Les femmes de Beni pleurent et réclament la paix

C’est le moment des actions. Peuple, debout!

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

MESSAGE DE LA COORDINATION INTERSTUDIANTINE DE BENI

ON A ASSEZ CRIÉ, AGISSONS MAINTENANT

Depuis le 02 octobre 2014, la région de Beni est secouée par des massacres répétitifs des populations civiles par des hommes armés que les officiels Congolais qualifiaient jadis d’ADF avant de se réviser en parlant désormais de MTM. Depuis plus de 4ans, les attaques armées ont fait plus de 2700 morts, des milliers de personnes enlèvées ainsi que des biens de la population pillés ou incendiés. La dernière attaque en date est celle du 03 novembre 2018 à SIKWAHILA et MANGBOKO qui a coûté la vie à NEUF (9) de nos compatriotes et autres portés disparus sans oublier les véhicules incendiés. Derrière ces chiffres, il y a des vies qui se brisent et des rêves qui s’envolent.

Par ailleurs, les recommandations toujours faites par les étudiants et d’autres acteurs de la société civile aux autorités civiles, policières, militaires et la MONUSCO n’ont jamais connu un début de mise en oeuvre. Pour le rétablissement effectif de la paix à Beni, nous avons toujours plaidé en faveur de la mise en place d’une force militaire régionale renforcée avec un mandat offensif clair, l’ouverture de l’espace civique, l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, impartiale, transparente et rapide pour établir les faits et les responsabilités sur les tueries de Beni, la déclaration de la zone de Beni comme zone sinistrée avec comme conséquence une exonération fiscale totale, la reconnaissance officielle du 02 octobre comme journée nationale du souvenir pour Beni ainsi que l’organisation des bonnes élections. Jusqu’aujourd’hui, le gouvernement et la communauté internationale brillent par un silence complice alors que les attaques se multiplient et les personnes continuent à mourir.

Malgré la poursuite de ces odieux massacres, nous sommes progressivement en tant que peuple en train de prendre conscience de la vraie nature de ceux qui nous dirigent, celle de la communauté internationale (MONUSCO) et du devoir pour nous tous de nous protéger légitimement contre les tueurs.

C’est ici le lieu de remercier les élèves, étudiants, autorités scolaires, autorités académiques et parents de Beni et Butembo qui ont accepté de sécher complètement les cours jusqu’au rétablissement effectif de la paix à Beni. Le fait que les ministres ayant l’enseignement scolaire et académique dans leurs attributions ne se soient pas déplacés à Beni pour s’enquérir de la situation de leurs secteurs respectifs et trouver des voies et moyens pour décanter cette situation ne devrait pas nous étonner. Cela devrait plutôt nous donner assez d’indices pour comprendre à fond qui nous tue.

Chers compatriotes,

Nous avons suffisamment adressés des recommandations aux autorités et à la MONUSCO mais rien à changer.
Maintenant c’est à nous que nous nous adressons car comme pour les autres peuples opprimés du monde, c’est à nous que reviendra le dernier mot sur notre sort.
Au vu de la persistance des massacres dans notre région de Beni, de l’indifférence des autorités et de la MONUSCO face à notre malheur et de la non prise en compte des recommandations pertinentes émises pour mettre fin à la crise de Beni, la coordination interestudiantine de Beni appelle à partir du jeudi 08 Novembre 2018 toutes les couches de la population de Beni à :

1. *Interdire pacifiquement la circulation à tout véhicule de la MONUSCO et cela jusqu’au rétablissement effectif de la paix. Les déplacements qui peuvent leur être permis sont ceux menant aux zones insecurisées aux alentours dans la région de Beni. Avec une logistique de guerre aussi forte, un budget annuel de plus d’un milliard de dollars, une indifference face aux recommandations de la population et une ambiguïté dans les interventions, on ne peut raisonnablement laisser la MONUSCO faire son tourisme chez nous.*

2. *Barrer la route aux candidats à tous les niveaux (provinciales, nationales et présidentielle) qui voudraient mener campagne en ville de Beni et arracher les photos des candidats affichées déjà à travers la ville. On ne peut véritablement s’attendre aux élections que dans une zone sécurisée. On ne voit en ces jours dans les agissements des candidats aucun élan de solidarité avec la population de Beni. Tout ce qui les anime est le souci de conserver leurs postes ou remplacer ceux qui les ont.*

3. *Nous déplacer vers les quartiers insecurisés pour y mener des patrouilles populaires en vue de faire face à toute velléité de la part des assaillants. Le commandement des opérations SOKOLA I doit mettre en place de mesures nécessaires pour accompagner et appuyer ces jeunes volontaires qui vont désormais sécuriser la commune Ruwenzori et autres quartiers insecuriser.*

4. *Apporter toute sorte d’assistance aux rescapés des massacres de Beni qui en ces jours vivent dans des conditions particulièrement difficile à cause de l’insécurité qui bloque les activités de champ, les activités commerciales ainsi que les autres secteurs de subsistance de la population.*

Chers compatriotes,

Ces quatre mesures s’adressent à nous et nous devons nous impliquer chacun pour leur mise en oeuvre totale. En dehors de notre équipe interne chargé de faire observer ces mesures, nous appelons toute la population à en assurer la police. C’est grâce à l’implication de nous tous et à une prise en charge collective que nous vaincrons les envahisseurs que veulent nous ravir notre humanité.

Fait à Beni, le 06 novembre 2018

CLOVIS MUTSUVA
+243 997 903 321

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

2 plusieurs commentaires

  1. KAMBALE AUGUSTIN

    Je suis parfaitement d’accord avec cette nouvelle approche. Par rapport à cette situation de crise, utilisons nos armes habituelles, méfions -nous des machettes, haches, AK47, mitrailleuses, Chars. Ne prêtons plus oreille aux discours et aux appel aux calmes de la part de ceux qui ont la charge de la sécurité des personnes et des biens. Il y a un Plan conçu pour effrayer et détruire la ville de Butembo et de Beni lieux de concentration des Banandes. Nos business sont attaqués par tous les moyens. Nous sommes appelés à fuir et disparaitre dans les autres communautés du monde. Notre organisation gène non seulement les voisin mais aussi la politique internationale pour la région des Grands Lacs. Adoptons des comportements capables de donner de leçons aux autorités à tous les niveau, et surtout restons en genoux entrain d’implorer notre Seigneur le Dieu d’Israël. C’est lui qui décide le combat.

  2. SUPPRIMONS CE VOCABULAIRE DE « PACIFIQUE ». TOUTE REVOLTE VIOLENTE ABOUITI TOUJOURS AU CHANGEMENT ET A LA VICTOIRE.

    LA MONUSCO N’EST PAR AU TOURISM AU CONGO MAIS POURTANT ILS SONT LA POUR FACILITER LE PILLAGE DE NOUS RESSOURCES. IL Y A ASSEZ DE PREUVE POUR CELA.

    PAS D’ELECTION TANT QUE LA PAIX NE SERA PAS REVENUE DANS LA REGION.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*