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Les populations civiles de Kanyabayonga sont unanimes : L’incendie des Maisons par des militaires,  le recrutement massif des jeunes diplômés à qui on promet une formation militaire et politique à l’étranger, les conflits terriens ainsi que les assassinats des chefs coutumiers et des civils, sont des actes barbares commis délibérément pour préparer le terrain aux colonies de peuplement tutsi.  Les faits suivants en témoignent!
 
La cité de Kanyabayonga, à une centaine de kilomètres au sud de Butembo, dans le territoire de lubero, au Nord-Kivu, a été, dans la nuit de mardi à mercredi 24 juin, le théâtre d’une incursion d’hommes des hommes en uniforme militaire non autrement identifiés qui ont mis le feu plusieurs maisons d’habitation. L’opération macabre a eu lieu entre 22h et 3 h du matin, heure locale. Au total 31 maisons ont été incendiées au quartier Muhola, à l’extrême Nord de la cité de Kanyabayonga, et 7 autres à Bulotwa environ 3 kilomètres au nord de Kanyabayonga, nous a relaté une de victime de cette barbarie qui a eu lieu dans cité ayant plusieurs camps militaires et plusieurs militaires qui se disent en zone opérationnelle. Le fait que les incendies des maisons était devenue monnaie courante sans qu’un seul bandit soit arrêté et sans qu’il y ait une enquête, suffit pour dire que le génocide qui se comment a petit feu en région de Beni-Lubero est l’œuvre des Fardc brassés déployés dans la province.  C’est cela la conclusion à laquelle la population victime est arrivée, identifiant les hommes en uniforme militaire comme ses premiers ennemis.
 
Selon plusieurs victimes, certains assaillants parlaient Kinyarwanda et d’autres Lingala pour expulser les habitants de leurs maisons avant de les incendier.  Longtemps après le crime, soit  entre 7h00 et 8h00 du mercredi 24 juin, une équipe des FARDC a voulu se déployer  sur le lieu du crime, soit disant pour diligenter une enquête. Les jeunes du quartier Muhola en colère ont jeté des coups de pierre à ces sapeurs pompiers qui n’ont jamais été à l’heure là où on les appelle… Une véritable intifada a eu lieu…  Depuis quelques temps, le climat entre la population et les FARDC déployés dans la région se détériore du jour au lendemain comme en 1996, lors de la première occupation rwando-burundo-ougandaise. La lune de miel avec les rwandais-burundais-ougandais après la libération des beniluberois de FAZ du feu Maréchal  Mobutu n’avait durée que deux semaines. En effet, la résistance armée  était née spontanément à la suite du comportement pillard et sanguinaire des libérateurs.  Si en 1996, il s’agissait d’une guerre ouverte, celle qui se déroule actuellement au Kivu est sournois car ses  concepteurs pensent arriver à leurs objectifs machiavéliques en utilisant le mensonge et les diversions. Mais les kivutiens en particulier et les congolais d’une manière générale suivent la situation à la loupe.
L’incendie des maisons incendiées au Nord-Kivu aurait ainsi comme objectif de préparer le terrain pour l’installation des populations rwandaises Tutsi qu’on appelle refugiés congolais au Rwanda, Tanzanie, Burundi, Uganda, etc.  Ceux qui sont attendus en Territoire de Lubero seraient au nombre de 40 000 familles ! Les habitants de villages incendiés ne se rappellent pas pourtant avoir vécu avec des rwandais qui se seraient refugiés au Rwanda ou ailleurs dans un passé récent…  Si tel était le cas, le HCR pouvait réinstaller les refugiés revenants cas par cas comme il fait pour les disparus congolais de la même région. Le fait d’incendier les maisons signifie que ceux qu’on appelle refugiés revenant du Rwanda n’ont jamais été au Congo auparavant. Il faut leur créer un territoire en toute pièce.  
 
D’après nos sources, la première tentative de cette colonie de peuplement devait se dérouler à Luofu au Sud-de Lubero. Elle n’a pas eu lieu car la population sinistrée refuse de quitter les villages réduits en cendres. Certains habitants auraient déjà reconstruit leurs cases incendiées. Sachant que le territoire de Lubero est le territoire rural le plus peuplé de la R.D. Congo, les concepteurs de la colonie de peuplement Tutsi au sud de Lubero cogitent sur les conséquences de l’implantation d’une petite colonie Tutsi au milieu des Nande.  Mais ils ne s’avouent pas encore vaincus.  
 
Une autre stratégie d’anéantissement de la Province est l’existence de plusieurs opérations de recrutement des jeunes congolais dans la province du Nord-Kivu. La cible privilegiée de ce recrutement est les jeunes universitaires au chômage après leur licence ou leur graduat dans les universités de la région.  L’objectif de ce nième recrutement militaire dans un pays qui compte  déjà plus des militaires qu’il ne peut entretenir, serait l’anéantissement de toute résistance contre les colonies de peuplement en perspective. Aux Jeunes qu’on recrute et qui se réunissent nuitamment dans  des résidences bien connues, on promet une formation militaire ou politique à l’étranger, un poste de commandement juteux dans l’armée, la police, la garde présidentielle, etc. Toute présence aux rencontres souvent nocturnes est rémunérée par des espèces sonnantes et trébuchantes (au moins 50 US$)  après des repas et des libations somptueux.
 
Dans cette rubrique, il faut ajouter que certaines sociétés de gardiennage de la Province forment leurs sentinelles à l’étranger…  Une enquête  est en cours sur ce vaste réseau  de déstabilisation de la province par des promesses fallacieuses aux jeunes et aux forces vives….  Les jeunes du Nord-Kivu sont donc prévenus de ce  vaste réseau de recrutement qui n’a d’autre but que le contrôle des forces vives de la Province afin de les anéantir en les éloignant de chez eux sous-prétexte de formation à l’étranger ! Le mirage de Poto, de mikili, serait ainsi utilisé pour chasser les congolais de leurs terres… Tristesse !
 
 Une des preuves pour convaincre les plus sceptiques est que tous les jeunes de la région qui étaient recrutés lors de la première occupation rwando-burundo-ougandaise n’ont jamais été promus mais vivent aujourd’hui dans la galère de grandes villes du pays, loin du Nord-Kivu. Ceux d’entre eux formés au Rwanda et en Ouganda qui avaient accédé aux postes de commandement militaire  sont aujourd’hui morts, souvent de mort mystérieuse : accident de circulation, assassinat, etc.
 
D’autres sources concordantes parlent de la vente des terrains par certains chefs coutumiers corrompus. Plusieurs conflits terriens du moment seraient aussi du à cette montée exponentielle  des enchères  par les collabos des rwandais. Les chefs coutumiers retrouvés morts ces derniers temps seraient parmi ceux qui auraient refusé de se prêter à cet exercice diabolique de bradage du territoire national.
 
Les congolais doivent ainsi ouvrir l’œil et le bon car  l’épée de Damoclès est suspendue sur notre coup ! Méfions-nous des faux-fuyants politiques ( remaniement, affaire Jean-Pierre Bemba, Muzito) dont le seul but est de nous distraire pendant que l’occupation effective de l’est du pays se met en place dans la douleur, la violation grave des droits humains fondamentaux des congolais !
 
Correspondance Particulière de  Kanyabayonga
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 Les députés de l’AMP ont reçu, hier lundi 09 mars 2009, un SMS sur leurs téléphones portables.
Par « solidarité parlementaire », ils l’ont envoyé aux députés d’autres groupes. De nos sources au Parlement Congolais, nous vous livrons ce message dans son entièreté (à l’exception d’un bout de phrase immoral): « Honorables députés, voici les raisons qui militent au départ de Kamerhe: trop d’avantage à l’opposition, enrichissement sans cause, trop d’indépendance même vis-à-vis du chef de l’Etat, trop de motions contre nos membres du gouvernement, mépris caractérisé au chef de l’Etat (…).Collabo de Nkunda. Vous les députés, lâchez Kamerhe, sinon l’Assemblée nationale sera dissoute. Le choix de Nyabirungu pour remplacer Kamerhe n’est pas un hasard. C’est compte tenu de l’implication des Hutus dans le démantèlement de Nkunda. En plus, il est aussi du Kivu comme Kamerhe. La prime de 4.000$us qu’on donne n’est pas une corruption, mais une prise de conscience. Les bénéficiaires devront se faire signaler auprès des Rapporteurs des groupes parlementaires AMP. » 
 
Que penser de ce SMS? 
 
Il peut être un faux. Celui qui l’a envoyé aurait fait inutilement peur aux députés de l’AMP et à leurs amis. Se réveiller un matin sans « job » serait pour eux un mauvais cauchemar. Il peut être, ni plus ni moins, un chantage orchestré contre les députés pétitionnaires et ceux qui soutiennent Vital Kamerhe. Il confirmerait les allégations de plusieurs compatriotes pour qui les ex-seigneurs de la guerre n’ont pas pu être transformés en démocrates par la magie des urnes. Il se pourrait que ce SMS soit un vrai; il proviendrait des sources informées sur ce qui se trame dans les coulisses de l’AMP. Certains indices poussent à le penser. Il revient sur certains reproches déjà formulés à l’endroit de Vital Kamerhe depuis qu’il a commis le péché d’avouer qu’il n’était pas averti sur l’entrée de l’armé rwandaise au Congo. L’enrichissement facile est la chose la mieux partagée par le pouvoir en place à Kinshasa depuis la chute de Mobutu. La corruption des députés aux fins de lâcher Kamerhe n’est un secret pour personne depuis que l’information sur le déblocage de 200.000$ us a filtré du sein même du Parlement. En marge de la personnalisation des questions politiques et de leur privatisation, dissoudre l’Assemblée nationale ne résoudrait aucun problème. Comme remplacer Kamerhe par un autre député de l’Est ne fermera pas la bouche aux « grandes gueules de l’opposition ». Qui voit Kiakwama ou Mwamba se taire parce que Nyabirungu a remplacé Kamerhe? Donc, l’AMP est à côté de la plaque. C’est comme si, en dehors des biceps et de la corruption, elle ne peut rien faire.
 
Aussi, dans les raisons avancées manque-t-il de référence aux textes régissant le pays et l’Assemblée nationale.
 
Si Kamerhe a coopéré avec Nkunda, qu’il soit traduit en justice après les démarches préliminaires de la perte de son immunité. Même si coopérer avec Kagame et Ntaganda dans une coalition dont les effets néfastes sur nos populations sont en train d’être comptabilisés à l’Est de notre pays est aussi criminel que coopérer avec Nkunda!
 
Ce que révèle ce SMS
 
L’opposition institutionnelle, malgré ses limites, donne du fil à retordre à l’AMP et à ses hauts cadres. Elle est capable de « débaucher » dans l’AMP. Les pétitionnaires ont été au nombre de 262, les membres de l’AMP compris. La majorité arithmétique électoraliste est faible politiquement. Elle est une minorité politique. Elle ne peut subsister qu’en recourant aux coups bas et à la violence. C’est-à-dire en pratiquant « le gangstérisme politique » comme dirait Philippe Biyoya. Elle fait l’expérience qu’il y a des Congolais que l’argent ne peut pas acheter facilement.
 
Les accointances de Vital Kamerhe avec l’opposition institutionnelle se justifieraient dans la mesure où elle donne l’impression d’avoir un discours politique que l’AMP n’aurait pas. Jouant son rôle de critique de l’action gouvernementale, elle a réussi, à plusieurs reprises, à entraîner certains membres de la mouvance présidentielle sur le terrain de la remise en question profonde des gouvernants depuis que le PALU gère le gouvernement.
 
Navigant à vue, cette AMP, ou certains de ses caciques ne soupçonnent pas sa lente mais sûre mort politique. Elle est de plus en plus une coquille vide vivant de la personnalisation du pouvoir et de l’argent facile. Quand on sait cela, accuser Kamerhe d’enrichissement facile fait sourire: tous se sont enrichi facilement. Relisons les différents rapports de la Cour des comptes et de différentes Commissions mises sur pied pour contrôler l’action des gouvernants, nous seront plus qu’édifiés. La corruption dans leurs rangs a atteint des proportions inégalables dans l’histoire de notre pays.
 
Du côté de l’opposition institutionnelle, il y a des leçons à tirer de ce feuilleton: la force politique n’est pas dans les armes. La grande arme du politicien est une parole forte fondée sur les arguments que les faits ne démentent pas. Le nombre n’est pas toujours du côté de la raison. La victoire du nombre n’est pas toujours acquise. La démocratie est un travail abattu à partir des expériences concrètes et non seulement un idéal. La réalisation du régime démocratique n’est pas acquise au dépôt du bulletin de vote dans l’urne. Le droit de suffrage est à la fois un acte ponctuel et une tâche à réaliser. Il est un droit constructif et non attributif. Voter, c’est aussi s’engager à réaliser un monde des égaux.
 
C’est s’engager dans une lutte quotidienne pour que le savoir et le pouvoir, l’appartenance à tel réseau ou telle famille politique, la richesse et les différentes distinctions ne l’emportent pas sur l’égalité politique: tous égaux devant la loi et tous prenant une part égale dans les discussions rationnelles et raisonnables, nécessaires à l’édification du monde commun. C’est toutes ces choses que « les rhinocéros » de l’AMP, comme dirait Guy De Boeck, refusent.
 
Il n’y aura pas un deuxième Mobutu au Congo
 
Certains caciques de l’AMP- car il y a, malgré tout, des hommes et de femmes de grande valeur dans cette Alliance- se trompent d’époque. Ensorcelés par l’argent facile, les plaisirs ou la magie, ils donnent l’impression de ne pas comprendre que le monde bouge et change.
 
En 2002, Emmanuel TODD publiait un livre intitulé Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain, et il notait ceci: « Le gouvernement de Washington applique un modèle stratégique classique mais inadapté à une nation d’échelle continentale, la « stratégie du fou », qui recommande d’apparaître à d’éventuels adversaires comme irresponsable pour mieux les intimider. » (p.10)
 
Après les Bush, Barack Obama a compris cela et essaie, malgré l’Irak et l’Afghanistan, de fonder la politique américaine sur les valeurs prônées par les Pères fondateurs de l’Amérique. Le jeune président croit beaucoup plus au cosmopolitisme que ses devanciers. Sa tendance est de résoudre les problèmes des U.S.A. par le dialogue, la main tendue et le multilatéralisme. Il a renoncé au complexe du gladiateur solitaire. Il semble avoir compris que « les régals de la puissance sont bien maigres: en cherchant à contrôler le multilatéralisme, à en assurer le leadership matériel ou moral, le gladiateur concentre sur lui l’essentiel des risques et des coûts. Sa position n’est tenable que s’il accepte d’en payer le prix, fortement réévalué à mesure qu’il acquiert une apparence de puissance ou qu’il cristallise sur lui le soupçon de domination. » (B. BADIE, L’impuissance de la puissance. Essai sur les nouvelles relations internationales, Paris, Fayard, 2004, p. 20 3)
 
Les gladiateurs de l’AMP, contrairement aux apparences, cristallisent sur eux, non seulement le soupçon de domination mais aussi l’effectivité de cette domination de tout un peuple pour « une paire de scandales ». Mais se trompant d’époque, ils estiment qu’ils peuvent appliquer « la stratégie du fou », écraser tout sur leur passage comme au temps de la guerre froide où Mobutu jouissait du soutien de « ses amis » Américains, Belges et Français.
 
Non. Les temps ont changé. Une société civile congolaise diffractée est présente et active sur l’espace public mondial. Elle sait se faire inviter chez les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RD Congo et se faire entendre. Lentement mais sûrement, les forces congolaises du changement s’organisent au quotidien et n’accepteront plus, à n’importe quel prix, que leur pays vive sous la botte d’un deuxième Mobutu, avec sa cour de clients. (Même si Mobutu n’a pas été aussi sanguinaire que ces ex-seigneurs de la guerre qui nous gouvernent!)
 
Joseph Kabila, en tournée à l’Est de notre pays, parlant du remue-ménage à l’Assemblée nationale, a dit que les hommes passent et que les institutions restent. Il a dit vrai. Pourvu que lui et ses « rhinocéros » ne se sentent pas exclus de ces hommes qui passent. Même si, vouloir que les hommes passent en les écrasant n’est ni moral, ni tout simplement humain.
 
Bref, la conversion des U.S.A. au multilatéralisme et son retour aux valeurs des Pères pourrait avoir un impact sérieux sur l’orientation future du monde. L’après empire témoigne que la puissance est de plus en plus impuissante. Il y a là un message que les gladiateurs de l’AMP ne saisissent pas. Ils se laissent abuser par leurs hauts cadres et vice-versa. A leurs dépens.
 
Après ça, qu’ils ne nous parlent plus de « notre jeune démocratie »!
 
Les pays à régime démocratique représentative essaient, tant que faire se peut, d’assurer le contrôle du pouvoir exécutif pour qu’il n’abuse pas des prérogatives qui lui sont dévolues. Que l’on puisse croire qu’il y a trop de motions contre le gouvernement dans un pays comme la RD Congo où « les privilèges fabuleux » de certains sautent aux yeux, il y a anguille sous roche.
 
Prenons quelques trois exemples d’actualité. La France bouge. Les collectifs du refus se forment contre Nicolas Sarkozy et s’opposent contre « les faits du prince ». En Belgique, une Commission parlementaire chargée des questions liées à la séparation de pouvoir auditionnent Yves Leterme (ex-premier Ministre) et Didier Reynders, Ministre des Finances sur leur éventuelle influence de la justice dans la gestion du dossier de la Banque Fortis. Jean-Marc Nollet, député Ecolo et membre de la Commission, est interviewé par plusieurs chaînes de télévision et leur explique l’avancement des auditions. Aux U.S.A., une Commission sénatoriale sera mise sur pied pour examiner la légalité de certains actes posés sous G.W. Bush.
 
Chez nous, accorder la parole à l’opposition institutionnelle est un crime. Mais récupérer des criminels de guerre dans l’armée au grand dam de nos populations est bon pour la paix! Voilà le monde à l’envers! Les ex-seigneurs de la guerre ne peuvent composer qu’avec d’autres guerriers. Ils sont hostiles au débat nécessaire à l’édification du monde commun et du vivre-ensemble. Mais, après ça, qu’ils ne nous parlent plus de « notre jeune démocratie ». Ils n’en veulent pas. Ils en ont une peur bleue.
 
Néanmoins, à travers leur agitation, une conviction peut être partagée: les armes ne suffiront jamais pour dominer les Congolais et les Congolaises sur le sol de leurs ancêtres. Leur recours à la parole (et au Lusanzu) agissante sera une force capable de déplacer les montagnes. Déjà les murs de l’AMP se lézardent. Ne les voyez-vous pas?
 
J.P. Mbelu
Brussels-Belgie
Beni-Lubero Online
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CNDP, parti politique ? Onze ans après, le cancer de l’équidistance ronge toujours (GDB)
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Pour rappel, l’équidistance est cette façon de voir la réalité ou plutôt de ne pas la voir que la « communauté internationale » a adoptée dès 1998 et qui consistait essentiellement à nier, en dépit des faits, l’agression de la RDC par au moins deux de ses voisins et, à partir de là, à organiser un « dialogue intercongolais » entre le gouvernement de la RDC et des « mouvements de résistance armée » qui n’étaient que les auxiliaires de ces voisins.
 
A Sun City, on a prétendu réaliser une sorte de transsubstantiation, qui transformait ces « mouvements » en partis politiques. Ceux-ci se partageaient alors le pouvoir dans la formule du « 1+4 » dont la tâche principale était de préparer les élections.
 
Cette formule était déjà inutilement longue et coûteuse et ne servait en réalité qu’à dissimuler la division de la « communauté internationale » en deux camps : les partisans de « Berlin 2 » derrière les Etats-Unis d’une part, et d’autre part, plus ou moins dans le sillage d’une UE plutôt indécise, les partisans du maintien du Congo dans son intégrité territoriale, au prix de la mise en place d’un régime suffisamment « bétonné » au profit des possédants pour garantir que sa politique serait « sage et modérée ».
 
L’organisation d’élections n’était certes pas un luxe, après 40 ans sous l’éteignoir mobutiste !
 
C’était si évident que Laurent Kabila en avait parlé dès sa prise de pouvoir, en précisant toutefois qu’elles n’auraient lieu que lorsque le Congo pourrait les organiser lui-même, car tout étranger qui y interviendrait le ferait non pour aider, mais pour manipuler. Rien n’aurait cependant dû faire obstacle à ce que l’on appuie le pouvoir de Kinshasa comme un gouvernement provisoire légitimé par le fait d’avoir mis fin à la dictature. Rien, si ce n’est que l’on aurait dû alors s’en prendre aux vrais fauteurs de troubles, enfants chéris du Grand Frère Américain : le Rwanda et l’Ouganda, et que l’UE aurait dû renoncer à l’alternative dont elle rêvait depuis 1990 : la mise en place d’un gouvernement de quelques survivants du mobutisme et de personnalités issues de la soi-disant « Opposition » de la CNS.
 
En plus d’être longue et coûteuse, la formule n’avait de sens, et de chance d’aboutir à un résultat que si elle était unique… alors même qu’une telle formule ne pouvait qu’inspirer à beaucoup l’envie de la répéter à leur profit. Si de grands criminels de guerre, disposant de moyens lourds, étaient hissés au sommet du pouvoir, pourquoi un petit seigneur de guerre, ayant quelques centaines d’hommes armés de pétoires approximatives, ne serait-il pas ministre ? Et tel autre, au moins secrétaire d’état, au nom d’une centaine de gueux brandissant des sagaies ?
 
Le bateau de la transition était déjà chargé de figures patibulaires et de personnalités inquiétantes. Mais pour que quelque chose puisse quand même sortir de cela, il fallait qu’une règle soit absolue : le bateau ne prendrait plus de passagers ! Tant pis pour ceux qui n’auraient pas pris leurs tickets à temps ! Les élections devaient être une séparation étanche, une démarcation absolue entre « avant » et « après ».
 
Le CNDP vient d’inventer une variante : le Sun City unilatéral où le « mouvement de résistance » s’autoproclame parti politique, en attendant évidemment de se voir offrir une part du gâteau. Cela revient à annuler purement et simplement le processus électoral qui a coûté tant de temps, de peines et d’argent !
 
Pourquoi ?
 
On n’a pas suffisamment tenu compte d’un fait : parmi les perdants des élections, il y a Paul Kagame !
 
Il est normal que l’on s’intéresse d’assez près aux élections, même lorsqu’on n’y intervient pas, quand il s’agit d’un pays (potentiellement) riche et puissant, surtout s’il est de plus limitrophe ou proche voisin. Le monde entier se passionne pour les élections américaines, et la TV belge couvre une élection française, surtout présidentielle, avec presque autant de moyens que si elle se passait en Belgique… Il serait donc logique, et même légitime, que le Président rwandais s’intéresse à un scrutin congolais.
 
Mais l’intérêt de Kagame va beaucoup plus loin, jusqu’à la participation, à la candidature par procuration.
 
Sous prétexte d’un souci paranoïaque pour la sécurité du Rwanda (qu’il ressent peut-être vraiment, car nul n’est à l’abri de la maladie, même mentale) et dans le souci plus discret et bien plus matériel de tirer profit de l’exploitation « sauvage » des richesses de l’Est congolais, Kagame s’efforce avec obstination, depuis une quinzaine d’année, de mettre la main, par personne interposée, sur quelques leviers décisifs du pouvoir au Congo. Obstination ne veut pas dire rigidité. Kagame était intelligemment diplomate, manœuvrier et tacticien. La duplicité et la pensée à tiroirs multiples ne lui sont nullement étrangères. On le voit au fil du temps opérer des volte-face, se montrer parfois souple. C’est vrai. Il est conscient des réalités et s’y adapte en fin tacticien. Mais, précisément, c’est de la tactique. La stratégie, la ligne de force qu’il suit, ne change pas. La souplesse de Kagame, c’est celle de l’homme qui va d’un point à un autre et rencontre un obstacle. Va-t-il le surmonter ? Va-t-il le briser ? Tentera-t-il peut-être de passer au-dessous ? Trouvera-t-il un moyen de le contourner ? Une chose est sûre, il continuera de progresser vers l’endroit où il va ! La souplesse tactique, chez Kagame, est au service d’une stratégie qui ne varie pas, parce que son objectif est fixe : il a besoin de revenus de la piraterie pour maintenir la fiction de sa « bonne gouvernance ».  
 
Sa première manœuvre en ce sens consista à appuyer la guerre de libération de 96/97. Et sans doute a-t-il réussi, pendant quelques temps, à abuser Laurent Kabila. Celui-ci était un lumumbiste de la première heure et il croyait donc au panafricanisme. Il était aussi marxiste et ajoutait donc foi à la solidarité révolutionnaire. Caresser les illusions d’un homme est un bon moyen de le tromper. Mais une fois détrompé, Mzee mit les Rwandais à la porte. C’était raté.
 
La deuxième tentative consista, parallèlement avec une attaque militaire ouverte, à lancer la « rébellion interne » du RCD. Lambert Mende, dans un livre qui est un peu une confession, en a décrit l’étroite dépendance envers le « Congo desk » de Kigali. Après divers épisodes guerriers d’une cruauté abominable, ce « mouvement de résistance congolais », transsubstantié en parti politique, fut associé au partage du pouvoir sous la forme d’une des quatre vice-présidences. Celle-ci fut occupée par Azarias Ruberwa, après une valse permanente des présidents du RCD, que Kigali substituait sans cesse les uns aux autres, s’arrêtant finalement sur l’un des moins congolais. Or, tant aux présidentielles qu’aux législatives, le RCD se fit proprement « ratiboiser », contrairement à l’autre « ex-rébellion », le MLC, même si le succès de cette dernière s’explique en grande partie par le regroupement derrière Bemba de tous ceux qui voulaient avant tout voter contre Joseph Kabila. Le seul « dividende » qui reste entre les mains de Kagame après la transition est la surreprésentation du RCD parmi les hauts cadres de l’armée.
 
Le troisième épisode consista donc en une nouvelle « rébellion armée », le CNDP. La récente évolution de celui-ci ressemble étrangement à une réédition de Sun-City. Le « mixage » CNDP/FARDC est d’ores et déjà accompli. Et la « transsubstantiation » du CNDP en parti politique, ainsi que les propos de Kagame sur une « solution politique » à l’arrestation de Nkunda laissent présager que l’on va exiger une participation du CNDP « politique » au pouvoir. Ce serait là franchir le Rubicon. Car si l’on se met à accéder au pouvoir sans passer par des élections, c’est tout le processus de Sun City qui devient dépourvu de sens. Les espoirs et les efforts des Congolais durant la transition n’auront servi à rien.  
 
L’équidistance, à l’usage, s’est avérée un véritable cancer : onze ans plus tard, elle continue à ronger…
 
© GDB, le jeudi 5 février 2009
Belgie- Brussels
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Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur JOSEPH KABILA, Président de la République Démocratique du Congo
 
Bukavu ce dimanche 01 février 2009
 
Le temps est venu pour démissionner
 
Excellence Monsieur le Président,
Qu’il nous soit permis de formuler nos vœux de bonheur et de paix à vous-même et à toute notre chère Nation qu`est la RDC en ce début de l`an 2009.
Nous voilà encore une fois avec une lettre ouverte, bien qu`étant sur que les gens qui vous entourent, dans votre gouvernement parallèle, ne vous la présenteront pas comme d`habitude.
En tant que fils et filles de ce pays et pensons que vous l`êtes aussi, nous ne pouvons pas nous taire, ni regarder impuissants la dégradation manifeste qui vit notre grand, beau et cher pays, devenu la proie de la convoitise, de l’impunité, de l’immoralité et de la complaisance d’adulateurs qui ne pensent que continuer à piller les biens de notre riche sous-sol.
 
Le temps est venu pour se rendre compte et avouer vos échecs depuis votre accession au pouvoir ce 26 janvier 2001
Excellence Monsieur le Président,
 
Depuis le 20 janvier 2009, ayant appris que vous veniez d`autoriser l`invasion de notre cher pays par la présence de tristement célèbres éléments de l`Armée Ruandaise, lesquels éléments, nous vous le rappelons, étaient déjà bel et bien sur notre territoire soient seuls soient avec le CNDP, vous l`aviez vous-même reconnu dans un de vos discours lorsque vous appeliez le peuple à la mobilisation générale, car l`heure était grave. Nous pensons qu`elle est maintenant plus grave, car, dès cette annonce, nos nuits sont bouleversées par des cauchemars horribles, nous qui avons déjà expérimenté l’invasion à maintes reprises des forces armées rwandaises et vécu les graves exactions commises par cette armée sur notre territoire, sommes loin d`oublier ces violations macabres et manifestes de droits de l`hommes qu`ils ont perpétrés sur le sol de nos ancêtres. Nous pensons que vous êtes loin d`oublier, à moins que ayez perdu tout sens humain, ces femmes enterrées vives à MAKOBOLA, ces femmes et hommes sauvagement massacrés puis brûlés à KASIKA, ces centaines d`hommes et femmes innocemment tués à KISANGANI lors de la guerre de six jours entre l`armée ruandaise et ougandaise, qui se retrouvent encore toutes deux aujourd’hui sur notre sol, ces centaines de milliers de femmes violées et contaminées volontairement par le VIH SIDA, … la liste est exhaustive et vous venez de mettre un bâton dans nos plaies pourtant très fraîches encore.
Nos cauchemars sont encore dû au fait que nous pensons qu’en appelant sur notre sol les forces armées rwandaises et en concluant avec celles-ci des accords secrets, sous une forte pression et sûrement par la diplomatie étrangère de certaines grandes puissances, dont la France et les USA, vous mettez en péril toute notre souveraineté et notre liberté.
Notre sol du grand KIVU est sacré comme tout le reste de notre pays, car c’est le sol de nos ancêtres et de nos héros et nous ne pouvons ni le baratter ni le vendre sans autant renier nos origines et toute notre histoire.
La coalition qu’en secret vous avez lié avec le Rwanda, jusqu’au 19 janvier 2009 votre grand ennemi, nous cause pas mal de soucis, et elle nous fait peur, car, il faut que nous soyons objectifs et honnêtement véritables et vous le disions en toute franchise que l’acte que vous avez posé, avec votre gouvernement parallèle est un acte anticonstitutionnel, et donc de haute trahison.
 
Excellence Monsieur le Président,
 
Les troupes rwandaises, qui du reste n’avaient jamais quitté le sol congolais dès leur entrée en 1998, et que nous-mêmes nous avions à maintes reprises dénoncé par des différentes voies et moyens,   sont entrées dans notre pays cette fois pour s’ajouter donc aux existantes (on parle de 6.000/10.000 soldats) sans aucun titre juridique et ne peuvent, par voie de conséquence, y mener des activités militaires ou autres. Leur entrée dans la RDC est une pure et simple invasion, même si vous-même, en flagrante violation des dispositions constitutionnelles et légales, vous avez leur donné la permission de se coaliser avec les FARDC.
Un geste pareil, Monsieur le Président, vous oblige à démissionner de toutes vos fonctions. Dans les démocraties qui se respectent ce sont les deux chambres du parlement qui sont à habiliter à ratifier des contrats et autres engagements avec des Etats tiers. Pourquoi vous substituez-vous à ces deux organes démocratiquement élus ? Et votre missi domini, John NUMBI, responsable de la Police Nationale Congolaise, est – il habilité à signer des engagements au nom de l`Etat congolais ? De quel droit ? Rappelez vous que c`est le même JONH NUMBI qui avait initié le fameux mixage, les résultats de ce processus sont connus de nous tous. Encore une erreur monumentale que vous venez de commettre. Nous ne vous renions pas votre rôle constitutionnel de garant de la Constitution et de l’unité du pays, mais vous êtes allé au dé là. Cela s`appelle HAUTE TRAHISON.
 
Le temps est venu pour remettre le pouvoir dans les mains du peuple congolais
Excellence Monsieur le Président,
 
Nous sommes pleinement d’accord et convaincus qu’en ce moment si délicat de l’histoire de notre pays qu’il s’impose la convocation d’une session extraordinaire de l`assemblée Nationale et du Sénat qui devraient, toutes affaires cessantes, vous obliger à démissionner et à initier l’impeachment contre vous, Monsieur le Président Joseph Kabila et le gouvernement d’Adolphe Muzito.
Les congolais et les congolaises avaient cru qu’avec les élections de 2007 au changement total de leurs conditions socio-économiques. Aujourd’hui, après presque deux ans, se sentent délaissés, et déçus : car les promesses électorales sont restées lettres mortes et pire que jamais, se sentent terriblement trahis par un pouvoir qui égoïstement ne voit que ses propres intérêts et, qu’en ces jours, voudrait vendre la partie la plus riche du territoire national à des étrangers.
Excellence Monsieur le Président,
 
C’est le peuple congolais, ce même peuple qui vous a donné le pouvoir, qui vous demande aujourd’hui de le lui remettre dans ses propres mains, pour qu’il en décide autrement, mais bien sur toujours dans les sillons des prescrits constitutionnels.
Vous nous avez trahi, vous avez trahi notre confiance, vous avez trahi nos ancêtres qui en colère se révoltent contre vous et votre gouvernement à partir de leur repos d’outre-tombe, vous avez trahi par entier toute notre histoire, vous avez trahi tous nos héros et nos frères et sœur qui ont baigné de leur sang ce sol sacré de la RDC. Et alors ayez le courage et répondez de conséquence pour le bien du pays et de nous tous.
 
Le temps est venu pour que les compétences et l’efficacité règnent
Excellence Monsieur le Président,
 
Il a fallu le Rwanda pour pouvoir arrêter, en deux seuls petits jours, l’ex général déchu Karumuna Kundabatware (son vrai nom) mais congolisé en Laurent Nkunda Batware. Une honte pour vous et pour nous tous. En plusieurs années de combats ayant causé des victimes innocentes vous n’avez pas voulu l’arrêter et le consigner à la justice. Au contraire, de ce qui ressort de nos connaissances, nous avions pu toujours convaincre d’une certaine complicité de votre part vis-à-vis du mal qu’il continuait à semer dans les contrées du Nord et Sud Kivu.
L’incrédulité des congolais et congolaises des Kivu après l’arrestation de Nkunda est là pour témoigner de la situation de méfiance, de soupçons et de perplexités qui prévaut à l’est du pays. Nous ne pouvons oublier de nous rappeler le fait que l’armée rwandaise a administré par la rébellion RCD interposée, politiquement et militairement les provinces congolaises du Nord Kivu et du Sud-Kivu entre 1996 à 2003 sans être en mesure d’anéantir les Ex FAR Interahamwe et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Le Gouvernement Rwandais a peur d’extrader Laurent Nkunda vers Kinshasa, pour qu’il comparaisse devant la Justice pour tous les crimes qu’il a commis en RDCongo, à cause de son soutien de la rébellion du CNDP de Nkunda. Kagame est trop malin pour le livrer à la RDC, c’est pour cela qu’il a orchestré son arrêt sur le sol rwandais. Un défis que probablement vous-même vous n’aviez pas prévu en avance et qui ne fait que aggraver la situation.
 
Excellence Monsieur le Président,
 
Au nom de l’immense majorité silencieuse de ce peuple congolais très extraordinaire, nous de l’ASFCO vous confions très respectueusement ces choses qui étouffent et enferment de chagrin nos cœurs et que nous vous prions d’accueillir comme « cri de détresse » de vos frères et sœurs.
Et que Dieu bénisse notre pays et tous ceux qui sont obligés à souffrir.
 
Antenne Libre ASFCO (Les Amis sans Frontières du Congo)
 
 Les Amis Sans Frontières du Congo (ASFCO) c’est un groupe de personnes, hommes et femmes congolais et expatriés, uni par une amitié profonde, ouvrant sur le sol de toutes les régions de la RDC, engagé dans différentes institutions et ONG, qui a comme but et mission d’aider les populations à réfléchir et agir de conséquence pour franchir les frontières de la paix, la justice, la tolérance et la fraternité universelle. Antenne Libre, car la liberté et le patriotisme ne peuvent ni se négocier, ni se taire – www.asfco.multiply.com – aasfco@yahoo.fr
  
Publié par Beni-Lubero Online
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Depuis hier dimanche, 21 décembre 2008, le monde des professionnels de la santé de Beni-Lubero est sous le choc à la suite de la mort inopinée de Faustin Mbusa Lusenge Savali (43 ans), Infirmier Superviseur de la Zone de Santé de Biena à Njiapanda-Mambowa, en Territoire de Lubero (80 Km à l’Ouest de Butembo).
R.I.P
Infirmier Superviseur et Préfet des Etudes de l’ITM Mambowa( Manguredjipa)
Faustin Mbusa Lusenge Savali (1965-2008)
Comme le titre de notre dépêche l’indique, l’infirmier superviseur Savali est mort dans une latrine du Centre de Santé de Kirima où il s’était arrêté d’urgence pour des soins d’une crise de paludisme. S’étant rendu à la toilette de l’Infirmier Titulaire du C.S. de Kirima, juste avant son départ pour Butembo pour y poursuivre un traitement approprié de son malaise du syndrome palustre, Savali ne reviendra plus. La dalle de la latrine s’était effondrée quand Savali a mis ses pieds dessus, plongeant la tête dans une fosse assez longue et contenant des matières fécales, les pieds seuls étant restés visibles… Déjà affaibli par la crise de paludisme, Savali n’avait certainement plus de force pour se débattre, surtout avec toute sa tête au fond de la latrine. Les amis qui attendaient lui dire au revoir découvriront l’horreur plusieurs minutes plus tard quand ils avaient constaté qu’il (Savali ) venait de trainer aux toilettes. Savali n’avait pas trainé aux toilettes. Il était déjà mort. Né le 29 Mai 1965, Savali est ainsi décédé hier dimanche 21/12/2008 à 14h30, heure de Kirima. Son corps conduit à Butembo juste après l’accident mortel, était exposé à son domicile.
KIRIMA (20 Km de Butembo, route Mangolio) : Lieu de l’accident mortel
Savali laisse une veuve, Madame Wabo, Infirmière Traitante au Centre Hospitalier CBCA de l’Avenue d’Ambiance- Butembo, et 4 orphelins.
Mme Wabo, Veuve de l’illustre disparu
L’enterrement a eu lieu ce lundi 22 décembre 2008 au cimetière de Kitatumba entre 12h 30 et 13h 30 après une messe de recuillem dite dans la chapelle du Secteur KAVITERO de 10h à 12h.
Procession funèbre à la sortie de la chapelle de Kavitero
Les autorités sanitaires sous la conduite du Dr Mundama Jean Paul, Médecin chef de District sanitaire de Butembo et Médecin Chef d’Antenne de l’Inspection Provinciale de la santé au Nord- Kivu pour les deux territoires de Beni et de Lubero.
Cortège funèbre vers le cimitière de Kitatumba au niveau de la Mairie de la Ville de Butembo
Arrivée du cortège funèbre au cimetière de Kitatumba-Butembo
Inhumation de Savali. Son épouse asperge la dépouille de l’eau bénite
Le pauvre Savali était un infirmier Superviseur de la Zone de Santé de Manguredjipa. Depuis le découpage de la Zone de Santé de Manguredjipa en deux zones de santé dont Manguredjipa et Biena (Mambowa) en 2005, il a été maintenu comme infirmier superviseur dans la nouvelle Zone de Santé de Biena en vue de renforcer la nouvelle équipe par son expérience. En plus, durant tout le temps de son travail à Manguredjipa et Biena et cela jusqu’à sa mort, il a été Préfet des Etudes à l’Institut Technique Médicale de Mambowa, une école infirmière des protestants CBCA qui produit des infirmiers de niveau A2.Cette école soulage beaucoup les responsables sanitaires du coin qui sont confrontés au refus des infirmiers qualifié de quitter les milieux urbains pour travail en milieu rural de Manguredjipa. Bien que rural, l’ITM-Mambowa est une des meilleures écoles de la province du Nord-Kivu voire de la RDC par la qualité de la formation qu’il donne et les résultats obtenus par ses élèves. Au cours de l’année scolaire 2005-2006, l’ITM Mambowa avait produit le meilleur infirmier de la RDC qui avait réussi avec plus de 85% aux Examens d’Etat.
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L’année 2008 aura été très éprouvante pour le corps sanitaire de Beni-Lubero :
– 28 Février 2008 : Le Dr Bahati Franck est assassiné à Kyavinyonge par un Fardc,
– 28 Mars 2008 : L’infirmier Titulaire Lukalayiro et son comptable du CSR- Butuhe meurent pour avoir bu du Kasiksi présumé empoisonné
– Juin 2008: Une infirmière traitante du CS Kaheku ZS Biena, Mlle Claudine Masika (30 ans) trouve la mort dans un accident de véhicule à Komba (Butembo).
– 6 Novembre 2008 : Dr Bwanasula Jean, Médecin chef de Zone de santé de Beni meurt par accident de circulation à moto au rond point Matonge de Beni,
– 10 Novembre 2008: Papa Katusele, infirmier de longue date au CS Matanda /ZS Butembo meurt à la suite d’une chute fatale de l’escalier de sa maison,
– 21 Décembre 2008 : c’est Faustin Savali qui meurt brusquement…Toutes ces morts comme bien d’autres ne sont pas naturelles. Elles pouvaient bien être évitées, mais hélas.
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Les sages disent que le malheur ne vient jamais seul ! Cette sagesse cadre bien avec le Congo d’aujourd’hui où toutes les politiques publiques ont failli ou n’existent plus. C’est ainsi que les congolais sont à la merci de plusieurs aléas naturels ou provoqués par la négligence des humains. Ceux qui échappent au génocide des congolais en cours au Nord-Kivu peuvent ainsi trouver la mort par l’insécurité entretenue par l’armée impayée, les milices, la famine, les maladies, les catastrophes naturelles (foudre, pluie,), et pour le cas de notre infirmier Savali, le manque d’une politique publique de l’habitat. Ainsi une latrine conçue comme un lieu de soulagement, peut être un lieu de mort. Si les latrines ne s’effondrent pas chaque jour au Congo, elles sont connues comme des lieux de haute insalubrité où leurs usagers se communiquent ou attrapent des maladies de mains sales et autres. La mort inopinée de l’infirmier Savali dont la mission était l’amélioration des conditions sanitaires en Beni-Lubero rappelle que le pouvoir public doit travailler de pair avec les professionnels de santé, notamment dans les domaines de la securité de l’habitat. Les bâtiments et autres installations d’un Centre de Santé ne devraient pas constituer un autre danger de mort au même titre que les maladies qui y sont soignées. C’est dommage que l’infirmier Savali qui s’était arrêté au Centre de Santé de Kirima pour s’y faire soigner d’une crise de palu y ait trouvé la mort dans un effondrement d’une latrine. A qui la faute?
Il est vrai que l’Infirmier Titulaire de Kirima propriétaire du WC dont l’effondrement a couté la vie à son hôte Savali n’est pas un architecte. Il pouvait aussi bien tomber dans son W.C. et mourir. Mais à qui la faute de l’accident mortel d’hier ? Peut-on l’attribuer au constructeur ? Au Comité d’administration du Centre de Santé de Kirima ? A tous les responsables du Centre de Santé de Kirima ? Aux responsables territoriaux de l’Urbanisme et Habitat ? Au Gouverneur de Province ? Au Président de la République ?
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La mort accidentelle de Savali, comme toute mort, devrait susciter des questions sur les différentes responsabilités pour prévenir d’autres accidents du même genre dans l’avenir. La securité de notre habitat est aussi importante que la securité sanitaire, alimentaire, physique, territoriale, etc. L’accident de Kirima repose la question du bricolage en matière de construction. Toute bâtisse, tout bâtiment, y compris les latrines, doivent répondre aux normes établies par l’Etat. Ceci suppose que ces normes existent, qu’elles sont vulgarisées, exécutées sous contrôle du pouvoir public et des experts en la matière, notamment les architectes. Selon les experts, 9 latrines sur 10 au Congo ne répondent pas aux normes d’hygiène et de securité physique. Si jamais ces latrines ont un toit, il a 1 m de hauteur au point que les usagers de haute taille y cassent leurs figures ou leurs têtes à chaque passage. Comme dalle, deux morceaux de bois, une planche… De fois, il n’y a pas de porte, pas d’eau courante… La mort de l’infirmier Mbusa est un rappel que les latrines bricolées sont pour le public des dangers mortels. Il faut que le pouvoir public assume ses responsabilités dans ce domaine de salut public. Les bureaux de l’urbanisme, de l’Habitat, du Cadastre, affaires foncières, Hygiène, existent et perçoivent des taxes colossales. Mais l’habitat securisé est-il leur souci ? La corruption aidant, les agents des pouvoirs publics ne ferment-ils pas souvent l’œil devant des constructions dangereuses pour le public en échange des espèces sonnantes et trébuchantes. La vie du congolais est ainsi souvent sacrifiée à l’autel de la cupidité des agents des pouvoirs publics. Mais en fin de compte, tous sont victimes car le danger public est danger pour tous! Ainsi la responsabilité de l’insecurité de l’habitat revient à tous et à chacun.
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Juvénal Paluku
Butembo
Beni-Lubero Online
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6 Août 1996 – 6 Août 2008 : Les congolais commémorent cette semaine le 12 ième anniversaire de l’agression de la R.D. Congo par la coalition Rwanda-Burundi-Ouganda.  Pendant ces 12 ans, les congolais s’interrogent pourquoi la R.D. Congo subit un traitement exceptionnel de la part de l’ONU et de ce qu’on appelle communauté internationale dans l’application de la loi internationale? Jusqu’où ira cet exceptionnalisme ?
 
Le dernier acte de l’exceptionnalisme congolais a été diffusé avec pompe la semaine écoulée par les médias proches du pouvoir de Kinshasa et de l’ONU à propos du début de la mise en application de l’Accord de Nairobi du 9 novembre 2007 sur le cantonnement des rebelles étrangers dans un camp de transit avant leur rapatriement éventuel dans leurs pays d’origine. C’est ainsi que le jeudi 31 juillet 2008, 67 rebelles du RUD (Rassemblement pour l’Unité et la Démocratie) munis de 47 armes  de guerre se seraient fait volontairement cantonnés à Kasiki, près de Luofu au Sud du Territoire de Lubero, au Nord-Kivu. 
 
Pour la population de Luofu ce cantonnement est dangereux car il est à  un jet de pierre des maisons d’habitation des civils. Des rebelles qui jusqu’à présent terrorisaient la localité de Luofu à partir de son quartier Général de Mashuta situé à 50 Km de Luofu sont maintenant entre les murs de leurs victimes d’hier par la magie de l’accord de Nairobi. On se rappelle qu’à Noël 2007, ces rebelles du RUD, dirigés par un certain colonel Moussare,  avaient fait fuir les habitants et les prêtres de Luofu, menaçant de bombarder la paroisse catholique de Luofu si les prêtres ne les remettaient les armes leur soutirer dans un deal avec la Monuc qui a mal tourné.
 
Si les congolais saluent d’un côté ce projet de rapatriement des rebelles étrangers, ils restent cependant sceptiques tellement que depuis 12 ans les questions congolais sont toujours traités à la défaveur des congolais. Avec les rebelles du RUD dans Luofu, il suffirait d’une faille d’encadrement de leur camp de transit pour que l’insécurité déjà grandissante à Luofu provoque l’irréparable, à savoir l’occupation et l’administration de Luofu par ceux qu’on appellera alors les irréductibles ou éléments incontrôlés du RUD. Quelle idée de placer un camp d’accueil d’éléments indésirables tout près d’une grande agglomération comme Luofu au moment où dans l’opinion générale du Nord-Kivu les rebelles du RUD passent pour une émanation du CNDP de Nkunda ?  N’est-ce pas là une extension maligne du champ d’action du CNDP  par le biais de l’Accord de Nairobi? L’avenir proche fera de nous un prophète de malheur ou un faux analyste!
 
Dans un cas comme dans l’autre, le cantonnement des rebelles étrangers sur le territoire congolais présente toutes les caractéristiques de ce que nous appelons « exceptionnalisme de l’agression de la R.D. Congo ». Il suffit de lire l’accord de Nairobi  pour s’en rendre compte.  
«Les membres de ces groupes armés devraient déposer leurs armes et solliciter de l’assistance auprès des autorités congolaises ou de la Monuc pour rentrer au Rwanda ou, s’ils réunissent les conditions exigées, régulariser leur situation en RDC, en s’installant aux centres de regroupement convenus par les gouvernements congolais et rwandais».
 
La clause ci-dessus dit tout et elle renforce la suspicion des congolais sur le non-dit de l’accord de Nairobi. En effet, les  rebelles du RUD en transit à Kasiki jouissent de la possibilité de demander asile au Congo. C’est cela l’exceptionnalisme congolais. Pendant que les congolais sont chassés comme des chiens de l’Angola et de l’Occident sans aucune offre de régularisation de leurs papiers. Pendant que les congolais rentrent du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie pour l’Est du Congo encore en guerre et où l’on viole et mutile les femmes, des rebelles étrangers, des génocidaires sont dorlotés et suppliés de passer un exil doré en R.D.Congo s’ils trouvent que les conditions du retour au Rwanda ne sont pas encore réunies. Ce privilège qu’on accorde aux rebelles étrangers est en effet ce que dit la loi internationale sur l’immigration. Malheureusement les congolais refugiés dans des pays limitrophes et ailleurs dans le monde ne jouissent pas de ce privilège. Deux poids, deux mesures!
 
Dans la citation ci-dessus de l’accord de Nairobi, il y a même pire. Selon l’accord de Nairobi, le Rwanda doit approuver la décision congolaise d’installer les rebelles étrangers dans les cas de regroupement institués par la R.D. Congo. Comme l’accord ne cite que le Rwanda, on a là une preuve tacite que tous les rebelles étrangers sont rwandais ou liés d’une façon ou d’une autre au Rwanda. Aucune exigence n’est faite au Rwanda. Aucun rebelle étranger ne sera installé en R.D. Congo à l’insu du Rwanda. C’est là le non-dit de l’accord de Nairobi qui nous a déjà poussé un jour à nous poser la question de savoir si l’accord de Nairobi n’était pas la consécration de Nkunda comme roi du Nord-Kivu.
 
En acceptant les termes de l’accord de Nairobi, le gouvernement congolais s’engage ainsi à informer le Rwanda sur toute décision touchant à sa souveraineté et à securité intérieure. En d’autres termes, la R. D. Congo a signé à Nairobi la fin de sa souveraineté et sa mise sous-tutelle du Rwanda. Quand le gouvernement congolais voulait rapatrier par la force ces rebelles étrangers, la communauté internationale lui en avait empêché en avançant comme hypothèse que ces rebelles sont plus aguerris que l’armée congolaise. Aujourd’hui, la même communauté internationale fait cantonner ces militaires d’élite en proximité des populations civiles ! Entre temps, la querelle des chiffres ou du nombre de ces rebelles étrangers n’a jamais été résolue car quelqu’un parle toujours pour ces rebelles étrangers qui ne parlent pas souvent pour eux-mêmes, on ne connait pas les noms de leurs leaders, on ne connait leur cachettes à part l’endroit que le Rwanda indique aux autorités congolaises. Leur seul moyen d’expression c’est la violence contre les congolais au point qu’on se demande s’ils sont vraiment des rebelles étrangers, car si tel était le cas, leur violence serait tournée contre le régime de Paul Kagame… Ces exceptions rendent difficile leur  rapatriement au Rwanda. En effet le Rwanda a tiré le bon bout du bâton de l’Accord de Nairobi. C’est comme un voleur qui est fait sentinelle de la maison où il vole souvent!  Une exception congolaise ! Aucun rebelle étranger ne peut s’installer au Congo ni rentrer au Rwanda sans l’aval du Rwanda. Et qu’est-ce que le Congo dans tout cela si ce n’est qu’il est invisible et réduit en rien ! Les 5 millions des cadavres congolais ne  donnent pas au Congo le droit à la parole au tribunal où sont jugés leurs tueurs ! 
 
A quoi ces exceptions congolaises riment-elles ? Ce  qui peut arriver dans les jours qui ne sont pas loin, c’est la demande collective par les rebelles étrangers de l’asile en R.D.Congo et la surprise de Paul Kagame de donner son aval à leur regroupement au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, pas ailleurs.  Ainsi les rebelles étrangers obtiendraient la nationalité de leurs victimes congolaises. C’est là un autre signe de l’exceptionnalisme d’un Congo qui se dit souverain mais qui joue un rôle passif dans la résolution d’un conflit qui lui a couté 5 millions des morts. Et cela depuis le début de son agression par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda qui avait débuté par l’attaque de l’Hôpital de Lemera au Sud-Kivu, un certain 6 Août 1996, fête de la transfiguration pour les catholiques romains. On peut dire que depuis le 6 Août 1996, c’est tout le Congo qui a été négativement transfiguré par les agresseurs jusqu’à être méconnaissable aujourd’hui. En effet, depuis lors, la République du Zaïre devenue par après République Démocratique du Congo, n’a jamais gagné un seul match contre ses agresseurs. Son agression avait attendue trois ans pour être vaguement reconnue par des résolutions non contraignantes de l’ONU (RES 1234 du 9 Avril 1999). Chaque fois que le Zaïre accusait le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda d’avoir violé l’intégrité de son territoire, comme réponse et au lieu de former une commission d’enquête sur l’accusation zaïroise, le Conseil de Securité de l’ONU proposait une conférence internationale sur la Région des Grands Lacs Africains… Quand la flagrance de l’agression du Congo était devenue trop gênante pour les agresseurs de la R.D. Congo, l’heure des rebellions RCDs et MLC était venue. Quand le dialogue intercongolais avait réussi à réunir dans un même gouvernement dit d’union nationale tous les gouvernants et les rebelles repentis, l’heure du CNDP était venue. Quand le CNDP a été amnistiée de ses crimes de guerre à la Conférence de Goma et au parlement congolais, l’heure du cantonnement du RUD, des FDLR, FPC, RPR, etc. était arrivée. Qu’adviendra-t-il après le cantonnement des rebelles étrangers ? 
 
Pendant 12 ans, la loi internationale a failli en R.D.Congo en mettant sur le même pied d’égalité l’agresseur et l’agressé, l’élu et le rebelle, le citoyen et l’immigré clandestin, etc. La charte de l’ONU a failli en R.D.Congo en refusant de punir l’agression, la violation de l’intégrité territoriale d’un état souverain, la rébellion, le génocide de 5 millions des congolais, la mutilation des femmes violées, le non-respect de la volonté des congolais telle que exprimée par des élections démocratiques, etc.
 
Aux congolais de tirer la conclusion de cet exceptionnalisme calamiteux dans la gestion de la crise congolaise ! N’est-ce pas un bon thème de campagne électorale pour les présidentielles de 2011, si jamais elles ont eu lieu…
 
Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online
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Les ONG internationales continuent de se bousculer au portillon du Nord-Kivu pour répondre à l’appel de reconstruction de cette province martyre de la guerre d’agression et d’occupation. Si jusque-là on regrette que ces ONG n’arrivent pas à faire pression sur la communauté internationale et le gouvernement congolais pour ramener les milliers des déplacés du Nord-Kivu dans leurs villages, on ne peut que saluer ce geste de l’OIM. En effet, c’est la première fois qu’une ONG cible les militaires comme un terrain de reconstruction. En effet, les militaires sont parmi les parents pauvres de tous les régimes qui se sont succédé à Kinshasa. C’est ainsi que l’action de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM en sigle) a été salué par la population de Butembo qui espère que cette prise en charge contribuera à la baisse des vols en mains armées attribues aux militaires.

Distribution de l’aide de l’OIM à l’aéroport de Rughenda, Butembo

652 familles des militaires du camp de l’aéroport de RUGHENDA, l’hôpital de MATANDA, ainsi que l’hôpital de KATWA, bénéficieront de cette aide de l’OIM.
Le directeur-adjoint du Projet, Mr Thomas KABUYA, a aussi promis la réhabilitation des latrines et douches, et l’adduction en eau potable au bénéfice de deux hôpitaux ci-haut cités.
Mr. Thomas KUBUYA, Directeur-Adjoint de l’OIM
D’après THOMAS KUBUYA qui s’est confié à Beni-Lubero Online, l’aide de l’OIM est destinée aux familles dépendant des militaires des brigades intégrées qui sont dans la garnison de Butembo, et plus spécialement, la 13ième brigade et la 15ième brigade.
Chaque famille recevra un kit composé d’une banche, des moustiquaires et de casseroles, plus une brouette.
L’OIM est en R. D. Congo depuis 1984 et à Goma au Nord-Kivu depuis le mois de juillet 2007.
L’OIM comme les autres ONG qui volent au secours des Nord-Kivutiens soulagent sans aucun doute la souffrance des personnes assistées. L’espoir de tous est que ces ONG passeront à une deuxième étape, celle d’apprendre aux Nord-Kivutiens à se prendre en charge et à contrôler l’action du gouvernement.
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Thérèse Malule
Butembo
Beni-Lubero Online
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Les opérations de distribution d’une assistance humanitaire au profit des déplaces de KAMANDI et KAYNA se sont déroulées ce Lundi. KAMANDI et KAYNA sont respectivement situé à environ 180 et 150 km au sud de Butembo, dans le territoire de Lubero. Ce don constitué des  non-vivres (Habits, gobelets, Houes) vient du Ministère Allemand des Affaires Etrangères à travers la Caritas du Diocèse de Butembo-Beni.
 
A KAMANDI GITE, c’est le chef de village qui a lancé la distribution en appelant les bénéficiaires ainsi que toute la population à l’ordre et au calme. Ici, les bénéficiaires sont les retournés de VUHOYO à environs 5 km, les déplaces de KISERERA ainsi que ceux de  KAMANDI –LAC. Ils sont au total 2170 ménages.
 Le même nombre est enregistré à KAYNA où l’on retrouve les déplacés de KAMANDI-Lac, KAMANDI-GITE, ceux de VUHOYO ainsi que ceux des villages situés au sud du territoire de Lubero.
 
Dans les deux sites de distribution chaque ménage reçoit 6 assiettes, 6 gobelets, trois pièces de pagne, des friperies pour enfants et adultes, trois couvertures et deux houes.
 

Ces déplacés ont fui, les uns les récents affrontements entre les FARDC et les combattants du PARECO (Patriote Résistant Congolais) à KAMANDI-LAC et KAMANDI GITE et les autres les combats entre les FARDC et les PARECO alliés aux FDLR dans la partie ouest du territoire.
Les déplacés s’en réjouissent tout en réclament le retour au calme dans leurs village d’origine pour leur permettre de vaquer paisiblement à leurs travaux champêtres, principales activités dans la région. La distribution des houes a fait dire à certains déplacés qui voyaient en cet élément un signe que leur errance durera, raison pour laquelle les humanitaires distribuent des houes pour que les déplacés oublient leurs villages et créent des nouveaux villages dans leur refuge. (NDLR: En effet, la crise du Nord-Kivu est absurde et ambigüe dans la mesure où les médiateurs ne veulent pas contraindre ceux qui violent les accords de paix signés par tous. A la place, les médiateurs se montrent actifs dans l’humanitaire en laissant la source de la violence intacte en decidant de ne pas attaquer le mal à sa racine…)
 
Mr. Fabrice Maghulu ( 3ième de G à D) : Directeur de Caritas Butembo-Beni
Si à KAMANDI-GITE l’on sent le retour au calme, à KAMANDI-LAC par contre, la tension persiste entre les FARDC et les PARECO. Selon des  témoignages recueillis auprès de la population de KAMANDI-GITE, deux fortes équipes des distributeurs ont travaillé sur les deux sites de KAMANDI et KAYNA sous la coordination du directeur de la Caritas en diocèse de Butembo-Beni, Mr FABRICE MAGHULU. Les distributeurs étaient en majorité des gens pris dans la population locale.
 
+ Caritas Diocèse de Butembo-Beni +
 
Dépêche transmise par Thérèse Malule
 
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L’Université de Kasugho, UCNDK en sigle, est une institution d’enseignement universitaire implantée à Kasugho (47 km à l’Ouest de la Cité de Lubero, à 1750 m d’altitude), groupement Musindi, Territoire de Lubero, Province du Nord-Kivu en R.D.Congo. Cette institution avait commencé à fonctionner à Goma comme un Centre de Conservation Biologique (Tayna Center for Conservation Biology, TCCB en sigle) au courant de l’année académique 2003-2004 et s’est implantée définitivement dans ses propres bâtiments à Kasugho depuis le 06/01/2005. La pose de la première pierre avait eu lieu le 17/11/2003. Cette université a été agrée définitivement par le décret présidentiel N° 06/0106 du 12 juin 2006.
 
L’ étudiant GUY MUMBERE dans un coin du site de l’université de Kasugho
 
Comme toute institution, cette université a connu des moments de joie et de tristesse. Pour ce qui est de ce dernier aspect, l’UCNDK a subi, à l’intervalle de moins d’un mois, deux frappes très dures dont:
 
– l’accident routier du 09/01/2008 dû à un système de freinage qui avait cédé alors que la camionnette était dans une descente à moins de 15 km de la cité de Lubero vers l’Université. Le bilan de cet accident routier était de deux décès (Une étudiante de G3 Ecologie et Gestion des Ressources Animales, Zawadi Masika Sivamwenda et un nouvel agent, gradué en Anglais, qui devait aller enseigner l’anglais aux écoliers de l’Ecole Primaire Muyisa, réalisation de l’UCNDK) et plusieurs blessés dont certains toujours en souffrance jusqu’aujourd’hui.
 
– le coup de foudre du 08/02/2008 qui a arraché à la vie deux étudiants ressortissants de Mambasa (Province Orientale): Masudi Yuma (Prépolytechnique) et Matangama Kilite (G1 Information et communication). Deux autres étaient entrés en soins intensifs: l’un, Kasika Jeploke, de G3 Ecologie et Gestion des Ressources Animales et l’autre, Mendela, de G1 Sciences Bucco-dentaires.
 
A côté de ces deux cas douloureux, on ne saurait passer inaperçu le troisième cas malheureux du regretté étudiant Sukari de G1 Biologie (Mambasa, Province Orientale aussi) qui était mort le 10/02/2008, deux jours après le coup de foudre, à l’Hôpital de Matanda. Celui-ci aurait été empoisonné chez lui à Mambasa pendant les vacances de Noel 2007, si l’on en croit son neveu étudiant qui le gardait.
 
Comprenez que la douleur, mélangée de peur, était tellement grande que l’on ne savait plus à quel dieu se vouer. Comme Job, on ne savait comment qualifier ce qui arrivait. Il suffisait qu’il gronde pour qu’étudiants et agents se disent, chacun à ce qui le concerne, que le sifflet de la mort sonnait encore.
 
Croyant au Dieu d’Abraham, les autorités de l’Université ont estimé qu’il fallait absolument profiter de la tournée de carême pour demander au curé de la nouvelle Paroisse de Kagheri (15 km à l’Est de l’Université, en route vers Lubero), Monsieur l’Abbé SAITABO, de bénir le site universitaire. C’est ainsi qu’à la date du 09/03/2009, le souhait de tout le monde a été accompli. Deux messes étaient à l’ordre du jour:
– la première, chantée et dite en kiswahili a commencé à 8h30′;
– la deuxième, chantée et dite en français a commencé à 11h30′ et s’est terminée par la grande bénédiction du site qui a suivi l’ordre ci-après:
– auditoires d’usage habituel et auditoires à chantier, labo informatique,
– bureau des services académiques et le Bâtiment Administratif dans l’ensemble,
– le magasin des vivres et habitation des Frères de l’Assomption étudiant à l’UCNDK,
– Bâtiment de restauration,
– logement des étudiantes internes,
– Bibliothèque,
–  logement des étudiants internes,
– Rectorat,
– Hewa Bora (logement des étudiants semi internes),
– maison d’un étudiant charismatique,
– maison de l’Administratif de l’UCNDK,
– lieu de divertissement des étudiants et agents (Triano),
– Mbudi (logement des étudiants semi-internes et d’autres internes) où la foudre avait arraché à la vie deux étudiants,
– l’Ecole Primaire Muyisa,
– la maison de passage de la radio,
– la radio,
– maison d’un agent,
– maison du président de la chorale swahili,
– maison dune charismatique,
–  l’Hôpital de l’université,
–  la cantine,
– la maison de passage des enseignants visiteurs,
– Musaka (habitation des enseignants permanents),
– maison du chef de camp (papa Matata),
– la station de la réserve des Gorilles de Tayna,
– la citerne de l’eau potable,
– la Résidence du Présidence de Conseil d’Administration et initiateur d’UCNDK,
– enfin la tombe se trouvant à la Résidence.
 
La grande bénédiction s’est officiellement terminée (vers 16h00) par la prière finale à la Résidence du PCA où la patate douce du jour a été partagée.
 
Notons, pour tout dire, que c’est Dieu qui donne mais aussi reprend quand il le juge nécessaire. Comme humains, nous ne pouvons rien contre la divine providence. Que les âmes de ceux qui nous ont précédé reposent en paix et que nous qui restons ayons en tête l’idée selon laquelle nous sommes tous au parking et que le bus peut arriver à n’importe quel moment du jour. Nous devrons, ainsi être continuellement prêts pour le voyage, prêts pour l’ailleurs de Dieu. C’est le mystère même de carême.
 
Que la bénédiction de Dieu, par le biais de son ministre, inonde le site universitaire et sèche à jamais les larmes de ses fidèles.
 
CT Ladislas Katsuba Kinyali
Dean of students
Université de Kasugho
Beni-Lubero Online

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Ce premier janvier 2008, Beni-Lubero Online (en sigle BLO) célèbre, jour pour jour, son deuxième anniversaire d’existence et entame sa troisième année dans la joie et la determination de continuer à répondre à un besoin de la communauté congolaise au pays et dans la diaspora.
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Au nom de la Fondation Beni-Lubero et au mien propre, je saisis cette occasion pour présenter mes vœux les meilleurs à vous tous qui lisez et faites lire BLO !
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Vous êtes nombreux à frapper à la porte de BLO. Le compteur l’indique bien… 550 000 visites à BLO, sans compter les visites de ceux et celles qui lisent BLO à travers les sites et les blogs congolais qui diffusent ses articles.
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Nous espérons que nous ne vous avons pas trop déçu malgré les limites que certains n’ont pas manqué de nous faire remarquer pour nous aider à aller de l’avant. Un adage bien connu ne dit-il pas que c’est en forgeant qu’on devient forgeron !
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Concernant la situation de la Province du Nord-Kivu en général, et des territoires de Beni et de Lubero en particulier, plusieurs d’entre vous nous ont félicités pour avoir bien vu venir ce qui s’y passe aujourd’hui. C’est ainsi que, pour la circonstance, nous vous proposons ci-dessous, un des plusieurs éditos prophétiques de notre confrère Rigobert Kanduki, du 19 mai 2007.
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Certains peuvent dire que BLO a vu juste mais n’a pas su empêcher ce qui arrive aujourd’hui au Nord-Kivu. Ce qui est vrai ! Il y a une distance entre dénoncer et agir. Ceux qui militent seulement pour la liberté de la presse devraient toujours ajouter la liberté de l’action. Sans action, les écrits dont on dit qu’ils demeurent, peuvent accommoder le statu quo.
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Vous aurez constaté que ces derniers temps les fils et filles du Kivu écrivent beaucoup pour sonner la sonnette d’alarme à propos de la situation au Kivu. En l’espace d’une semaine, trois associations sont nées au Nord-Kivu pour parer à toute éventualité, du moins si l’on en croit leurs communiqués, du fiasco de Goma. Que faire de ces analyses pertinentes et de ces associations des enfants du Kivu? Que faire si un bon matin on se réveille avec les villes et cités du Kivu investies par des troupes rebelles? De quels moyens humains, matériels, politiques, juridiques, diplomatiques, disposons-nous pour faire participer les 60 millions des congolais à la conquête de la paix et la défense de l’intégrité territoriale de la R.D.Congo?
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Pour que de ces analyses et associations naisse un élan pour un changement au Congo, il faut que tous les enfants du Kivu prennent leur courage en mains pour passer de la théorie à l’action, des actions isolées aux actions concertées et coordonnées.
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A l’occasion de son deuxième anniversaire d’existence, et au debut de sa troisième année de service, BLO invite tous ses correspondants de par le monde, d’aider le peuple congolais à reconquérir concrètement son pouvoir de souverain primaire, à se doter des dirigeants qu’il lui faut, et à faire appliquer la loi démocratique, c’est-à-dire celle du gouvernement et du contrôle de la cité par le peuple.
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Les congolais ont assez écris mais en solo. L’heure des actions concrètes, communes, concertées, et coordonnées, a sonné en ce matin du 1 janvier 2008 !
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Chers amis et amies de BLO, prenons comme mot d’ordre pour cette année 2008 « Agir Ensemble » pour sauver le bateau congolais de son naufrage actuel.
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Vincent K. Machozi, a.a.
Boston, Massachusetts, USA
Beni-Lubero Online
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Joseph Kabila s’en va-t-en guerre contre les populations congolaises ( Archives BLO)
 
19-05-2007 ( Par Rigobert Kanduki)
 
Les retombées du défilé militaire du 17 mai à Kinshasa doivent faire peur aux populations du Congo en général et du Kivu en particulier. En effet, l’armement déployé sur le boulevard triomphal a montré une fois de plus la mauvaise volonté de Joseph Kabila qui livre le Kivu à ses frères rwandais, car, si tel n’était pas le cas, cet armement moderne aurait déjà été déployé à Sake, Rutshuru, Masisi, Jomba pour dissuader les tortionnaires des brigades mixées de Nkunda. La promenade des armes sophistiquées dans les rues paisibles de Kinshasa donne ainsi raison aux congolais qui soutiennent que Joseph Kabila ne fait la guerre qu’aux congolais mais jamais contre ses frères rwandais, quels que soient leurs crimes notoires. Depuis qu’il est au pouvoir, Joseph Kabila ne s’est battu qu’au Bas-Congo contre les militants de BDK et en pleine de Kinshasa contre les milices de Jean-Pierre Bemba. Jamais il ne s’est battu au Kivu ou en Ituri. Avant les élections, il avait réussi à tromper les Kivutiens et les Ituriens en leur disant qu’après les élections personne n’oserait saboter l’état de droit au Congo. Mais cela n’était qu’une belle parole de campagne. Après les élections, l’impunité a élu domicile au Kivu avec l’aide des émissaires de Joseph Kabila. C’est désormais connu que Joseph Kabila est l’ennemi numéro un du Kivu et de la R.D. Congo. Les populations de l’Est du Congo qui l’ont élu massivement sont les grands perdants des élections de 2006. Elles s’étaient trompées lamentablement de candidat.
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Dans son discours du 17 mai, en dépit de la grogne au sein de la population contre l’action de son gouvernement, Joseph Kabila n’a trouvé que l’exhortation à la patience et au travail comme solution à la crise qui gangrène le tissu socio-économique du Congo. A des congolais qui sont déjà patients depuis le règne sans partage de Mobutu, Joseph Kabila administre plus de patience. Si les congolais ont une vertu, c’est certainement celle de la patience. Le discours du 17 Mai a ainsi forcé une porte ouverte. C’est aussi le cas de son exhortation au travail. Les congolais sont travailleurs, courageux, car, si tel n’était pas le cas, ils seraient tous morts. Ce que les congolais demandent ce sont les conditions de vie favorables au travail telles la sécurité des personnes et de leurs biens, la justice, la lutte contre la corruption, etc. Joseph Kabila n’a donc rien dit au peuple congolais de vrais raisons de la crise actuelle, lesquelles raisons sont dans tous les medias et dans tous les forums des congolais, au point qu’on se demande s’il est au courant de ce que pense le peuple congolais.
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S’agissant par exemple de l’insécurité qui empêche les congolais de vaquer paisiblement à leurs occupations, on s’est étonné que par exemple le mot insécurité soit absent de son discours. Parlant du Kivu ou des massacres des populations se commettent au quotidien, Joseph Kabila s’est contenté de parler de « tensions » au Kivu et à mettre en garde non les rebelles de Nkunda mais les « séparatistes », entendez par là ceux qui s’opposent à ses frères rwandais. Jamais le nom de l’homme par qui le malheur du Nord-Kivu est arrivé, à savoir, Nkunda, n’est sorti de sa bouche. Au contraire, ce sont les populations kivutiennes qui sont en faute et qui doivent s’amender.
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Le conseil de Ministre d’hier 18 mai, si l’on en croit le compte rendu publié ce matin par le Potentiel, a pris une allure de guerre contre les populations congolaises qui ne veulent pas se soumettre à la dictature kabiliste. Le ton du compte rendu est sec et sévère. Ainsi, contre toute attente, le dossier Kahemba est déclaré clos. L’Angola est acquitté et l’heure est à l’amitié légendaire entre le Congo et l’Angola. On comprend pourquoi le rapport de l’Assemblée Nationale était en souffrance pendant plusieurs semaines. Une fois, la rumeur a circulé que ce rapport était disparu miraculeusement du secrétariat de la Commission… Avant qu’il ne soit pas débattu en plénière, le Gouvernement clos le dossier se fondant sur base des experts en la matière. Partant du principe de l’indépendance des Institutions de la République, tout le monde attend savoir les conclusions du huis clos de l’Assemblée Nationale.
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Désormais la population de Kahemba est donc dans le collimateur du Gouvernement qui se voit pour la première fois invité au chapitre depuis le début du feuilleton de l’occupation angolaise. En effet le Conseil des Ministres se propose d’associer les populations locales par la voie des assemblées provinciales, à la garde de 9000 km de frontière. Pourtant, dans un état démocratique, c’est par la qu’il fallait commencer. Mais comme la R.D. Congo n’est pas une démocratie, la vérité vient du sommet de la pyramide. Le rapport des députés du Kwango, et celui de la société civile de Kahemba, qui persistent et signent que l’Angola occupe des villages congolais est ainsi rendu nulle et sans effet. Comme dans toute histoire d’annexion d’un territoire (Cas de l’Allemagne et de la Russie au 19 ième siècle), les états annexionnistes cachent leurs ambitions par ce qu’on appelle « frontière scientifique » que la populace ne peut contredire. L’histoire se répète à Kahemba où la science est manipulée pour couvrir les intérêts machiavéliques des hommes au pouvoir.
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L’affaire BDK du Bas-Congo est traitée selon la même logique. La faute est à la secte religieuse de BDK. Le ministre de la Justice doit sévir contre les sectes religieuses du Congo, au besoin leur retirer la personnalité juridique. Du coup la responsabilité du Gouvernement de Kinshasa est occultée et il n’est pas impossible que les quelques coupables qui seront inculpés ne subissent qu’une parodie de justice avant de recouvrer leur liberté. Mais les sectaires doivent prendre au sérieux cet avertissement car s’ils sont inculpés, ils ne s’en sortiront pas avant de payer le dernier sous !
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L’insécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu est mise sur le dos des populations. En effet, pour mettre fin à la crise qui sévit dans la région, ce que le gouvernement propose c’est une table ronde entre les forces vives de ces deux provinces. Pendant que même les enfants de 10 ans savent que la cause de l’insécurité s’appelle Nkunda qui a fait entrer au Kivu des militaires rwandais et ougandais pour occuper militairement la région au profit du Rwanda et de l’Ouganda, un fait reconnu par William Swing patron de la Monuc, le gouvernement de Kinshasa, sans froid aux yeux, propose une table ronde et des Barza communautaires pour résoudre la crise au Kivu. Dans le même rapport, il est dit que cette table ronde doit aboutir à la relance du DDRR et à la fin du mixage…
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Cette proposition est une insulte aux populations souffrantes du Kivu. Sachant que le mixage est déjà terminé, que les soldats rwandais, ougandais, et des mercenaires sont déjà en place au Kivu pour sécuriser les sites d’exploitation des ressources naturelles au profit des multinationales et des nations puissantes, Kinshasa doit exécuter la dernière partie de son contrat comme l’a réclamé Nkunda au micro d’un journaliste de Goma suspendu pour avoir passer cette interview à la RTNC. Cette dernière partie du contrat de Joseph Kabila c’est de convaincre les populations du Kivu d’accepter l’occupation de ses terres par les rwandais. Ceci n’est pas un fait nouveau. L’agression du Congo depuis 2001, est l’œuvre de Joseph Kabila qui bloque la machine militaire du pays de bouter l’ennemi du Congo dehors. Aussi, la résistance kivutienne initiée par Mzee LDK est en souffrance sous Joseph Kabila. Ce que Nkunda a réclamé la semaine dernière en disant que Kinshasa n’avait pas tenu à ses promesses, c’est ce que le Gouvernement veut lui offrir comme sur un plateau, en lui offrant les têtes des ténors des forces vives et des résistants qui, ayant tiré toutes les conséquence de la trahison et de Kinshasa et de la Monuc, n’attendraient plus rien de Kinshasa et de la Monuc.
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La population du Kivu, et non les rebelles mixés de Nkunda, est ainsi la cible du Gouvernement de Joseph Kabila. Les méthodes d’intimidation que Kinshasa a appliquées à Kinshasa pour forcer les députés nationaux, députés provinciaux, ministres, et chefs coutumiers à taire l’occupation de Kahemba risquent d’être utilisées au Kivu pour obliger les forces vives du Kivu à accepter la présence sur son terrain des soldats rwandais et ougandais, sous prétexte de privilégier la paix. En amenant les forces vives du Kivu ensemble, Kinshasa voudrait en épingler les meneurs qui lui résistent ou lui échappent encore et qui seront probablement intimidés ou mis devant le choix de la collaboration ou de la mort. Cette étape était prévisible après les menaces que Kinshasa aurait adressées aux gouverneurs du Sud-Kivu et du Nord-Kivu au début de leur mandat. Ces deux chefs de l’exécutif du Kivu devaient se taire sous peine de perdre leur vie. Il en était de même pour les commandants de régions militaires qui n’ont pas hésité à dire hors micro qu’ils n’agissaient pas contre les brigades mixées pour sauver leur vie.
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La proposition de la table ronde ou barza communautaire est ainsi le signe parlant de l’échec des élections de 2006. Les institutions issues des élections sont en place mais Joseph Kabila les contourne pour gérer le pays en cavalier. Cela s’appelle dictature ou pouvoir autocratique. Depuis les accords signés entre Kinshasa et Nkunda, on n’a vu comment Joseph Kabila a craché sur l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu en l’ignorant complètement. En décrétant la table ronde, les assemblées provinciales ainsi que les gouvernements du Nord et du Sud-Kivu sont réduits à néant. Comme conséquence de cette prise en otage des institutions issues des élections, on va assister à la gestion de la crise du Kivu par des émissaires de Joseph Kabila comme John Numbi, Pierre Numbi, Vital Kamerhe, Mbusa Nyamwisi, Dunia, etc.
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Et pourtant , les forces vives du Kivu ont fait des bonnes propositions pour résoudre l’insécurité au Kivu, à savoir, déplacer les brigades mixées dans des provinces loin des frontières rwandaises et ougandaises, nommer au Kivu les généraux qui ont déjà démontré leur détermination à garder les frontières contres les agressions intempestives des armées rwandaises et ougandaises, traduire en justice tous les chefs rebelles et miliciens qui sèment mort et désolation dans la région, laisser aux membres des gouvernements provinciaux et des assemblées provinciales de faire leur travail en faveur de leurs électeurs, etc.
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La question ethnique que la fameuse table ronde présuppose, remet ainsi en selle un faux débat qui a servi depuis le début de l’agression du Congo de fond de commerce aux agresseurs rwando-ougandais. Le climat de paix qui a régné au Kivu pendant les élections, l’intégration de toutes des toutes les tribus dans les bureaux des assembles provinciales était un signal fort que le Nord et le Sud-Kivu avaient découvert le mensonge de l’alibi ethnique dont l’ennemi du Congo s’est toujours servi pour avancer sa cause d’occupation et de pillage des ressources naturelles.
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La complicité de Kinshasa n’étant plus à démontrer dans la situation actuelle du Kivu, la balle est dans le camp des forces vives du Kivu. Il serait fatal aux kivutiens d’accepter la solution à la Kahemba, c’est-à-dire, la solution du guide éclairé, la solution scientifique des experts, une solution qui tombe d’en haut sans écouter la base.
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Une fois de plus, les conditions sont favorables à la réalisation de la prophétie de Mzee LDK : La guerre sera longue et populaire ! Les politiciens et les militaires s’étant montrés corruptibles et peureux, des leaders charismatiques doivent naitre du milieu du peuple pour conduire le peuple congolais à se libérer du joug des agresseurs. Joseph Kabila s’oriente petit à petit vers le face à face avec ce peuple qui l’a élu mais qui parait aujourd’hui être le cadet des soucis de l’action de son gouvernement !
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Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online

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Les habitants de la ville de Goma ne luttent pas seulement pour leur securité physique, alimentaire, mais aussi pour leur securité en eau. Il y a donc plusieurs insécurités à Goma ! On ne peut pas déjà parler des conséquences du réchauffement climatique de la planète ni de la guerre de l’eau que prédisent les écologistes en Afrique après les guerres actuelles du coltan ensanglanté, du diamant de sang, etc. Sans minimiser les prédictions des écologistes, il faut reconnaitre que Goma est une ville sans rivière et avec une pluviométrie basse. Ainsi, l’eau utilisée par la population de Goma provient du Lac Kivu avec son trop plein de gaz méthane, ses nombreux protozoaires, bactéries, parasites et virus de toutes sortes.
Vue de la Ville de Goma ( Photo BLO)
Après la pluie qui a durée presque une semaine, c’est l’insécurité de l’eau qui s’était abattue sur toute la ville la semaine dernière. Cette pénurie d’eau dans la ville a crée une véritable insécurité pour une population qui a augmenté avec l’arrivée en son sein des déplacés ayant fui l’insécurité et la mort que sèment les Nkundistes dans la Masisi et le Rutshuru. Ce fait souligne bien la précarité de la vie au Nord-Kivu ou les populations sont aux prises avec plusieurs insécurités à la fois. Certains ayant réussi de quitter leurs villages avant l’arrivée des Nkundistes, meurent de faim ou de maladie dans leur cachette. Ceux qui ont eu réussi à atteindre Goma ne sont pas tout à fait en securité à cause des bandits armés et du manque d’eau potable…
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Dans la ville de Goma, les stations de ravitaillement en eau potable sont alimentées grâce à la REGIE DES EAUX. Mais pour puiser aux points d’eau ou robinets éparpillés dans la Ville, il faut se lever à 4h00 du matin, avec ce que cela comporte comme risques sécuritaires, et payer 20 Francs Congolais par bidon de 20 litres. Ailleurs, chez les privés qui font le commerce de l’eau dans la ville, il faut payer entre 30 à 80 Francs Congolais par bidon de 20 Litres.
En ville, les privés vendent le bidon de 20 Litres à 100 Francs Congolais !
Aux Gomatriciens qui, pour répondre à leur demande d’eau dans leurs foyers, vont carrément puiser au Lac Kivu, la régie des eaux distribue des produits traitants qu’ils injectent dans chaque bidon moyennant des seringues de fortune!
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La Regideso de Goma a du pain sur la planche. Son offre en eau est largement inférieure à la demande. La bravoure des Gomatriciens ne devrait pas pousser les autorités de la Regideso à dormir sur leurs lauriers et se contenter des solutions de survie. L’eau est l’élément primordial pour la vie et doit à ce titre constituer la priorité numéro un de tout responsable politique. L’apprentissage et la diffusion des techniques de filtrage et de traitement de l’eau pour la rendre potable et saine avant sa consommation devrait figurer à une place de choix sur l’agenda des autorités de la ville de Goma qui ont le domaine de l’eau sous leur responsabilité.
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Paul Maene
Goma
Beni-Lubero Online

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Un conflit de terre oppose depuis la semaine dernière l’Eglise CBCA (Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique)  à la population du Quartier Vulema, Commune de Mususa, Ville de Butembo.
 
Au centre du conflit se trouve la concession communément appelée "Kicroquis » d’une superficie de 5 hectares et qui se trouve derrière l’Eglise Catholique de Vulema.  
 
L’Eglise CBCA dit avoir acheté la dite  concession en 1978 au près du chef  terrien  Mr Kambale Kavuno Kichwa. En 1978, l’Eglise CBCA dit avoir payé la moitie du prix d’achat. Quelque temps après quand elle voulait verser la deuxième tranche, le chef terrien niera avoir perçu la première.
 
C’était le début d’un bras de fer entre l’Eglise CBCA et le chef terrien Kambale Kavuno, bras de fer qui conduira les deux parties jusqu’à la cour d’appel de Goma. Le jugement final aurait accordé la concession à l’Eglise CBCA à condition que cette dernière repaye la première tranche dont le chef terrien niait le paiement.  
 
Chacune de deux parties semble avoir choisi d’interpréter le jugement de la Cour d’Appel à sa façon.
 
Le chef terrien se disant n’avoir jamais rien reçu de l’Eglise CBCA, s’adonna à cour joie et à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes à la vente progressive des parcelles dans une partie de la dite concession à des nouveaux acquéreurs qui y ont établi leurs domiciles jusqu’à constituer tout un quartier.
 
De son côté, l’Eglise CBCA campa derrière son idée d’avoir versé la moitié du prix de la concession,  construisit une école dénommée «  Ecole Primaire Kinyavuyiri » sur une partie de la concession.
 
Plusieurs questions se posent à ce niveau. Y-avait-il eu un jugement a Goma ? Si oui, pourquoi le chef terrien ne peut-il l’exhiber pour confondre l’Eglise CBCA ?  De même, lors de la vente de la parcelle, y-avait-il eu même une décharge que l’Eglise CBCA peut brandir pour confondre le Chef terrien ? Y avait-il des témoins de deux côtés  lors de la vente ou de l’achat?
 
Le bras de fer entre ces deux parties qui couvait sous la cendre depuis des années est remonté à la surface le jeudi 8 Novembre dernier.
 
L’Eglise CBCA demande la démolition des maisons d’habitation construites sur l’autre moitié de la concession qu’elle dit lui appartenir.
 
Les habitants du quartier clament leur innocence et se disent être en règle de paiement avec le chef terrien voire le cadastre de la ville pour certains.  
 
Le chef terrien brandissant le jugement de la Cour d’Appel de Goma soutient mordicus que l’Eglise CBCA n’a droit qu’à la moitié de la concession pour n’avoir payé que la moitié du prix.
 
La question que tous se posent est de savoir pourquoi l’Eglise CBCA réveille ce dossier seulement maintenant ? S’il est vrai que la justice du pays s’était déjà prononcée sur l’affaire, pourquoi l’Eglise CBCA veut-elle passer outre le jugement de la Cour d’Appel de Goma ?
 
Pour tenter de mater ce monstre à plusieurs têtes, une grande palabre s’est tenue le jeudi 8 novembre dans la salle de la FEC Butembo sous la modération du Responsable de l’Agence National de Renseignement ( ANR), Mr Jonas Kabuyaya, et la sagesse du Maire A.I. de la Ville, Maman Alphonsine, du Commandant des Fardc en Ville de Butembo,  du Président du Tribunal de Grande Instance à Butembo, etc.
 
Cette palabre qui a aligné les grosses pointures de la ville n’a pas malheureusement réussi à dissuader l’Eglise CBCA d’utiliser la force pour démolir les maisons  construites sur l’autre moitié de la concession.  Ainsi, une autre séance s’impose pour trouver une solution à ce bras de fer.
 
La population menacée de subir la loi  dure du Bulldozer ose croire que l’Eglise CBCA ne cherchera pas à profiter du gangstérisme en vigueur actuellement dans la Province du Nord-Kivu pour se faire justice. En effet, à  part le Maire A.I. de la Ville et le Président du Tribunal de Grande Instance, les autres membres de la palabre de la semaine dernière étaient tout sauf des justiciers en pareille matière. C’est ainsi que la population qui se dit victime et de l’Eglise CBCA et du Chef terrien, s’organise pour mettre le conflit entre les mains des magistrats pour instruire le cas et amorcer une procédure normale de justice.
 
Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online

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Les Assomptionnistes sont en deuil à la suite de la mort inopinée du Révérend Père Georges Tavard, a.a. (1922- 2007) décédé subitement ce Lundi 13 Août 2007 à l’aéroport d’Orly à Paris.
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6/02/1922 – 13/08/2007
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Le Père Georges revenait de Nancy (France) où il était en vacances en famille depuis mi-juillet. D’après sa nièce Elvira, tout allait bien jusqu’au moment où il tombera évanoui lors de son embarquement dans un vol régulier de Iberia Airlines qui faisait Paris – Madrid, et Madrid – Boston. Alertée, la Police de l’Aéroport l’a conduit d’urgence au Centre Hospitalier le proche où il a été déclaré mort à l’arrivée.
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En attendant les résultats de l’autopsie, et l’annonce du programme des funérailles, nous recommandons notre Grand frère Georges à vos prières. Que le bon Dieu l’accueille dans son paradis !
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Georges est né à Nancy, France, le 6/02/1922. Il fit ses premiers vœux dans l’Assomption pendant la deuxième guerre mondiale le 27 décembre 1943. Il fut ordonné prêtre le 2 mars 1947. Au mois de mars dernier, Georges avait fêté ses 60 ans de sacerdoce. Quelques années seulement après son ordination sacerdotale, Georges quittera la France pour s’établir aux USA où il venait de passer plus de 50 ans.
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Toute sa vie durant, Georges, religieux et prêtre assomptionniste, était professeur de théologie dans plusieurs universités des USA (Assumption College, Mount Mercy College, Wesleyan University, etc. et d’Afrique (Nairobi, Butembo, Bulengera). Comme jeune théologien de renom dans les universités des USA, Georges parfaitement bilingue, sera invité comme expert au Concile Vatican II qui s’est tenu à Rome de 1962-1965. C’est ainsi que Georges connaissait parfaitement la genèse des documents conciliaires ainsi que le contenu de chacun d’eux. Le Pape Jean-Paul II l’avait ainsi nommé membre de la Commission Pontificale du dialogue entre Catholiques et Anglicans. Jusqu’à sa mort, Georges était membre de cette prestigieuse commission pontificale. Sa mort inopinée est donc aussi un coup dur pour le Vatican qui perd un témoin compétent du dialogue Catholiques-Anglicans.
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Grand écrivain, Georges laisse derrière lui une œuvre prolifique de 60 ouvrages sans compter les articles scientifiques parus dans les journaux du monde sur l’œcuménisme, la spiritualité, le féminisme, l’ecclésiologie, etc.
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Lors de son dernier passage à Butembo en 1999, il logeait à la Maison Lwanga, au Quartier MGL quand les Mai-Mai faisaient des incursions dans la ville pour s’affronter aux rebelles du RCD-K-ML avec leurs parrains ougandais. Il avait gardé un mauvais souvenir des journées passées dans la maison sans sortir par peur des balles perdues, des conférences de théologie annulées à cause des combats dans la ville de Butembo. Il ne manquera pas de prier pour que la paix règne dans ce coin du Congo qu’il aimait beaucoup pour son climat tempéré et sa population dynamique.
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En 85 ans, Georges comme un arbre planté près d’un ruisseau qui ne perd jamais son feuillage, il fructifiait toujours. Comme dit le psalmiste, « vieillissant, il fructifie encore. Il garde sa sève et sa verdeur ! » (Ps 91, 13-15). Sur sa table il laisse trois livres en chantier dont un sur le sens du credo catholique à travers ses traductions par les langues modernes. Sur demande du Vatican, Georges travaillait sur le dossier-projet de la Canonisation de Jean Calvin par l’Eglise Catholique…
Photo prise le 4 juillet 2007
Dans notre communauté de Brighton, Georges était le plus âgé mais aussi le plus dynamique de nous tous. Il ne tombait jamais malade au point de garder le lit. Dieu lui avait donné la grâce d’une santé de fer et cela jusqu’au dernier jour de sa vie sur terre. Le fait que Georges soit mort en voyage et dans un aéroport est tout un symbole ! En effet George était dynamique, citoyen du monde, grand voyageur, théologien et historien des questions frontières, toujours à la croisée des chemins entre les catholiques et les églises protestantes. Que son âme repose dans la paix du Seigneur !
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P. Vincent K. Machozi, a.a.
Assumptionist Center
Boston, MA (USA)
Beni-Lubero Online
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Message de Condoléances
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Subject : Condoléances à la famille assomptionniste
From: MUSAVUKA IVANGYE BALINANDE
Date:Mon, Aug 13, 2007 11:38 pm
To:benilubero@benilubero.com

Chers frères,

C’est avec émotion que nous venons d’apprendre le décès inopiné du Révérend Père Georges Tavard, pillier de la famille assomptioniste.

Au nom de l’Assossiation Culturelle Nande Kyaghanda Kinshasa, dont il est membre sympathisant et d’honneur, je présente nos codoléances les plus attristées à toute la famille assomptioniste et à sa famille biologique. Je fais nôtres les larmes qui coulent des yeux de chacun. Que Dieu recompense ses oeuvres, le reçoivent entre ses mains et que son âme repose en paix.

Il n’étatit pas que Français, il étatit devenu Américain, mais surtout Nande de Butembo. Il nous quitte au moment où l’on a le plus besoin de lui.

Sé: BALINANDE Musavuka Iv.
Président ACN-Kyaghanda/Kinshasa asbl.

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From: "jean-michel brochec"
 Subject: Décès du P. Georges Tavard, a.a.
 Date: Mon, 13 Aug 2007 22:01:07 +0200
 
Nous apprenons ce soir le décès du P. Georges TAVARD, de la Province de France et de la communauté de Brighton aux USA, survenu brutalement ce matin à Orly au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion pour retourner aux USA, via Madrid.
Après des vacances en famille, il avait passé le week-end à la communauté de la Maison provinciale, communauté réduite à deux pour cause de Pèlerinage National à Lourdes. Il n’avait manifesté aucun signe particulier de fatigue ou de malaise. Hier soir, il évoquait encore avec vivacité son expérience d’expert au Concile Vatican II, en particulier dans le domaine de l’œcuménisme, ses rapports avec le Cardinal Béa, les longues années au cours desquelles il a enseigné la théologie dans un Institut méthodiste. .
Son corps se trouve à la morgue de l’aéroport. Son décès étant survenu dans un lieu public, il y aura vraisemblablement transfert dans un Institut Médico-légal pour autopsie. Impossible donc, pour le moment, de donner des précisions sur ses obsèques.
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Jean-Michel BROCHEC
Denfert Rochereau, PARIS

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Militant, écrivain et cinéaste sénégalais, Sembene Ousmane est mort hier à l’âge de 83 ans. Cet homme, " l’aîné des anciens ", fut le premier grand cinéaste du continent africain, mais c’est loin d’être tout.

Né à Ziguinchor en Casamance en 1923, il a participé activement aux affrontements de la seconde guerre mondiale en tant que tirailleur sénégalais, avant de se jeter à corps perdu dans la bataille de l’écriture avec de nombreux classiques comme " La Noire de… " ou « Les Bouts de Bois de Dieu ».
Cet ouvrage est particulièrement significatif de ce qu’était Sembene Ousmane, qui était artiste, qui était militant mais qui était avant tout un combattant de la cause des déshérités d’Afrique., c’est-à-dire de la cause des peuples, de la cause des classes populaires contre leurs exploiteurs noirs ou blancs. « Les bouts de bois de Dieu » raconte, de façon romancée, la grève du chemin de fer Dakar-Niger. Ce combat fut exemplaire pour tous les hommes, car il ne fut possible que grâce à la solidarité traditionnelle, qui remplaça les caisses de grève inexistantes et grâce à l’internationalisme de la CGT, le syndicat communiste français, qui fut seul à le soutenir.
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Son roman presque autobiographique " O pays mon beau peuple ", raconte l’histoire d’un Sénégalais parti pour l’Europe, revient au pays natal affublé d’une femme blanche, ce qui est considéré par les anciens et les parents – à cette époque où contradictions de la colonisation et ses blessures étaient encore vives , comme un outrage aux coutumes locales ; le téméraire finira assassiné mais ses efforts pour se mettre au dessus des querelles raciales, pour se consacrer uniquement à des travaux utiles aux gens, finiront par laisser un souvenir inoubliable au sein de son peuple.
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Sembene, militant de première heure du droit des Africains, avait su rejeter les tentations du populisme et du régionalisme. Issu d’une province aux velléités indépendantistes comme la Casamance, le doyen des écrivains et cinéastes africains est resté nationaliste unitaire malgré sa connaissance et sa compréhension des motivations des rebelles Il a tenu étroitement à son identité, mais parce que, pour chacun de nous, l’individualité rejoint l’universel.
Beaucoup de ses livres et maintes figures de ses films montrent aussi son attention pour le sort des femmes d’Afrique, fait d’autant plus remarquable qu’il était issu d’un pays musulman. Une de ses nouvelles, qui raconte l’expulsion de son village d’une jeune fille devenue mère à la suite d’un viol incestueux s’appelle « Vehy Ciosane », ce que l’on pourrait traduire par « Balche Genèse », mais aussi par « Chastement engendré ».
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Il en était de même des films qu’il a réalisés, et pour lesquels il a transmis le message du dialogue des cultures, longtemps avant qu’il ne soit à la mode. Faut-il le dire, son authenticité africaine, sa culture vraie, son souci profond des masses populaires déplut profondément au très occidental Senghor, qui alla jusqu’à interdire son film « Ceddo », sous prétexte que le mot devait être écrit avec un seul « D ». Le sort des vrais militants populaires africains a toujours été d’être persécuté d’abord par la bourgeoisie, héritière des passe-droits coloniaux…
L’Afrique et le monde pleurent celui qui a incarné plusieurs années durant, le combat de l’égalité des hommes par l’entremise du septième art et des lettres. Que la Terre des Ancêtres soit accueillante et légère sur son corps…
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© Dialogue des Peuples ( Congoforum)

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L’opération de mixage entre les éléments de Laurent Nkunda et ceux des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) renforce la balkanisation de la province du Nord Kivu. Contrairement aux ententes de la population, cette opération renforce la tribalisation de l’armée. Le Nord-Kivu s’oriente vers une armée monoethnique, du moins quant à la chaine de commandement. Certains officiers de l’armée de Nkunda n’auraient de congolais que les noms des tribus congolaises qu’ils se donnent … Ce qui est un bon signe d’intégration dans la communauté congolaise. Mais les populations attendent que ceux qui se donnent des noms congolais puissent aussi aimer les congolais,  pas les tuer sous prétexte de chasser des hypothétiques FDLR…
 
 Depuis le lancement de mixage on signale dans la province du Nord-Kivu plus d’une cinquantaine des morts, des véhicules pillés au niveau de Parc National de Virunga. Ces actes inhumains sont aussi signalés dans tous les coins de la province où sont déployés ces éléments mixés. A Goma, par exemple, une nuit ne se passe sans qu’on parle d’un cas d’assassinat ciblé ou ignoble.
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Selon un des membres du Congrès National pour la Défense Populaire (CNDP) Mouvement Politico-militaire de Laurent Nkunda, les Rwandophones d’obédience Tutsi ne sont pas contents du Gouvernement provincial actuel du Nord Kivu. Après six ans de règne d’un Hutu au Gouvernorat, la place devrait être céder à un Tutsi, a-t-il ajouté. Un des habitants de Kitchanga, base des Nkunda, qui a requis l’anonymat, a revele que la sécurité en province du Nord Kivu est entièrement entre les mains des  éléments de Nkunda. Ceux- ci auraient comme mission de saboter l’action du Gouvernement Provincial actuel piloté par un Nande de Beni-Lubero. Et pourtant le Gouvernement provincial ainsi que l’Assemblée Provinciale ont dès leur entrée en fonction tendu la main aux Tutsi et aux Hutu pour diriger ensemble la province dans la paix et la concorde. Mais du jour au lendemain, les honorables députés ainsi que certains membres du gouvernement sentiraient qu’il a un pouvoir parallèle au Nord-Kivu. Certains élus ont des titres mais se sentiraient du jour au lendemain perdre du terrain. Et comme le Gouvernement central est aussi asphyxié pour des raisons que le commun des congolais ignore, les mandataires provinciaux du Nord-Kivu disent ne pas savoir à quel saint se vouer. Ils étaient étonné par exemple d’apprendre du gouverneur à son retour de Kinshasa auprès de qui ils attendaient des réponses des ministères de tutelle, que c’est plutôt le chef de l’Etat en personne qui compte visiter le Nord-Kivu prochainement. Le chef de l’Etat peut visiter quand il veut mais les ministères de tutelle doivent repondre aux questions de la base.
 L’autre  grand problème  du Nord-Kivu c’est la sécurité qui n’est pas entre les mains des élus de la province. Pouvoir parallèle, sécurité parallèle, voilà comment la démocratie serait entrain d’être contournée au Nord-Kivu. Il parait que les deputes provinciaux du Nord-Kivu vivent dans la peur ne sachant pas pour qui roule le Mr ou la dame à côté… Qui liberera ces élus du peuple ?
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 Les bruits courts partout au Nord-Kivu que selon  les accords secrets signés au Rwanda, le gouvernement Congolais  aurait accordé à Nkunda le rapatriement de dix mille familles Tutsi, sans savoir où elles seront installées et qui sont ces familles au juste.  De même les éléments mixés ont obtenu la garantie qu’ils seront affectes seulement au Nord-Kivu. Voila ce qui donne des  insomnies aux populations du Nord Kivu qui ne voudraient plus subir les insécurités mais vivre et respirer  la paix et le bien- être. La demande des députés provinciaux  ainsi que de la Société Civile pour que ces éléments mixés soient déployés dans d’autres provinces de la RDC et non seulement au Nord Kivu est tombée dans les oreilles  sourdes du Général John Numbi qui fait le beau temps et la pluie au Nord-Kivu et que certains canards enchainés kinois présente comme le pacificateur du Nord-Kivu avec le Rwanda. S’il y a pouvoir parallèle ou sécurité parallèle, le cerveau moteur de tout cela serait John Numbi. Officiellement chargé des opérations de mixage, le Général Numbi, est le seul optimiste vivant au Nord-Kivu. Au lieu de descendre sur les lieux des massacres des populations, les Gomatraciens l’accusent de s’occuper du commerce des vaches en provenance du Rwanda pour ses fermes du Katanga. Plusieurs rotations d’avions auraient été signalées à l’aéroport de Goma avec des vaches à son bord à destination du Katanga.
 
Rumeurs ou pas rumeurs, une chose est vraie : les massacres des populations n’est pas une rumeur. Les braquages sur les routes avec pillages des véhicules et de leurs passagers n’est pas une rumeur.  Il faut que quelqu’un arrete ce carnage des innocents. Pouvoir ou sécurité parallèle, les élus du Nord-Kivu détiennent le pouvoir du peuple qui est le vrai pouvoir. C’est à eux de jouer le vrai jeu de la démocratie où tout ne se donne pas comme sur un plateau. Tout se gagne même après les élections, mais avec des moyens démocratiques.
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Umbo Salama
Butembo
Beni-Lubero Online

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L’insécurité s’installe finalement au cœur de la Ville de Butembo, au nez et a la barbe des autorités civiles et militaires qui affichent le même silence qui caractérise le gouvernement d’Antoine Gizenga.

Le samedi dernier vers 21h00, sur l’axe Matanda – Njiapanda, dans la cellule Lusando, un camion de marque FUSO en provenance de Mangina est tombé dans les mailles des hommes lourdement armés. Les passagers qui étaient à bord de ce camion ont été dépouillés à la pointe des armes, de tous leurs biens de valeur, tels montres, téléphones, argent et autres biens. Quand ils avaient franchi la barrière de Biasa, ils se croyaient déjà en sécurité par le fait d’être en pleine ville de Butembo. Selon un témoin qui était au lieu du drame et qui nous a livré l’information, les auteurs de ces actes étaient des militaires armés et habillés en treillis militaires. Ils ont quitte le lieu de leur forfait sans aucune précipitation, ce qui démontre qu’ils n’avaient peur de personne pendant cette opération macabre. Si tel est le cas, la population devrait prendre acte que désormais elle doit se prendre en charge. Déjà des jeunes des quartiers les plus touchés, notamment Matanda, Njiapanda, Meteo, ont demandé de participer aux patrouilles nocturnes organisées par La Monuc, les Fardc et la Police.
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Par ailleurs en cellule Kikungu, au Quartier Matanda, une femme a échappé de justesse au viol dimanche 22 / 04 / 2007 vers 5 h00 du matin lorsqu’elle allait puiser de l’eau à une des sources de la place. Contactées à ce propos, d’autres femmes du quartier Matanda ont confirmé que ces hommes en armes tentent très souvent sans succès de violer les femmes qui se rendent à la source, mais qu’elles échappent souvent grâce aux cris d’alarme qu’elles poussent.
Dans le même chapitre d’insécurité, des pygmées qui revenaient de la campagne d’évangélisation samedi dernier de chez PALUKU DENNY vers 19h00, sont tombés dans les filets des hommes en armes qui les ont dépouillés de leurs habits qu’ils venaient de recevoir comme aide de la part des chrétiens de Butembo.
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Pour tenter de mettre fin a ces actes de terrorisme urbain perpétrés par ceux-là mêmes qui sont supposés assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, nous encourageons l’initiative des jeunes qui veulent s’adjoindre aux Forces de l’Ordre pour voir de très près comment ces dernières gèrent le dossier de la sécurité en ville de Butembo. Cette initiative des jeunes a été confirmée par un confrère de la RTGB / Butembo, à savoir, monsieur BABU MICHEL .
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Philippe Kasenzera
Butembo
Beni-Lubero Online

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Les lignes qui suivent font suite aux réflexions de Mr Guy De Boeck émises en réaction au texte de lancement de la rubrique “Forum” sur Beni-Lubero Online. Grande est, en effet, la tentation d’abonder dans le sens de l’auteur du texte de lancement de la rubrique “Forum” dans la mesure où les acteurs politiques, toutes tendances confondues, ne semblent pas être préoccupés outre mesure par le caractère alarmant de la situation qui prévaut en RDC. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne semblent pas pressés de s’y attaquer.
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Comme beaucoup d’autres observateurs ou analystes, Mr Guy De Boeck pense non sans raison qu’il est encore tôt de faire une évaluation objective de l’action d’un gouvernement qui vient à peine d’être constitué et installé et que l’impatience dont font montre bon nombre de congolais est prématurée. Toutefois, pour prématurée qu’elle soit, cette impatience n’est pas sans être fondée: elle est légitime non seulement à cause de la gravité des problèmes sécuritaires qui agitent aujourd’hui la RDC telles que la présence des foyers importants d’anarchistes dans les trois Kivu, dans l’Ituri et dans certaines localités du Katanga, l’invasion récente d’une partie de la province de Bandundu par les troupes angolaises où ces dernières auraient planté le drapeau de leur pays, mais aussi et surtout à cause de la panoplie des promesses jusqu’aujourd’hui non tenues.
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Comment ne pas s’impatienter lorsque les victimes vivantes et disparues de cette situation unique en son genre se comptent par centaines des milliers, quand on a droit à un repas frugal et insalubre tous les deux ou trois jours, quand on vit de moins d’un demi dollar américain par jour, quand on ne sait pas scolariser sa progéniture ou pourvoir aux besoins de sa famille? Comment ne pas s’impatienter quand on voit proliférer et prospérer les forces du mal et qu’on constate qu’aucune force digne de ce nom ne leur est opposée aux fins de leur anéantissement? Comment ne pas s’impatienter quand à tout moment on peut être fauché, abattu par des hommes en armes qui ne seront jamais traqués et donc jamais punis? L’attente des lendemains meilleurs par les congolais ne remonte pas au début du processus électoral en voie d’achèvement. Elle remonte à l’accession du pays à l’autodétermination le 30 Juin 1960. Une pseudo-autodétermination malheureusement. L’impatience du peuple congolais est à la mesure de la durée de l’attente (46 ans), des frustrations et des souffrances endurées, souffrances dont la fin est encore loin de se dessiner à l’horizon. Comment ne pas perdre patience sous un ciel sans éclaircies mais tout le temps nuageux?
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On a un moment cru que cette attente des lendemains radieux serait enfin comblée, d’abord avec l’avènement de l’AFDL, ensuite avec la succession de l’actuel Président au Président assassiné Laurent-Désiré Kabila en Janvier 2001. Dans un cas comme dans l’autre, on a vite fait de déchanter face au constat malheureux que les fameux libérateurs étaient loin d’être ce qu’on attendait d’eux. La prétendue libération apportée par l’AFDL n’était qu’une boîte de Pandore ou, si l’on veut, un cheval de Troie. Elle a apporté au pays plus de problèmes, plus de confusion que de solutions. Il est à espérer que l’avènement des lendemains radieux attendus bien avant le processus électoral va enfin devenir une réalité sous l’actuel régime issu de récentes urnes. Mais il faut reconnaitre que craintes et inquiétudes restent au rendez-vous dans la mesure où le pays donne l’impression d’être contrôlé par des forces aussi bien endogènes qu’exogènes incontrôlées et incontrôlables et d’être sans défenseurs qui soient de taille à mettre lesdites forces hors d’état de continuer à sévir et à nuire. Puisque l’espoir fait vivre, il faut toutefois continuer à espérer le meilleur mais tout excluant pas la possibilité du maintien du statu quo c’est-à-dire la précarité existentielle actuelle. D’ou la nécessité de la vigilance.
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Je ne partage pas l’avis de ceux qui estiment que la démocratie est un mot creux ou que c’est un rêve ou une utopie irréalisable nulle part au monde. Jean-Jacques Rousseau le pensait. Mais l’histoire des peuples occidentaux lui a donné tort. Je ne crois pas courir le risque d’être contredit en arguant que les pays occidentaux n’ont connu le décollage économique jamais égalé dans l’histoire que tout le monde leur envie aujourd’hui qu’après leur option, au lendemain de la seconde guerre mondiale, pour la démocratie entendue comme pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple à travers ses représentants. C’est seulement à partir de ce moment que l’équation infernale où on avait plus de pauvres que de personnes bien assises s’est inversée de manière irréversible. Un des bienfaits de la démocratie telle que pratiquée dans le monde occidental c’est l’accès de la majorité au bien-être matériel. Nous, on est encore sous le régime de l’équation infernale qui produit plus de malheureux que de personnes bien assises, je veux dire, ayant le minimum vital.
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La démocratie est un processus, ainsi que l’a si bien relèvé Mr Guy De Boek, une idée directrice qui oriente comme une boussole, un idéal à poursuivre de manière ininterrompue, une tache à réaliser de manière jamais exhaustive, bref, une tache toujours inachevée et donc toujours à reprendre. Je conviens qu’il existe de fausses ou pseudo-démocraties. Il s’agit de celles où les parlementaires ainsi que les représentants de l’Etat sont des représentants non du peuple mais du Chef de l’Etat comme c’était le cas sous le régime de Mobutu et comme cela risque d’être le cas aujourd’hui si on n’y prend garde. Tout est, en effet, à craindre dans la mesure où l’actuel Chef de l’Etat est dit avoir la majorité au niveau de la quasi-totalité des institutions du pays et ou, par voie de conséquence, on a une opposition minoritaire dont la voix sera presque tout le temps minorisée pour ne pas dire étouffée.
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Seule une démocratie parlementaire vraie représentant les intérêts du peuple et non ceux du Chef de l’Etat et des amis de ce dernier a des chances de correspondre à la mission qu’on attend d’elle: contrôler l’action du gouvernement en vue du bien de l‘ensemble. Seule une démocratie parlementaire vertébrée et responsable dont les animateurs travaillent prioritairement pour les intérêts de leur pays peut simultanément tenir tète aux prédateurs internes et externes et refaire de la RDC un Etat de droit ou la liberté, la prospérité, la fraternité et l’amitié soient enfin possibles. Mais pour qu’il en soit ainsi, les autorités du pays doivent d’abord opter pour la démocratie, non pas du bout des lèvres mais à travers des actes concrets. Il y a une bonne part de vérité dans les propos de Karl Marx selon lesquels ce ne sont niles idées ni les bonnes intentions qui transforment le monde mais bien des hommes et des femmes déterminés à les mettre en application en convertissant le dire en faire. On serait de nouveau mal parti si les animateurs politiques continuaient à envisager la démocratie comme une simple figure de style ou, soit dit autrement, comme un simple slogan.
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Il ne me semble pas anodin de signaler et de souligner en passant qu’une démocratie ou un Etat de droit est un régime où les éléments de l’armée et les services de l’ordre sont subordonnés aux autorités civiles élues par le peuple ou cooptées. Point n’est besoin de dire que les militaires et les agents de l’ordre ont pour mission de sécuriser les institutions, les personnes ainsi que leurs biens et non semer l’insécurité comme c’est encore malheureusement le cas aujourd’hui. Tant que la question de la permissivité des militaires et des agents de l’ordre ne sera pas réglée, les droits de l’homme en RDC resteront de simples figures de style, de simples slogans.
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Un bon arbre se juge à ses fruits. Aussi je pense qu’il est encore tôt de se prononcer sur la viabilité du processus électoral et des institutions qui en sont issues. Seuls la qualité des fruits de ces institutions permettra au peuple congolais de dire si oui ou non le processus électoral a été une réussite. Une chose est d’organiser des élections, une autre c’est de voir celles-ci produire les effets escomptés: une rupture drastique avec un passé éprouvant et crétinisant et abâtardissant et la remise du pays sur les rails du développement. Pour l’heure, personne n’a droit à des félicitations. Les félicitations n’interviendront que lorsque l’impatience du peuple congolais aura été levée. La sécurité physique, la sécurité alimentaire, la sécurité juridique et la sécurité douanière contribueront à la levée de l’impatience des congolais “longtemps courbés” que nous sommes, impatience dont la légitimité se passe de toute démonstration.
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P. Kamundu Leopold, o.Praem.
New York (USA)
Beni-Lubero Online

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Beni-Lubero Online a la joie d’annoncer à ses aimables surfeurs la collation des Grades de Thérèse Malule, correspondante de BLO à Butembo. Thérèse fait partie de 76 lauréats que l’Enacti vient de lancer sur le marché de l’emploi. A la suite de la longue coupure de connexion à l’internet, BLO n’a pas pu poster cette nouvelle au moment opportun. Mieux vaut tard que jamais, dit un adage. BLO présente ses vives félicitations à Thérèse qui par son travail bien fait et accompli dans un domaine traditionnellement réservé au genre masculin, est un exemple et un modèle pour les jeunes filles de Beni-Lubero qui savent maintenant qu’elles ne sont exclues d’aucun domaine du savoir et de spécialisation. La direction de Beni-Lubero Online

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C’est au cours d’une interview avec la voix de l’Amérique que la Sous-Secrétaire d’Etat des USA chargée des affaires Africaines a éventré le boa.

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Parlant des élections en République Démocratique du Congo, Madame Jendayi FRAZER a fait remarquer ce qui suit: " Dans l’ensemble le processus était bon. C’était un défi logistique. Nous félicitons la CEI et son Président l’Abbé Malu-Malu”. Toujours dans la même interview accordée depuis Londres, la responsable américaine n’a pas mâché ses mots en parlant de Jean-Pierre Bemba, ses partisans et les dernières manifestations de Kinshasa: " J’espère que ces manifestations ne sont pas le fait de Jean-Pierre Bemba mais comme ce sont ses partisans, il doit les contrôler."

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Montrant sa peine et sa désolation de voir la Cour Suprême de Justice brulée, la Sous- Secrétaire d’Etat a tranché: " C’est le droit de Jean-Pierre Bemba de déposer son recours…Ce qui n’est pas acceptable est que l’on ne peut saisir la Cour Suprême de Justice et incendier les locaux de cette même Cour. C’est inadmissible."

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Nous noterons que cette interview de la chargée adjointe des affaires Africaines des Etats-Unis commence par des fleurs jetées à Malu-Malu. Remarquons aussi que la même interview se termine par une blâme et une colère à peine voilée contre Jean-Pierre Bemba:"… C’est inadmissible!" martèle-t-elle.

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Jean-Pierre Bemba est entrain de rejoindre lentement et sûrement l’opposition politique congolaise qui peine désespérément depuis le début de la transition à contourner la voie des élections. Les Grandes Puissances semblent être unanimes pour dire qu’il n’y aura pas une autre voie au Congo à part celles des élections libres et transparentes !

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Emmanuel Mumbere Ngavuka

Paris/France

Beni-Lubero Online

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