Butembo : Assassinat de Mumbere MUYISA (22 ans)

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« La sécurité de Butembo est en panne » s’exclament les habitent de l’Avenue Goma, en ville de Butembo. Il n’y a plus de lieu sécurisé. Qu’on soit chez soi à la maison, ou ailleurs sur la route, au champ, à l’église, à l’école, au camp militaire, on n’est pas à l’abri des tueurs et assassins qui rodent partout, jour et nuit, pour éliminer les populations congolaises du Kivu.
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L’assassinat du jeune à la fleur de l’âge, Mumbere Muyisa (22 ans), fils ainé de sa famille, laisse tout Butembo et ses environs en émoi. Il était 20h, heure de Butembo, hier dimanche 4 octobre 2009.
Le corps de Mumbere Muyisa à la morgue de Matanda
Muyisa qui habitait l’Avenue Lubwe, n˚ 65, revient de chez ses amis de l’Avenue Goma où il était parti suivre le match TP Mazembe contre El Hillal du Soudan. Arrivé au niveau de l’avenue Goma n°25 en pleine avenue, et à quelques pas des maisons d’habitation où les gens parlent encore, la circulation étant encore normale, Muyisa a du rencontré ces hommes en uniforme Fardc, armés jusqu’aux dents dont un jour ne passe sans qu’ils ne tuent un congolais ou plusieurs congolais à la fois. Les voisins entendent la voix d’un jeune homme criant « Minakufa, Minakufa » ! Après, ils attendent des crépitements des balles, et des bruits des bottes dans l’avenue. Il s’agit donc des militaires. Les passants qui sont encore nombreux sur la rue confirment avoir vu des hommes en uniforme se faufiler entre les cyprès. On découvre un corps d’un jeune homme sans vie et ensanglanté. Plusieurs personnes le reconnaissent car il n’habite pas loin et en plus il est vendeur de carburant. Muyisa, le Kadhafi, n’est plus ! Il a été poignardé dans ses cottes du côté droit et fusillé au niveau de la hache. L’intention des tueurs est visible : la mort pour la mort car les assassins n’ont rien emporté. Peut-être qu’ils cherchaient aussi les reins de Muyisa…
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Quelques minutes après, le lieu du crime est plein des passants qui n’ont eu la chance que d’être un peu en retard sur ce lieu du crime. Mis au courant, les amis qui suivaient le match avec Muyisa sont inconsolables. La maman de Muyisa n’en revient pas ! Elle est inconsolable. Pendant que les uns crient leur colère contre les escadrons de la mort qui partent de camps militaires de la ville, de Musienene, et qui opèrent dans toute impunité, les autres en appellent tout de même aux militaires pour faire le constat. Un signe que, malgré tout, les bubolais croient toujours à l’armée nationale, à la police nationale même si ces dernières sont aujourd’hui pleines d’assassins payés dont les mobiles et les commanditaires sont faciles à imaginer. Après plus d’une heure, un contingent militaire de ce qu’on appelle GMI (Groupe Mobile d’Intervention) arrive sur le lieu du crime, prend le corps et l’amène à la morgue de l’Hôpital Général de Matanda. Et puis c’est tout !
Muyisa vient de terminer ainsi sa course sur la terre. Il vient de rejoindre l’étudiant Kasomo Charité assassiné lui aussi il y a un mois, un dimanche soir, et aux mêmes heures ; la Maman Claudine Kahambu mutilée et décapitée ; Mlle Désanges KYOKWE violée et assassinée, et les 7 millions des morts congolais qui font du génocide congolais le plus meurtrier de l’histoire contemporaine mais que l’ONU ne veut pas condamner et arrêter. Peut-être le silence des Nations est un appel aux congolais qu’ils doivent se prendre en charge eux-mêmes.
Les Mamans pleurent Mumbere Muyisa devant la morgue de Matanda
Les autorités administratives se lavent les mains, disant que l’armée et la police est commandée à partir de Kinshasa. Un Gouverneur de Province comme un Administrateur du Territoire n’a rien à dire de la securité de son entité administrative. C’est curieux que personne ne demande la révision de cette disposition constitutionnelle. Les députés Nationaux et Provinciaux du Kivu ont déjà demandé en vain au Gouvernement de Muzito de changer les commandants dont les troupes sèment la mort au Kivu. Muzito fait la sourde oreille!
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Ainsi, pour la ville de Butembo, la vie des bubolais et des bubolaises est entre les mains des commandants impassibles suivants dont les noms commencent à être connus dans la ville: Major BIROCHO : Commandant Bureau 2 (ou DEMIAP) ville de Butembo ; Colonel KAFWILE : Commandant de la Police Urbaine ; Moise YOGO LINOKO : Commandant Adjoint de la Police Urbaine ; Lieutenant Colonel MUGISA : Commandant Second- Brigade Aéro-Rughenda, etc. L’œuvre de Nkunda est ainsi poursuivie par ces commandants militaires déployés au Kivu par Kinshasa en dépit des atrocités que leurs troupes y commettent au quotidien ! Les enquêtes sur les assassinats des civils dans la ville de Butembo et ses environs devraient s’intéresser aux commandants pre-cités qui laissent faire leurs troupes.
Lieu du crime
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Adieu Muyisa ! Que la terre de nos ancêtres te soit douce !
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online
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