Le président Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame, à l'occasion d'un sommet.

La fin tragique et inéluctable de Joseph Kabila ! A la différence de ses voisins, Kabila rate sa longévité au pouvoir.

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La date du 19 Décembre 2016 restera gravée dans la mémoire de tout congolais. Jamais une telle date n’a suscité engouement, passions, rêves, caricatures dans l’imaginaire congolais… Une date pas comme les autres parce qu’elle signifie la fin du régime Kabila qui a démontré pendant 15 ans son incapacité de gérer le pays  pour l’intérêt de ses filles et de ses fils. Tout le monde en est désormais conscient : depuis son indépendance, ces 15 ans représentent le moment le plus sombre de l’histoire de la RD Congo. En quinze ans, le pays est devenu le terroir de la corruption et la capitale mondiale du viol infligé aux femmes. En quinze ans, un régime a fait pousser des rebellions, comme des champignons, sur toute l’étendue de la république pour pouvoir piller les richesses de son pays !  En quinze ans, tout le pays a été détruit, à telle enseigne qu’aucun besoin élémentaire d’un peuple n’est assuré : eau, route, électricité, soins de santé, école etc. L’espérance de vie est passée en 15 ans de 57 à 49 ans !

Le peuple n’en pouvait plus

Ainsi pour le peuple la date du 19 décembre signifiait la fin de son calvaire et un passage vers la liberté, même au prix de sa vie !

En bons pasteurs, les évêques l’ont senti et ont voulu anticiper les choses. Pendant plus d’une semaine, La CENCO a ramené les uns et les autres autour d’une table pour arriver à une solution avant cette date fatidique. Mais rien n’a été conclu et le pire est arrivé.

Sans aucun mot d’ordre de l’opposition, pour se préparer à l’événement, le peuple a décrété le 19 décembre comme une journée ville-morte. Ce silence n’a pas plus au régime et dans certains coins, il s’en est pris à un peuple sans parole en tirant sur lui, comme à Butembo. Le 20 décembre, à minuit, 00 minute, le peuple comme un seul homme s’est levé et a commencé à célébrer la fin de son calvaire, à savoir la fin du régime Kabila, par des coups de sifflets, de tamtam, de tambour, des casseroles, d’assiettes, etc. Ce fut le cas, notamment à Oicha, une ville où le sang coule depuis 2014, et à Kinshasa.

Mais tout cela n’a interpellé en rien la conscience du régime. Une conscience à vrai dire brûlée ! A quelques minutes de la fin de son mandat, Kabila a fait publier un gouvernement, attisant ainsi le feu qui couvait… !

Trop c’est trop !

Le 20 matin, la population a descendu dans les rues pour affronter à mains nues les escadrons de la mort que le régime a déployés partout. On parle de 29 morts, rien que pour les deux villes de Kinshasa et de Lubumbashi. Les dégâts matériels sont aussi nombreux. Plusieurs lieux, symboles de l’Etat, ont été saccagés par la population en colère. Des stations de service incendiées. Des immeubles et magasins appartenant aux proches ou aux collaborateurs du régime ont été saccagés. C’est le cas à Lubumbashi et à Kananga.

Jusques à quand ?

Oui, il n’y a pas de doute ! Kabila est en train de creuser sa propre tombe en décidant de prolonger son mandat par la force contre la volonté du peuple. Ce dernier est déterminé à récupérer le pouvoir à lui ravi, conformément à l’article 64 de la constitution.

Que c’est triste ! Il ne s’en prendra qu’à lui-même. Il n’accusera personne de ne l’avoir averti du sort qui l’attend. Qui n’a pas défilé chez Kabila pour le prévenir du danger qu’il court s’il ne respecte pas la volonté du peuple ! Quel grand de ce monde  ne l’a approché pour le conseiller ? Même le pape ! Mais l’homme est resté égal à lui-même : une pierre !

Mais les signes coureurs sont là. Les signaux sont rouges ! Il a été accusé dans plusieurs rapports de tous les maux. Il est présenté comme le mentor du génocide des Yira (Nande). Il est accusé d’un pillage systématique des ressources du pays. Après le scandale dévoilé par le Panama Paper, l’agence Americaine Bloomberg est monté au créneau juste à quelques jours de la fin de son mandat et a exposé à l’opinion tant nationale qu’internationale combien sa famille a fait de la RD Congo sa propriété privée et accumulé des richesses que personne ne pouvait imaginer. Alors que partout, ses partisans, comme des sirènes, font le tour du monde que le pays n’est pas à même d’organiser les élections, faute d’argent. Autre signe non trompeur, ce sont les sanctions qui tombent de partout contre les proches de Kabila, que ce soit des USA ou de l’Union Européenne. Jusques à quand va-t-il résister ?

Kabila a raté sa longévité au pouvoir, c’est inéluctable !

Il y a 15 ans, le pays avait besoin d’un président visionnaire et constructeur. Le pays sortait de 32 ans de la dictature de Mobutu.  On attendait de Kabila que le pays redémarre vers un bel avenir !  Les 5  chantiers de la modernité tant chantés n’étaient  qu’en réalité que des chantiers de la mort. Et pour ça Kabila a été fort. Partout où il passait, il savait dire au peuple la vérité par le contraire. Que de fois, il a promis la paix pendant ses passages au Nord-Kivu. Et au lieu de la paix, c’était la guerre et les massacres qui prenaient le relais… Le peuple n’est plus dupe ; il ne se laissera plus amadouer.

Ce qui lui a manqué : le secret des ses voisins

Kabila a perdu sa chance ! Il n’allongera pas la liste des dinosaures de la région des grands lacs. Il a voulu leur emboîter les pas mais il n’en a pas suivi le secret !

Uganda ;

En Ouganda, en 15 ans, Yoweri Museveni a construit son pays. Le pays est à 70% électrifié. De l’est à l’ouest, du nord au sud, la capitale est reliée au reste du pays par un réseau routier bien asphalté et entretenu, sans compter des routes de desserte agricole. La famine est un mot quasi inexistant dans le vocabulaire du peuple ougandais. Sur le plan sécuritaire, on peut voyager la nuit sans tomber sur les coupeurs de route. Sur le plan sanitaire, le peuple a accès aux soins. L’enseignement y est de plus en plus de bonne qualité.

Les étrangers n’ont pas peur d’y investir. Oui, le développement est visible. Tout cela  sert de bouclier au régime face aux violations de droits dont il peut être accusé.

L’Angola.

Aujourd’hui l’Angola fait la fierté de l’Afrique. Après plus de 15 ans de guerre, le pays est le plus économiquement développé et le plus stable en Afrique centrale. La sécurité n’est pas un vain mot. Et il n’est pas étonnant de voir des européens immigrés aujourd’hui en Angola. La longévité d’Eduardo Dos Santos au pouvoir s’explique à partie par l’essor économique que connaît ce pays ces 20 dernières années.

Le Rwanda.

Ce pays est reconnu aujourd’hui comme ayant la capitale la plus propre de l’Afrique ; où la corruption est à moins de 5% et où la sécurité, l’éducation et la santé des populations figurent parmi les priorités du régime et ne sont pas des slogans. En 15 ans, l’homme fort de Kigali est en train de construire son pays. Des investisseurs n’ont pas peur d’y aller. Tout cela fait que la communauté internationale ferme des yeux sur ce régime pourtant dictatorial où la liberté d’expression n’est pas un droit et sur sa politique d’invasion en RDC.

En RD Congo, Kabila ne s’est fait protégé par aucun de ces « boucliers » que ses voisins utilisent. Et sa fin tragique est inéluctable, à moins qu’il annonce hic et nunc son départ et négocie dans le calme son avenir! 

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

 

©Beni-Lubero Online.

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