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Butembo en Alerte : J. Kabila aurait ordonné la répression des Jeunes de Furu

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Selon des SMS reçus de Kinshasa et de Goma, la pétition initiée par les Jeunes Patriotes de Furu contre la révision constitutionnelle et la banderole qui flottait depuis trois jours dans le Quartier Furu en ville de Butembo aurait irrité le Chef de l’Etat, Joseph Kabila et sa cour. Sur la banderole dénonçant la révision constitutionnelle on pouvait lire des paroles comme : «  La Population de Furu condamne l’agenda caché de la révision constitutionnelle et déplore la barbarie de l’AMP qui risque de nous ramener à la guerre, vient d’initier une pétition de 100 000 signatures contre cette révision. (…) « En bas l’AMP, Vive le peuple congolais ». 

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La nouvelle de cette initiative une fois parvenue au cabinet du Président Joseph Kabila aurait été qualifiée d’affront au régime de Kinshasa si l’on en croit le Lieutenant-colonel Donat Mandonga, Commandant des Fardc en ville de Butembo, qui ce matin à 10h00, heure de Butembo, était à la tête d’une opération militaire contre les Patriotes de Furu. L’ordre serait venu de Kinshasa pour mettre fin à cette initiative que les Patriotes de Furu qualifient pourtant de légitime car relevant de leur droit de liberté d’expression reconnu dans la charte universelle des droits humains et dans la constitution congolaise. Si les députés de l’AMP ont voté conformément à la constitution, la même constitution prévoit la révision d’un de ses articles sur présentation d’une pétition d’au moins 100 000 signatures. Les Jeunes Patriotes de Furu veulent appliquer ainsi cet article de la constitution congolaise. Mais selon le Lieutenant-Colonel Donat Mandonga, le camp militaire va élire son domicile au quartier FURU pour mettre définitivement fin au Parlement de FURU qui est une véranda moderne, un Kyaghanda qui constitue chez les Nande un lieu d’échange sur la situation socioculturelle, économique et politique du pays.

La descente militaire de ce matin au Parlement Furu est donc perçue localement comme une violation de la liberté d’expression des Jeunes Patriotes de FURU et un signe que le régime de Kinshasa attend museler les congolais qui n’approuvent pas sa gestion calamiteuse de la république.

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10 Jeeps bondés des militaires, des policiers, des agents de l’ANR et de la DGM sont descendus au Parlement des Jeunes Patriotes de FURU comme s’il y avait une attaque des Hutu-Nande. Quand on fait appel à la même armée et à la même police lors des tueries des civils et des vols dans les quartiers, cette armée et cette police qu’on a vues aujourd’hui à FURU ne viennent jamais sous prétexte qu’elles n’ont pas des moyens de déplacement. Aujourd’hui, on a vu 10 Jeeps pour arracher une banderole et quelques pages de signatures désapprouvant la révision de la constitution congolaise. Ceux qui disent que l’insécurité contre les populations congolaises est entretenue par le pouvoir en place ne se trompent donc pas. L’Etat a des moyens militaires pour réprimer les congolais mais pas pour les sécuriser contre les hommes en armes… 

Avec armes à la main, plusieurs dizaines des militaires et policiers ont arraché toutes les banderoles qui flottaient sur la Nationale no1 au niveau du FURU avant de ravir une partie des pages des signatures de la pétition disponibles au bureau au moment de l’attaque. 

Selon un des secrétaires du Parlement de FURU, en l’espace de 4 jours, 100 000 signatures étaient déjà réunies au centre-ville de Butembo où les gens sont plus faciles d’accès. Comme la demande dans d’autres quartiers se faisait pressante, les agents du Parlement de FURU étaient dispatchés aujourd’hui dans les quartiers de Katwa, Malende, Bulengera, Ngengere, Katsya, Mutiri, Vungi, Vubange, et Munzambaye pour y poursuivre la récolte des signatures. Cet engouement pour la pétition ne pouvait pas passer inapercu aux yeux de l’ANR.

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Mais fallait-il utiliser l’armée et la police pour y mettre fin ? Rien n’est sûr. Les observateurs pensent que ce ne sont pas les opérations militaires qui feront changer d’avis les congolais qui en ont marre de l’insécurité entretenue par le pouvoir en place. Au contraire, plus il y aura répression, plus la résistance s’amplifiera jusqu’à la victoire finale du peuple congolais. 

Pendant que les Parlementaires de FURU étaient entrain de réfléchir sur la brutalité avec laquelle les militaires ont opéré ce matin au Parlement et d’envisager d’autres stratégies à prendre pour poursuivre la lutte, des sms sont tombés au Parlement de Kinshasa et de Goma pour prévenir les parlementaires d’un raid militaire ordonné par Kinshasa pour une « répression totale du Parlement de FURU ».

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Selon un sms de Kinshasa, certains membres de l’AMP qui ont requis l’anonymat disent avoir voté avec l’AMP par peur car on leur aurait dit que quiconque s’opposerait à l’AMP et surtout au Président sortant Joseph Kabila, ne s’en prendrait qu’à lui-même. Une répression morale existerait donc déjà au sein de l’AMP où les députés vivraient dans la peur de mourir si jamais ils osaient se désolidariser de l’AMP et de son autorité morale. 

A Butembo même, une réunion spéciale du conseil de securité de la ville se tiendrait au moment où nous écrivons cette dépêche (20h00) ailleurs qu’à la mairie pour faire suite à la demande de Kinshasa. La délocalisation de cette réunion de securité est un signe que certains membres du conseil auraient été délibérément écartés pour éviter les fuites comme par le passé mais la fuite a quand même eu lieu car personne ne maitrise mieux Butembo que les patriotes bubolais. Le lieu de la dite réunion est déjà connue et se trouverait sous l’œil des patriotes. 

A la suite du raid militaire de ce matin et de la menace d’une répression totale de la population de FURU, les Jeunes Patriotes de FURU adressent ainsi un message aux dirigeants congolais pour leur rappeler le respect des droits constitutionnels des citoyens, notamment la liberté d’expression, le droit de se réunir, le droit à l’opinion politique, et le traitement des différends par la loi et non par les armes ou la répression militaire comme celle qui se préparait au cours de cette nuit contre les populations du Quartier FURU.

Que la communauté internationale représentée à Butembo par la Monusco joue son rôle de garant du respect des lois internationales en matière des droits humains en R.D.Congo. La Monusco ne devrait pas seulement s’occuper des femmes violées mais aussi des Jeunes congolais réprimés, des opposants politiques et des journalistes emprisonnés, etc. 

Et que le peuple congolais se lève comme un seul homme pour barrer la route aux allures dictatoriales constatées depuis quelques temps dans le chef du régime de Kinshasa. Ailleurs, d’autres peuples ont renversé des régimes dictatoriaux. Pourquoi cela n’arriverait-il pas en R.D.Congo ? 

Correspondance particulière de FURU 

© Beni-Lubero Online

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