Dossier massacre de Beni: Omar Kavota doit corriger son attitude

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L’amour fraternel oblige, et il relève de devoir d’un chrétien de reprendre généreusement un frère égaré, estime l’Honorable Ernest Kyaviro. En effet, Omar Kavota, le Maître-Avocat qui s’était construit au fil de temps un réel estime par son courage personnel à défendre les droits humains de manière la plus admirable, a subitement fait volte-face pour devenir le torpilleur de tous les efforts de sa communauté d’origine qui visent à sortir de l’étau des massacres et insécurité les plus dramatiques lui imposés depuis déjà plus de deux ans.

Plus révoltant encore fut sa prise de position discordante devant la pétition que la population de Beni vient d’initier pour exiger des enquêtes internationales sur les massacres de Beni comme l’unique moyen possible pour contourner les efforts de détournement de la vérité dans le chef de la Justice congolaise. L’apologie que fait Omar Kavota de cette justice mensongère a poussé non seulement sa communauté qui en est victime, mais aussi les patriotes congolais sur toute l’étendue de la République, à remettre en cause sa loyauté d’autrefois. Kavota excelle dans la campagne de désinformation sur les réalités relatives aux massacres et insécurités de Beni, de manière à désorienter les opinions internationales dans la compréhension de la situation en cours. De surcroit, il s’exerce à disloquer ses efforts collectifs visant une solution objective requise à ce problème.

D’où cette initiative personnelle de son frère Kyaviro de l’aider à recouvrer la raison et une sagesse qui rendent sensible à la voix de la conscience et du cœur. Ci-après un extrait partiel de cette intervention:

« (…) Il y a au moins une cause que nous avons défendu parallèlement: la dénonciation des massacres de nos frères.

Vous avez réuni les notables ( bien sûr en évitant soigneusement mon nom car, dans votre groupe et selon les instructions que vous avez reçu de vos financiers, un ancien député élu ne fait pas partie de la notabilité de Beni et n’a même pas d’idée à donner) et nous avons tous soutenu ce que vous avez résolu, dont la nécessité d’une enquête indépendante.

Cette demande a été reprise par le Parlement National, par le Vatican, par les experts de l »ONU, par la société civile à tous les niveaux, par la coordination des jeunes de Beni, par les députés provinciaux, par les organisations féminines, par presque l’ensemble de toute la Nation.

Plus tard, c’est le gouvernement, et même le Vatican, qui exigera des enquêtes.

Vous-même, Omar Kavota, vous êtes plaint de la présence de JAMIL, le chef ADF, en Ouganda.
A la base de toutes ces demandes, il y avait non un déficit de patriotisme (encore que je ne pense pas que vous puissiez donner des leçons de nationalisme à Kyaviro, un ancien officier FARDC qui a combattu les étrangers par les armes et a été blessé au combat, à quelqu’un qui a tout abandonné pour lutter en faveur de la réunification de la RDC) , mais à la nature même des massacres dont toutes les enquêtes mettent à nu les implications d’Officiels hauts placés et des étrangers.

Comment, quand des hommes politiques, des généraux sont cités dans des rapports sérieux, quand des armées étrangères sont mises en cause et que les recrutements des criminels couvrent plus de 6 pays, voulez-vous, ô mon frère, que votre coqueluche le général Munkutu soit efficace malgré sa grande intelligence?

Tenez: il n’a pas été capable de poursuivre un seul officier supérieur devant le cas de fraude et complicité avérées qui ont été mises à nu dans le dossier Mamadou (l’argent de la fraude que les officiers de l’Etat-Major ont affirmé scandaleusement avoir partagé deux jours avant l’odieux assassinat du héros), car il ne faisait pas le poids.

En plus, il est incapable d’amener Mbusa Nyamwisi ou le général Mundos devant la barre: il n’en a pas non plus le poids.

Et vous voulez que la vérité éclate avec le défilé du menu fretin que vous applaudissez après chaque audience publique sur les réseaux sociaux ?

Entre parenthèse, je me demande comment vous: un avocat, défenseur des droits humains en plus, pouvez être tellement fanatique du Ministère Public dans un procès et applaudir frénétiquement tous les réquisitoires !

C’est pourtant ce que vous faites.

Du jamais vu !

Il y en a même ceux qui se demandent ce que Munkutu vous a fait manger pour que le méthodique Kavota devienne tellement fanatique !

Il y a enfin une chose, la plus grave: vous prenez position en contradiction avec la communauté sans chercher l’aval de qui que ce soit, Grand Seigneur.
Cependant, vous sortez en même temps un son discordant qui fragilise la démarche collective portant l’espoir de toute une communauté dans une situation si accablante qu’est le présent massacre des innocents à Beni. (Comment pouvez-vous justifier honnêtement parlant ce genre d’attitude qui exalte l’insensibilité devant une souffrance pourtant très atroce de tes propres frères?)

Et c’est là que je vous pose cette question: avez-vous entendu la société civile du Kasaï se contredire dans les médias sur la question Kamwina Nsapu ?

Avez-vous entendu les notables de l’Equateur se tirailler sur la question ENYELE ?

Avez-vous déjà entendu un Tutsi contredire les autres sur le fond de la question du génocide de 1994?

Mais pourquoi vous, vous amenez la cacophonie dans l’opinion sur une question où le sang des milliers de vos frères nande a coulé et continue à couler (innocemment) ?

Vous en êtes fier ?

Mais quel intérêt avez vous à afficher une position inefficace comme démontré ci-dessus et en plus personnelle, que les autres notables découvrent dans les médias.
Je vais vous dire: le Président Kabila a besoin de la vérité sur les exigences du Grand Nord et non d’être caressé dans le sens du poil.

Je me demande si vous savez que les gens comme Kambere, Julien Paluku ou encore Tshipassa lui disent parfois des vérités toutes nues.

Je vous le confirme.

Quand vous parlez de la liberté d’expression, celle-ci doit être accompagnée de sagesse et de solidarité à l’intérêt général.

Vous me demandez si je sais que la CPI ne fait que compléter la justice nationale qui peut bien faire le boulot. (Le dites-vous en toute conscience?)

Ok! Très bien !
Alors répondez à ces questions:

Selon vous, sur 100 défenseurs des droits humains congolais, combien sont de votre avis ?

Si vous croyez que tout pouvait être résolu au niveau national, pourquoi vous-même, pendant deux ans, avez-vous soutenu des enquêtes indépendantes, et aujourd’hui vous changez de position ?

Alors, quand commence-t-il le procès Nkunda?

Pourquoi envoie-t-on tous les FDLR qui ont massacré tes soeurs et frères congolais au Rwanda (au lieu de terminer leur dossier judiciaire par la justice congolaise )?

A quand le procès Runiga ?

A quand le procès Makenga?
Êtes-vous totalement satisfait par le procès Mamadou ?

A quand le procès Bauma ?

Croyez-vous que le théâtre de la tribune de la mairie de Beni permettra aux milliers de victimes d’entrer dans leurs droits et mettra les tireurs de ficelles sous les verrous (au moment où même des petits enfants ont clairement compris la farce jouée par les tenants de cette justice dont vous faites l’apologie) ?

Si non, pourquoi saboter la petition du peuple de Beni, toutes tendances politiques confondues, pour une enquête de la CPI?

POURQUOI ?

Maître, vous avez perdu plus de 1000 frères et soeurs et vous défendez une solution inefficace pour quelle raison (en adoptant une telle position contre l’espoir de votre propre communauté, imaginez-vous seulement ce que tout le monde, même à l’extérieur du milieu, peut penser de vous) ?

Dites-nous !

En ce qui me concerne, quelle que soit votre réaction, je ne parle plus de ton attitude dans ce dossier car vous-même vous savez pourquoi vous agissez ainsi… »

Jean-Louis Ernest KYAVIRO.

©Beni-Lubero Online.

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Comments

  1. By a

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  2. By kasimba

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