Goma : Imminente sortie politique du CNDP-R

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La Province du Nord-Kivu, ventre mou de la R.D. Congo est de nouveau sous haute tension. Plusieurs messes noires sont célèbrées en catimini comme à découvert dans la ville de Goma. On peut constater de l’effervescence dans les états- major des anciens mouvements rebelles convertis sans repentance aucune en partis politiques congolais. Selon les fuites d’une de ces messes noires dite le dimanche 9 mai dernier au Restaurant Kamanzi, derrière le Rond Point Bralima, un nouveau courant politique ou rebelle, c’est selon, dit CNDP-Rénové, aurait vu le jour à Goma au Nord-Kivu et n’attendrait plus que sa sortie officielle. Si c’est un parti politique, tant mieux, car la R.D.Congo se dit être une démocratie. Mais comme on dit, celui qui a déjà été mordu par un serpent, craint même une chenille. Aussi, les violations massives des droits humains qui se commettent dans ce coin du pays, justifient-elles la crainte que le CNDP-Rénové ne soit plutôt une nouvelle rébellion. Ce chuchotement d’une nouvelle rebellion en gestation au Nord-Kivu renforce un autre bruit selon lequel le pays connaîtrait une nouvelle apocalypse, un nouveau tsunami politique, au lendemain des festivités du 30 Juin. 
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En même temps, les habitants du village de BOJUVI, Chefferie de BUKUMU, Territoire de Nyiragongo et ceux du quartier SUPER MATCH, toujours en Territoire de Nyiragongo, dénoncent depuis le Jeudi 6 mai, une nouvelle vague d’entrée massive des militaires rwandais en provenance de Gisenyi au Rwanda. Une fois sur le territoire congolais, ces militaires rwandais prennent une destination inconnue.
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Du coup, les FDLR qu’on croyait avoir été repoussés par les Opérations Umoja Wetu et Amani Leo, jusque dans les fins forêts de Walikale et du Maniema, resurgissent dans certains medias et se font voir à l’aéroport de Goma en partance non pour le Rwanda, leur pays natal, mais pour le Katanga, le Bas-Congo, etc. D’où viennent ces FDLR ? Du Rwanda ou de la forêt de Walikale ? Interrogés, les députés provinciaux et nationaux disent n’avoir été consultés pour cette délocalisation et dissémination des FDLR au Congo. Le superviseur de cette dissémination serait un pasteur protestant de Kinshasa répondant au nom de Mulunda, celui-là même qui fait le tour des provinces pour racheter les armes des groupes armés.
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Depuis deux jours, il se constate aussi une forte présence de la police militaire en ville de Goma. Selon des sources généralement bien informées, cette présence de la police militaire aurait comme but de prévenir une attaque éventuelle de la Ville de Goma par une nouvelle rebellion.
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Aussi, la securité autour de l’aéroport international de Goma a été renforcée. Il n’est plus possible à quiconque n’ayant pas un titre de voyage ou une carte de service de se retrouver dans l’enceinte de l’aéroport Goma qui est très sollicité ces derniers temps. Les militaires de la Garde Républicaine sont ceux qui assurent cette securité, signe que quelque chose se passe ou va se passer à l’aéro de Goma.
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Ailleurs dans la Province du Nord-Kivu, la dénonciation du massacre sélectif des Nande du Nord-Kivu par une armée « Kinyarwandophone » par le député national LUSENGE BONANE qui a été diffusée par les radios et par des tracts sur toute l’étendue de Beni-Lubero est ridiculisée par les assaillants.
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Au Sud du Territoire de Lubero, plus précisément dans les villages ou cités de Katondi, Kitsombiro, Ndoluma, Mambasa , Alimbongo, Matembe, Kaseghe, Bwatsinge, Mighobwe, Kirumba, Kayna, Bulotwa, Kanyabayanga, Luofu, Miriki, Kamandi, Bingi, plusieurs maisons ont été incendiées. Dans la cité de Kirumba, quatre maisons ont été brûlées, dans la nuit du vendredi au samedi 08/05/2010 à 2h00 du matin au quartier Kibakuli. Dans la nuit du samedi 8/05, c’était le tour le tour du quartier Kasando, toujours dans la cité de Kirumba où deux autres maisons ont été incendiées. Pendant qu’ils incendiaient les maisons précitées, les assaillants se moquaient de victimes en leur disant de faire appel au député national Bonane pour qu’il vienne les sauver.
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Le Dimanche, 09/05/2010 toujours au sud de Lubero, Mr Nzilamba, Agent de l’OXFAM, a été agressé en pleine journée et dépouille de tout ce qu’il avait sur lui, dont 40$, un poste de radio marque Sonitek, etc.
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Ailleurs sur le tronçon Kamandi, Kikuvu, Kirumba, plusieurs attaques et pillages ont été signalés au point que les habitants du milieu disent adieu chaque fois qu’ils quittent leur maison pour aller au champ ou au marché. Ainsi chaque sortie de la maison est-elle devenue un adieu possible ! Voir les siens revenir sains et saufs du champ relève aujourd’hui d’un miracle et procure une immense joie.
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Les faits macabres ci-haut énumérés démontrent que l’Est du pays est sous une occupation militaire par le Rwanda et l’Ouganda. On n’a pas besoin d’attendre que quelqu’un vienne de New York, de Paris, ou de Bruxelles, pour le dire pour que l’occupation militaire soit avérée. Nous mettons au défi les Juristes et les politologues congolais ! Selon le règlement de La Haye de 1907, « un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie ». Dans son dictionnaire, le professeur Basdevant précise que l’occupation est un « terme employé pour désigner la présence de forces militaires d’un État sur le territoire d’un autre État, sans que ce territoire cesse de faire partie de celui-ci ».[1]
Les deux définitions ci-haut de l’occupation militaire cadrent bien avec la situation qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et Orientale.
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Les Assassinats des civils et autres violations des droits humains perpétrés par les Fardc est une des preuves de cette occupation militaire que les perroquets politiques congolais essaient de camoufler aux yeux des civils par des slogans creux et des euphémismes tels « Umoja Wetu », « Amani Leo », etc. Pour les populations civiles, il n’y a pas encore de signe d’unité (Umoja), de paix (Amani) au Sud de Lubero, à Beni, Boga, Kamango, Kibotoko, au Masisi, Mwenga, Dungu, Kibosho, etc. Par contre, pour ces populations souffrantes, la soi-disant guerre aux FDLR qui menaceraient la securité du Rwanda n’était qu’un alibi pour conquérir le Kivu. Depuis que cet alibi a permis l’entrée des troupes rwandaises au Kivu, les populations congolaises n’ont plus de répit et elles découvrent à leurs dépens que c’est elles les cibles des troupes rwandaises.
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On constate aussi un silence complice de la part des internationaux venus au Congo pour empêcher, disaient-ils, que les Hutu FDLR ne tuent leurs compatriotes Tutsi sur la terre congolaise. Mais la réalité sur terrain est que les victimes actuelles ne sont ni Hutu ni Tutsi, mais congolaises. Les tueurs devenus Tutsi ou tout simplement rwandais, personne ne les dénonce! Les congolais n’ont pas de défenseur dans la cour des grands, la plupart des élus congolais, politiciens de carrière, ayant préféré la collaboration avec l’occupant à la défense de l’intérêt supérieur de la nation !
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La Monuc qui sonnait des fausses alertes à chaque fois qu’un rwandophone tombait malade, a choisi d’adopter un profil bas maintenant que les civils congolais sont égorgés comme des chèvres par les Fardc. Pour montrer pour quelle mission la Monuc était déployée au Kivu, la Monuc a choisi la recrudescence des tueries des congolais pour commencer son retrait du pays. Pour accompagner cette occupation militaire sournoise de l’Est de la RDC, le gouvernement central ainsi que les gouvernements des provinces précitées, laissent massacrer les populations civiles par les occupants armés. Pour ajouter l’injure à la blessure, les gouvernants congolais utilisent leurs medias pour dire que la paix est revenue sur toute l’étendue du territoire national. Seuls quelques députés continuent la lutte au parlement national.
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Dans les entreprises publiques, les remplacements des cadres congolais se font hors micro. Les congolais remplacés et mis sur la liste d’attente d’une nouvelle affectation, ont eux aussi reçu la consigne de ne pas grogner car malheur pourrait leur arriver.
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Bref, on peut dire sans peur de se tromper qu’aujourd’hui 4 provinces de la R.D. Congo sont sous occupation militaire rwando-ougandaise. Pour maquiller cette occupation militaire les autorités administratives restent en place à condition qu’ils répètent comme des perroquets ce que les nouveaux maîtres leur demandent de dire. Que les occupants tuent leurs cousins et leurs frères, ces perroquets politiques répètent le même refrain : « la paix règne au Kivu ». Que les occupants brûlent leurs maisons, les perroquets politiques répètent toujours le même refrain: « la paix règne au Kivu ».
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Assurée de cette fidélité des perroquets congolais, du silence de la communauté internationale représentée au Congo par la Monuc, les occupants s’adonnent à une épuration ethnique dans les 4 provinces précitées. Les évêques catholiques de la R.D.Congo ont déjà parlé d’un « génocide silencieux » dans leur déclaration « La R.D. Congo pleure ses enfants, elle est inconsolable ( cf, Mt 2, 18) publiée à Kinshasa le 13 novembre 2008. Aujourd’hui, le génocide congolais n’est plus silencieux. Il est public ! Ce qui manque c’est le courage des congolais pour le dénoncer et l’arrêter.
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Il est dommage que les congolais continuent de penser que la Monuc peut servir à quelque chose. En dix ans, la Monuc n’a fait que faciliter malignement la balkanisation de la R.D. Congo. Les preuves sont multiples. Chaque fois que l’armée congolaise repoussait les miliciens du CNDP, la Monuc s’interposait pour imposer un cesser le feu suivi du dialogue. Pendant le dialogue, Kinshasa rappelait pour consultation l’officier militaire qui avait montré ses preuves au front contre le CNDP. Cette consultation devenait par la suite une mutation et quelques fois une mort mystérieuse. Ce qui se vit aujourd’hui au Congo démontre où la Monuc et Kinshasa voulaient amener le Congo. Aujourd’hui, quand les sociétés civiles des provinces martyres demandent que les militaires coupables de tueries soient traduits en justice et mutés de l’Est du pays, on leur dit que le temps de la mutation est révolu. Par contre les mêmes FDLR qui ont servi d’alibi pour céder l’Est du pays au Rwanda sont délocalisés en catimini du Kivu vers l’Ouest et le Sud du pays. Et si le même alibi des FDLR produisait les mêmes effets à l’Ouest qu’à l’Est, qui serait à plaindre sinon le congolais lui-même?
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Comme le dit si bien un personnage du théâtre de Bernard Dadié sur Dona Béatrice, la Jeanne d’Arc Congolaise : «Votre ennemi c’est votre roi. Votre ennemi le plus dangereux… votre roi, Dom Carlos 1er ».
Ainsi les ennemis les plus dangereux du peuple congolais ce sont les « Kasuku » ou perroquets politiques congolais ! Les ennemis extérieurs qui sont aussi à plaindre, exploitent ou favorisent cette faille interne. Ainsi, vouloir en ce temps précis jeter son dévolu sur la même Monuc, c’est comme se jeter dans le fleuve en fuyant la pluie. La conséquence immédiate d’un tel acte insensé, c’est la noyade, la mort subite.
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©Beni-Lubero Online


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation

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