Butembo : Enlèvement du Commerçant Yofesi Kasumbakali

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Le vendredi 20 mai 2011, un des premiers opérateurs économiques beniluberois du nom de Mzee Yofesi Kasumbakali, habitant du Quartier MUTIRI, Cellule Kyavuyiri, grand chrétien pratiquant de l’Eglise Anglicane, et descendant de la famille royale de la chefferie des Bashu, a été enlevé par six hommes en armes et cagoulés lors de sa visite de sa ferme d’élevage de KALUNGUTA, route Butembo-Beni, à 5 km de Maboya.

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Mzee Yofesi dans son salon avec sa famille encore sous le choc, juste après sa libération

Ses ravisseurs qui parlaient une langue ougandaise et un mauvais swahili comme d’accoutumée en Ouganda, ont emporté manu militari Mzee Yofesi sans aucune peur de se faire inquiéter vers le village de Mokoku, dans les montagnes de Pabuka. De sa ferme, les ravisseurs ont emporté une machine tronçonneuse, trois téléphones portables, et 1 500 US$ qu’avaient Mzee Yofesi dans sa poche pour payer ses ouvriers.

C’était à la tombée de la nuit quand les villageois revenaient de leurs champs. Les ravisseurs n’avaient aucune peur si ce n’est le fait d’être cagoulé pour cacher la forme de leur visage et de leur nez. Les paysans du coin ont assisté impuissants à l’enlèvement de Mzee Yofesi, opérateur économique du coin.

Arrivés à Kalau dans la localité de Kanyihunga/Pabuka, les ravisseurs ont demandé à Mzee Yofesi d’appeler sa famille pour racheter sa vie par une rançon de 50 000 US$ dans un délai de 24h.

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Une vue du paysage de Kanyihunga, Chefferie des Bashu, en Territoire de Beni

La famille de Mzee Yofesi s’est débattue en vain toute la journée de samedi pour réunir un cash de 50 000 US$. Vers 13h00, elle n’avait réuni que 10 000 US$. En rappelant les ravisseurs pour leur annoncer le montant de 10 000 US$, ces derniers ont menacé d’exécuter Mzee Yofesi à 18h30 du soir, heure d’expiration du délai de grâce lui accordé.  

En frappant à plusieurs portes, la famille n’a réuni que 30 000 US$ un peu avant l’heure prévue pour l’exécution de Mzee Yofesi. En rappelant les ravisseurs pour leur annoncer ce montant, ils ont cédé, en indiquant l’endroit où cette rançon devait être déposée. Quelques membres de famille ont fait ainsi un très long voyage pour arriver à cet endroit indiqué. Ils y sont arrivés trois heures après l’expiration du délai de grâce. La promesse étant une dette, les ravisseurs n’avaient plus tenu rigueur. Vers 21h30, dans la nuit du samedi, Mzee Yofesi a été remis aux membres de sa famille.

Arrivé chez lui à Butembo au petit matin du dimanche 22 mai, Mzee Yofesi ne s’était pas encore remis de son calvaire. Pendant 27h, il raconte avoir fait ses adieux à la terre des hommes. Il raconte que ses ravisseurs l’ont plus torturé moralement que physiquement.

Les amis et membres de la famille sont ainsi passés de son deuil à la joie de sa libération. Il a fallu 30 000 US$ pour racheter sa vie.

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Le vénérable évêque des Anglicans Mr ISE SOMO est aussi venu compatir avec sa brebis sauvée de justesse de la gueule du lion.

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L’evêque anglican chez Mzee Yofesi juste après sa libération

Le récit de cet enlèvement démontre que la population de la région est abandonnée à son triste sort. Elle ne jouit pas du luxe de recourir à une force de l’ordre quelconque quand elle est attaquée. Et dans les endroits où il y a ce qu’on appelle force de l’ordre, les attaques signalées ne sont pas suivies d’une enquête ou d’une traque des assaillants. Le cas de l’enlèvement de Mzee Yofesi le démontre avec éloquence. La libération de Mzee Yofesi aurait été suivi immédiatement d’une traque des assaillants dont on avait des repères sûres. Un agent de l’ordre pouvait même se mêler aux membres de famille apportant la rançon pour identifier les ravisseurs, etc. Malheureusement comme dans d’autres cas pareils, l’enlèvement de Mzee Yofesi reste un fait banal du quotidien beniluberois jusqu’à la prochaine victime.

En même temps, les annonces d’octroi d’aide des plusieurs millions des dollars à l’armée congolaise pour la protection des populations civiles congolaises se multiplient mais touours sans aucun impact ou changement sur terrain. Le gouvernement de Muzito utilise la population civile congolaise comme appât pour se taper de l’argent de la communauté internationale sans rien faire pour empêcher l’extermination lente mais sure de cette population civile congolaise. Comme au temps du MPR, une frange de cette population victime continue de danser le « ODARI DARI SESE » au gouvernement de Muzito, le gouvernement de « cinq sentiers ». Pourtant, tous les signaux sécuritaires sont au rouge pour toute la région! 

Tembos Yotama, Nzanzu Zawadi, et Edgar Mateso ont contribué à cette dépêche de Butembo/©Beni-Lubero Online

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