Massacres de Beni: La communauté Yira (Nande) prouve au Conseil de Sécurité de l’ONU que Kinshasa est complice et la Monusco incapable… Il faut une enquête internationale et un tribunal spécial!

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MEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE YIRA(NANDE) A LA DELEGATION DU COMITE DES NATIONS UNIES AU SUJET DE LA CRISE POLITIQUE ET SECURITAIRE EN RDC, DES RESPONSABILITES ET PISTES DE SOLUTIONS

Excellences Messieurs, Mesdames

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La communauté Nande dans la caravane ouvrant la conférence internationale Nande Kanyabayonga 2012
photo BLO par Georges Noko

Avec l’expression de nos sentiments de reconnaissance,

L’Association Culturelle Kyaghanda asbl « Obughuma bw’aba Yira », à travers le Conseil Culturel, organe qui représente la Communauté Yira (Nande), siège à son nom et l’engage, a le réel plaisir de vous accueillir sur le sol de ses ancêtres et vous remercie d’avoir spécialement inscrit la contrée meurtrie sur votre agenda nonobstant vos multiples occupations. Il s’agit là d’une marque de compassion qui nous console.

En effet, comme vous l’apprenez chaque jour, c’est depuis plus de deux ans que notre milieu (Beni-Lubero) est soumis à des actes cruels à caractère génocidaire et à des visés nettement d’extermination de la communauté Yira (Nande) et d’occupation de notre terre.

Ces massacres de cruauté indescriptible caractérisée par égorgement des civils, éventration, inoculation d’objets métalliques ou à bois dans les organes génitaux des femmes, décapitation, cognement des enfants contre les arbres, fusillades, incendies des maisons, des véhicules, pillages,… utilisant manchette, houe, hache, scie, marteau, arme à feu, … viennent de faire perdre à notre communauté plus de 1300 victimes innocentes (voir rapport exhaustif du Kyaghanda Beni en annexe) et plus de 1000 personnes portées disparues.

L’Association Culturelle Kyaghanda asbl « Obughuma bw’aba Yira » considère ces massacres comme un complot savamment organisé contre la Communauté et exprime de ce fait son affliction car :

1. Selon les us et coutumes yira, le sang des innocents versé sur notre terre en entraine grande malédiction au grand malheur des occupants ;

2. Les personnes sensées protéger la population et ses biens (autorités nationales et brigade d’intervention de la MONUSCO) ont laissé les assaillants opérer à toute quiétude en dépit du mandat et d’énormes moyens dont elles disposent ;

3. Le nombre très élevé des victimes, la durée de cette sale besogne, la diversion des différentes autorités (nationales et internationales) quant à l’identité des auteurs témoignent de leur complicité dans la commission de ces massacres ;

4. Les populations contraintes par le gouvernement à abandonner leurs villages et champs au motif d’y mener des opérations offensives sont malheureusement abandonnées à leur triste sort dans les grandes agglomérations (Beni, Butembo, Oicha,…) sans aucune assistance humanitaire. Elles sont ainsi exposées à des maladies (malnutrition), abandon des classes par leurs enfants et beaucoup d’autres maux. On dirait même une autre stratégie silencieuse des massacres ;

5. Toutes les personnes qui tentent de s’opposer avec véhémence à ces actes de génocide ou de les dénoncer, ont tout simplement été réduites au silence (tuées avec les mêmes méthodes terroristes) ; le gouvernement étant le premier suspect pour n’avoir pas identifié et jugé les auteurs. Nous citons le Général Lucien BAUMA AMBAMBA, le Colonnel Mamadou NDALA, le Père Vincent MACHOZI KARUNZU, alors Président mondial de l’Association Culturelle Kyaghanda Yira (Nande).

Partant de ce qui précède, l’Association Culturelle Kyaghanda exige :

1. La qualification par l’ONU de ces massacres comme un génocide contre la communauté Yira(Nande)

2. La clarification de l’identité des auteurs ainsi que leurs complices par une enquête internationale neutre et indépendante. Cette enquête devra considérer à notre avis comme premiers suspects : les Gouvernements du Rwanda, de l’Ouganda et certains cadres du régime de Kinshasa (officiels et officiers militaires) tels que cités dans plusieurs rapports des Nations Unies et des ONG Internationales de Droit de l’Homme avec une forte suspicion de complicité de certains agents et militaires de la MONUSCO ;

3. L’ouverture d’un tribunal pénal spécial pour les massacres de Beni-Lubero devant juger avec objectivité les criminels et complices, indemniser les victimes en particulier et la communauté Yira (Nande) en général.

Par ailleurs, l’Association Culturelle Kyaghanda attend voir tous les violons s’accorder en RDC quant à la fin du mandat du Président Joseph KABILA, l’organisation des élections apaisées et crédibles, l’alternance démocratique dans le strict respect de la Constitution.

Devant un Gouvernement ayant totalement failli à sécuriser son peuple, si pas même l’ayant livré aux prédateurs ; l’Association Culturelle Kyaghanda rejette toute tentative par ce dernier à vouloir opérer un quelconque glissement afin d’octroyer un nouveau mandat au régime actuel et ce, en violation de la volonté populaire exprimée dans la Constitution.

A cet effet, l’Association Culturelle Kyaghanda Yira (Nande) soutient la démarche de la CENCO et de la Communauté Internationale appelant au vrai dialogue entre la nouvelle majorité issue du conclave de la Cité de l’Union Africaine, le Rassemblement des Partis de l’opposition et la vraie société civile afin de dégager un consensus sur le calendrier électoral respectant la Constitution.

Fait à Beni/Butembo, le 12 novembre 2016.

Pour l’Association Culturelle KYAGHANDA asbl « Obughuma Bw’aba Yira »

Prosper NYAMWESA KAMBALE SHANGILIA

Président Kyaghanda Beni-Ville Président du Conseil Culturel

L’original du document sous fichier Microsoft Word :
sg_memorandum-de-la-communaute-yira

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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