a compris. Il ne reculera plus!

Nous vous tiendrons au courant de la suite !

Kagheni Misoni
Butanuka-Beni

©Beni-Lubero Online.

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Comments

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