Les vaches du Rwanda : Une arme de guerre !

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Le Nord-Kivu n’est pas encore au bout de ses peines ! Le Rwanda ne semble pas avoir atteint tous les objectifs de la guerre qu’il livre au Congo depuis treize ans. Après la stratégie des marionnettes-libérateurs de l’AFDL, des opposants-démocrates du RCD-Goma, des Interahamwe et des FDLR, de la terreur du CNDP de Nkunda et Bosco-Ntaganda, et dernièrement celle des opérations militaires conjointes avec les Fardc, le Rwanda de Paul Kagame utilise aujourd’hui les vaches pour poursuivre sa guerre autrement.
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Après la guerre de Nkunda, les rescapés du Territoire de Rutshuru sont victimes des vaches venant chaque jour du Rwanda pour brouter dans les champs des paisibles congolais. Ces vaches rwandaises sont conduites dans les champs de la population locale (spécialement les Nande) par des éleveurs armés et arrogants qui tirent sur toute personne qui veut les en empêcher. La conséquence de cette guere des bovins qui jouit comme toutes les autres guerres qui lui ont precédé de l’impunité, c’est le déplacement des populations victimes vers des localités supposées plus sûres. Avec une armée et une police faites des ex-rebelles rwandais mixés ou intégrés qui protègent les vaches et leurs éleveurs, les victimes de ce vandalisme des bovins en Territoire de Rutshuru ne savent pas à quel saint se vouer.
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Pendant ce temps, le gouvernement de Kinshasa, sans aucune emprise réelle sur terrain au Nord-Kivu  se dit victorieux. De quelle sorte de victoire s’agit-il si des territoires entiers restent sous la coupe des éleveurs-guerriers rwandais ?
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Si l’on observe une certaine accalmie dans les grandes agglomérations du Territoire, l’arrière-pays n’est pas encore libéré. Il est toujours dangereux de vaquer aux occupations champêtres où les vaches sont des armes de destruction massive de la petite économie des paysans. Avec les temps qui courent, perdre son champ et ses récoltes c’est devenir candidat à la mort. Ainsi les rescapés de la guerre de Nkunda peuvent mourir prochainement de la famine provoquée par l’armée des vaches rwandaises, une armée redoutable d’autant qu’elle échappe à toutes les lois internationales et par le fait qu’il n’existe pas encore de tribunal international pour les vaches ayant commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
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La situation en Territoire de Rutshuru comme ailleurs au Nord-Kivu ne rassure personne. Le terrain reste visiblement miné. Pour les observateurs, tout donne l’impression que l’accalmie actuelle est taillée sur mesure pour préparer un autre coup fatal. Cette accalmie relèverait ainsi de la stratégie de la souris utilisée par le Rwanda dans sa conquête du Kivu. Comme vous le savez, la souris de maison souffle sur la partie du corps humain qu’elle ronge pour que la victime ne se réveille pas. C’est toujours très tard, quand le forfait est accompli que la victime constate que tout son pied a été rongé nuitamment. Le problème pour le gouvernement congolais est qu’il ne prend jamais de précaution contre le rongeur avéré et impénitent.
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Un des objectifs de l’accalmie relative actuelle semble être l’extinction du feu attisé au sein de l’Assemblée Nationale où l’ordre constitutionnel issu des élections de 2006 est mis en mal par le parti au pouvoir. La petite confiance dont jouissait encore Joseph Kabila et son gouvernement s’est terriblement érodée et au point tous les espoirs de démocratisation s’estompent du jour au lendemain. Les conséquences de cette nouvelle dictature sont incalculables pour le pays et dans toute la région des grands lacs africains.
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Pour tenter d’éteindre ce feu, le gouvernement qui affiche aujourd’hui sa complicité avec le Rwanda, trompe les congolais que la paix est revenue à l’Est du pays, que Kamerhe avait tort, et que la pétition Kyaviro n’a plus de raison d’être, qu’il faut maintenant penser à l’après-Nkunda, etc. Tous les congolais voudraient aussi que la paix fut retrouvée. Mais cela n’empêche qu’une évaluation se fasse au sein de l’Assemblée Nationale et dans les Assemblées Provinciales surtout que la situation reste tendue sur terrain. C’est le devoir du Parlement d’évaluer l’action du gouvernement. Quand le gouvernement refuse de rendre compte au Parlement de sa gestion de la chose publique, on parle de dictature et le parlement peut prendre les dispositions prévues par la Constitution.
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Aujourd’hui, la vérité sur terrain fait état de la présence des armées étrangères se trouvent sur le territoire national congolais. Ce n’est pas parce qu’on a organisé la fête de leur départ qu’elles sont parties. Les congolais par la voix de leurs élus de 2006, demandent incessamment l’évaluation des opérations militaires conjointes à l’Est du pays. Le fait d’avoir Nkunda à Kigali, où il est d’ailleurs libre, est très maigre comme réalisation de paix quand Bosco Ntaganda, le tueur à séries de Kisangani (1999) et de Kiwanja(2008) est toujours au Nord-Kivu.
L’évaluation que le peuple congolais réclame à cor et à cri, doit comporter les opérations militaires conjointes, le retour des déplacés dans leurs villages, le déploiement d’une police congolaise de proximité qui parle les langues du pays dans toutes les cités et villages du Nord-Kivu, et au-delà de tout, l’application de l’ordre constitutionnel issu des élections de 2006 dans la gestion du pays, etc.
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Le dimanche 1° mars 2009, avec le secrétaire général des Nations Unies, le président du Rwanda, Paul Kagame, avait déclaré que le Rwanda était prêt à revenir en RDC avec son armée pour traquer les FDLR, si la RDC le lui demandait. L’appel du secrétaire général de l’ONU au déploiement des troupes additionnelles de l’ONU est une reconnaissance que le danger n’est encore écarté. Ces deux déclarations constituent une raison de plus pour les députés nationaux et provinciaux d’exiger incessamment une évaluation des opérations militaires conjointes des Fardc avec les armées de pays agresseurs.
Le thermomètre de la pacification du Nord-Kivu sera le retour des déplacés dans leurs villages et le contrôle aux frontières avec le Rwanda et l’Ouganda pour mettre fin au phénomène des éleveurs et des vaches sans frontières qui ravagent les champs des paysans, le respect de l’ordre constitutionnel dans la gestion du conflit au Nord-Kivu, etc. Ne pas répondre à cette préoccupation signifierait que l’accalmie relative actuelle n’est qu’une stratégique pour préparer à la manière de la souris de maison, un autre coup fatal…
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Pour le RACODIT,
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Edgar Kahindo
Butembo
Beni-Lubero Online
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