Les Fardc

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Dans nos écrits passés nous vous informions de la stratégie d’occupation progressive du Nord-Kivu, notamment de l’armée par les rwandais du CNDP. Pour rappel, cette stratégie consiste à faire venir du Rwanda des cadres universitaires qui, après trois mois de formation militaire dans les maquis de Rutshuru, sont envoyés dans les camps de brassage des Fardc d’où ils sortent sans aucune peine avec des grades d’officiers de l’armée congolaise. La suite à cela c’est l’affectation par l’hiérarchie militaire congolaise de ces oiseaux rares  aux postes de commandements de l’armée au Nord-Kivu. Si le brassage est perçu comme un moyen de ramener au bercail les soldats égarés par la rébellion de Nkunda, la question qui demeure est celle de savoir pourquoi, une fois brassés, ces soldats amnistiés de Nkunda ne sont affectés qu’au Nord-Kivu et pourquoi seulement parmi eux l’hiérarchie militaire congolaise choisisse les commandants des brigades (à part la sixième brigade de Rutshuru) et des bataillons en poste au Nord-Kivu ?   
 
La réponse est simple. Les commandants Tutsi ont une mission à accomplir au Nord-Kivu. Profitant de leurs complices au sein du gouvernement congolais, ils utilisent les institutions du pays pour maquiller de démocratie leurs opérations d’occupation du Nord-Kivu. C’est ainsi que toute guerre lancée par l’armée congolaise contre le CNDP est toujours perdue d’avance car les brigades engagées contre Laurent  Nkunda sont commandées par ses anciens recrus et frères infiltrés dans les rangs des Fardc.  Ce fait explique pourquoi les soldats qui se disent rwandophones refusent de quitter le Nord-Kivu après le mixage ou le brassage car leur objectif est l’occupation du Nord-Kivu. Comme on peut le voir, cette occupation est rendue possible par le gouvernement congolais. Chaque fois que les congolais s’en prennent à Nkunda ou aux rwandais, ils doivent en même temps s’en prendre aux complices de Nkunda dans le gouvernement, le sénat et le parlement congolais. La liste est longue et mérite un article à part.
.
Pour donner un exemple de la « tutsization » du commandement des Fardc au Nord-Kivu, voici la mise en place du commandement de la  15e brigade integrée basée à Kanyabayonga, au Sud du Territoire de Lubero:
·         Commandant titulaire : le colonel Richard Muhungura [Tutsi],
·         Commandant-Second chargé des opérations et renseignements : Lieutenant-colonel François Kamanzi [Tutsi].
·         Le chargé de la logistique : Major Juif [identité sous investigation]
·         Le S3 du bureau /OPS, le Major Justin [Tutsi]                                                                         
NB ; A ces officiers Tutsi régulièrement affectés à la 15° brigade il y a lieu d’ajouter le Major René Batoni de la 2° brigade qu’il a abandonné pour aller vivre avec son frère Tutsi, le Colonel Richard Muhungura.
A Butembo, le Commandant Second chargé des opérations au sein du 153° bataillon est le Major Patrick Ndavosiza. C’est lui qui est soupçonné de coordonner les opérations de la prise de Butembo par les éléments du CNDP qui proviendraient de Walikale via Manguredjipa et de Karuruma via Kyondo et Isale. Le circuit d’approvisionnement en armes pour Manguredjipa a déjà été plusieurs fois dénoncé par les usagers de la route Beni-Mabalako-Cantine.
A Beni, le 42° bataillon est sous le commandement du major Gervais (tutsi).
* Le commandant second chargé de l’administration et logistique est le capitaine Marie –Paul, un sujet tutsi.
 Toutefois, nous devons signaler le patriotisme du commandant congolais de la 6ème brigade, basée à Rutshuru. Grâce à son nationalisme, le CNDP de Nkunda est bloqué dans ses maquis incapable de prendre la cité de Rutshuru. Mais à la longue, que peut faire seul le commandant de la sixième brigade ?
Le constat ci-dessus de la « tutsization » des Fardc au Nord-Kivu devrait faire un débat au parlement, à l’assemblée provinciale, parmi les forces vives, etc.  Dans une région où l’on cherche la réconciliation entre les différentes communautés, il est étonnant de voir qu’une seule ethnie s’accapare de tous les postes de commandement de l’armée. Les partisans des Tables Rondes entre tribus et ethnies  ne parlent pas encore de ce fait.  De là à conclure à la thèse de l’occupation en préparation, il n’y a qu’un petit pas à franchir. 
Que faire ! Les partisans du refus de l’ordre actuel en R.D. Congo et dans la région des Grands Lacs doivent sortir de l’ombre pour faire une politique ouverte. La R.D. Congo est à une étape la plus basse de son histoire où ses fils et filles ont des grands rêves pour leur avenir mais manquent de courage pour préparer cet avenir.
Que les complices congolais se rappellent de l’occupation de la France par l’Allemagne.  Le Maréchal Pétain Philippe de France avait collaboré avec les allemands pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1945) dans l’occupation de la France. A la fin de la guerre,  il avait été condamné à mort à 1945 quand bien même il avait été investi des pleins pouvoir par l’assemblée nationale française  jusqu’à être chef de l’Etat à Vichy. Ceci pour dire que ceux qui jurent aujourd’hui par la mascarade électorale de 2006, peuvent un jour subir le sort du Maréchal Pétain.
Rappelons aussi que la France ne s’était pas libérée elle-même. N’eut-été les américains, la France ne serait peut-être pas ce qu’elle est aujourd’hui. Deux siècles auparavant, les américains n’avaient réussi leur indépendance de la Reine d’Angleterre que grâce au soutien du Roi de France dans sa haine et convoitise de son voisin encombrant, la Puissance Britannique. Il n’y a donc pas d’indépendance sans jeu d’alliances. L’exemple de l’Ossetie du Sud et de l’Abkhazie ne devrait pas passer inapercu aux yeux des patriotes congolais. Les partisans du refus de l’ordre international en cours dans la région des Grands Lacs doivent savoir quelle alliance est à même d’aider  la R.D. Congo à sortir de l’étau rwandais et ougandais. L’agression doublée de l’occupation en cours de la R.D. Congo est l’œuvre des puissances anglo-saxonnes qui avaient mis fin en 1996 à l’hégémonie française en R.D. Congo.  Il faut donc être fou pour penser que le salut des congolais peut venir aujourd’hui de Washington et de Londres. Dans les circonstances actuelles, les congolais qui travaillent pour l’avènement d’un nouvel ordre politique et économique en R.D. Congo n’ont pas d’autre choix que de faire alliance avec des puissances politiques et économiques différentes des puissances Anglo-Saxonnes. Au travail les patriotes ! « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, le tigre saute sur sa proie! » dixit Wole Soyinka !
Edgar Kahindo
Racodit-Butembo
Beni-Lubero Online
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*