L’occupation rwandaise s’apprête-t-elle à sortir de sa clandestinité à Eringeti ?

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L’agglomération d’Eringeti située à 50 Km au Nord de la ville de Beni, dans le Groupement de Babumba-Kisiki, Secteur de Beni-Mbau, est certes militairement occupée depuis longtemps, mais depuis le début de ce mois de juillet 2011, des signes d’une officialisation de son occupation rwandaise s’accumulent selon plusieurs observateurs. Dans cet article, notre but est de situer les derniers développements de la situation d’Eringeti dans la géopolitique régionale récente, étayer ce que nous appelons « sortie de l’occupation rwandaise de sa clandestinité », et démontrer qu’en fait, ce qu’on appelle ADF-NALU n’est qu’en réalité une branche armée du CNDP pour boucler l’occupation du Territoire de Beni.

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En 1996, plusieurs opposants au régime de Yoweri Museveni de l’Ouganda issus de tous les anciens régimes déchus de Kampala créèrent l’ADF ( Allied Democratic Forces = Alliance des Forces Démocratiques) une fusion de l’opposition de l’ethnie Baganda ADM ( Allied Democratic Movement = Alliance du Mouvement Démocratique), le NALU ( National Army for the Liberation of Uganda = Armée Nationale pour la Libération de l’Ouganda) crée en 1988 par les partisans de l’ancien président ougandais ID AMIN DADA ( 1925-2003), et UMLA (Uganda Muslim Liberation Army (Armée Musulmane pour la libération de l’Uganda) créée en 1996. Les combattants de ces rebellions ougandaises se cachaient sur le flanc ougandais du Mont Ruwenzori. A la suite des attaques de l’armée de Museveni, les combattants de l’ADF trouvèrent refuge sur le flanc congolais du Mont Ruwenzori, créant une insécurité dans le secteur de Mutwanga, Batalinga, Lume, Kasindi, etc. Certains congolais tel le colonel KAKOLELE du CNDP doivent leur entrée en politique à leur service rendu au régime de Mobutu comme experts ou agents secrets sur les exactions des NALU et par après de l’ADF sur les populations congolaises.

Lors de l’invasion rwandaise du Zaïre en août 1996, l’Ouganda expliqua sa participation à l’invasion armée du Zaïre comme un droit de poursuite des rebelles ougandais qui menaçaient la securité de l’Ouganda à partir du territoire congolais. Le Rwanda et le Burundi expliquèrent de la même manière leur invasion militaire du Zaïre. L’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre) servit de pont aux armées du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda dans cette invasion aux prétextes sécuritaires. Derrière la mission politique de l’AFDL, à savoir, la démocratisation du Zaïre, les armées du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda utilisèrent les troupes de l’AFDL pour nettoyer, au vrai sens du terme, l’Est de la RDC de rebelles rwandais (Interahamwe, Ex-FAR), Burundais (FDD, CNDD), Ougandais (ADF). 

Selon tous les experts et analystes de cette invasion du Zaïre tels le belge Filip Reytjens, le français Gérard Prunier, le franco-camerounais Charles ONANA, et l’américain Wayne Madsen, pour ne citer que ceux-là, les prétextes sécuritaires du Burundi furent résolus en septembre 1996 avec le démantèlement des camps FDD et CNDD au Sud- Kivu, ceux du Rwanda en octobre-novembre 1996 avec le démantèlement des camps des refugiés rwandais au Sud-Kivu et au Nord-Kivu, et ceux de l’Ouganda en décembre 1996 et janvier 1997 avec la chute entre les mains de l’AFDL de Beni et de Bunia d’où opéraient les états majors de l’ADF. Mais le constat est que le Rwanda et l’Ouganda n’ont jamais quitté la RDC.  Leurs prétextes sécuritaires n’étaient donc que des cache-sexes qui couvraient mal une occupation et un pillage des ressources minières de la RDC qui n’étaient qu’à leurs débuts. 

Le régime de Mobutu et celui de Mzee LDK ont à leur manière dénoncé le mensonge sécuritaire du Rwanda, du Burundi, et de l’Ouganda en les qualifiant d’agresseurs de l’intégrité territoriale de la RDC.

L’ONU quant à elle se distingue depuis le début de ce conflit comme accompagnatrice des grandes puissances et des multinationales dans leur mise sous tutelle et exploitation des richesses de la RDC. Sous les missions de lONU en RDC, le nombre des victimes congolaises est passé de 250 000 à 8 000 000. L’occupation rwandaise de l’Est de la RDC se réalise aujourd’hui sous l’observation de la mission onusienne appelée Monusco. Bref, les bonnes lois de la charte de l’ONU ne s’appliquent pas au Congo. 

Depuis 2006, le régime de Joseph Kabila ne dénonce ni ne se bat contre cette agression rwando-burundo-ougandaise de la RDC. Les analystes congolais l’accusent ainsi de complice de l’occupation rwandaise de la RDC. Depuis 2006, les prétextes sécuritaires du Rwanda et de l’Ouganda résolus en 1996/1997 ont été remis en selles pour préparer non pas une nouvelle invasion de la RDC mais pour passer à une autre étape, celle de l’occupation effective de la RDC après un déplacement forcé ou un génocide des populations congolaises locales. Cette occupation rwandaise est camouflée au Sud-Kivu par un semblant de guerre contre les FDLR, celle de Beni-Lubero par un semblant de guerre contre l’ADF, et celle de la Province Orientale par un semblant de guerre contre le LRA. La réalité est que ces fantômes des rebellions étrangères ne s’attaquent plus aux pays de leurs origines que sont le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, mais plutôt aux populations congolaises. L’objectif des attaques de ces rebellions fantômes semble bien la création à l’Est de la RDC d’un nouveau pays par un transfert des populations rwandophones du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda sous une main de fer des extrémistes Hima-Tutsi de la Région des Grands Lacs. 

Il apparait ainsi aux yeux de plusieurs observateurs que les FDLR, ADF, LRA tuent les congolais pour s’accaparer de l’Est de la RDC. Au Sud de Lubero, les Interahamwe rwandais que la MONUC avaient rapatriés dans le temps, sont de retour comme retournés du Rwanda. Ils viennent de s’enrôler comme congolais pour les prochaines élections en RDC.

Ainsi toutes les fausses alertes de guerres imminentes entre le Rwanda et l’Ouganda, le Rwanda et les rebelles de Nyamwasa, les ADF/NALU et les Fardc, les Fardc contre FDLR, les Fardc/Monusco contre les LRA, etc. sont des belles affiches d’opérations militaires contre les populations congolaises, pour les exterminer et délocaliser les survivants de la région qui accueillerait par la suite les populations rwandophones en provenance du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi, et de la Tanzanie. 

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la situation actuelle d’Eringeti à la frontière de la Province du Nord-Kivu avec la Province Orientale.  

A partir de juin 2010, le gouvernement congolais avait lancé les « Opérations Ruwenzori » contre les soi-disant rebelles ougandais ADF-NALU qui n’existent plus dans la région depuis 1996. Peu avant le lancement des Opérations Rwenzori, la société civile de Beni avait dénoncé sans succès l’infiltration massive des inconnus armés en provenance de l’Ouganda. Ils traversaient la frontière contrôlée par le CNDP sans se faire inquiéter avant de disparaitre dans les brousses et forêts congolaises. Quelques mois après, le gouvernement congolais et la Monuc/Monusco ont fait réapparaitre les ADF-NALU avec leur cohorte d’attaques et d’exactions contre les populations congolaises. 

Pendant une année des Opérations Ruwenzori, les populations locales n’ont jamais perçu une volonté réelle de nettoyer la région de ces fantômes des rebelles ougandais. En effet, on n’a jamais vu un déploiement massif ou une rotation des militaires au front comme c’est le cas au front d’une vraie guerre. Ce que l’on sait est que le lancement tambour battant des Opérations Ruwenzori avait correspondu au déploiement dans la région des militaires du CNDP, un mouvement rebelle haï par la population locale qui lui résiste depuis sa création pour ses tueries des civils congolais, ses viols des femmes, et son favoritisme des rwandais dans le Masisi, Rutshuru. La souffrance de la population aux mains de soi-disant rebelles ADF-NALU avait ainsi servi de choc pour l’acceptation du déploiement du CNDP en territoire de Beni. Une fois cet objectif était acquis, la guerre contre les ADF-NALU était finie mais pas les exactions des ADF-NALU contre les populations civiles congolaises. Au plus fort des opérations Ruwenzori, on a entendu l’armée du CNDP qu’on appelle communément armée congolaise  dire qu’elle était mal armée pour combattre l’ADF/NALU. Plusieurs corps des victimes congolaises, cas de Mamundioma en 2010, n’ont jamais connu de sépulture parce que le commandement de l’armée du CNDP et de la Monusco disait ne pas être capable militairement d’atteindre la localité de Mamundioma pour libérer les cadavres des civils et policiers congolais, la force militaire des ADF-NALU étant redoutée supérieure à celle de l’armée du CNDP et de la Monusco. La population locale s’attendait à l’arrivée d’un renfort militaire en hommes et en équipement. Mais tel n’était pas le cas. Les troupes et leur équipement militaire dernier cru étaient massés pour des défilés militaires à Kinshasa et à Lubumbashi. Les déplacés congolais sans aucune assistance nationale et internationale ne pouvaient pas retourner dans leurs champs. On avait assisté à une cohabitation de fait entre les soi-disant rebelles ougandais de l’ADF-NALU dans les régions agricoles abandonnées par les congolais devenus des déplacés de guerre, et l’armée du CNDP dans les grandes agglomérations, cités et ville du Territoire de Beni. La violence contre les populations congolaises n’a jamais, quant à elle, pris fin. Dans les champs, cette violence est attribuée aux ADF-NALU et dans les cités et ville aux militaires congolais. Les populations congolaises se trouvaient et se trouvent toujours entre le marteau et l’enclume.

Pendant toute une année, les congolais déplacés à la suite des Opérations Ruwenzori n’ont jamais été une préoccupation du gouvernement congolais ni de la Monusco, encore moins des Humanitaires internationaux en villégiature dans la région. Evidemment une poignée des congolais bardés de diplômes et des longs CV profitent de la présence de ces Humanitaires qui compilent des rapports qu’ils envoient à ceux qui les financent et qui sont les cerveaux moteurs de l’occupation suivie de la balkanisation de la RDC. En effet, si tel n’était pas le cas, la quantité des rapports des ONG et de la Société Civile sur les 8 millions des morts, x millions des blessés, des déplacés, etc. aurait déjà provoqué un début de compassion internationale à l’égard des congolais. Tel n’est pas le cas et la sphère décisionnelle du monde reste sourde aux cris d’alarme des congolais. 

Au contraire, le gouvernement congolais, la Monusco, les humanitaires internationaux sont aux petits soins des envahisseurs en provenance du Rwanda, et de l’Ouganda qu’on appelle par euphémisme «  retournés du Rwanda », « refugiés congolais », etc. Pendant que les congolais sont tués, violés, pillés de tous leurs biens, le trio composé du gouvernement congolais, Monusco, Humanitaires internationaux, organise des séminaires sur l’accueil de ces « retournés du Rwanda » dans un pays qu’il appelle « post-conflit ». Pour ce trio le conflit congolais est fini depuis le jour que le CNDP a pris possession de la région qu’il convoitait. Les tueries des congolais sont ainsi des simples opérations de nettoyage d’une terre conquise. 

Pendant que les ONG congolaises locales passaient leur temps dans des séminaires post-conflit, des camions des ONG internationales transportaient nuitamment les « retournés du Rwanda » vers les destinations figurant sur une carte établie par le HCR/PNUD. Eringeti est l’une des ces destinations appelées aussi zones d’accueil. 

On constate aussi que l’action du gouvernement dans le cadre des 5 chantiers s’est concentrée dans ces zones d’accueil des retournés. Les destinataires de ces œuvres étaient plus les retournés que les congolais, n’en déplaisent aux « vuvuzelateurs » de 5 chantiers. 

Depuis janvier 2011, les localités d’Eringeti et environ ont vu débarquer des milliers des retournés du Rwanda qui se disaient tantôt originaires de Masisi, de Goma, ou de Rutshuru, etc. Les terres sous la coupe des soi-disant rebelles ougandais ADF/NALU et abandonnées par les paysans congolais sont celles qui ont accueilli ces retourné du Rwanda. Curieusement, les soi-disant rebelles ougandais ADF/NALU n’attaquent pas les soi-disant « retournés du Rwanda «  comme ils attaquaient les congolais. 

La révision du fichier électoral avait été annoncée pour le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Province Orientale une fois que le transfert des retournés du Rwanda vers les zones d’accueil du HCR/PNUD était accompli ou était devenu une routine n’attirant plus la curiosité des congolais. Plusieurs témoignages existent sur l’enrôlement en 100% de ces retournés du Rwanda pendant que les congolais parcouraient 50 Km à pieds pour atteindre un centre d’enrôlement. Dans les régions plus hostiles aux retournés, des camions des ONG internationales assuraient le déplacement des retournés vers les centres d’enrôlement situés dans les grandes villes, et de fois à une distance de plus de 250 Km. C’est le cas des retournés de Luofu partis s’enrôler à Goma. La sollicitude particulière des ONG internationales à l’égard des retournés du Rwanda n’est donc plus à démontrer. 

Depuis trois semaines, le Médecin Directeur de l’Hôpital d’Oïcha a été enlevé par des ravisseurs en tenue militaire de l’armée congolaise (armée du CNDP) pour aller soigner dans la brousse ces soi-disant rebelles ougandais ADF/NALU. Cet enlèvement est un parfait exemple de la collaboration de l’armée du CNDP avec les soi-disant ADF/NALU. En ville ils sont Fardc et brousse, ils sont ADF-NALU. Mais toujours pour la même mission : harcelée la population congolaise jusqu’à le soumettre au diktat des envahisseurs. Les sources non-confirmées rapportent que le Médecin enlevé est aux petits soins des retournés du Rwanda qu’on ne peut pas encore hospitalisés parmi les congolais. 

Depuis Avril 2011, les populations congolaises des grandes agglomérations d’Eringeti et environs ont assisté à une recrudescence de l’insécurité traduit en termes des pillages nocturnes, des viols des femmes, et des tracasseries de toutes sortes de la part des militaires du CNDP. Plusieurs policiers et militaires congolais d’origine qui sont sous le commandement des officiers issus du CNDP ont vu l’insécurité grandissante dans la région les frapper au même titre que les civils congolais. Plusieurs d’entre eux ne cachent pas jusqu’à nos jours leur inquiétude. 

Depuis le début de ce mois de juillet 2011, les agglomérations d’Eringeti et environs assistent au déploiement des militaires rwandophones dont la caractéristique principale est l’indiscipline, les tracasseries des civils, etc. Ces militaires rwandophones avaient sans tarder commencé à qualifier tous les congolais de la région des rebelles ADF-NALU ou des complices des ADF-NALU pour justifier les extorsions d’argent, les pillages des biens, l’occupation des maisons inachevées ou abandonnées par les déplacés congolais, etc. 

Le dimanche 17 juillet 2011, des tracts attribués aux soi-disant rebelles ougandais ADF-NALU ont fait suite aux propos ci-dessous, en qualifiant les habitants d’Eringeti de beaux-parents, beaux frères, belles sœurs des rebelles ougandais ADF-NALU et en annonςant une guerre contre l’armée congolaise non plus dans les champs mais cette-fois ci dans les centres des agglomérations, les cités et ville du Territoire de Beni. 

Vues les menaces, tenant compte du déploiement des militaires rwandophones dans la localité d’Eringeti, vue l’inquiétude des militaires et policiers congolais d’origine, les congolais, en commençant par les femmes et les enfants, fuient Eringeti et ses environs depuis mardi 19 juillet 2011. Ils abandonnent tous leurs biens derrière eux et se dirigent vers Oïcha (le Chef-lieu du Territoire de Beni), Luna, Ndalia, Otomabere et Komanda (en Territoire d’Irumu dans la Province Orientale voisine).

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Pour les observateurs, il apparait clairement que les soi-disant ADF-NALU est une branche armée du CNDP aujourd’hui intégré ou mixé aux Fardc et dont la mission semble être celle de sévir sur les populations congolaises jusqu’à les délocaliser par force, les faire prendre le chemin de l’exil, et abandonner la région aux envahisseurs rwandais. Cette lecture de la situation est celle qui est répandue dans la région au point que parler d’une attaque des ADF-NALU contre les FARDC c’est parler d’une attaque de la coalition ADF-NALU/CNDP/FARDC contre les civils congolais, mais aussi contre les policiers et les militaires congolais d’origine. Depuis le lancement des opérations Ruwenzori, les policiers et les militaires congolais d’origine constatent qu’il n’y a que leurs semblables qui tombent au front. D’où leur inquiétude. L’annonce fait par les tracts d’une attaque au centre d’Eringeti est perçue comme une annonce de la fin de la clandestinité des ADF-NALU et des envahisseurs rwandais dans la zone d’accueil d’Eringeti. En effet, pourquoi continueraient-ils à se cacher si, depuis la révision du fichier électoral, ils sont détenteurs des cartes d’électeurs, c’est-à-dire des cartes d’identité congolaise. L’enrôlement en 100% de retournés du Rwanda est révélateur du projet de délocalisation forcée des congolais qui peut intervenir avant la tenue des élections prochaines en RDC. Ainsi donc, le nettoyage du fichier électoral à Kinshasa est une moquerie de mauvais goût de la part de la CENI qui couvre cette grande mascarade de l’histoire de la RDC. Les partis politiques devaient exiger l’affichage des listes électorales dans chaque centre d’enrôlement avant le transfert des listes vers Kinshasa. Le nettoyage du fichier électoral devait donc se faire localement par les représentants des partis politiques, des chefs coutumiers, de la société civile, des confessions religieuses, et de la CENI. 

Sur place à Eringeti, les populations congolaises craignent le pire. La présence des militaires rwandophones, celle des retournés du Rwanda qui occupent les champs abandonnés par les déplacés congolais, plus l’annonce d’une attaque des ADF-NALU, signifient pour la population congolaise locale un début d’officialisation de l’occupation rwandaise d’Eringeti. 

En même temps, le Rwanda a annoncé la fin des accords du CEPGL dont une des clauses est la circulation libre des personnes et des biens entre les pays membres, c’est-à-dire le Rwanda, le Burundi, et la RDC. D’après l’annonce de Kigali, désormais il faudra un visa aux congolais pour entrer et vivre au Rwanda. Pour les observateurs, ce visa risque de ne concerner que les populations civiles car l’armée du Rwanda, qu’on appelle dans la région, une armée sans frontières (ASF en sigle) ne court aucun risque d’être soumise à cette obligation de visa. Selon certains retournés du Rwanda, ils n’étaient pas partis de leur gré du Rwanda mais forcés par le régime de Kigali. Ainsi donc, la crainte de Kigali est que, devant les difficultés d’adaptation à la mission d’occupation de la RDC, certains rwandais ne cherchent à retourner au Rwanda. Certains ont déjà entrepris de telles démarches auprès de la MONUC/Monusco. 

Le fait que le gouvernement congolais n’ait pas réagit à cette obligation de visa pour entrer et vivre au Rwanda, ne surprend personne. Il n’est pas impossible que cette obligation de visa soit en sens unique, c’est-à-dire, un visa pour tout congolais entrant au Rwanda mais pas de visa pour tout rwandais entrant au Congo. 

La situation d’Eringeti qui n’est qu’un iceberg de ce qui se trame contre la RDC interpelle tout congolais. La survie de la RDC ne viendra pas du gouvernement actuel, ni de la Monusco/ONU, des ONG internationales qui sont complices du dépiècement de la RDC mais des congolais, de chaque congolais. Le temps de la révolution du peuple congolais a sonné ! Le peuple congolais n’a plus d’autre choix. Il a essayé toutes les voies lui offertes par l’extérieur pour se retrouver à chaque fois le dindon de la farce ! A ce stade de la révolution populaire qui apparaît comme la seule alternative, les congolais, en commençant par ceux de Beni-Lubero, doivent dénoncer toute distraction d’où qu’elle vienne et s’organiser dans chaque village, cité, ville, et dans la diaspora pour sauver Eringeti et la RDC de sa mort programmée par ceux-là mêmes qui posent aujourd’hui comme ses sauveurs. Les congolais n’ont pas besoin d’autre sauveur qu’eux-mêmes. Ils sont eux-mêmes les sauveurs qu’ils attendent depuis des siècles. 

©Beni-Lubero Online

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