Oïcha: Le Président de la Société Civile menacé de mort

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Mr MUSAYI TSATSANGO, Président de la Société Civile de la Cité d’Oïcha, Chef-lieu du Territoire de Beni est dans le collimateur des militaires tueurs depuis le mercredi 28 juillet 2010. Ces tueurs bien armés espéraient le liquider au studio de la Radio Moto d’Oïcha où il anime une émission chaque mercredi en sa qualité de Président de la Société Civile noyau d’Oïcha, Président de la Commission Paroissiale Justice et Paix, et Directeur Honoraire de la Radio Moto Oïcha.
Le soir du mercredi 28 juillet vers 21h50, 4 militaires Fardc surgissent dans l’enceinte de la Radio Moto Oïcha. Ils s’introduisent au studio de la radio en pleine émission, passe à tabac le technicien du jour, à savoir, Mr Kakule Siviwe surnommé « Kassapar». Avec la pointe du fusil sur son front, ils menacent Kassapar d’indiquer où se trouve Mr Tsatsango s’il ne veut que sa tête soit fracassée. Mr Kassapar montre la pièce du studio où il se trouve et démontre que personne ne peut se cacher dedans. Furieux, le chef de la bande exhibe un document qu’il avait en main et sur lequel il y avait plusieurs noms écrits à la main, des écrits que Kassapar n’a pu déchiffrer. En sortant, le chef de la bande a dit que sa mission n’était pas finie, qu’il reviendrait car il avait sur sa liste plusieurs cibles.Kassapar tabassé s’en est tiré avec plusieurs blessures sur son corps, des chocs aux cotes, sa Carte de Service ravie et emportée par les tueurs,  peut-être comme preuve (à l’intention des commanditaires qui sont toujours cachés) qu’ils ont bel et bien été au studio de la radio moto).  
 
                               Bâtiment de la Radio Moto Oïcha
Mr TSATSANGO était absent du studio parce qu’il était parti rendre service aux multiples déplacés d’Oïcha qui sont abandonnés à leur triste sort. Le service aux nécessiteux a sauvé la vie de Tsatsango.  Averti  de l’attaque, Tsatsango vit depuis cette nuit là en clandestinité dans sa propre cité. C’est cela l’œuvre des militaires en territoire de Beni : rendre captives les populations locales ! 
 
Le sort de Mr Tsatsango est celui de tous les Défenseurs des droits humains ainsi que les forces vives du Territoire de Beni. Rappelez-vous que le 30 juin, jour de la célébration du cinquantenaire de la RDC, Mr Salvator MUHINDO de l’ONG de Droits Humains « Bon Samaritain » avait été abattu en son domicile de KALUNGUTA, au Sud de la Ville de Beni. Aussi, depuis trois semaines, Mr PALUKU BATHOLENI, Président de la Société Civile en Collectivité de Ruwenzori à l’Est du Territoire de Beni vit en clandestinité après avoir échappé deux fois à un assassinat par des hommes en armes et en tenue militaire Fardc.  
 
Si les medias de Kinshasa parlent déjà de campagne électorale et des exploits réalisés par les uns et les autres, le chantier securité de Beni-Lubero manque des preneurs et des chantres. Y-a-t-il un candidat aux prochaines élections présidentielles avec des résultats ou un plan de sécurisation des personnes et de leurs biens ! Appel de Beni-Lubero où les Hommes en armes et en uniforme militaire, et pour être plus explicite, les Fardc issus du CNDP, sont en campagne militaire d’occupation territoriale. L’apocalypse de Beni-Lubero qui aurait été retardée pour permettre à Joseph Kabila de savourer sa fête du 30 juin, est aujourd’hui en marche. Pour conjurer son mal qui n’épargne personne, des voix s’élèvent pour demander aux chefs coutumiers, aux leaders politiques, députés nationaux et provinciaux, mandataires de l’Etat, aux chefs des confessions religieuses, à la société civile, aux forces vives, aux professeurs d’université et aux étudiants, etc. de se réunir toute affaire cessante pour exiger une réponse du Président Joseph Kabila élu massivement à Beni-Lubero et du Gouvernement Muzito vis-à-vis de l’extermination de l’ethnie Nande. Un des leaders précités doit prendre l’initiative de la rencontre que tous les beniluberois attendent de tous leurs vœux. La participation à cette rencontre déterminera qui est avec les populations victimes et qui ne l’est pas. Votre peuple a besoin de savoir ce que vous pensez de son extermination par les Fardc issus du CNDP ! 
 
Vous connaissez bien votre peuple. Il est endurant, travailleur, patient mais intraitable une fois la limite de la patience est dépassée. Au cours de deux dernières semaines, les autorités administratives des villes de Butembo et de Beni viennent d’en faire l’expérience.
 
Après l’assassinat de Mokolo Diamant à Butembo, le Maire de ville avait demandé aux bubolais de vaquer à leurs activités comme d’habitude. Son appel fut rejeté par la population qui avait préféré suivre l’appel de la ville morte lancé par les forces vives de la place.
 
Avant-hier, c’était le tour du maire de Beni d’être désavoué par ses administrés. Après le carnage des mamans et des bébés à Kisima sur la route de Kasindi, l’Association Culturelle Kyaghanda de la ville de Beni avait demandé à la population d’observer trois jours de ville morte pour forcer le gouvernement à trouver une solution à l’insécurité qui ne se justifie pas. En apprenant cela, le Maire de Beni était monté sur son piédestal pour administrer une règle de préséance en la matière  au Kyaghanda en rappelant que c’est lui le Maire qui est autorisé à décréter une ville morte. Mais la population a suivi l’appel du Kyaghanda et la ville morte a eu lieu. A bon entendeur salut !
 
Le pouvoir c’est le peuple qui le donne et qui le reprend au moment opportun. Le pouvoir est un contrat. Celui à qui le peuple donne le pouvoir accepte de garantir les droits et les devoirs du peuple. Quand il devient incapable de s’acquitter de sa part de contrat, il perd le pouvoir automatiquement et le peuple n’est plus tenu à lui obéir.  Beni-Lubero ainsi que toute la RDC se trouve dans ce cas de figure. Les hommes et les femmes au pouvoir ont perdu leur légitimité parce qu’ils affichent une incapacité notoire d’assurer la securité des congolais et de leurs biens. Ayant constaté leur incapacité et le désaveu du peuple congolais, ils ont choisi d’utiliser la force des armes pour imposer leur diktat. C’est le cas des répressions sanglantes de toutes les manifestations réclamant une amélioration des conditions de vie ou dénonçant les abus du pouvoir. Ce mode de gouvernement par la force des armes est ce qui se voit à Beni-Lubero vont jusqu’à interdire aux proches des victimes des assassinats de pleurer ou de faire le deuil. Les veillées mortuaires sont attaquées et les cadavres dans les cercueils fouettés comme s’ils n’étaient pas déjà morts. Ces pratiques inhumaines démontrent que la rupture d’alliance entre le pouvoir et le peuple est totale. Le pouvoir veut éliminer l’autre partie au contrat pour pouvoir faire ce qu’il veut. Ceux à qui le peuple avait délégué un pouvoir contractuel ont profité de l’occasion pour s’octroyer un pouvoir presque divin de vie et de mort sur le peuple, allant jusqu’à vendre la terre et ses habitants à des puissances militaires étrangères (nous les appelons militaires car elles sont en banqueroute économique et morale) comme à l’époque des colonies. N’ayant pas le droit de leur côté, ces leaders devenus dictateurs, cherchent à accomplir leur deal d’extermination des Nande avec les puissances militaires étrangères dans toute discrétion en attribuant le crime à des hypothétiques FDLR, ADF/NALU, LRA. Même les Mai-Mai de Beni-Lubero que la MONUC avait démobilisés ou brassés dans l’armée et la police nationales en prenant soin de les affecter très loin de Beni-Lubero pour préparer le coup actuel, sont toujours cités comme acteurs de la violence dans une région livrée entièrement aux mains des Fardc issus du CNDP. Si les Nande souffrent c’est à cause des Mai-Mai alliés aux ADF/NALU ou à cause d’un tel leader politique déchu de Beni-Lubero. Cela s’appelle une victimisation des victimes et un prélude au génocide comme seules les puissances militaires étrangères mécènes du projet savent en faire. Les USA et le Canada  sont assis sur le génocide des amérindiens, l’Angleterre et l’Australie sur celui des Aborigènes, la Belgique sur celui des congolais, l’Israël sur celui des Palestiniens, le Rwanda de Paul Kagame sur celui des Hutu, etc.
.
Le danger d’extermination des Nande est donc réel car étant entre des puissances expertes en génocide. Le silence de Kinshasa et de l’ONU sur les massacres actuels à Beni-Lubero est à interpréter dans ce sens. C’est aux Nande eux-mêmes de sonner leur alarme afin que le monde sache ce qui se passe derrière les affiches humanitaires des certaines ONG, des fameux 5 chantiers, annulation de la dette congolaise par les Institutions de Bretton Woods, etc. Comme disent les sages: le malheur a quelquefois le visage de bonheur !  
 
Les leaders Nande énumérés ci-dessus ont donc le choix entre le camp du peuple ou le camp de la dictature en gestation. Le silence devant un mal est signe de complicité ou de lâcheté. C’est pourquoi la rencontre urgente des leaders Nande que le peuple attend de tous ses vœux se veut une heure de vérité pour départir les amis du peuple, les poltrons, et les complices de la dictature en gestation. L’histoire des dictatures révèle qu’elles ont été toutes défaites par le peuple qui, malgré la répression sanglante, finit toujours par se ressaisir et reconquérir sa place de souverain primaire. Un peuple qui a trop souffert finit par prendre conscience, s’organiser, se défendre, et changer la peur de camp! Les hommes étant égaux, un homme fort ne peut pas se prévaloir d’être toujours le plus fort, dixit J. J. Rousseau.
 .
Obède Bahati
Beni
©Beni-Lubero Online
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*