La Manif des Enseignants de Butembo réprimée par la Police

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La Police de Butembo a violemment réprimée la manif des enseignants du SYECO/Butembo réclamant :

  1. la réhabilitation de 4 638 enseignants de Beni-Lubero omis sur les listes de paiement,
  2. l’arrestation du Chef de Division Provinciale du Nord Kivu II accusé de détournement des salaires des enseignants omis de listes de paiement
  3. l’arrestation du Directeur Provincial du SECOPE accusé de détournement des salaires des enseignants omis de listes de paiement.

La manif (sit-in devant le bureau de la Division Provinciale de l’Enseignement) réprimée était annoncée à l’autorité urbaine le jeudi 24 mai 2012. Mais le maire de ville qui a donné l’ordre de la réprimer l’a qualifiée de violation de domicile. Une fois de plus, la Police a demontré qu’elle ne manque pas de moyens quand il s’agit de réprimer des actions civiles non-violentes. 

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Plusieurs enseignants ont été arrêtés et mis au cachot, notamment :

  1. KAMATE MUGHASO Benito, Secrétaire Permanent chargé des actions syndicales
  2. KAKULE KASYANO, Secrétaire Permanent chargé de l’Administration
  3. Mme KAVIRA AMBOKO, Enseignante de l’Institut Twanzane
  4. KATEMBO HANGI, animateur de la SYECO et Enseignant de l’Ecole Primaire Ngwati
  5. KATEMBO VIKALIRWA, animateur de la SYECO et Enseignant de l’Ecole Primaire Wayene,

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KAMATE MUGHASO Benito, Secrétaire Permanent chargé des actions syndicales, lisant le memo des enseignants

Ces enseignants arrêtés ont été soumis à la torture du froid nocturne. Leurs geôliers de la PIC (Police d’Investigation Criminelle) qui les traitent des criminels, les ont obligé à passer la nuit au balcon du bureau PIC de Butembo au point qu’au petit matin, ils tremblaient tous de froid dont les conséquences sur la santé ne tarderont pas à se manifester.

Pendant la bousculade, les policiers ont extorqué argent, téléphone portable, appareil photo, habits, calicots :

–          6 000 FC de Mme Kavira Amboko , Enseignante de l’Institut Twanzane,

–          5 000 FC, deux téléphones portables et un appareil photo de Paluku Mukirania, Enseignant de l’Institut Makerere,

–          une charge-batterie de téléphone de Kaposo Kasereka, enseignant de l’Institut Kirimavolo,

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Les enseignants blessés pendant la répression par la police :

  1. Mr Katsetse, Enseignant de l’institut Vuvatsi et commissaire syndical au réseau CEBCE,
  2. Mr Gaston, Enseignant de l’Institut Makerere,
  3. Mr Sivanzire , Enseignant del’Institut Matanda,
  4. Mme Kavira Kalipi, Enseignante de l’Ecole Primaire Lumea,
  5. Mme Kahindo Mukunyu , Enseignante de l’Ecole Primaire Rughenda.

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La revendication des enseignants date du début de l’année scolaire en cours. Les autorités de tutelle ont réservé un fait de non-recevoir aux enseignants. Au matin de la manif, la ministre provinciale de l’Enseignement, Mme Bazizane, a tenté d’arrêter la manif par un appel téléphonique annonçant son prochain voyage à Kinshasa pour débloquer la situation. Mais son appel a aggravé la situation car les promesses il y en a eu mais rien n’a suivi. Après l’appel de Mme Bazizane de Goma, la police qui jusque-là faisait du travail d’encadrement de la manif a fait volte-face en reprimant violemment aux manifestants pour disperser le sit-in.  L’appareil photo qui avait pris les photos de la repression a été confisqué par la police pour cacher cette brutalité injustifiée.  

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Depuis la rentrée scolaire, le nombre des omis ne cesse d’augmenter d’une école à une autre. Le Ministre National de l’EPSP s’est déjà lavé les mains en disant qu’il est inconcevable de radier le numéro d’un agent actif sur la liste de paie comme s’il s’agissait d’un agent fictif. Pour le Ministre National de l’EPSP, le problème des omis de Beni-Lubero est une affaire locale. Le fait que le Ministre National de l’EPSP paraisse impuissant à punir le Chef de Division Provinciale de Beni-Lubero et le Directeur Provincial du SECOPE fait ressembler l’enseignement à l’armée, à la police ainsi que d’autres services de l’Etat qui en réalité ne dépendent plus de Kinshasa. D’où les suspicions que le front de la balkanisation dans le domaine de l’enseignement se trouve pour l’instant à Beni-Lubero. La suite des démêlées du SYECO Butembo avec la Division Provinciale de l’Enseignement est ainsi intéressante à suivre car de toute vraisemblance, il y a anguille sous roche.

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Malgré la répression, le SYECO Butembo le mot d’ordre du sit-in devant le bureau de la Division Provinciale de l’Enseignement et demande aux élèves de rester à la maison jusqu’à nouvel ordre.

Correspondance Particulière de Butembo

©Beni-Lubero Online

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