Lubero: Violations des Droits Humains (CEJA)

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[Mardi 2 Decembre 2008: www.benilubero.com] Le programme Amani Léo a été défié par le CNDP qui n’a pas pu signer l’acte de désengagement. De ce fait, il s’est soustrait de ce programme qui vise la pacification du Nord et du Sud Kivu. Les hostilités entre les troupes du CNDP et les militaires des Forces armées de la R.D.Congo ont créé un environnement favorable aux violations des droits de l’homme dans le sud du territoire de Lubero.
 
a)      Occupation anarchique des maisons des civils
 
Comme la cité de Kanyabayonga et ses environs sont dépourvus de maisons de passage ou d’hôtels, les populations civiles ont été obligées de partager leur logis avec les militaires et certains militaires indisciplinés parvenaient à occuper complètement les maisons des civils après les avoir chassés. Ainsi, ils larguaient dans les rues de déplacés dans leur propre cité. Ce fait a été affirmé par une autorité locale en ces termes « Les militaires qui ont fui les combats sont arrivés en grand nombre ici chez nous. Ils ont commencé à occuper anarchiquement, soit les maisons encore en chantier, soit les chambres extérieures des maisons appartenant aux civiles. Ils arrivent quelques fois à chasser les propriétaires de leurs maisons pour les occuper. Tel est le cas de mes deux voisins qui ont été jetés dehors par les militaires. Ces cas sont nombreux dans la cité et les victimes ont peur de les dénoncer. En tant qu’autorité de la place, nous assistons de manière impuissante à ces tracasseries »
Au cours des affrontements entre les militaires loyalistes et les MAI MAI de PARECO, les militaires en profitaient pour occuper les maisons des civils après que ceux ci s’en étaient enfouis dans la brousse.
 
b) Rançonnement de la population civile
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Outre cette occupation anarchique des maisons des civiles, les militaires des FARDC s’adonnent aussi au rançonnement de la population en exigeant de sommes d’argent aux passants.
Les éléments de la 7ième brigade quant à eux s’étaient illustrés par l’extorsion des téléphones, les montres, les souliers, des bijoux,…Ils ont l’habitude d’opérer dans la soirée.
 
c) Pillages des biens de la population civile
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Durant les enquêtes, les membres de CEJA ont recensé des cas de pillages des animaux domestiques et des biens dans quelques maisons. Tel est le cas du chef adjoint de la cité de Kanyabayonga qui a vu les éléments de la 15ième brigade entrain d’emporter sa chèvre ainsi qu’un bidon rempli de pétrole de son voisin.
Dans la nuit du 10 au 11 novembre de cette année en cours, les éléments des Forces Armées de la R.D.Congo ont pillé les cités de Kanyabayonga, Kirumba, Kayna. Ils passaient d’une maison à une autre pour emporter les biens des occupants. Ce pillage a été dénommé «opération porte à porte »
Selon les informations recueillies sur terrain par les enquêteurs de CEJA, ces actes de pillage seraient une manifestation de la colère des militaires dont les soldes auraient été détournés par le chef militaire dont le nom n’a pas été révélé aux chercheurs de CEJA.
Dans la journée de 11 novembre de cette année, les militaires fuyards des lignes de front ont pillé l’agglomération de Kitsumbiro située à une trentaine de kilomètres de la cité de Lubero. Ce même jour, la cité de Lubero a connu une panique sans précédent car ses habitants craignaient un éventuel pillage. La quasi totalité des militaires fuyards qui se trouvaient à Kanyabayonga s’étaient repliés à Lubero avec leurs armements et les autos blindées. Cette arrivée non prévue a crée une inquiétude grandissante dans la cité de Lubero. Cette même panique s’est embarrée de la ville de Butembo située à 45 km de la cité de Lubero.
En date du 13 de ce même mois, les militaires et leurs engins sont retournés dans le sud du territoire de Lubero.
La cité de Kirumba a vécu un calvaire en date du 18 au 19 novembre 2008. Cette cité a été victime d’actes de vandalisme et de pillage perpétrés par les éléments des FARDC en combat avec les Mai Mai de PARECO. En fait, les Mai Mai s’étaient transformés en une sorte de police militaire pour traquer les militaires incontrôlés qui pillaient les biens de la population. Dans cette nuit du 18 au 19, les MAI MAI de la PARECO n’ont pas su cette fois ci maîtriser les militaires FARDC en colère. Durant les affrontements entre les deux protagonistes, certains militaires ont profité pour piller les biens de la population.
Selon les enquêtes effectuées par les chercheurs de CEJA, plus de 78 boutiques ont été pillées dans les trois cités de Kayna, Kirumba et Kanyabayonga. La valeur des marchandises emportées serait de plus de cent mille dollars.
 
d) Assassinat
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Face à la situation particulière des violations des droits humains par les militaires des Forces Armées de la R.D.Congo, les éléments Mai Mai du PARECO (Patriotes Résistants Congolais) cherchent à restaurer l’ordre dans cette entité. Ainsi, tout militaire qui fuit les affrontements est arrêté par les éléments du PARECO et contraint de regagner le front. S’il n’est pas d’accord, il est tué sur le champ. Jusqu’au jour de ces enquêtes, 18 militaires des Forces Armées de la R.D.Congo venaient d’être tués par les éléments Mai Mai de PARECO.
 
e) L’esclavage
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Les populations sont soumises à de formes diverses d’esclavage. Les populations civiles sont soumises au transport des biens pillés par les militaires. Elles sont aussi soumises pour approvisionner les militaires en eau. Ainsi, les civils kidnappés sont obligés à transporter des bidons d’eau pour les militaires des Forces Armées de la R.D. Congo.
 
f) Viols et violences sexuelles
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Les violences sexuelles subies par des femmes et jeunes filles dans la brousse où elles avaient pris refuge sont également enregistrées. Les militaires en débandade profitent du libertinage pour s’attaquer aux peuples en fuite ou en cachette dans les brousses.
 
Outre ces violations de droits de l’homme, il sied de mentionner que cette guerre dans le Nord Kivu a empêché aux groupes armés de respecter le calendrier du plan de désengagement. Alors que les groupes armés du Grand Nord venaient de s’engager dans le processus de désengagement, les hostilités imposées par le CNDP ont coupé court à cette évolution. C’est ainsi qu’au lieu de rejoindre les camps de cantonnement tel que prévu par le programme Amani Léo, les groupes armés ont maintenant consolidé leurs positions dans le grand nord de la province du Nord Kivu.
Les MAI MAI de PARECO ainsi que les MAI MAI Kasindiens sont opérationnels dans les villages de Kaseghe, Mighovwe, Kayna, Kirumba, de Miriki, Bunyatenge, Muhanga, Mbughavinywa, Kasugho, Luofu,……Les MAI MAI de Vurondo occupent la partie ouest de la chefferie de Baswagha, les villages de Vurondo, Mwenye,…
Les MAI MAI Rwenzori sont opérationnels dans la collectivité des Bashu.
Les Interahamwe, quant à eux sont très actifs dans les villages de Kasugho, Kilau,…
Compte tenu de la recrudescence d’affrontement entre les MAI MAI et les militaires des Forces armées de la RD Congo accompagnés de la défaite de ces derniers au front ont poussé les MAI MAI Kasindiens et de Pareco a procédé au recrutement de nouvelles unités. C’est ainsi que les chefs des MAI MAI Kasindiens ont procédé au tatouage des jeunes garçons dans les cités de Kirumba et Kayna. ( Extrait d’un communiqué de presse du CEJA du 21 novembre 2008)
 
Transmis par Florent Kasula
Butembo
Beni-Lubero Online
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