Butembo: Marche de colère des revendeurs du carburant (Kadhafi)

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Butembo: 13 octobre 2010 ( www.benilubero.com)
Les petits revendeurs du carburant appelés communément « Kadhafi » ont manifesté leur ras-le-bol par rapport à la décision du Procureur de la République, Parquet de Butembo, ordonnant la fermeture de tous les coins de vente et dépôts de carburant sur toute l’étendue de la ville de Butembo. La seule condition de rester en business est pour chaque Kadhafi ou groupe des Kadhafi de construire une station moderne. La décision du Procureur de la République est motivée par le risque des incendies.

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La colère des Kadhafi s’explique par le fait qu’avec un capital de 20 ou 40 litres d’essence peut-on ne peut construire une station d’essence. La décision du Procureur de la République équivaut selon les Kadhafi à les envoyer au chômage sans préavis. Comment feront-ils désormais pour nourrir leurs familles ? Pourquoi l’Etat congolais sacrifie-t-il ses citoyens au lieu de leur créer des nouvelles opportunités de travail ? Les Kadhafi éparpillés aux quatre coins de la ville rendent d’énormes services aux gagne-petit et autres utilisateurs des motos, et voitures. Comme les stations service modernes ne sont concentrées qu’en ville, fermer les points de vente des Kadhafi pénaliserait pas seulement les Kadhafi, mais tous les habitants de la ville, les malades, etc. Les grands groupes pétroliers qui tireraient les ficelles de cette décision malheureuse pour avoir le monopole de la vente du carburant en ville de Butembo ne calculent pas les risques de leur égoïsme. Si les incendies constituent un risque réel que les Kadhafi connaissent bien, fermer tous les points de vente et dépôts sans préavis et sans solution immédiate d’échange constitue un usage arbitraire du pouvoir du Procureur dont le rôle est de rendre justice à tous !  

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La pénalisation des exploitants miniers artisanaux a déjà envoyé au chômage plusieurs familles. Dans ce dossier minier, l’Etat a privilégié les intérêts des multinationales et sacrifié ceux congolais appauvris par 14 ans de guerre d’agression rwando-ougandaise. Comme pour les Kaddhafi l’Etat a demande aux exploitants miniers artisanaux de se constituer en petites coopératives, une démarche qui coûte beaucoup d’argent et beaucoup de temps, la corruption aidant. 

Ailleurs, toujours à Beni-Lubero, l’Etat congolais a sacrifié les populations riveraines du Lac Edouard en brûlant leurs villages au profit des animaux du parc. Entre les animaux et les citoyens congolais, qui mérite plus d’attention de l’Etat. Ici aussi, ce sont les étrangers, militaires et techniciens du secteur pétrolier qui seraient entrain d’investir les villages incendiés et vides dé leurs populations congolaises pour des prospections du pétrole offshore et on shore. 

On peut dire que la guerre d’agression du Nord-Kivu est entrée dans une nouvelle phase, celle du business des grands contre le business des petits. Les gros poissons veulent avaler les petits poissons.

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C’est sur fond de tous ces cas d’injustice vis-à-vis du petit peuple que les Kadhafi sont descendus nombreux dans les rues de Butembo pour se faire entendre. Les points de chute de leur marche de colère étaient le Parquet de Butembo, la Mairie de la Ville, et le Monusco qui représente la communauté internationale. Dans chacun de ces trois lieux, un mémorandum a été déposé.

Le Nouveau Maire de Butembo a lui aussi fustiger la décision du Procureur de la République qui aurait agi seul sans consulter les autres autorités de la ville afin de murir ensemble la décision en tenant compte de tous les paramètres sociaux. La ville de Butembo ainsi que les autres entités territoriales décentralisées du Nord-Kivu souffrent du manque de collaboration des services de l’Etat pour une bonne administration de la cité.

Kakule Mathe

Butembo

©Beni-Lubero Online

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