Les Forces Vives de la Société Civile du territoire de Beni décrètent 3 jours de deuil

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La  décision a été prise lors d’une Assemblée extraordinaire tenue en cité d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni le vendredi 24 mai 2013. Les forces vives décrètent 3 journées ouvrables successives dites « ville morte et de deuil » durant lesquelles les populations allumeront des feux dans chaque carrefour de chemins. Et à partir de cette date, aucun opérateur économique ne devra plus payer ni taxe ni impôt de l’État. Ils agissent ainsi pour dénoncer le silence du gouvernement Congolais qui ne fournit aucun effort pour s’impliquer dans la recherche et la libération de plus de 500 otages kidnappés en territoire de Beni dans un intervalle d’à peu près deux ans.

Cet agissement est consécutif à un nouveau cas de kidnapping de 15 personnes dont 8 filles de moins de 16 ans à Mbau, juste à côté du camp militaire des Fardc qui sont restés indifférents, malgré les cris des victimes. Le dialogue social organisé à Oicha par le Gouvernement Provincial au mois d’Avril 2013 n’a été que poudre aux yeux des habitants de cette partie du pays. Depuis lors, les enlèvements continuent à s’enregistrer. On en compte aujourd’hui en moyenne une fréquence de 2 personnes par jour.

Mais qui est à la base de cette insécurité quand on compte aujourd’hui plus de 15 groupes rebelles tant nationaux qu’étrangers dans le seul territoire de Beni? Pour quel seigneur ces groupes armés travaillent-ils? La réponse est simple : « Aux agresseurs Rwandais et Ougandais! »

L’on se souviendra que lors de sa 5ème Conférence Internationale Culturelle, Économique et Sociale, la Communauté Yira a recommandé au Gouvernement Congolais de bouter du dehors de toute l’étendue du territoire national tous les groupes armés étrangers; et aux groupes armés nationaux de cesser d’œuvrer en désordre pour une cause qui serait peut-être pourtant noble et de s’organiser pour constituer un répondant capable d’accompagner leurs initiatives auprès des instances et organisations acquises à leur cause, en vue de trouver des réponses à leurs préoccupations mais aussi en vue de les impliquer plus efficacement dans la sécurisation du territoire nationale. Elle a encore radicalisé sa position lors de la 2ème session 2012-2013 du Conseil Culturel tenue à Musienene du 28 au 29 Décembre 2012, rappelant à tous ces seigneurs de guerre que tout ce qu’ils font n’engage en rien la Communauté Yira à la quelle appartiennent certains de leurs éléments.

Et maintenant les habitants Beni-Lubero ne savent plus à quel saint se vouer étant donné que les militaires loyalistes des Fardc mono-ethniques sèment l’insécurité autant que les miliciens tant nationaux qu’étrangers.

Voilà encore, depuis mercredi 22 mai 2013, en territoire de Lubero les villages de Luofu et Kasiki sont encore une fois tombés et sont sous contrôle des rebelles rwandais FDLR. Le même jour, les maï-maï ont occupé Bingi, Mbughavinywa, Kanyatsi-Viramba, Kamandi, Lunyasenge, Muramba, Vuhoyo. Le vendredi 24, Kasugho est désormais sous leur contrôle sans combat ni bataille.

Plus de 66 villages vidés de ses populations. Certains sont directement occupés par les étrangers. Il y a donc lieu de sceller la complicité du gouvernement congolais qui ne manifeste aucune volonté dans tous ces stratagèmes pour libérer les populations locale.

Adolphine Mulekya

Oicha

©Benilubero Online

 

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