Butembo en colère : le Député Jeannot LUKAMBO molesté, le Maire de la ville échappe à la lapidation…

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

L’interception à Butembo des égorgeurs le dimanche 21 août 2016 aura été un des faits les plus graves qu’un peuple pourrait retenir en charge de ses dirigeants, en termes de trahison.

L’enterrement ce lundi du taximan qui a été abattu à bout portant par les agents de l’ordre a entrainé des nouveaux événements qui ont maintenu la ville de Butembo sous une très haute tension. La population a décidé de se prendre en charge en imposant ses propres mesures :

– toutes les routes ont été barricadées et tous les passants soumis à un contrôle systématique imposé par l’organisation des jeunes.

– les motards et les jeunes en colère ont recherché le Maire de la ville en vue de le lapider pour avoir approuvé la décision du couvre feu, entendu que cette mesure est une stratégie que les autorités congolaises complices dans le massacre des civiles ont choisie pour faciliter l’infiltration des égorgeurs dans le milieu.

– un présumé ADF a été attrapé à la barrière de contrôle des jeunes à Rughenda : il fut lapidé puis brûlé. C’est un rwandais qui ne parlait que Kinyarwanda et demandait en tâtonnant le renseignement pour atteindre Beni.

– l’honorable Jeannot LUKAMBO a été attaqué et molesté, sa voiture incendiée, sa maison détruite et pillée, comme il tentait d’intervenir pour dissuader les manifestants. Mais il lui est surtout reproché d’être celui qui est utilisé pour apprendre aux infiltrés rwandais le « Kinande », langue dont la connaissance encouragerait ces infiltrés égorgeurs à brandir l’identité des autochtones.

Le maire et toutes les autorités faisaient aussi des tours pour calmer la population mais tous se sont vus agressés et, ils ont disparu de la circulation devant la vapeur de la colère de la population.

Dans un communiqué lu sur les ondes des radios locales, le Maire de Butembo annonce pour ce mardi 23 août 2016 un meeting populaire à la mairie.

Tout le monde, au niveau local, espère qu’il se rattrapera éventuellement en levant la mesure du couvre-feu très contesté à Butembo tout comme à Beni, mesure qui a été mise sur pied au lendemain des massacres de Rwangoma depuis la semaine dernière, et qui est devenu la source de multiples incidents de ces jours.

socivile pour Bbo 22 08 16

Entretemps, la société civile propose des voies palliatives dans le souci de décrisper la situation entre la base et ses dirigeants, tel qu’on peut le lire dans le communiqué de presse que cette structure a publié ce 22 août 2016, dont entre autres :
– la levée immédiate de la décision du couvre feu instauré (mais boycotté par la population) à 20 heures,
– la libération inconditionnelle des personnes qui ont été arrêtées au cours des manifestations,
– la démilitarisation du centre-ville, pour redéployer ces soldats dans la périphérie des agglomération, en vue de garantir une ceinture devant barrer l’accès des égorgeurs parmi la population (il est inutile de faire baladér les militaires à travers les villes, pendant qu’il manque de force pour combattre l’invasion des égorgeurs),
– la population, tout en gardant une vigilance accrue , devrait lever toutes les barricades routières, s’abstenir de tout violence contre des personnes et contre des biens publics ou privés

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, Parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*