Les Ecoles mécontentes de l’application de la gratuité de l’enseignement

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Le gouvernement de la RDC avait ordonné la gratuité de l’enseignement primaire, notamment dans les classes de 1ère, 2ième, 3ième année primaire à dater de l’année scolaire 2010-2011. En contrepartie, le gouvernement avait promis de contribuer au frais de fonctionnement de chaque école.

Au début, cette annonce de gratuité était bien accueillie comme un début de prise en charge de l’enseignement par le gouvernement. Mais un trimestre seulement a suffi pour que les écoles primaires demandent aux écoliers des classes concernées par la gratuité de payer. En effet, les responsables des écoles trouvent très insuffisants les frais versés mensuellement par le gouvernement comme contribution au fonctionnement de chaque école. Quel que soit le nombre des classes de l’école, le gouvernement verse un montant forfaitaire de 45 000 FC, soit un peu plus de 45 US$. 

Du côté des parents, la mesure du gouvernement est toujours mal comprise. Certains parents avaient conclu que tout l’enseignement primaire était devenu gratuit et qu’ils n’avaient plus rien à payer, même pas les frais de construction, etc. Il y avait donc eu un déficit de communication et d’accompagnement de cette mesure du gouvernement. 

Comme la RDC est en campagne électorale avant la campagne proprement dite, les vuvuzelateurs du régime de Joseph Kabila ne manquent pas d’utiliser ce début de prise en charge de l’enseignement primaire par le gouvernement comme une recette pour la réélection de Joseph Kabila. C’est leur droit. Mais, la réalité sur terrain est différente car la mayonnaise de cette mesure n’a pas encore pris et rien n’est sur que cette mesure peut servir de recette de campagne électorale. Les gestionnaires des écoles primaires qui se sont confiés à Beni-Lubero Online ne sont pas encore prêts d’embrasser la kabilie les yeux fermés. Beaucoup reste à faire si l’on en croit ces directeurs d’écoles qui ont requis l’anonymat pour éviter de perdre leur poste ou des attaques nocturnes par des Fardc nouvelle-formule qui se déguisent en Mai-Mai pour tromper les naïfs. 

En effet comment peut-on espérer qu’un directeur qui dépassait 120 US par mois pour assurer le fonctionnement de 3 classes de primaire puisse se réjouir d’une mesure gouvernementale qui demande aux écoliers de ne pas payer mais qui ne verse que 45 $ à la place ? Où trouvera-t-il les 75 US $ restants ? Il n’y a que les kabilistes invétérés qui peuvent se réjouir de cette situation parce qu’ils ne gèrent aucune école mais sont payés pour faire le fou du roi quelle que soit la qualité de sa prestation. 

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L’autre exemple récent du même genre était l’opération bidon d’échange d’une arme contre 50 US$, opération menée par le Pasteur Mulunda. Sachant qu’avec une arme, un bandit se procure des milliers des dollars et des biens de grande valeur comment pouvait-on croire à la réussite de cette opération? Les grandes têtes pensantes rivalisaient d’ardeur sur les radios périphériques pour louer cette opération qu’elles savaient pourtant inopérante. Jusqu’à ce qu’on découvre la supercherie de cette opération bidon à l’étape de la ville patriote de Butembo, le pasteur katangais faisait croire au monde que les bandits acceptaient d’échanger leur arme contre 50 US$. Ce qui était non seulement une naïveté indescriptible mais surtout du pur mensonge. Aujourd’hui, le banditisme armé fait plus des victimes qu’avant l’opération du pasteur Mulunda devenue entretemps président de la CENI. 

A partir de deux exemples ci-dessus, le régime de Joseph Kabila doit savoir qu’il doit faire plus que du « trompe l’œil » pour convaincre les congolais. Avant de prendre une mesure, il importe d’étudier la viabilité de son application dans la durée et de la communiquer de manière convaincante aux congolais qui ne sont pas tous naïfs. Malheureusement la liste des mesures non accompagnées des résultats escomptés et souffrant du déficit de communication ne fait que s’allonger! 

Propos recueillis auprès des directeurs d’école primaire de Beni-Lubero

Beni-Lubero Online

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