Dossier « rébellion Kamwina Nsapu » : Les FARDC massacrent des civils innocents – Un témoin oculaire décrit la scène en audio…

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Les événements tragiques, qui ont été vécus ces jours dans le Kasaï, ont souvent subi des manipulations politiciennes ne pouvant pas permettre d'en évaluer la teneur réelle surtout en termes des responsabilités.

En suivant le témoignage audio d'un témoin oculaire des événements qui se sont produits le 11 et le 12 mars 2017 dans la ville de Mweneditu, en Province de Lomami, il y a lieu de comprendre assez ce qui se passe. Selon ce témoin:

– Le samedi 11 mars 2017, des miliciens de Kamwina Nsapu ont fait incursion dans la ville susmentionné vers 9 heures. Ils ont investi la ville en se déployant en colonnes de dizaines, vingtaines ou trentaines de personnes, tout en maintenant leur base arrière dans la périphérie de la ville.

– Les miliciens revendiquaient leur présence en parlant amicalement aux civils qu'ils croisaient sur leur chemin, en prétendant lutter pour la libération des terres de leurs ancêtres et en l'honneur des héros qui les ont précédés dans cette lutte, en l'occurrence Patrice Emery Lumumba.

– Souvent, en entrant dans une ville les miliciens se s'attaquent ni à la population ni aux forces publiques, mais aussitôt entrés ils tirent des coups de balles en l'air simplement pour marquer leur présence. Tous les affrontements signalés par l'armée congolaise sont soit provoqués par l'armée elle-même soit des incidents provoqués au sein de l'armée entre des militaires qui tentent de reculer face à l'invulnérabilité des miliciens et ceux qui les forcent à continuer à avancer dans le front.

– Ainsi, le 11 mars 2017, lorsqu'on les FARDC tentaient de stopper l'avancée des miliciens vers la mairie et la banque locale, les soldats du gouvernement ont ouvert le feu sur les colonnes des combattants Kamwina Nsapu. Ces derniers ont pu démontré alors le miracle de leur puissance fétichiste: les miliciens n'ont répliqué par aucun tir de fusil. A la tête de leurs colonnes marchait une femme qui fit sortir un verre de la jupe qu'elle portait, et ce verre a recueilli toutes les balles tirées par les soldats de FARDC. Les miliciens, d'après leur fétiche, auraient le pouvoir de renvoyer ces balles recueillies sur ceux qui les tiraient (FARDC), mais leur capitaine le leur déconseilla, de peur qu'en voulant frapper les FARDC, des civils soient innocemment massacrés par la même occasion.

– Après avoir constaté que les miliciens ne mourraient pas sous leurs tirent, les FARDC et la Police ont été pris de panique, et beaucoup d'entre eux ont préféré reculer du front. Pendant ce temps, les miliciens se sont volatilisés et personnes ne les a revus ce jour-là.

– Cependant, les FARDC, qui ont été instruits à se réorganiser par leur hiérarchie, sont revenus sur le lieu où il ne se trouvaient désormais que des civils, dont des élèves et écoliers que les enseignants venaient de libérer à cause de la circonstance. C'est alors que les FARDC ont ouvert de nouveau le feu qui a fait plusieurs victimes, toutes étaient des civils, dont des élèves. Aucun milicien n'a été tué.

– Par ailleurs, les miliciens n'avaient pas non plus tués les FARDC, car ils disaient clairement qu'ils ne sont pas venus se battre contre l'armée congolaise, mais ils veulent seulement marquer leur présence qui signifie la revendication de la libération de terres de leurs ancêtres que dirigeants politiques actuels ont pris en otage.

– Il est vrai qu'il y a eu de nombreux mort parmi les FARDC et la Police Nationale. A ce sujet, le témoin rapporte qu'il existe encore au sein de l'armée congolaise des unités purement rwandaise qui ne s'amènent pas aux fronts avec la même logique que des soldats authentiquement congolais. Etant donné que les soldats congolais paniqués par le fétiche des miliciens (qui ne pourraient pas sous leurs tirs) cherchaient à reculer, les rwandais qui les accompagnaient à la batailles les abattaient aussitôt. D'où, les morts enregistrés auprès des FARDC sont des victimes de leurs propres compagnons aux fronts.

– Par ailleurs, il y a lieu d'insister que les FARDC non plus n'ont tué ce jour-là aucun milicien. Par contre, après avoir massacré des civils, ces soldats se précipitent à attacher des étoffes rouges sur les fronts des cadavres en transformant leur aspect en vue de les faire passer pour des miliciens. Alors ils tirent leurs photos qu'ils expédient à Kinshasa pour prétendre avoir tué des miliciens Kamwina Nsapu.

Quant aux nombreuses victimes civiles tombées sous les balles des FARDC, l’armée et les services de sécurité ont aménagé des fosses communes vers « Shamalo » et les y ont enterrées nuitamment pour ne point permettre aux observateurs indépendants d’en connaître plus de détails.

L'audio ci-après en swahili fait assez comprendre cette manœuvre:

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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  1. By a

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