Ce que la Monusco a oublié de dire sur les assaillants d’Eringeti/Beni

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Le point de presse du Général Jean Baillaud de la Monusco du mercredi 2 décembre 2015 sur le carnage d’Eringeti du dimanche dernier aide à lever un pan du rideau qui cache le pourquoi de l’enlisement des opérations SUKOLA 1 contre les tueurs présumés ADF/NALU en territoire de Beni.

Le général Jean Baillaud donne en effet 9 caractéristiques des tueurs de Beni  oubliant une seule, à savoir, l’identité rwandaise de la majorité des tueurs de Beni.

1. Le groupe ADF compte en son sein des éléments venus d’ailleurs dont le mode opératoire n’est pas celui en cours habituellement en RDC.

2. Ce qui se passe à Beni est du terrorisme : «Moi je pense que quand on tue comme ça comme c’était le cas dimanche dernier, un enfant de 2 ans, quand on achève des blessés dans un hôpital, quand on brûle un hôpital, c’est quoi ? C’est du terrorisme ».

3. Les combattants ne sont pas congolais car leur façon de combattre n’est pas propre à la RDC.

4. L’ADF opère complètement en uniforme FARDC, ou complètement en civil.

5. Le groupe armé ADF se mêle aussi à la population et peut même éventuellement s’imbriquer dans des opérations conduites par les forces congolaises.

6. Cette fois-ci, « il faut vraiment que [la] réponse à ce mal aille jusqu’au bout ».

7. Dans le passé […] on n’est pas allé jusqu’au bout » dans la lutte contre ce groupe rebelle présent en RDC depuis 1995.

8. La coopération militaire entre les FARDC et la Monusco est pratiquement au point mort, à quelques exceptions près, depuis le début de l’année [2015] en raison d’une brouille entre l’ONU et les autorités de Kinshasa.

9. Nous savons que le combat va être difficile et qu’il demande encore plus de cohésion entre les acteurs engagés, notamment Kinshasa et la Monusco.

Ce qui manque aux caractéristiques ci-dessus des présumés ADF/NALU ce que lors de la contre-offensive conjointe FARDC-MONUSCO qui a délogé dimanche dernier ces criminels de la cité d’Eringeti quelques-uns parmi eux avaient été faits prisonniers de guerre. Ces derniers étaient présentés au public devant le bureau de l’Administrateur du Territoire de Beni à Oïcha. Constat : Les prisonniers de guerre s’exprimaient tous en KINYARWANDA. C’est cela que le Général Jean Baillaud a oublié de dire. Ce qu’on appelle souvent « rebelles ougandais » parlent KINYARWANDA, la langue du Rwanda.  Parmi les 12 rebelles tués on dénombre aussi des corps à la physionomie rwandaise.

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Cette connexion du Rwanda aux tueurs de Beni est ce que les rescapés disent souvent sans que les officiels congolais et onusiens ne les emboitent le pas dans leurs déclarations. Pourtant cette piste permettrait  depuis longtemps d’arriver à la  vraie identité des tueurs ?

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Omar Kavota, ancien porte-parole de la société civile du Nord-Kivu,  s’est vu désavoué chez lui à Beni et sur les medias sociaux car il a voulu baptiser les tueurs de Beni en musulmans Somaliens d’AL-Shebab voire de Boko Haram ! Omar Kavota est accusé ainsi  de rouler pour Kinshasa et Kigali pour cacher aux yeux des congolais la connexion rwandaise aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur les populations civiles de Beni-Ville et Beni Territoire !

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L’opinion locale campe pourtant sur sa position basée sur le témoignage des rescapés : Les tueurs de Beni sont en majorité des rwandais Tutsi-Hutu en guerre de conquête et d’occupation de la terre ancestrale des Nande.

Aussi, les observateurs démontrent que les groupes armés qui encerclent actuellement les deux territoires de Beni et de Lubero et qui sont visibles, par exemple, à Mwighalika (Vallée de la Semliki), LUBENA (Cantine-Mabalako), MEDED (Manguredjipa), ROBINET-Katrikwaze-MAIBA (au-delà de Vuyinga), KYUTO-BULEUSA, Muhanga, Miriki (au Sud de Lubero), IKOBO (Walikale) sont constitués essentiellement des rwandais. Ces derniers se cachent derriere le label ADF/NALU quand ils oeuvrent en territoire de Beni; FDLR quand ils operent au Sud du Territoire de Lubero, Walikale; Mai-Mai quand ils operent au Nord du Territoire de Lubero et au Sud-Ouest du Territoire de Beni.

On se rappelle que cette présence des rwandais à toutes les frontières de deux territoires de Beni et de Lubero survient juste après la vague des déplacements massifs des Hutu du Rwanda vers la Province Orientale où ils se comptent aujourd’hui par dizaines des milliers, notamment dans les territoires d’Irumu, Boga, Djugu, Mambasa, etc.

Pourquoi le gouvernement congolais ainsi que la Monusco restent-ils muets sur cette donne rwandaise dans la région  et dans le carnage des populations de Beni ?

Pourquoi la zone de Beni-Lubero où les congolais avaient refusé catégoriquement d’accueillir ces immigrés rwandais est-elle aussi l’épicentre des massacres des populations les plus odieux et les plus fréquents ?,

On se rappelle que depuis la mort de Mzee LDK, le gouvernement congolais n’a jamais voulu citer nommément le Rwanda comme pays agresseur de la R.D.Congo.  Kinshasa  se contente souvent de parler d’une déstabilisation à partir d’un pays voisin, sans le citer. Mzee LDK, géniteur de l’expression « agression rwando-burundo-ougandaise » n’avait-il pas dit que pour guérir le mal il fallait l’identifier et le citer ?

Les observateurs de la situation qui prévaut à l’Est de la R.D.Congo soutiennent que le  mal actuel du Kivu-Ituri s’appelle « Rwanda » agissant en tandem avec le gouvernement parallèle de la R.D.Congo.

Le général Jean Baillaud dont il faut ici louer le courage vient de mettre l’opinion nationale et internationale sur cette piste de l’identification de l’ennemi et de la solution concertée entre Monusco et Fardc  pour endiguer le mal.  Il a dit en effet que la chasse aux tueurs s’enlise parce qu’il n’y a pas franche collaboration entre Fardc et Monusco. Il a dit aussi qu’il y avait, pendant une année, une brouille entre les autorités de Kinshasa et la Monuso. On se rappelle que depuis un an ou plus, les autorités de Kinshasa ont toujours voulu mettre fin à la mission onusienne en RDC. N’eut été l’appui de la Monusco aux Fardc  dimanche dernier, Eringeti et ses environs seraient peut-être  jusqu’ à ce jour, selon des témoins locaux, toujours occupé par ce qu’il convient d’appeler « force rwandaise d’occupation du Kivu-Ituri ». Les armes utilisées par cette force rwandaise d’occupation étaient, selon la Monusco, neuves et sophistiquées…

Quid de la couverture congolaise de la force rwandaise d’occupation du Kivu-Ituri ?

Le général Jean Baillaud l’a bien dit : « Les combattants ne sont pas congolais car leur façon de combattre n’est pas propre à la RDC. Ils opèrent complètement en uniforme FARDC, ou complètement en civil. Ils se mêlent aussi à la population et peuvent même éventuellement s’imbriquer dans des opérations conduites par les forces congolaises ». Autrement dit, les tueurs sont infiltres dans les rangs des Fardc au front.  Les paysans d’Eringeti, Kainama, Mayimoya, Kokola, Linzo, etc… disent toujours que les tueurs sont dans les rangs des Fardc et de la Police Nationale Congolaise, qu’ils ne sont pas en brousse. Bien sur, il faut dire que tous les Fardc et tous les policiers congolais ne font pas partie de cette force rwandaise d’occupation du Kivu-Ituri. C’est la raison pour laquelle il y a des victimes parmi les Fardc et les policiers congolais. Le commandement mono-ethnique Tutsi-Hutu des Fardc et de la Police au Kivu-Ituri longtemps décrié par les congolais serait à la base de l’infiltration de la force rwandaise d’occupation au sein des Fardc et de la Police.

Quid de la complicité de la Monusco dans l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri ?

La Monusco est une force hétérogène. Il y a certainement en son sein des contingents pro-rwandais et pro-congolais. Le Général Jean Baillaud  « commandant par intérim de la Force militaire de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) » et son  titulaire peuvent avoir chacun sa vision sur la chasse aux assaillants rwandais. Pour avoir aidé à déloger la force d’occupation rwandaise d’Eringeti  et pour avoir décidé d’aller jusqu’au bout de cette mission, on peut dire que le commandement par interim Force Militaire de la Monusco est Pro-Congolais.  Si cela dépendait de congolais, c’est à Jean Baillaud que reviendrait le titulariat du commandement de la Force Militaire de la Monusco car il donne l’impression de bien identifier le mal à combattre, notamment la force rwandaise d’occupation du Kivu-Ituri,  pour que la paix revienne à Beni et dans l’ensemble du  Kivu-Ituri ! Les pro-rwandais vont-ils le laisser a son poste d’interimaire apres leur debacle d’Eringeti?

Kakule Sekanavo

Beni

©Beni-Lubero Online

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