Le calvaire de la ville de Butembo…

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FORCES VIVES DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
SOCIETE CIVILE DU NORD-KIVU
COORDINATION URBAINE DE BUTEMBO
Contact : (+243) 997 130 838 / 994 307 066 / 0822 079 100
Courriel : societecivilebutembo@gmail.com

RAPPORT DE MONITORING D’OCTOBRE 2017.

La ville de Butembo est actuellement une ville abandonnée entre les mains des vautours kasukuistes. Le monitoring des incursions nocturnes en ville de Butembo donne l’impression d’une ville abandonnée à son triste sort, malgré les cris de détresse des forces vives en présence. Bien que la fréquence ait semblé diminuer, les observations faites sur terrain indiquent que rien n’augure encore jusque là aucun espoir d’une éradication : les auteurs continuent à courir dans la nature, leurs collabos et complices non identifiés et les autorités censées les traquer ou éradiquer le phénomène se résignent volontiers dans un silence qui simule, sinon leur incapacité, du moins leur dépassement. Et cela ressemble on dirait une complicité tacite. Pourquoi alors continuer à la les maintenir au poste si on sait que « qui n’agit pas alors qu’il peut, est coupable de complicité… ! ».

La coordination urbaine de la société civile de Butembo s’en désole car, en effet, en dépit des assurances faites au mois de septembre 2017 par le Ministre de Pèche et Elevage, Membre et Délégué du Gouvernement congolais, accompagné du Conseiller du Chef de l’Etat, les incursions continuent à être enregistrées et le dossier des présumés bandits arrêtés pour ce fait n’a jamais été fixé au tribunal puis soumis aux audiences publiques afin d’éclairer la lanterne, non seulement des victimes, mais aussi de l’opinion tant locale que nationale.

Depuis le début du mois d’octobre 2017, les forces vives de Butembo ont pu documenter une trentaine des faits récurrents d’insécurité caractérisée par le phénomène dit « Kasuku », dont la quasi-totalité se concentre en communes Mususa et Bulengera.

1. La nuit de samedi 01 à dimanche 02 octobre :

Un ménage situé sur avenue Bayé, en commune Kimemi a été la cible des personnes porteuses d’armes blanches et à feu, habillées en tenues policières et civiles. Elles ont violé une fille de 12 ans après avoir agressé les membres de ce ménage. La pauvre fille a été conduite dans une structure sanitaire bien identifiée.

2. La nuit de mardi 4 à mercredi 5 octobre : sept ménages ont été la cible des bandits en armes au quartier Buyinyole, commune Mususa.

a) En cellule Walyuva
– Chez Monsieur Jeannot Kasereka, les bandits sont entrés entre 23h et 1h30. Ils ont emporté des téléphones et une somme importante d’argent. Ils ont molesté les habitants de cette parcelle moyennant des barres de fer et ainsi abandonner leur victime à demi-mort. Il a été dépêché à l’Hôpital Général de Référence de Katwa.
b) En cellule Mitoya B :
– Chez Madame Mamisa, vendeuse de bière, des personnes inconnues munies d’armes blanches et à feu, habillées en tenues policières et civiles ont cassé la porte, emporté une somme d’argent évaluée à 35000 francs congolais, ravis des téléphones et ont bu toute la boisson qui lui restait en stock pour la vente.
– Maman Jerlas a été également agressée. On lui a ravi ses 2 téléphones.
– Une dame mieux connue sous le nom de Nya Mandela résidant au n°89 de la même cellule a été victime du même phénomène. Les bandits ont agressé les habitants et ont emporté son téléphone, de l’argent ainsi que d’autres biens de valeur.
– Gilbert Bayoli n’a pas été épargné. Les bandits l’ont violemment blessé au moyen de pied de biche (Kasuku). Il a été admis dans une structure sanitaire de la place pour des soins.
c) En cellule Mitoya A
– Le fils de Maman Monique a été sérieusement fouetté au moyen d’une barre de fer puis blessé à la tête et ses deux téléphones ravis.
d) Cellule Vichai
– Maman Françoise de Vichayi, quartier Bwinongo, commune Mususa été aussi agressée. Les bandits lui ont ravi 35 000 CDF et une male d’habits.

3. La nuit du mercredi 5 au jeudi 6 octobre vers 23 heures :

Le Centre Hospitalier des Adventistes du 7ème jour de Mutiri, au quartier de l’Evêché, en commune Bulengera a connu une incursion nocturne des hommes habillés en tenue militaires des Fardc, celles de la PNC voire civile pour certains. Le bilan a fait état d’un Infirmiers commis à la garde et des malades brutalisés et torturés, plusieurs personnes blessées à l’arme blanche, un ordinateur portable emporté ainsi qu’une somme importante d’argent dont 40000 CDF avec 35 USD d’une infirmière et 320 USD que détenait la sentinelle.

4. Le 6 octobre vers 12h :

Monsieur Jean-Claude SIKWAYA, agent de l’ANR affecté à la commune Bulengera et résidant au n°75, cellule Kihinga, Quartier Mukuna, de la même commune a été victime d’une fisillade par un militaire Fardc. La balle a frôlé la tête et la victime a été dépêchée à l’Hôpital de Matanda. La cause de cette tentative de meurtre n’a pas été communiquée.

5. La nuit du 14 au 15 octobre : trois cas ont été repérés :

– L’Administrateur Gestionnaire de l’Hôpital Général de Référence de Katwa au quartier Katwa, commune Mususa a été visité par des malfrats. Ils l’ont tabassé moyennant une barre de faire avant d’emporter chez lui 10 ordinateurs, 65 dollars américains et d’autres biens de valeur.
– Le boucher KAMBALE LUBEHO Evariste a été victime des personnes porteuses d’armes blanches et à feu, habillées en tenues policières et civiles. Ils ont emportés une importante somme d’argent après l’avoir sérieusement molesté.
– Madame KAHINDO VAVUYA de la cellule Irangya, quartier Bwinongo, commune Mususa a été menacée par des bandits non identifiés qui lui ont ravis de l’argent, des téléphones, des appareils électroménagers, après avoir tabassé les habitants de la parcelle.

6. La nuit du 25 au 26 octobre : les bandits ont été :

– Chez Monsieur Kasero de la cellule Vuhika, Quartier Katwa, commune Mususa où ils ont emporté une somme de 100 USD ;
– Chez son voisin Kambale Maliro, ils ont emporté 2 téléphones, une batterie et de l’argent non évalué.

7. La nuit du 28 au 29 octobre : trois ménages victimes

– Chez Kambale Kasisi en cellule Kikwa, Quartier Matembe, commune Vulamba vers 1h, les bandits ont cassé les portes, agressé le responsable avant d’emporter de l’argent évalué à 100 USD et 13000 CDF avec 3 téléphones de marque Itel. Le pauvre Kambale Kasisi a été dépêché dans une structure de la place pour des soins.
– Le même scénario a été vécu chez Anicet Muhindo de la même cellule où ils ont emporté 80 USD.
– Même chose chez Madame Julienne Kahindo Kalere où ils ont pris 100 USD.

8. La nuit du 30 au 31 octobre :

a) En cellule Kahondo, quartier Rughenda, commune Bulengera : trois victimes ont été enregistrées.

– Kambale Kangitsi (du n°136 de cette cellule) qui a connu une visite indésirable des bandits habillés en uniforme militaire. Ils ont d’abord cassé la porte avant de poignarder leur cible et emporté une somme d’argent estimée à 100 000 CDF après avoir blessé son épouse.
– Dans la boutique Kasereka Musafiri de la même cellule, plusieurs biens et une somme de 60 USD a été volée.
– Kakule Muhinda de même cellule a été visité par des bandits similaires. Ils ont blessé à la tête le chef de ménage, emporté 15000 francs et 60$avec des habits (pantalons et pagnes) avant de casser un écran téléviseur de 17 pouces. La victime a été admise au Centre hospitalier Neli à Vuhika.

b) En cellule Matsinde, Q. Rughenda, Commune Bulengera : cinq cas ont été signalé :

– PALUKU KIKWAYA DIPA a été agressé par des bandits similaires qui l’ont blessé à l’œil, son épouse Masika Saravayi a été blessée au bras droit et son fils Kakule Mbenenguhi au bras gauche et à l’abdomen. Puis ces bandits ont emporté une somme de 8500 USD. Les victimes ont été internées à l’Hôpital Général de Référence de Katwa.
– Au domicile de Kakule Muhambya, les bandits ont cassé les vitres avant de blesser l’homme au genou.
– Monsieur Jacques a été poignardé à la tête.
– Chez Monsieur Ezra, les bandits ont endommagé le pare-brise de sa voiture.
– Monsieur Le Blanc a été blessé lorsqu’il a tenté secourir son voisin.

c) Au quartier Bwinongo, en commune Mususa : trois cas ont été rapportés :

– Monsieur Kandolo de Vichayi a été grièvement blessé. Les malfrats ont emporté deux téléphones, une sacoche des documents et des plusieurs biens de valeur. Il a été admis à l’Hôpital Général de Référence de Katwa.
– Chez son voisin, monsieur Bosco, les bandits ont rencontré la maman seule. Ils l’ont sérieusement agressé. Elle a été internée au CEMEBU.
– En cellule Mitoya, les bandits sont entrés au n°138. Le chef de ce ménage a été sérieusement battu et sa femme violemment torturée.
Au regard de ce qui précède et en vue de préserver et consolider la paix et la sécurité en ville de Butembo, la coordination urbaine de la société civile réitère ses recommandations traditionnelles, à savoir :
– L’ouverture des audiences publiques de tous les présumés « kasukuistes » en vue d’éclairer la population, dédommager les victimes et ainsi démanteler publiquement tout le réseau ;
– Le remplacement du Maire et son Adjoint, des bourgmestres des communes et leurs adjoins, du Chef de Poste Principal de l’ANR, du Commissaire Supérieur Principal de la PNC et du Commandant des FARDC ;
– La mutation des éléments devenus « coutumiers » (c’est-à-dire ceux qui ont œuvré longtemps dans le milieu) au sein de l’ANR, la PNC et la FARDC,
– La clarification des activités des éléments pléthoriques au sein de l’ANR ;
– L’amélioration de la solde des agents de sécurité ;
– La scission de l’Etat Major de la PNC ville de Butembo en deux, trois ou quatre ;
– La dotation en matériel adéquat au sein de la PNC ;
– etc.

Fait à Butembo, le 01 novembre 2017.

Pour la Coordination Urbaine de la Société civile

Abbé MUHINDO MALONGA Télesphore
Président

©Beni-Lubero Online.

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