La LUCHA écrit à Badibanga : « Si vous n’avez pas hypothéqué votre dignité et votre probité, dites gentillement non…! »

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militants Lucha dans une manifestation pacifique photo Joseph KAPANGA

militants Lucha dans une manifestation pacifique
photo Joseph KAPANGA

Veiller les uns sur les autres est une qualité morale encouragée aussi bien par les codes civiques que religieux. Beaucoup de congolais prennent de plus en plus en compte cette vertu à ce moment où des confusions intentionnellement entretenues par des opérateurs politiques animés de mauvaise foi exposent tant de personnes (physiques ou morales) à entrer en contradiction avec leurs convictions les plus profondes. C’est juste dans ce cadre que la Lucha a voulu aider Monsieur Samy Badibanga de se rappeler de ses engagements antérieurs dans le combat pour la démocratie, et de souvenir une fois de plus de ses propres propos en cette matière, lorsqu’il manifestait un souci approuvé par tous ses compatriotes, au-delà de son appartenance politique (UDPS), comme le signe d’un amour ardent pour la Nation.

A Monsieur Badibanga Ntita Samy,

Nous venons d’apprendre votre nomination par ordonnance présidentielle
en tant que nouveau Premier Ministre de la République Démocratique du
Congo.

Nous aurions aimé vous en féliciter, et nous en féliciter nous-mêmes, d’autant plus que vous avez toujours dénoncé les manœuvres intentionnelles pour ne pas organiser les élections, les atteintes aux libertés publiques, les crimes de masse contre les congolais (Beni, Maluku, …), etc., du moins publiquement.

Hélas, comme vous n’avez cessé vous-même de le rappeler, le second et dernier mandat
constitutionnel du président de la République de qui vous tenez la nomination prend fin le 19 décembre 2016. C’est dans 32 jours seulement ! Même avec toutes les compétences et toute la volonté du monde, vous auriez à peine le temps de composer un cabinet et d’élaborer un programme de gouvernement. Vous le savez très bien, le
prétendu « accord politique » du 18 octobre 2016 n’a aucune valeur supra-constitutionnelle pour vous donner éventuellement plus de temps.

Si vous tenez toujours au bien de la RDC et des Congolais ; si vous croyez toujours aussi fortement aux vertus de la démocratie et de l’alternance politique pacifique ; si vous n’avez pas hypothéqué la nuit dernière votre dignité et votre probité au nom de nous ne savons quel appât ; alors renoncez à cette nomination ! Dites poliment au président de la République : « Merci de votre confiance, mais la trentaine de jours qu’il vous reste au pouvoir c’est bien trop insignifiant pour me
permettre de former un gouvernement et de réaliser une quelconque mission en tant que Premier ministre ! »

Par ce geste simple, vous aurez beaucoup réalisé pour la RDC. La postérité – la vôtre tout comme celle du Congo en général – retiendra votre nom comme l’une des personnalités politiques qui auront défendu les valeurs républicaines et se seront rangées du côté du peuple, y compris en résistant à la tentation du pouvoir et des avantages qui vont avec !

La Lucha.

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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