La CENCO expose la vérité sur le blocage politique en RDC au Conseil de sécurité de l’ONU

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Mgr UTEMBI à NEW-YORK: La CENCO a joué son rôle, reste la communauté internationale d’assumer sa part pour stopper les manœuvres de blocage du pouvoir…

C’est depuis longtemps que le peuple congolais attend de la communauté internationale une implication significative dans la recherche d’une issue à la crise politique et constitutionnelle qui caractérise la R.D. Congo sur fond des mauvaises intentions délibérées des dirigeants de ce pays.

L’invitation de la CENCO depuis le dimanche 19 mars 2017 à New York, en vue de prendre part à une session extraordinaire du Conseil de l’ONU sur la situation en RDC prévue pour mardi 21 mars, a d’emblée captée toute l’attention des congolais sous tous les cieux. Tout le monde attendait que la CENCO, dépositaire du dossier de processus susmentionné, parle en autorité ayant une force qui transcende la mêlée ordinaire et surtout les sentiments politiciens. Et, à priori, la scène au Conseil de sécurité de l’ONU s’avérait très attrayante, dès lors que la présence de la société civile congolaise rendait toute l’innocence du peuple congolais dans cette dérive politique et constitutionnelle que ses dirigeants lui imposent. Mais une réalité plus intéressante encore est à lire dans le courage du mégaphone du mensonge du gouvernement, le Ministre Lambert Mende, qui ne s’est point gêné de faire la queue, aux côtés du Ministre des Affaires Etrangères congolais, vers cette session extraordinaire du Conseil de sécurité, quand bien même il était persuadé que le rapport de la CENCO ne manquerait de dévoiler des vérités qui gênent le pouvoir et le couvrent de honte.

Oui, la CENCO a porté sur la tribune mondiale l’essentiel de ce que les congolais voudraient transmettre pour toutes fins utiles à la communauté internationale. Entre autres:

– « Toutes les institutions à mandats électifs dans le pays ont épuisé leurs mandats ». Il y a une extrême urgence d’organiser le plus rapidement possible les élections à tous les échelons, mais avant tout au niveau présidentiel.

– Sur le plan politique, il y a eu dialogue politique conformément à la demande contenue dans la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU No 2277. « Ce dialogue tenu à deux temps a débouché sur l’accord politique de la Saint-Sylvestre, dont la CENCO exige la mise en œuvre rapide et intégrale ».
– « Malheureusement, l’arrangement particulier destiné à ouvrir la voie d’application de cet accord peine à se conclure » à cause de mauvaise volonté avérée des acteurs politiques et/ou des négociants.
– « Le retard de la mise en application effective des mesures de décrispation politique », une autre forme de manœuvre entretenue par le pouvoir en vue de prolonger à l’indéfini l’actuelle transition extra-constitutionnelle.

– « La situation sécuritaire et les violations des droits humains demeurent préoccupantes » marquées par des affrontements, des massacres, etc. notamment au Kasai Central (phénomène Kamwina Nsapu), à Beni et Lubero (massacres des civiles), au Tanganyika (guerre entre Pygmées et Bantous), au Congo-Central, à l’extrême Nord (la LRA et les Mbororo qui terrorisent les autochtones)… Répression disproportionnée des forces de l’ordre … interruption scolaire dans plusieurs endroits… l’existence des fosses communes… Même l’Eglise catholique est victime de menace de divers genres (des Evêques menacés au téléphone, des couvents des prêtres et des religieuses attaqués etc), reprochée de ne pas faire assez pour l’application rapide des accords politiques signés…

– Sur le plan économique, les troubles sécuritaires ne permettent pas une « bonne santé économique pour le pays », en sorte que la monnaie nationale subit la dépréciation chaque jour devant les devises étrangères, « les entreprises publiques et privées tournent au ralenti », la population perd quotidiennement son pouvoir d’achat et se trouve dans une situation de plus en plus vulnérable…

– Il est perçu avec inquiétude que le pouvoir en place envie profiter de cette situation pour que les élections tant attendues par la population soient repoussées à une date indéterminée ou même à l’infini, tout en manœuvrant pour imposer aux congolais un referendum constitutionnel que le peuple ne cesse de rejeter avec sa toute dernière énergie.

D’où, la CENCO a demandé à la communauté internationale entre autres:
– de soutenir « l’application rapide de l’accord politique de la saint Sylvestre, seule feuille de route mieux indiquée pour sortir de l’actuelle crise politique »;
– de soutenir la formation d’un « gouvernement d’union nationale ayant suffisamment de légitimité et la confiance du peuple congolais »;
– de « renforcer le mandat et la capacité des forces de la MONUSCO, afin d’accompagner efficacement l’organisation des élections » attendues avec impatience;
– d’organiser des « enquêtes » internationales indépendantes sur les massacres de Beni, du Kasai, de Tanganyika, de Kinshasa… « en vue d’établir les responsabilités »…

Cette intervention pathétique de la CENCO à New York peut être suivie directement sur l’extrait vidéo ci-après:

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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Comments

  1. By a

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  2. By yves

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