Oïcha: Langue de bois du Ministre Ferdinand Kambere et sabotage par les Fardc

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Depuis le lancement des Opérations Ruwenzori le 25 juin dernier, et le déplacement forcé de plus de 200 000 congolais du territoire de Beni, le gouvernement congolais a finalement décidé d’envoyé dans le camp de déplacés d’Oïcha, son Ministre des Affaires Humanitaires, Son Excellence Ferdinand Kambere qui est aussi un beniluberois.

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     Une vue de déplacés en Cité d’Oïcha, Territoire de Beni

Les déplacés d’Oïcha ainsi que les populations locales qui ressentent déjà les conséquences des opérations Ruwenzori espéraient recevoir de la part de leur hôte des mesures de la pacification prochaine du territoire de Beni préalable pour leur retour dans leurs villages. Mais hélas ! Le Ministre des Affaires Humanitaires, Ferdinand Kambere, élu du PPRD, qui a vu les déplacés qui ne peuvent retourner dans leurs villages et champs à cause de l’insécurité qui y règne toujours, et à qui les déplacés ont dit dans sa langue maternelle que trente déplacés parmi ceux qui ont eu le courage de retourner dans leurs villages ont été tués par des hommes en armes, et que 300 déplacés blessés graves et malades sont sans soins médicaux adéquats dans les structures médicales d’Oïcha, de Mbau et de Mavivi, a surpris ses auditeurs quand il a adressé son message au public en ces termes :

« Les Opération Ruwenzori évoluent bien et l’ennemi ADF/NALU a été mis en déroute. Les localités d’origine des déplacés sont déjà sécurisées par les FARDC ». Ce langage de bois a suffit pour détruire le petit espoir que faisait naître l’annonce de sa visite dans ce coin sinistré du territoire de Beni. Le message du Ministre Ferdinand Kambere a ainsi répété le mantra des officiels congolais et de la Monusco qui depuis plus d’un an font tout pour camoufler l’occupation militaire de l’Est du pays et le génocide des populations congolaises autochtones qui s’y déroule par des tueurs utilisant les noms empruntés aux groupes armés qui étaient par le passé actifs dans le coin. Le cas des viols collectifs de Luvingi en territoire de Walikale est encore frais dans la mémoire des congolais. Ni le gouvernement congolais, Ni la Monusco n’avaient en premier lieu dénoncé ces viols collectifs qui ont duré quatre jours. Il a fallu la dénonciation d’un humanitaire international pour que des délégations du gouvernement congolais et de la Monusco se bousculent au portillon de Walikale avec des larmes de crocodile aux yeux. Cela n’est pas la première fois. On comprend aussi pourquoi les vrais humanitaires sont attaqués et que plusieurs d’entre eux ont arrêté leur aide. Les vrais humanitaires sont des témoins gênants du génocide congolais.

Le Ministre Ferdinand Kambere est donc aussi venu grossir le rang des négationnistes du génocide congolais. Ce qui est plus grave est que le Ministre Ferdinand Kambere peut avoir des membres de famille parmi les victimes. Ceux qui connaissent bien le Ministre Ferdinand Kambere disent que ce n’est pas lui qu’ils ont entendu dire à Oïcha le contraire de ce que ses yeux voyaient et regrettent qu’il soit devenu un perroquet comme tous ceux qui veulent sauver leurs postes dans le gouvernement de Kinshasa pendant que leurs villages sont mis en feu et les membres de leurs familles massacrés. On attend depuis longtemps que les vrais congolais parmi eux démissionnent de ce gouvernement à la solde des intérêts étrangers, mais en vain. Il semble que la démission volontaire est interdite dans la politique congolaise.

En guise d’illustration de l’insécurité grandissante que le Ministre Ferdinand Kambere n’avait pas voulu reconnaître au moins dans son discours officiel, dans la journée du 31 août dernier, alors que le Ministre KAMBERE était en mission dans la zone, les Fardc engagés dans les Opérations Ruwenzori ont pillé les localités de TOTOLITO et MAMUNDIOMA à 11 et 25 km-Est de Mbau, sur l’axe Mbau-Kamango.

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            Aperçu route Totolito-Mamundioma/Territoire de Beni

Au cours de leur pillage, les FARDC ont mis à sac toutes les habitations avant de s’en prendre aux Centres de Santé de TOTOLITO et de MAMUNDIOMA, des Structures médicales où ils se faisaient soigner de la malaria quelques jours auparavant. Ce pillage serait organisé par un certain Capitaine BLAISE, un rwandophone issu du CNDP. C’est lui aussi qui aurait orchestré il y a quelques jours le pillage systématique de la localité de Kokola sur l’axe Oïcha-Eringeti.

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              Aperçu entrée KOKOLA en Territoire de Beni

Selon les populations locales, l’insécurité orchestrée par les Fardc est pire que celle avant les Opérations Ruwenzori. D’où la question que tous se posent : les Operations Ruwenzori sont elles pour la securité ou pour l’insécurité? Et pourquoi les officiels congolais, tel Ferdinand Kambere se félicitent-ils d’une opération militaire qui crée plus d’insécurité qu’elle n’en résout? Le pillage du 31 août 2010 était-il un sabotage de la visite du Ministre Ferdinand Kambere envoyé par un gouvernement toujours accusé par le CNDP de ne pas respecter ses engagements (sans dire lesquels, plusieurs accords ayant été secrets) ?

Dans tous les cas, les signes de l’occupation du terrain par le CNDP sont visibles. A part l’insécurité entretenue par les Fardc issus du CNDP et les clandestins armés soupçonnés d’agir sur le compte du CNDP, toutes les entreprises de l’Etat dans les deux territoires de Beni et de Lubero sont aujourd’hui gérées par des cadres issus du CNDP. Une autorité locale de Beni-Lubero qui a requis l’anonymat nous a révélé que dans le conseil de securité de sa circonscription, il n’y a que deux vrais congolais.

A la suite de la situation sur terrain, il appert que le CNDP attend le jour qu’il sera sûr d’avoir toute la main mise sur le territoire qu’il convoite pour claquer la porte des négociations avec le gouvernement congolais pour déclarer l’autonomie du territoire qu’il aura sous son contrôle. Le sabotage par les Fardc de la visite du Ministre Ferdinand Kambere est un signe qui ne trompe pas ! Deux semaines auparavant, on a vu le poste stratégique de la Division du Cadastre de Beni revenir à un rwandophone sorti de prison. La police des frontières ainsi que la Direction Générale des Migrations du poste frontalier de Kasindi sont passés entre les mains des nominés du CNDP. Et plus ces gestes que Kinshasa met sur le compte de la réconciliation se multiplient, plus l’insécurité augmente dans la région. C’est cela aussi l’histoire de la négociation avec le CNDP ! Plus on négocie avec le CNDP, plus on perd. Le seul langage que comprend le CNDP, c’est la force ! Les opérations Ruwenzori ont déjà révélé suffisamment leur face cachée … 

Obède BAHATI

Beni

©Beni-Lubero Online

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