Roger Berlin dans une terrasse d'Hôtel

Des agents pro-gouvernementaux des massacres de Beni aux arrêts pour effacer la vérité…

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Le gouvernement congolais vient de faire arrêter ses propres agents qu’il avait forgés et soigneusement utilisés pour couvrir ses mains dans le crime de violence et des massacres que le monde déplore dans la région de Beni-Lubero. S’agirait-il d’une nouvelle étape de comédie dans le traitement du dossier des égorgeurs de Beni toujours présentés comme des présumés ADF? Mais le fait est là: après l’arrestation de Roger Berlin, c’est maintenant Daniel Masinda (son ami), Saperita (agent recruteur en faveur des égorgeurs) et Maranatha (le commandant suprême des Mai-mai Corps du Christ que Kakolele revendique être siens) qui sont placés dans le coffre de prison. Et pourtant, tous ces agents ont été forgés par les autorités au pouvoir au pays, à travers Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu, dont chacun d’eux a reçu la consigne de ce qu’il devait faire et les moyens nécessaires pour l’accomplir. BLO n’a point manqué d’avertir les opinions de cette manœuvre chaque fois qu’il le fallait.

Pourquoi Berlin est tombé en disgrâce?

Roger Berlin dans un jardin de Maracuja

Roger Berlin dans un jardin de Maracuja

Roger Berlin est un agent de salle mission du Gouverneur Julien Paluku depuis plusieurs années. Il est un des rares parmi ses anciens autres collègues, dont Kava wa Seli, qui ont persévéré dans cette entreprise jusqu’à nos jours. En septembre 2015, alors que le plan d’installation des rwandais dans Beni-Lubero et en Ituri était en pleine exécution, Julien Paluku le convia avec ses autres collaborateurs à créer le groupe de milice qui a été appelé « Mai-mai Kyaghanda Yira ». Le plan des massacres des civils à Beni, visant à forcer ces derniers à déserter leurs terres au profit des envahisseurs rwandais, s’accomplissait déjà depuis Octobre 2014. Et, il y avait besoin de trouver des partenaires locaux ou mieux autochtones pouvant couvrir les crimes ainsi commis par des étrangers, suivant une optique politique du gouvernement au pouvoir dans le pays. Lorsque la communauté Nande contesta la présence de ce nouveau groupe de milice, les Maimai Kyaghanda Yira, on a dû voir une naissance quasi instantanée des Mai-mai Mazembe, qui n’était rien d’autre qu’une transformation des Maimai Kyaghanda Yira rejetés par la communauté qu’ils prétendaient représenter. Plus tard, apparaîtra le groupe Maimai « Corps du Christ » presque comme une génération spontanée, avec une mission déterminante d’étendre les violences et les massacres dans les villes de Butembo et Beni. Cependant, même ce groupe demeure une métamorphose de ce qu’enfanta la rencontre entre Julien Paluku et le groupe de Berlin en septembre 2015 à l’Hôtel Auberge de Butembo.

Le malheur de Berlin provient du fait qu’il n’a pas été à la hauteur de la tâche lui confiée. Il n’a pas pu maîtriser ni bien contrôler ou harmoniser le mouvement et les actions des éléments du Corps du Christ et des Mazembe, lors de leurs incursions de la fin de l’année dernière à Butembo et à Beni. En effet, cette étape qui manqua largement ses objectifs, devait marquer le parachèvement du règne de chaos à installer à Beni et à Butembo, selon le plan Kabila sur Beni-Lubero et l’Ituri.

Pourquoi Daniel Masinda subit le même sort?

Daniel Masida, compagnon de Roger Berlin dans la collaboration avec le M23 contre leurs frères Nande

Daniel Masida, compagnon de Roger Berlin dans la collaboration avec le M23 contre leurs frères Nande

Daniel Masinda alias Eric est le compagnon le plus proche de Berlin. Il doit partager les conséquences de l’échec de Berlin. En tant que mobilisateur au sein de leur groupe, il a été incapable de persuader les autochtones pour se rallier à leur jeu. Même le trafique d’influence qu’ils ont appliqué en utilisant le nom de Mbusa Nyamwisi n’a pas convaincu la masse locale, car leur malice, opportunisme et trahison au détriment de leur propres frères ne tarda pas à se dévoiler. Avec son camarade, il mérite bien le salaire de leur trahison.

Saperita le recruteur

Saperita, un ancien Maimai Vurondo, est le principal agent d’exécution utilisée sur terrain par Kakolele Bwambale alias Aigle Blanc, pour l’unique raison que le terrain n’est pas accessible à ce dernier, à cause de ses multiples bévues passées au souvenir amer qu’il ne songe même pas à réparer.

Initialement, peu avant la mort de Morgan, il a fait partie d’une mission pour laquelle Kinshasa avait commissionné Kakolele auprès des Mai-mai Simba à Epulu, non seulement pour ravitailler ce chef milicien, mais encore pour solliciter sa jonction aux égorgeurs qui allaient commencer leurs opérations à Beni. Kakolele ayant été intercepté et renvoyé à Kinshasa, Saperita poursuivit sa mission à Beni, fort de recommandation du gouverneur Julien Paluku. C’est alors qu’il sera chargé de recruter parmi les autochtones des combattants à livrer au général Mundos qui, à son tour, devait les associer aux égorgeurs déjà en pleine action dans le rayon de Oicha et Eringeti. Dans cette besogne, Saperita devait demeurer strictement en collaboration avec Roger Berlin et Daniel Masinda avec lesquels il partageait la même consigne de travail reçue du gouverneur Julien Paluku exécutant lui-même les ordres du président Kabila. Point n’est besoin de rappeler des réunions clandestines auxquelles tous ensemble prenaient part autour de ce gouverneur lors de ses visites à Beni. D’où, quoi de plus normal qu’il se retrouve aujourd’hui en prison avec ses , collègues de mission, vu qu’il a su pénétrer des secrets dangereux de crime d’Etat et devenu redoutable et gênant!

Maranathan, le grand maître des Maimai Corps du Christ

Les Mai-mai se disant libérateurs contre les égorgeurs de Beni. Photo BLO par Robert Muyisa

Les Mai-mai se disant libérateurs contre les égorgeurs de Beni.
Photo BLO par Robert Muyisa

Le groupe Maimai du Corps du Christ était conçu comme l’outil le plus aiguisé dans le complot visant à assommer la communauté Nande. Maranatha était utilisé dans ce programme comme un agent inconscient. Ses chefs, Berlin et Masinda, et plus tard Kakolele, l’ont trompé que la résistance qu’ils mobilisent pour défendre la communauté Nande contre les envahisseurs égorgeurs est chapeautée par Mbusa Nyamwisi, le leader charismatique de la communauté. Cette prétention en elle-même contenait un mensonge à deux grands volets comme suit: d’une part, Berlin, Masinda et Kakolele ne se démenaient pas pour défendre leur communauté contre les tueurs, mais plutôt collaborer avec ces barbares pour décimer leurs propres frères à cause de quelques intérêts purement égoïstes; d’autre part, Mbusa n’a jamais demandé de mobiliser une telle résistance armée dans la circonstance actuelle pour une autodéfense locale, ni n’a été en contact avec le groupe de Berlin, Masinda et Kakolele, au contraire il s’est constamment déployé à décourager toute tentative de ce genre.

A l’occasion de l’apparition des Maimai Corps du Christ à Butembo et à Beni, Kakolele a publiquement revendiqué son patronat sur les activités de ce groupe; ses déclarations ont été suivies partout sur les ondes internationales. Il dut alors fait venir Maranatha à Nairobi, où il a installé son domicile clandestin, en vue de lui inculquer l’idéologie qu’il avait lui-même reçue du Président Kabila et du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

00aakakolele00

Kakolele Bwambale alias Aigle Blanc, l’homme qui vend ses frères à l’extermination à vil prix

Or, si Maranatha s’était engagé avec courage dans des actions invasives à Beni et à Butembo, il croyait à tort qu’il répondait à l’appel à la résistance qui serait lancé par Mbusa Nyamwisi. Kakolele qui avait compris la psychologie de Maranatha devait s’organiser en conséquence: il fallait une mise à scène pour le persuader et le rassurer. A Nairobi, Kakolele créait souvent des comédies. Il faisait en bien des circonstance semblant de s’entretenir au téléphone avec Mbusa Nyamwisi en présence de Maranatha, il faisait comme s’il recevait de lui des ordres qu’il devait transmettre à Maranatha et autres combattants qui sont sur terrain pour exécution. Mais lorsque Maranatha lui demandait de pouvoir s’adresser personnellement à Mbusa, il ne l’acceptait jamais. Aussi, Maranatha s’est-il retourné à Butembo avec le constat de ce qu’il a vu, et a exposé à ses collaborateurs ce qu’il a vécu, c’est-à-dire le mensonge de Kakolele qui trafique faussement le nom de Mbusa Nyamwisi, expliquant qu’il n’y aurait nulle part la main de Mbusa dans ce qu’organise Kakolele qui, de surcroit, roule plutôt en faveur du M23.

Paniqué de cet échec, Kakolele a exigé aux services de sécurité qui collaborent avec lui dans le plan criminel d’extermination des Nande pour des raisons politiques du pouvoir en place, d’arrêter immédiatement Maranatha et le mettre hors d’état d’empirer la trahison du secret de leur complot.

Dommage!

Depuis l’instauration d’un tribunal militaire à Beni pour juger des présumés ADF accusés d’être les auteurs des massacres des civils dans la région de Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les activités de ce tribunal se sont étendues sur des pistes d’investigation qui perdent dans la confusion. Une démarche dilatoire délibérée est entretenue, portée à détourner toutes attentions des vrais responsables du crime, en incriminant des innocents. Aussi, lorsque des prévenus et des témoins citaient explicitement l’implication des autorités bien connues, le tribunal s’efforçait tantôt à insister que ce sont des chefs coutumiers locaux qui sont complices des ADF, tantôt il transportait les opinions sur le dossier du M23, en sorte qu’il devenait difficile de situer le vrai objet du tribunal en cours.

Nyonyi Bwanakawa, le Maire de la ville de Beni a été cité comme un commanditaire, mais le tribunal s’est engagé à le défendre acharnement. Le général Mundos a été présenté par les prévenus comme le principal coopérant aux massacres. Le gouvernement congolais l’a dissimilé, vu que son intervention devant le tribunal conduirait à un scandale irréparable.

Les opinions tant locales, nationales qu’internationales devraient se tenir alertées sur l’arrestation de Berlin, Masinda, Saperita et Maranatha qui comptent parmi les agents d’exécution ayant joué un rôle privilégié dans le drame qui caractérise actuellement la région de Beni-Lubero et Ituri en général, et en particulier celle de Beni. Car, il y aurait lieu de craindre que cette arrestation conduise, d’une manière ou d’une autre, à la disparition des intéressés avec le risque d’entraîner l’effacement des traces de vérité recherchée en matière de responsabilité dans les massacres exterminant des innocents dans la région de Beni.

Editeur BLO

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*