L’eschatologie d’un règne: 14 jours énigmatiques pour « chasser Kabila »

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Le 24 avril approche. Les congolais se souviennent que c’est la lueur du 27e anniversaire du multipartisme et donc de la « démocratie » dans leur pays. Et pourtant, Depuis le discours historique du président Mobutu du 24 avril 1990, le Zaïre, redevenu par la suite la République Démocratique du Congo, recherche vainement une piste théorique à une démocratie qui n’atterrit toujours jamais dans la pratique. Une classe politique constamment submergée dans le cynisme n’a point permis au peuple congolais d’accéder à sa souverainement primaire. Tous les régimes qui se sont succédés au pouvoir à Kinshasa ont agi de la même manière, avec variation de teneur, le régime actuel étant le pire de tous pour avoir ajouté au cynisme des autres un degré intolérable de sadisme.

En 1990, sous la pression du monde occidental et de l’histoire, Mobutu annonçait l’instauration de la démocratie au Zaïre d’autrefois. Cependant, durant les six années qui s’en suivraient, jusqu’à sa fuite en 1996, il s’était érigé en obstacle infranchissable à la concrétisation de cette belle promesse.
De ce fait, il est le premier bourreau oppresseur des citoyens Zaïrois de son époque, et congolais d’aujourd’hui, dont la liberté d’opinion et d’expression est totalement confisquée.
Néanmoins, eu égard au contexte politique africain de son temps, il y aurait lieu de lui appliquer une mesure atténuante de condamnation. En effet, les dirigeants africains de son temps expérimentaient l’exercice d’un pouvoir en quelque sorte transitoire, placé en jalon entre le pouvoir traditionnel puisé dans le passé ancestral et le pouvoir moderne inspiré du monde occidental qui venait de mettre un terme à la colonisation du monde noir. Quoi de plus normal qu’il fût sans cesse envouté par la nostalgie d’un règne déifiant, où le chef est souvent élevé et placé « au-dessus de la mêlée »…, d’ailleurs presque toujours avec le consentement d’un grand nombre de ses sujets.

En bien des choses, Mobutu ne s’est pas montré extrêmement avare, mais plutôt un homme de prestige: il était hanté surtout par la course derrière la gloire. Aussi, pouvait-on constater qu’il dépensait aveuglement et sans calcul, il pouvait facilement consentir à allouer d’énormes montants pour des projets quelque fois fantastiques, tant que cela ferait chanter son nom. Mais il avait le plus grand défaut de ne pouvoir jamais se soucier de suivi de ses entreprises. C’est pourquoi, ses projets atteignaient rarement leur aboutissement. Il n’avait même pas un mécanisme requis pouvant aider à contrôler la gestion de ses subalternes. Incompétence ou naïveté?… Bien plus, son amour pour son pays se remarquait par la fierté et l’honneur dont il a imprégné tous les africains à l’endroit du citoyen congolais. Oui, c’est l’entourage de Mobutu qui l’avait corrompu et davantage enfoncé dans le système de prédation pour enfin entrainer ses citoyens dans la fierté d’une réelle unité nationale, mais d’une paix illusoire de ventre affamé. Et, Mobutu s’en alla son chemin, laissant l’histoire poursuivre son cours.

Intervient Laurent-Désiré KABILA. Tout était quasiment chaotique. Mzee Kabila a estimé que seule une rigueur à l’allure dictatoriale pouvait corriger et redresser le pays. Etions-nous trop pressés pour lui prêter l’intention qu’il n’avait pas, en l’assimilant au genre du président Mobutu ou autres dictateurs bien connus autour de nous en Afrique? Car son amour pour le pays et pour son peuple n’a fait aucun doute. En un laps de temps, on a vu la discipline et l’ordre recouvrir tous les secteurs et tous les domaines de la vie à travers le pays. Le Franc Congolais devint la monnaie la plus forte d’Afrique. Il a plu en tout, sauf qu’il s’avéra gênant pour ses compagnons de révolution qui voulaient profiter du partage du pouvoir et de ses prestiges de manière trop hâtive. Alors ils se résolurent, avec l’appui des sponsors étrangers dérangés par son degré de nationalisme, de l’écarter de leur course. Ils l’assassinèrent.

Un jeune homme, revendiquant à tort ou à raison la paternité de Mzee, a réussi à prendre son héritage politique, en trichant la confiance du peuple, pour avoir malhonnêtement arraché le prestige et la gloire dont Mzee Kabila fut dépositaire devant toute la Nation, à cause de son action vue et approuvée de tous ses compatriotes. Oui, Joseph Kabila, fut un véritable loup qui revêtit la peau d’un agneau, avec une intention cachée d’instaurer l’avènement d’un système politique de prédation sans précédent en RDC. Et, le peuple, en 2006, le confirma par les urnes comme président, juste en considération de la nostalgie que tous les congolais avaient du regretté « Mzee »; ils pensaient que le « fils » portait le cœur du père et animé par son esprit. Triste illusion! Le pseudo-fils ne tardera pas de révéler progressivement, mais systématiquement, sa vraie face: cet homme est le plus mauvais bourreau que le peuple congolais n’aura jamais connu dans son histoire, ayant un dessein de réduire à l’esclavage et à l’extermination toute une Nation. Il est l’homme qui crée des rébellions et des groupes armés à l’intérieur du pays pour exterminer ses administrés. Et, comme si cela ne suffisait pas, il va jusqu’à recourir aux rébellions étrangères pour matérialiser ses intentions malveillantes.

Aujourd’hui, il prouve encore davantage qu’il n’est pas prêt (et ne le sera jamais) pour permettre à l’oppression, la misère, les massacres, les viols et violences, pillages, l’extermination etc. de s’éloigner du congolais dont il a décidé de fouler au pied le symbole de souveraineté, c’est-à-dire la CONSTITUTION.
Il distrait les opinions et le peuple avec un dialogue politique qui ne vient pas de son cœur. Pour preuve, il agit ouvertement contre tout ce qui porterait à décrisper le climat politique qu’il a délibérément provoqué. Il lance un défi intolérable en refuser de signer l’arrangement particulier qui devait aider à appliquer les accords conclus avec lui au-delà de son illégitimité au pouvoir. Finalement, il se permet de nommer un Premier Ministre de son gré comme moquerie à l’endroit du peuple et de la Nation…

Il est temps que tous les hommes de l’opposition, spécialement les membres de l’opposition qui se reconnaissent vraiment tels, avec tout le peuple, dépassent leur velléité. La nomination, par Kabila, de Monsieur Bruno Tshibala comme nouveau Premier Ministre est une injure vis-à-vis du peuple congolais. Aucun congolais authentique n’a besoin de dispute de poste dont les cadres du Rassemblement et autres groupes d’opposition se ridiculisent devant les opinions, ni de leurs discours creux.

L’heure est à l’action. du 10 au 24 avril 2017, Kabila devrait être déguerpi, quel qu’en soit le moyen ou la méthode. Moïse Katumbi fait cet appel. Felix Tshisekedi mêmement. Mais c’est tout le monde qui doit se dresser comme un seul homme pour stopper immédiatement ce fossoyeur. La marche pacifique, oui. Mais alors s’il y a besoin de faire davantage?…

Mireille NZOLI
Kinshasa.

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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