Joseph Kabila s’en va-t-en guerre contre les populations congolaises

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Les retombées du défilé militaire du 17 mai à Kinshasa doivent faire peur aux populations du Congo en général et du Kivu en particulier. En effet, l’armement déployé sur le boulevard triomphal a montré une fois de plus la mauvaise volonté de Joseph Kabila qui livre le Kivu à ses frères rwandais, car, si tel n’était pas le cas, cet armement moderne aurait déjà été déployé à Sake, Rutshuru, Masisi, Jomba pour dissuader les tortionnaires des brigades mixées de Nkunda. La promenade des armes sophistiquées dans les rues paisibles de Kinshasa donne ainsi raison aux congolais qui soutiennent que Joseph Kabila ne fait la guerre qu’aux congolais mais jamais contre ses frères rwandais, quels que soient leurs crimes notoires. Depuis qu’il est au pouvoir, Joseph Kabila ne s’est battu qu’au Bas-Congo contre les militants de BDK et en pleine de Kinshasa contre les milices de Jean-Pierre Bemba. Jamais il ne s’est battu au Kivu ou en Ituri. Avant les élections, il avait réussi à tromper les Kivutiens et les Ituriens en leur disant qu’après les élections personne n’oserait saboter l’état de droit au Congo. Mais cela n’était qu’une belle parole de campagne. Après les élections, l’impunité a élu domicile au Kivu avec l’aide des émissaires de Joseph Kabila. C’est désormais connu que Joseph Kabila est l’ennemi numéro un du Kivu et de la R.D. Congo. Les populations de l’Est du Congo qui l’ont élu massivement sont les grands perdants des élections de 2006. Elles s’étaient trompées lamentablement de candidat.
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Dans son discours du 17 mai, en dépit de la grogne au sein de la population contre l’action de son gouvernement, Joseph Kabila n’a trouvé que l’exhortation à la patience et au travail comme solution à la crise qui gangrène le tissu socio-économique du Congo. A des congolais qui sont déjà patients depuis le règne sans partage de Mobutu, Joseph Kabila administre plus de patience. Si les congolais ont une vertu, c’est certainement celle de la patience. Le discours du 17 Mai a ainsi forcé une porte ouverte. C’est aussi le cas de son exhortation au travail. Les congolais sont travailleurs, courageux, car, si tel n’était pas le cas, ils seraient tous morts. Ce que les congolais demandent ce sont les conditions de vie favorables au travail telles la sécurité des personnes et de leurs biens, la justice, la lutte contre la corruption, etc. Joseph Kabila n’a donc rien dit au peuple congolais de vrais raisons de la crise actuelle, lesquelles raisons sont dans tous les medias et dans tous les forums des congolais, au point qu’on se demande s’il est au courant de ce que pense le peuple congolais.
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S’agissant par exemple de l’insécurité qui empêche les congolais de vaquer paisiblement à leurs occupations, on s’est étonné que par exemple le mot insécurité soit absent de son discours. Parlant du Kivu ou des massacres des populations se commettent au quotidien, Joseph Kabila s’est contenté de parler de « tensions » au Kivu et à mettre en garde non les rebelles de Nkunda mais les « séparatistes », entendez par là ceux qui s’opposent à ses frères rwandais. Jamais le nom de l’homme par qui le malheur du Nord-Kivu est arrivé, à savoir, Nkunda, n’est sorti de sa bouche. Au contraire, ce sont les populations kivutiennes qui sont en faute et qui doivent s’amender.
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Le conseil de Ministre d’hier 18 mai, si l’on en croit le compte rendu publié ce matin par le Potentiel, a pris une allure de guerre contre les populations congolaises qui ne veulent pas se soumettre à la dictature kabiliste. Le ton du compte rendu est sec et sévère. Ainsi, contre toute attente, le dossier Kahemba est déclaré clos. L’Angola est acquitté et l’heure est à l’amitié légendaire entre le Congo et l’Angola. On comprend pourquoi le rapport de l’Assemblée Nationale était en souffrance pendant plusieurs semaines. Une fois, la rumeur a circulé que ce rapport était disparu miraculeusement du secrétariat de la Commission… Avant qu’il ne soit pas débattu en plénière, le Gouvernement clos le dossier se fondant sur base des experts en la matière. Partant du principe de l’indépendance des Institutions de la République, tout le monde attend savoir les conclusions du huis clos de l’Assemblée Nationale.
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Désormais la population de Kahemba est donc dans le collimateur du Gouvernement qui se voit pour la première fois invité au chapitre depuis le début du feuilleton de l’occupation angolaise. En effet le Conseil des Ministres se propose d’associer les populations locales par la voie des assemblées provinciales, à la garde de 9000 km de frontière. Pourtant, dans un état démocratique, c’est par la qu’il fallait commencer. Mais comme la R.D. Congo n’est pas une démocratie, la vérité vient du sommet de la pyramide. Le rapport des députés du Kwango, et celui de la société civile de Kahemba, qui persistent et signent que l’Angola occupe des villages congolais est ainsi rendu nulle et sans effet. Comme dans toute histoire d’annexion d’un territoire (Cas de l’Allemagne et de la Russie au 19 ième siècle), les états annexionnistes cachent leurs ambitions par ce qu’on appelle « frontière scientifique » que la populace ne peut contredire. L’histoire se répète à Kahemba où la science est manipulée pour couvrir les intérêts machiavéliques des hommes au pouvoir.
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L’affaire BDK du Bas-Congo est traitée selon la même logique. La faute est à la secte religieuse de BDK. Le ministre de la Justice doit sévir contre les sectes religieuses du Congo, au besoin leur retirer la personnalité juridique. Du coup la responsabilité du Gouvernement de Kinshasa est occultée et il n’est pas impossible que les quelques coupables qui seront inculpés ne subissent qu’une parodie de justice avant de recouvrer leur liberté. Mais les sectaires doivent prendre au sérieux cet avertissement car s’ils sont inculpés, ils ne s’en sortiront pas avant de payer le dernier sous !
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L’insécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu est mise sur le dos des populations. En effet, pour mettre fin à la crise qui sévit dans la région, ce que le gouvernement propose c’est une table ronde entre les forces vives de ces deux provinces. Pendant que même les enfants de 10 ans savent que la cause de l’insécurité s’appelle Nkunda qui a fait entrer au Kivu des militaires rwandais et ougandais pour occuper militairement la région au profit du Rwanda et de l’Ouganda, un fait reconnu par William Swing patron de la Monuc, le gouvernement de Kinshasa, sans froid aux yeux, propose une table ronde et des Barza communautaires pour résoudre la crise au Kivu. Dans le même rapport, il est dit que cette table ronde doit aboutir à la relance du DDRR et à la fin du mixage…
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Cette proposition est une insulte aux populations souffrantes du Kivu. Sachant que le mixage est déjà terminé, que les soldats rwandais, ougandais, et des mercenaires sont déjà en place au Kivu pour sécuriser les sites d’exploitation des ressources naturelles au profit des multinationales et des nations puissantes, Kinshasa doit exécuter la dernière partie de son contrat comme l’a réclamé Nkunda au micro d’un journaliste de Goma suspendu pour avoir passer cette interview à la RTNC. Cette dernière partie du contrat de Joseph Kabila c’est de convaincre les populations du Kivu d’accepter l’occupation de ses terres par les rwandais.  Ceci n’est pas un fait nouveau. L’agression du Congo depuis 2001, est l’œuvre de Joseph Kabila qui bloque la machine militaire du pays de bouter l’ennemi du Congo dehors. Aussi, la résistance kivutienne initiée par Mzee LDK est en souffrance sous Joseph Kabila. Ce que Nkunda a réclamé la semaine dernière en disant que Kinshasa n’avait pas tenu à ses promesses, c’est ce que le Gouvernement veut lui offrir comme sur un plateau, en lui offrant les têtes des ténors des forces vives et des résistants qui, ayant tiré toutes les conséquence de la trahison et de Kinshasa et de la Monuc, n’attendraient plus rien de Kinshasa et de la Monuc.
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La population du Kivu, et non les rebelles mixés de Nkunda, est ainsi la cible du Gouvernement de Joseph Kabila. Les méthodes d’intimidation que Kinshasa a appliquées à Kinshasa pour forcer les députés nationaux, députés provinciaux, ministres, et chefs coutumiers à taire l’occupation de Kahemba risquent d’être utilisées au Kivu pour obliger les forces vives du Kivu à accepter la présence sur son terrain des soldats rwandais et ougandais, sous prétexte de privilégier la paix. En amenant les forces vives du Kivu ensemble, Kinshasa voudrait en épingler les meneurs qui lui résistent ou lui échappent encore et qui seront probablement intimidés ou mis devant le choix de la collaboration ou de la mort. Cette étape était prévisible après les menaces que Kinshasa aurait adressées aux gouverneurs du Sud-Kivu et du Nord-Kivu au début de leur mandat. Ces deux chefs de l’exécutif du Kivu devaient se taire sous peine de perdre leur vie. Il en était de même pour les commandants de régions militaires qui n’ont pas hésité à dire hors micro qu’ils n’agissaient pas contre les brigades mixées pour sauver leur vie.
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La proposition de la table ronde ou barza communautaire est ainsi le signe parlant de l’échec des élections de 2006. Les institutions issues des élections sont en place mais Joseph Kabila les contourne pour gérer le pays en cavalier. Cela s’appelle dictature ou pouvoir autocratique. Depuis les accords signés entre Kinshasa et Nkunda, on n’a vu comment Joseph Kabila a craché sur l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu en l’ignorant complètement. En décrétant la table ronde, les assemblées provinciales ainsi que les gouvernements du Nord et du Sud-Kivu sont réduits à néant. Comme conséquence de cette prise en otage des institutions issues des élections, on va assister à la gestion de la crise du Kivu par des émissaires de Joseph Kabila comme John Numbi, Pierre Numbi, Vital Kamerhe, Mbusa Nyamwisi, Dunia, etc.
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Et pourtant , les forces vives du Kivu ont fait des bonnes propositions pour résoudre l’insécurité au Kivu, à savoir, déplacer les brigades mixées dans des provinces loin des frontières rwandaises et ougandaises, nommer au Kivu les généraux qui ont déjà démontré leur détermination à garder les frontières contres les agressions intempestives des armées rwandaises et ougandaises, traduire en justice tous les chefs rebelles et miliciens qui sèment mort et désolation dans la région, laisser aux membres des gouvernements provinciaux et des assemblées provinciales de faire leur travail en faveur de leurs électeurs, etc.
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La question ethnique que la fameuse table ronde présuppose, remet ainsi en selle un faux débat qui a servi depuis le début de l’agression du Congo de fond de commerce aux agresseurs rwando-ougandais. Le climat de paix qui a régné au Kivu pendant les élections, l’intégration de toutes des toutes les tribus dans les bureaux des assembles provinciales était un signal fort que le Nord et le Sud-Kivu avaient découvert le mensonge de l’alibi ethnique dont l’ennemi du Congo s’est toujours servi pour avancer sa cause d’occupation et de pillage des ressources naturelles.
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La complicité de Kinshasa n’étant plus à démontrer dans la situation actuelle du Kivu, la balle est dans le camp des forces vives du Kivu. Il serait fatal aux kivutiens d’accepter la solution à la Kahemba, c’est-à-dire, la solution du guide éclairé, la solution scientifique des experts, une solution qui tombe d’en haut sans écouter la base.
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Une fois de plus, les conditions sont favorables à la réalisation de la prophétie de Mzee LDK : La guerre sera longue et populaire ! Les politiciens et les militaires s’étant montrés corruptibles et peureux, des leaders charismatiques doivent naitre du milieu du peuple pour conduire le peuple congolais à se libérer du joug des agresseurs. Joseph Kabila s’oriente petit à petit vers le face à face avec ce peuple qui l’a élu mais qui parait aujourd’hui être le cadet des soucis de l’action de son gouvernement !
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Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online

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