La violence des Fardc sur les civils délégitime l’Etat congolais à NGOYO/Beni

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Les violations des droits humains perpétrées par les militaires congolais (Fardc en sigle) et leur impunité sont deux faits qui sont en train de délégitimer l’Etat congolais à l’Est du pays, et plus particulièrement à Beni-Lubero. Les armes que l’Etat donne aux militaires pour sécuriser les citoyens et leurs biens, sont utilisées impunément pour tuer et brimer la population. Ce qui est incompréhensible c’est le fait que la classe politique congolaise, toutes les tendances confondues, s’accommode de cette anarchie et cette contradiction dans la compréhension de la mission de l’Etat. 

Les habitants du village de NGOYO en Groupement de Baswagwa-Madiwe, Secteur de Beni-Mbau, en Territoire de Beni, à 30 km à l’Ouest de la ville de Beni ont vécu une nuit d’horreur. En découvrant que les assaillants étaient des militaires congolais (Fardc), ils ne savent plus à qui faire recours. C’est ainsi qu’ils concluent que le bruit qui court dans la région est vrai, à savoir, l’extermination des Nande par des assaillants portant l’uniforme de l’armée congolaise pour préparer la place aux retournés du Rwanda et de l’Ouganda. 

Pendant le porte à porte nocturne de la nuit du dimanche au lundi 2 mai, les familles du village de NGOYO ont perdu leurs revenus, leurs habits, leurs téléphones portables, etc. Les papas ainsi que les jeunes garçons ont été battus, poignardés, poussés à l’inceste… Certains ne retrouveront jamais l’usage de tous leurs membres si l’on en croit les témoins que nous avons rencontrés. Lors de cette nuit d’horreur, deux jeunes filles, dont une mineure, ont été violées chacune par trois militaires et cela en présence de leurs parents. Il s’agit de Francine MULULU (20 ans) et Abigaël SIWAKO (15 ans). Les autres mamans violées n’ont pas voulu que leurs noms soient publiés par honte de ce que penseraient les amis et connaissances.

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            Entrée de localité de Ngoyo, en rovenance de Mangina

Après avoir semé sans aucune résistance la désolation à Ngoyo, cette bande des militaires congolais ( les témoins auraient vu 5 sans compter ceux qui étaient tapis dans l’ombre pendant l’opération), avait pris la direction de Kyanzaba vers Beni pour faire la même chose.

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              Une vue du Village de Kyanzaba, à l’ouest de Beni

Le Président de la Société Civile Territoire de Beni qui confirme la nouvelle indique qu’à l’instant la population du Groupement de Baswagha-Madiwe vit la peur au ventre en raison de la recrudescence de l’insécurité ayant élu domicile dans l’entité. Il y a moins d’une semaine 4 femmes étaient violées à Buna, dans la localité de Mambale toujours dans le même groupement.

Ce groupement regorge des minerais (or, bois) en plus de la fertilité de son sol qui fait tout pousser. Comme pour toute la RDC, la richesse du groupement Baswagha-Madiwe est une malédiction au lieu d’être une bénédiction pour sa population.

Le silence du gouvernement congolais face à cette souffrance infligée aux paisibles congolais par des militaires congolais, éveille petit à petit les esprits, même dans les villages, sur le danger que court la région. La question qui revient toujours de la part des paysans est : « que faire ? » 

Les politiciens veulent profiter de cette souffrance pour appeler les survivants à voter pour eux aux prochaines élections. Ils promettent qu’ils feront mieux et qu’après les élections tout irait mieux.

Mais les plus critiques se rappellent que la même promesse avait été faite en 2006. Cinq ans après, le mal est plus profond qu’avant 2006. Ce que l’on constate, c’est le fait que les politiciens en campagne se gardent de parler de la situation actuelle et d’identifier les responsables de la déliquescence actuelle de l’Etat congolais. Personne ne veut dire pourquoi la région ne bénéficie pas d’une sollicitude particulière pour y éradiquer l’insécurité. Y a-t-il un plan de la sécurisation de la région ? Pourquoi ne voit-on que les bandes armées des militaires congolais semer la mort et la désolation dans les villages, cités, et villes ? Où sont passés les généraux et autres officiers congolais formés à l’époque de Mobutu ? Pourquoi les ministres en charge de la sécurité et de la défense ne parlent pas de la situation catastrophique de l’Est du pays ? Il y a anguille sous roche ! Dans ces conditions d’occupation rwando-ougandaise, les élections ne sont pas la solution. Des voix s’élèvent pour appeler les congolais à s’unir pour changer par tous les moyens, le régime en place qui s’est délégitimé et qui ne remplit plus ses prérogatives vis-à-vis des citoyens congolais. 

Obède Bahati

Beni

©Beni-Lubero Online

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