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Mwami Paluku Abdoul Kalemire III, nouveau chef coutumier des Bashu du Territoire de Beni a été présenté officiellement à la population le samedi 28 mars 2009 par l’Administrateur du Territoire de Beni, Monsieur Justin Kahombo en présence des plusieurs chefs coutumiers de Beni-Lubero. Depuis lors, le plus jeune chef coutumier de la région et peut-être de la R.D. Congo car il n’a pas 20 ans d’âge, est en période d’initiations rituelles comme prévu dans les us et coutumes des Bashu. Mwami Paluku Abdoul Kalemire III entrera officiellement en fonction après son entérinement par le Ministre congolais de l’intérieur.
Mwami Paluku Abdoul Kalemire III (au milieu en costume blanc)
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Umbo Salama
Butembo
Beni-Lubero Online
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Ceci est une présentation de la deuxième édition de « Si je savais »  qui se veut plus internationale. C’est un livre qui paraît en deux versions : anglaise (cf. Wish I had known) et française (Si je savais). La première version a été publiée par les Editions Sherpa à Yaoundé en 2004 (Philippe Mutaka & Urbain Olanguena Awono)
 
Table des Matières
 
Préface ………………….. …     ……………………………………..                                    5
Prologue … ……………………………………………… ………..                                       9
 
Chapitre 1: Témoignages des victimes du SIDA. ………..                                              15
Cas No. 1 à 13 ………………………………………………….                                                16
Conclusion: le monstre auquel nous faisons face en Afrique subsaharienne 51
 
Chapitre 2: Affiches publicitaires et dépliants….. ………………                                          57
2.1. Tout sur le SIDA: information de base. ……… ……. ……                                            59
a. Comment vivre avec le VIH/SIDA……. …………… ….. ……..                                          59
b. Faisons-nous dépister          ……………….. …………… … .                                           60
c. Bébés sans SIDA… ………………………………  ………..                                             61
d. SIDA: comment se protéger ………… …………… ………. …..                                         63
e. Condensé de l’essentiel à savoir sur le SIDA ………………..                                          64
f. Ceci peut vous concerner……. …………… …………… ….. ….                                         70
2.2 Des affiches publicitaires potentielles (proverbes, versets bibliques, etc.) ……….          73
a. pour une conduite sexuelle responsable…………… ……….                                           73
b. sur la prudence…… …………… …………… …………… …… .                                         75
c. sur l’abstinence …….. …………… …………… …………… ….                                          80
d. pour les usagers des préservatifs… …………… …………… ..                                         82
e. affiches basées sur des versets bibliques……… …………. ..                                         83
 
Chapitre 3: Des messages spécifiques pour des catégories de la population……..             87
Un message destiné aux chrétiens….. …………… ………… .. …                                       88
Messages destinés aux femmes mariées………. ………….. ..                                           91
Messages destinés aux hommes mariés……. ………………  ..                                          93
Un message pour les musulmans. …………… ……………… .                                            96
Un message destiné aux parents …….. ……………………… .                                           103
Un message pour les étudiants………… …………… ……….. .                                           104
Un deuxième message pour les étudiants par E.Chia…… …..                                          106
Un troisième message pour les étudiants par Peh Jeanne                                               109
Un message destiné aux filles ……………………………. .                                                 111
Un message pour les élèves du secondaire ……………  ….                                              112
Un message pour les polygames   …………………………..                                                115
Un message pour les militaires………………………………..                                                120
Un message aux non-Africains ……………………………… ….                                             122
Un message destiné aux décideurs ……………………………. ….                                        125
 
Chap. 4: Un appel pour arrêter les atrocités faites aux femmes au nom de la tradition         129
Ce que nous identifions comme atrocités et la méthodologie pour la collecte des données .130
Cas d’études des atrocités contre les femmes………………. ….                                        132
Y a-t-il une justification possible à ces pratiques ? ………….                                             143
Les moyens pour lutter contre ces atrocités traditionnelles  …….                                      145
 
Chapitre 5. Qu’est ce qui ferait d’un homme votre “mec”?    ……….                                   161
Des suggestions pour la manière de garder un homme pour soi-même ……..                     162
Que cherchent les hommes dans la femme? ……………….        ….                                   168
Des messages secrets des hommes destinés à leurs femmes   ..                                    173
 
Chapitre 6. L’inconnue que je suis en tant que femme …. ……. ..                                        187
Ce que les femmes recherchent chez l’homme …………             ………                             188
Prévoir des moments intimes comme source d’attraction entre partenaires ……….              190
Des messages secrets des femmes destinés à leurs maris…. ..                                       192
 
Conclusion:    Un espoir pour les victimes du SIDA………  ……..                                       204
 
Annexes …………… ……… …………… …………… ………..                                                215
Des chiffres et tableaux utiles pour une campagne de sensibilisation au sujet du VIH/SIDA 216
Quelques suggestions pour l’emploi de ce livre comme outil de lutte contre la propagation du SIDA. 223
Le drame d’une vie par Yebga Suzy Hortense……………                                            227
Une certaine réticence à adopter des habitudes sexuelles saines: le cas des Mankon.          238
Posez votre question: questions difficiles sur la lutte contre le SIDA ………..           257
Le SIDA et la polygamie par B. Chumbow & P.Tamanji      279
Une session de campagne de sensibilisation. Par Nga Eliane & P. Mutaka …….      297
Conseils sexuels aux jeunes mariés de la culture Bamiléké Par Patrice Yemmene                307
Questionnaire du suivi de la lutte contre le SIDA ………                                           310
Table des matières …………………………………………………                                             311
  
Prof. Philippe Mutaka ( co-auteur du Si Je Savais)
Dédicace
Ce livre est dédié à toute personne, toute croyance confondue, qui veut bien reconnaître ce qui suit dans son coeur:
 
           L’existence de Dieu comme son créateur suprême à qui il devra rendre compte de ses actions à sa mort
           Sa conviction personnelle au sujet de la suprématie de cette injonction biblique: “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.” “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. (Mc 12:30,31).
 
Préface
 
Le grand défi auquel fait face l’Afrique subsaharienne est de contrer avec succès la pandémie du Sida. Les différents acteurs dans cette lutte contre la maladie la plus terrible du siècle ont maintenant reconnu que le VIH/SIDA n’est pas qu’un problème de santé publique. C’est un problème multisectoriel auquel il faut une approche holistique pour le résoudre. Selon le document de la Banque Mondiale (2000 :20) « Intensifiying action against HIV/AIDS in Africa : responding to a development crisis », les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA qui réussissent ont ceci de commun:
 
– Ils jouissent de l’engagement du gouvernement à un très haut niveau et de multiples partenariats à tous les niveaux avec la société civile et le secteur privé,
– ils investissent assez tôt dans les efforts de prévention efficace,
-ils sont décentralisés et ils emploient des approches participatives pour amener le programme de prévention et de soins à une échelle vraiment nationale,
-la réaction est anticipative, compréhensive et multisectorielle; elle s’adresse aux facteurs socio-économiques qui rendent les gens vulnérables à l’infection ; et elle cible les programmes de prévention et de soins et supporte les frais de traitement liés à ces programmes.
 
Ce document Si je savais/Wish I had known remplit bon nombre de ces critères. La contribution du matériel de prévention du Sida du ministère de la Santé Publique au Cameroun ainsi que les témoignages des sidéens, les messages adressés à différentes couches de la population telles que les Chrétiens, les Musulmans, les parents, les militaires, les étudiants, les décideurs, et les citations pertinentes tirées des documents de l’ONUSIDA, de l’OMS, de la Banque Mondiale sur la prévention du Sida font de ce livre une nécessité pour tous les acteurs impliqués dans la lutte contre le Sida à s’en servir. C’est très nécessaire que les gens lisent individuellement ce document pour être mieux sensibilisés sur les conséquences de la pandémie du Sida sur eux-mêmes et sur leurs familles, et pour la protection de l’économie de leurs pays.
 
En lisant ce livre, les gens se rendront compte qu’un simple désir sans action à trouver une solution à la pandémie du Sida ne va pas lui barrer la route. Il faut arriver à impliquer chacun de nous à réagir sur la base des informations et faits explicités dans ce livre pour pousser les gens à changer de comportement. Ces faits sont :
 
– 70 % des sidéens sont en Afrique subsaharienne. Ce ne sont pas là des simples statistiques. Ce sont des personnes humaines qui ont leurs familles et leurs enfants qui sont donc concernées par le Sida.
 
– Pour les pays dont le taux de séroprévalence est encore minime, il faut absolument éviter ce qui se passe maintenant dans certains pays de l’Afrique australe où 1/3 de la population est maintenant séropositive. Lutter contre le Sida est une manière de protéger différentes couches de la population des souffrances que leurs familles risqueraient d’encourir si un des membres de leurs familles attrapait le Sida.
 
– Le nombre d’orphelins ira en augmentant si rien n’est fait. Qui pourra désormais s’occuper de ces orphelins ? La bonne volonté de nos autorités de s’en occuper ne pourra plus suffire.
 
– L’absentéisme dû à la pandémie du Sida va de plus en plus toucher tous les secteurs de l’économie, y compris le secteur de l’éducation. En effet les employés ne pourront pas s’empêcher de s’occuper des malades dus au Sida ou de participer à des funérailles causées par cette pandémie.
 
– Si la pandémie empirait, tout irait à la catastrophe : il y aurait une insuffisance des lits dans les hôpitaux, d’argent pour soigner les malades à moindre coût et il y aurait un risque accru de famine comme cela se passe déjà dans certains pays de l’Afrique australe, etc.
 
C’est pour toutes ces raisons que nous devons relever le défi présenté dans ce livre, celui de poser un acte spécial qui fera la différence dans la lutte agressive contre la pandémie du Sida. Faisons tout pour encourager la lecture de ce livre par toutes les couches de la population de l’Afrique subsaharienne. Ayons constamment à l’esprit que c’est nous les véritables combattants de cette lutte contre le Sida. Nous devons continuer la lutte jusqu’à la victoire finale. C’est une question de notre propre survie. La vulgarisation du message de la prévention est le moyen le plus sûr pour la protection de nos familles et de nos économies nationales des affres de la pandémie du Sida.
 
Urbain Olanguena Awono
Ministre de la Santé Publique au Cameroun
 
Prologue
 
Imaginez que votre vie se termine dans un ou deux ans. Fermez les yeux et dites-moi sincèrement ce que vous voyez. Peut-être que votre vie ne va pas beaucoup changer comme pour certains. Mais elle va changer pour d’autres. C’est triste de le reconnaître, mais certains d’entre nous seront porteurs du virus du Sida à cause de quelques actes qu’ils auront posés et qui avaient pourtant l’air d’être anodins. […]
 
La question qu’on peut alors se poser est la suivante: qu’est-ce qui va se passer après votre vie terrestre? J’emploie le mot “vie terrestre” parce que, si vous êtes comme moi, si vous êtes un Africain, quelle que soit la religion à laquelle vous appartenez, il y a une chose à laquelle vous croyez: lorsqu’on meurt, il y a quelque chose qui reste. On ne meurt pas complètement. Vous avez une âme qui survit à votre corps physique. La mort est perçue par la plupart d’entre nous comme le commencement de cette autre vie, la vie réelle qui quitte notre corps et qui doit se soumettre à une forme de jugement dernier.
 
Si vous êtes de ces gens qui pensent que nous devons jouir du moment présent, et que nous ne devons pas nous préoccuper de ce qui arrivera demain, prenez un peu de temps pour réfléchir sur ce qui suit.
[…]
Supposons pour un moment que, lorsque nous parlons d’un Dieu juste, c’est parce que à notre mort, Dieu nous demande simplement d’évaluer notre propre vie. A partir de cette évaluation, vous saurez où aller.
 
Comment avez-vous imaginé votre vie dans deux ou cinq ans? Vous avez commis certains actes qui peuvent vous conduire à la perdition. Vous savez que certains de ces actes peuvent vous amener à devenir une victime du Sida. Imaginez-vous ce qui arrivera à vos enfants! A votre femme! A votre mari! A vous-même! Peut-être que votre corps va commencer à se désintégrer. Vous serez en position de contempler votre propre mort. Et le jugement qui sera le vôtre à cause de vos actions. Bien sûr que vous pouvez dire que vous confesserez vos péchés, mais supposons que Dieu ne veut pas vous pardonner parce que, dans votre cas, vous saviez que vos péchés allaient vous mener à la perdition. Vous vous réjouissiez de vos péchés. Vous étiez content de causer du tort à vos frères. Dieu vous dit simplement que vous récoltez ce que vous avez semé.
 
Maintenant que vous voyez que vous êtes en quelque sorte le décideur de votre vie future, vous commencez à vous dire : “Si je savais”. Si vous ne l’aviez pas réellement su, je pense que Dieu serait prêt à vous pardonner. A supposer qu’il vous dise ceci: «Je vous ai envoyé plusieurs signes pour vous inciter à vous repentir car je savais que vous viendriez bientôt.»
 
Ce livre est l’un de ces signes. Nous avons le pouvoir en nous d’éviter la perdition. Nous avons le pouvoir en nous d’éviter la pandémie du SIDA. Mais aussi, nous avons le pouvoir en nous d’améliorer notre propre vie. Peut-être même de jouir du sexe mieux qu’auparavant si seulement nous avons la ferme volonté d’essayer. Nous avons le pouvoir en nous de décider pour nous-mêmes le genre de vie que nous voudrions dans deux ou cinq ans, ou le genre de vie que nous souhaitons mener après la mort. […]
           
C’est un livre qui invite chacun de nous à apprendre à partir des fautes des gens qui sont victimes du SIDA, pour que nous ne tombions pas dans le piège de devenir nous-mêmes victimes du SIDA, comme cela est mis en exergue dans le premier chapitre. Le chapitre deux présente un certain nombre de slogans et proverbes que l’on peut interpréter comme des bombes destinées à résonner dans les oreilles de notre esprit, chaque fois que nous sommes tentés de poser un acte qui nous égare. Le chapitre trois rend explicite un certain nombre de messages qui ciblent différentes catégories de gens en vue de les aider à réfléchir beaucoup plus sur des messages spécifiques pour améliorer la qualité de leur vie. Le chapitre quatre est un chapitre spécial dont le but est de corriger certains méfaits à l’encontre des femmes que beaucoup de cultures africaines peuvent avoir hérités de la tradition et qui devraient être proscrits. Les chapitres cinq et six rapportent les messages de plusieurs gens destinés à leurs partenaires de sexe opposé et qui essentiellement se résument à ceci: «Veuillez m’aider à devenir votre meilleur partenaire en me faisant expérimenter avec vous une vie sexuelle qui me comble à l’instar de celle que je menais dans mes aventures extraconjugales ». Ce livre contient également une annexe qui comprend des textes de différents auteurs dont le but est de nous encourager beaucoup plus à une conduite sexuelle responsable. C’est par exemple: les suggestions de l’emploi de ce livre comme outil de discussion pour lutter contre la propagation du SIDA, l’hésitation d’adopter des habitudes sexuelles saines: le cas du peuple Mankon, les lignes de conduites traditionnelles destinées aux nouveaux mariés dans la culture Bamiléké.
 
 
Extraits du Chapitre 1 : Témoignages des victimes du SIDA
 
Lorsque nous lisons ces histoires, nous devons avoir à l’esprit qu’elles ont été racontées par des gens qui étaient bien portants comme vous et moi. Des gens qui ne savaient pas qu’ils allaient devenir des victimes du SIDA, mais qui le sont aujourd’hui. Qu’est-ce qu’il en est de nous autres ?   Sommes-nous meilleurs par rapport à eux? L’état d’esprit dans lequel ils racontaient ces histoires était certainement un état où ils se disaient “Si je savais ! J’aurais dû prendre soin de moi-même pour éviter de tomber dans ce gouffre.” Ces histoires sont les nôtres maintenant. Peut-être que, à notre mort, notre juge suprême nous rappellera que nous ne pouvons pas donner le prétexte que nous ne savions pas ce qu’il fallait faire. Ces victimes du SIDA ont eu le courage de nous raconter leur malheur personnel en vue de nous aider à faire extrêmement attention à la façon dont nous nous comportons devant des situations qui concernent notre conduite sexuelle.
 
Conclusion: le monstre auquel nous faisons face en Afrique subsaharienne.
 
[…]      Puisque la pauvreté et l’inégalité sexuelle ne vont pas se terminer dans un avenir proche en Afrique et que beaucoup de couples vivent dans une relation de promiscuité, les moyens pour combattre le SIDA semblent voués à l’échec. Je sais que les promoteurs de préservatifs peuvent dire que le préservatif est la solution à nos problèmes. Mais l’est -il réellement?
En commentant sur l’emploi des préservatifs et la nécessité de prévention pour lutter contre le SIDA, Paul Farmer et al. (1996:34-35) dit ce qui suit:
 
“Un nombre de tâches associées concernent la prévention. Le fait de rendre les préservatifs disponibles est une solution tout à fait insuffisante. Véhiculer le message qu’il faut reste et restera toujours une priorité parce que le VIH n’est pas en voie d’être éradiqué bientôt. Cela signifie que les adolescents partout dans le monde doivent simplement apprendre au sujet des maladies sexuellement transmissibles avant de devenir sexuellement actifs. L’éducation universelle sur le VIH doit faire partie intégrante de leur croissance et elle pourrait aider à atténuer le stigmate lié au SIDA. Certainement, de tels efforts devront être différents dans différentes situations, mais la finalité universelle et le caractère obstiné du SIDA ont déjà changé notre manière d’appréhender la sexualité et le sexisme, et les adolescents à travers le monde doivent apprendre la relation qui existe entre la transmission du VIH et les forces sociales telles que la pauvreté et l’inégalité sexuelle.”
 
            Bien que dans le chapitre suivant l’emploi des préservatifs figure parmi les moyens de prévention que ce livre met en exergue, je voudrais souligner le fait que c’est une solution à laquelle on peut faire recours quand la solution de l’abstinence ou de la fidélité ne marche pas. Les slogans et les proverbes du chapitre suivant vont surtout nous encourager à vivre dans notre temps de cette pandémie du SIDA en essayant de promouvoir une relation monogamique qui constitue le terrain idéal pour une relation familiale stable. Si vous ne pouvez pas faire partie de cette relation monogamique, il faudrait envisager les moyens pour vous rapprocher de telles relations en discutant avec votre partenaire comment vous pouvez vous protéger vous-même.
 
Le temps de complaisance à l’égard du virus du VIH/SIDA est révolu. Chacun de nous est appelé à prendre une action décisive pour éviter les mauvaises conséquences de la pandémie du Sida. Comme le remarque si justement Richard Feachem,
“Jusqu’aujourd’hui, les gens sont complaisants à l’égard de la pandémie du VIH/SIDA. La bataille contre la maladie a acquis les caractéristiques d’un conflit lointain d’une basse intensité—ignominieux, mortel et source de véritables soucis, certes, mais un conflit lointain, difficile à résoudre et quelque chose avec lequel on peut vivre. C’est là une attitude tout à fait dangereuse. Ce qu’il faut savoir est que cette pandémie n’a pas encore atteint son point maximum et pour l’atteindre, il faut encore attendre 40 à 50 ans… Elle va dévaster les populations dans de nombreux pays, l’un après l’autre, surtout les gens qui appartiennent à la classe des intellectuels et des techniciens, à l’instar de ce que les Khmer Rouge ont fait au Cambodge. Cependant, alors que pour le cas du Cambodge, la tuerie a stoppé après plusieurs années, le carnage du VIH/SIDA va continuer pendant longtemps, en ravageant les nations avec la férocité d’un demi-siècle comparable à ce que la loi des Khmer Rouge a eu comme effets” (Richard Feachem, Washingtonpost.com/aC2/wp-dyn/A41441-2003Jan11).
 
Malgré les statistiques effrayantes de la propagation du SIDA en Afrique subsaharienne (29,4 millions sur les 42.000.000 de cas de SIDA, soit 70% de cas du monde entier), il y a encore de l’espoir pour tout un chacun d’entre nous. Ce livre a comme objectif de nous sensibiliser sur le problème du SIDA, afin que nous puissions mieux nous protéger en tant qu’individus. Personne ne va vous protéger si vous ne prenez pas l’initiative de vous protéger vous-même ainsi que les vôtres.
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Chapitre 2 : Les textes de ce chapitre sont une contribution du Ministère de la Santé Publique du Cameroun ; ils sont suivis des proverbes tirés des langues africaines pouvant inciter les gens à éviter le Sida. Voici trois exemples de tels proverbes :
 
Quelques minutes de plaisir, et votre vie entière est ruinée par le SIDA.
 
Le petit mouton qui ne fait jamais attention aux avertissements que lui donne le berger finit par entendre ces avertissements lorsqu’on est en train de griller sa tête sur le feu. C’est pourquoi il faut écouter les messages avant qu’il ne soit trop tard. (Proverbe Nande).
 
“Celui qui dit ‘je m’en fous’, c’est parce qu’il n’a rien vu” (Proverbe Bamiléké, Pouani A. Clark)
 
Extraits du Chapitre 3 : Messages spécifiques pour des catégories de population
Louisa:
S’il y a un seul message que j’aimerais communiquer aux femmes, c’est de les encourager à obtenir un exemplaire du Fruit de l’Amour. C’est vraiment extraordinaire. Comme femmes mariées qui n’ont jamais eu d’expérience sexuelle avant le mariage, nous avons vraiment besoin de ce livre pour savoir comment jouir des relations sexuelles avec nos partenaires. Même pour les femmes qui avaient connu des hommes avant leur mariage, elles apprécieront beaucoup ce livre. Dans l’association des femmes à laquelle j’appartiens, il y a une femme mariée à un Blanc. Elle n’a jamais eu honte de nous révéler que la meilleure raison pour laquelle son mari l’a épousée était qu’elle sait faire l’amour. Elle se considère vraiment comme une experte en matière de femme expérimentée en relations sexuelles. Son mari nous a également dit que, lorsqu’il était venu en Afrique comme coopérant, il avait l’habitude d’avoir de folles expériences sexuelles avec plusieurs femmes à un moment où le SIDA n’était pas encore un problème. Le couple est maintenant rentré en Europe. Lorsque le mari est venu dernièrement ici en mission, nous lui avons remis un exemplaire du Fruit de l’Amour qu’il a amené à sa femme. Vous ne pouvez pas imaginé à quel point cette femme a vanté ce livre. C’est vraiment le livre qu’il faut à toute femme qui a besoin d’apprendre à jouir des relations sexuelles. Je sais que nos maris peuvent être parfois réticents à pratiquer tout son contenu. Il faut trouver les moyens de le leur faire lire et de faire les travaux à domicile contenus dans ce livre. Vous ne le regretterez pas, croyez-moi.
 
Un message destiné aux décideurs [CE MESSAGE EST TRÈS IMPORTANT]
 
Vous avez longtemps hésité à prendre la décision de supporter avec beaucoup plus de fermeté la campagne de prévention du Sida car vous ne voulez pas perdre de l’argent. Veuillez examiner les déclarations suivantes des autorités de la Banque Mondiale qui ont réfléchi sur ce problème.
 
Les conséquences de l’inaction au sujet du VIH/SIDA et l’éducation: La prévalence du VIH empire  La mortalité des enseignants s’accroît, la qualité de l’enseignement décline, les orphelins et la jeunesse analphabète augmentent  Les illettrés augmentent, la main d’oeuvre disparaît, la qualité du capital humain se détériore  La capacité du pays de s’ériger en compétiteur dans l’économie de la connaissance souffre  La croissance économique décline  Le budget public pour la santé et l’éducation tarit  La prévalence du VIH empire. Comme vous le remarquez, c’est un véritable cercle vicieux. (The World Bank 2002:10).
 
“Le VIH/SIDA augmente les coûts du secteur de l’éducation. Du côté des fournitures, les budgets doivent s’accommoder à l’emploi plus élevé d’enseignants et aux coûts de formation pour remplacer les enseignants qui sont morts de Sida, aussi bien que le payement des salaires complets aux enseignants malades qui s’absentent et des coûts supplémentaires des salaires pour les enseignants vacataires” (The World Bank 2000: xviii)
 
Si vous êtes un chef d’entreprise, vous pouvez remplacer le mot “enseignant” par “employé”dans les deux citations ci-dessus et imaginer le reste de la phrase telle qu’elle s’appliquerait à votre entreprise. A la longue, vous tuez votre propre entreprise en ne réagissant pas MAINTENANT. Quand bien même vos employés ne seraient pas malades, l’absentéisme va augmenter au cas où certains membres de leurs familles seraient malades et qu’ils doivent prendre soin d’eux.
 
 “L’on avait coutume de croire que cette maladie était principalement un défi de santé publique. C’était archi-faux: le VIH/SIDA est en train de mener dans le sens inverse les gains des décennies de développement, il est en train d’augmenter la pauvreté et saboter les fondations mêmes de progrès et de la sécurité” (The World Bank 2000: ix).
 
Pour protéger votre entreprise, faites en sorte que vos employés deviennent vraiment conscients des conséquences économiques, sociales et psychologiques de leur comportement sexuel. Il est absolument nécessaire qu’ils aient accès au présent volume pour leur propre bien, le bien des personnes qu’ils aiment et le bien de votre propre entreprise. Ce faisant, nous espérons qu’ils pourront joindre les efforts du gouvernement de lutter efficacement contre la propagation du Sida.
 
Il est vrai que nous ne pourrons jamais trouver les mots qu’il faut pour arriver à vous faire poser l’acte qui sauverait des vies. Veuillez toutefois réfléchir sur ce qui suit: (a) les prédictions alarmantes au cas où la pandémie continue sur sa lancée actuelle et qu’il n’y a rien qui soit fait pour la stopper: songez à ceux qui vont perdre les personnes qu’ils aiment, songez au fait que la mort d’un parent signifie aussi souvent la perte des revenus pour toute sa famille; (b) le nombre d’orphelins va s’accroître: qui pourra désormais s’occuper d’eux? (c) savoir que le Sida est mortel n’est pas suffisant; poser un acte qui poussera les gens à changer de comportement est la chose qu’il faut. Et vous pouvez poser cet acte. Le temps des prétextes ou d’être pudibond est révolu. La situation est trop sérieuse. Pour des informations plus approfondies sur le coût de l’inaction par rapport à la propagation du Sida, veuillez consulter les deux documents suivants: World Bank 2002 (Education and HIV/AIDS, a window of hope) et World Bank 2000 (Intensifying Action against HIV/AIDS in Africa: Responding to a Development Crisis), livres traduits également en français et qui seront publiés par les Editions SHERPA au Cameroun. Veuillez aussi lire les tableaux et chiffres dans l’annexe pour réaliser à quel point la situation est vraiment devenue alarmante.
 
 
Extraits du Chapitre 5 et 6 
 
Pa Roche :
Ma femme a un vagin qui s’élargit un peu trop et mon pénis est si petit. Chaque fois que nous faisons l’amour, c’est comme si je nageais dans une mare d’eau. C’est donc difficile pour chacun d’entre nous d’être sexuellement satisfait. Je deviens ainsi frustré. Je ne sais pas s’il y a un remède pour une telle situation. Lorsque je fais l’amour avec Corinne, le nom de ma présente petite copine, c’est comme si je la dévirginisais. Je sens que son vagin me tient très fermement à l’intérieur de son corps et je dois reconnaître qu’elle est la meilleure chose qui soit arrivée dans ma vie.
 
Commentaire:
Invitez votre femme à lire ce commentaire. Selon Lisa (un pseudonyme pour cacher l’identité de cette dame de 35 ans), c’est lorsqu’elle a pris un bain froid et qu’elle fait l’amour dans la trentaine de minutes qui suivent que son mari se sent vraiment aux anges. Un ami de Lisa à qui elle a confié ce secret lui a aussi révélé qu’il a, comme par hasard, expérimenté son conseil et ce jour-là il a trouvé que le vagin de sa propre femme était le plus parfait qu’il ait jamais pénétré dans sa vie.
 
Veuillez aussi lire le conseil pour le témoignage suivant donné à la partenaire de M. Kum dont le vagin produisait beaucoup d’eau. La même solution serait bénéfique à votre femme.
 
Monsieur Kum :
Ma femme a une odeur nauséabonde qui devient même pire durant et après les rapports sexuels. Pire encore, son vagin sécrète beaucoup d’eau, ce qui rend le passage plutôt glissant et l’idée de faire l’amour avec elle ne procure aucun appétit.
 
Commentaire:
J’ai consulté des médecins et des pharmaciens pour savoir s’il y avait un remède à ce problème. Un pharmacien m’a dit que c’est probablement dû à un manque de soin hygiénique. Il semble qu’il y a une communauté ethnique au Cameroun dont la croyance traditionnelle est que c’est mauvais de se laver le vagin car cela équivaut à chasser les enfants potentiels que l’on pourrait avoir. Ces femmes devraient savoir que cela ne peut pas être vrai car des femmes d’autres communautés ethniques qui se lavent le vagin ont des enfants. Le fait de ne pas laver le vagin peut s’avérer dangereux car cela peut causer ce genre de secrétions vaginales anormales. Il y a un médicament traditionnel que cette femme pourrait essayer d’obtenir dans son entourage. Il a pour effet de rétracter les muscles du vagin, et il rend la femme presque comme une vierge. La rétraction des muscles s’accompagne de la réduction des secrétions vaginales. Un autre pharmacien a insisté sur le fait que cette patiente aille voir un médecin ou un pharmacien. Sur la base de l’information qu’elle pourra donner, le docteur pourra déterminer quel genre de médicament lui prescrire. On peut lui prescrire soit le Colpotrophine ou le Negatol, tous deux sous forme d’ovules. Ce médicament a aussi pour effet de rétracter les muscles du vagin. En ce qui concerne la toilette intime, cet autre pharmacien a insisté sur le fait que les femmes doivent employer seulement de l’eau pure pour se laver l’intérieur du vagin. Il est déconseillé d’employer du savon ou des produits gynécologiques car cela risque d’altérer le PH des secrétions vaginales qui sont tout à fait naturelles. L’eau pure est tout ce dont elles ont besoin pour faire leur toilette intime. Elles peuvent employer une poire pour cela. Un autre conseil très important pour les femmes: après avoir employé les toilettes, les femmes doivent toujours s’essuyer de devant vers l’arrière (du vagin vers l’anus) pour empêcher les bactéries de l’anus d’entrer dans le vagin et d’y causer une éventuelle infection.
 
Monsieur Mbi:
Je ne sais pas si ma femme connaît ce qu’est l’orgasme. A elle, le sexe ne dit absolument rien. Elle le fait seulement lorsque c’est moi qui initie l’acte et elle n’a jamais pris d’initiative pour me montrer qu’elle a du plaisir à entretenir des relations sexuelles avec moi. Elle est si frigide au sujet de toute cette affaire. Lorsque je sors avec d’autres filles, et je dois reconnaître que je sors avec beaucoup de filles, chaque fois que je fais l’amour avec elles, elles ont au moins cinq orgasmes. Elles crient pendant l’acte sexuel, ce qui me stimule beaucoup et me dit dans mes oreilles que je suis merveilleux au lit. 
 
Extraits tirés des ANNEXES
 
Suivant les commentaires dans “L’éducation et le VIH/SIDA: une fenêtre d’espoir”, on estime le nombre d’orphelins du Sida à 35 millions en 2010 et les projections indiquent qu’en 2010, 79 à 94% d’ orphelins vont résulter de la mortalité à la suite du Sida. Comme vous le savez, les orphelins sont des enfants très vulnérables: “ils souffrent du traumatisme de voir leurs parents mourir de Sida, souvent ils deviennent orphelins plusieurs fois de suite lorsque leurs nouveaux tuteurs deviennent également infectés, ils sont souvent victimes de la malnutrition et deviennent souvent des enfants rabougris, et ils courent un haut risque de devenir des enfants de rue (La Banque Mondiale 2002:16).
 
Peut-être qu’il faudra avoir une pensée sympathique à l’égard de ces orphelins et se dire qu’ils ne sont pas forcément différents de vos propres enfants. Ils n’ont pas été créés orphelins. Et pourtant, comme l’observe un commentateur de World Bank (2002:vii), nombreux d’entre eux vont grandir sans parents, sans éducation et sans la connaissance et les ressources pour guider leurs choix dans la vie. Leurs partenaires peuvent bien aussi être séropositifs. Si tel est le cas, eux aussi, sans voix et impuissants, seront infectés. Et s’ils ont la chance de vivre suffisamment longtemps pour avoir des enfants, ils seront incapables de donner une meilleure chance à ces enfants. Si vous aimez vos enfants, vous ne voudriez certainement pas les précipiter dans cet état d’orphelins en contractant le Sida pour n’avoir pas contrôlé votre comportement sexuel.
 
Des chiffres alarmants: L’action décisive, c’est maintenant et pas plus tard.
 
Prenez un temps de réflexion et songez aux chiffres qui apparaissent dans cette citation de Richard Feachem, directeur exécutif du Fond Global pour la Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (Washingtonpost.com, 2003):
 
La tuberculose et le paludisme tuent plus de 3 millions de gens chaque année, et le Sida en tue 3 millions supplémentaires. Ces nombres sont en train de croître rapidement, en réduisant presque à néant le nombre des gens qui peuvent mourir suite au terrorisme ou à des guerres conventionnelles. Ces trois maladies sont en train de faire reculer beaucoup de pays, en les faisant retourner à une espérance de vie et des taux de mortalité que le monde n’a plus connus depuis le début du vingtième siècle. Chacune de ces maladies peut être évitée, sinon guérie. Pourtant, nous dépensons des milliards pour essayer de combattre le terrorisme et par contre ce sont des centimes que nous réservons pour lutter contre ces tueurs à plus grande échelle.
 
Les pays les plus atteints sont en Afrique. Dans certaines parties de l’Afrique australe, un adulte sur trois est infecté par le VIH; au cas où ces patients n’ont pas accès à des médicaments modernes, la plupart d’entre eux seront morts endéans de cinq ans. Dix millions d’enfants sont devenus des orphelins suite au Sida, un nombre suffisant pour peupler un pays comme la Belgique, et les chiffres vont même quadrupler au cours de cette décennie. Des enseignants dans des régions de l’Afrique australe disparaissent par suite du VIH/SIDA à un taux double de celui auquel ils sont formés. La maladie et la mort prématurée de beaucoup de travailleurs paysans sont une cause certaine de la famine dans ces pays.
 
Saviez-vous aussi que
“Le coût des salaires payé pour les enseignants absents au Mozambique et en Zambie était environ trois fois le coût de la formation visant à remplacer les enseignants décédés” (World Bank 2002:24) ?
 
“L’Université de Zambie a rapporté qu’une moyenne de trois décès se produisait chaque mois au cours des années 1990 et l’Université de Nairobi connaît à présent une moyenne de quatre à six décès par mois” ? (La Banque Mondiale 2002:14)
 
“Au Kenya, les décès d’enseignants se sont accrus de 450 en 1995 à 1500 en 1999 (selon le rapport de la Commission du Service de l’Enseignement), tandis que, dans une des huit provinces du Kenya, 20 à 30 enseignants meurent chaque mois de Sida (Gachuhi 1999)”, une information rapportée dans le document de la Banque Mondiale 2002:12?
 
C’est absolument effrayant, surtout lorsqu’on sait que la mort d’un enseignant prive toute une classe d’enfants de l’éducation. Imaginez que de tels chiffres soient récoltés dans votre propre université ou votre institution scolaire ! Nous devons plus que jamais agir maintenant, tant qu’il est encore temps de barrer la route à la propagation du Sida.
 
Question No. 5 :
Y a-t-il un conseil que vous pouvez donner à nos maris pour qu’ils soient plus virils? C’est parfois parce que nos maris donnent comme prétexte qu’ils sont fatigués que nous sommes tentées d’aller voir ailleurs. Savez-vous ce que les polygames font et qui arrivent à satisfaire leurs nombreuses femmes? Nos maris auraient intérêt à connaître leurs secrets afin de mieux nous satisfaire sexuellement. Je ne peux pas vous le cacher, nous les femmes, nous aimons les hommes qui sont vraiment virils au lit.
 
Réponse: Décidément vous n’avez pas l’air d’être satisfaite par la réponse à la question précédente. Voici une réponse tout à fait africaine qui est le résultat d’une petite investigation que j’ai demandé à Jeannette Ngeloh Takwe de mener à Yaoundé.
 
Elle fait remarquer que, à cause de la faiblesse sexuelle de l’homme, ses problèmes de santé, son âge, l’appétit sexuel élevé de sa femme, tout ceci peut le pousser à employer des aphrodisiaques pour maintenir une érection. Les boissons alcooliques telles que la “33 Export”, le « Whisky black », la Guinness, sont considérées comme des stimulants pour augmenter le désir sexuel de l’homme. On appelle même la “33 Export” l’apéritif comme pour dire que c’est par elle qu’il faut commencer lorsqu’on veut faire l’amour. Beaucoup de gens accompagnent la boisson, de préférence la Guinness, avec une noix qu’on appelle “bitter Cola” pour mieux stimuler le désir sexuel. Le vin de palme, surtout celui extrait des raphias, est considéré comme un stimulant sexuel puissant. On croit qu’il aide l’homme à produire plus de sperme, et pour une femme qui allaite, il stimule la production du lait. Il y a aussi un petit fruit de couleur rouge qu’on appelle “ndóng” en Basaa et qui contient des graines noires qui ont la saveur du piment et que les hommes mangent comme stimulant sexuel avant de faire l’amour. La pierre blanche qu’on importe de l’Inde est un autre stimulant que certains hommes dissolvent dans un verre d’eau et boivent trente minutes avant de faire l’amour. Les femmes emploient aussi cette pierre blanche pour soigner leurs pertes blanches. Il y a aussi l’écorce d’une plante qu’on appelle “black jack”ou “bideus pilosa” pour le nom scientifique que les hommes ont l’habitude de mâcher au courant de la journée lorsqu’ils ont l’intention de faire l’amour avec leurs partenaires. On peut aussi piler ses feuilles avec la tige et recueillir la sève, la mélanger avec un peu d’eau et la boire avant de faire l’amour. Bien sûr qu’il y a aussi le viagra qu’un médecin peut vous prescrire comme ordonnance médicale.
 
Selon les observations de Jeannette Ngeloh Takwe (communication personnelle), les boissons alcooliques telles que le vin de palme constituent aussi un stimulant du désir sexuel des femmes. Je crois qu’il y a quelque chose de vrai dans les boissons alcooliques comme stimulant sexuel. Robert Chartham recommande vivement la champagne pour revigorer l’énergie de l’homme. Quelques extraits de son livre pourront mieux vous convaincre: (En parlant du Champagne) “après avoir ingurgité le premier verre, je me suis senti revitalisé. Après le deuxième, alors qu’il y avait quelques minutes je pouvais jurer à n’importe qui que mon pénis avait fini son travail pour le jour, je me suis rendu compte qu’il commençait à bouger et à gonfler pour se préparer à l’action. J’étendis alors ma main pour la poser sur le vagin de Julie d’une manière exploratoire, et à ma surprise, c’était déjà gonflé et humide. Maintenant que j’ai un peu vieilli, j’amène de temps en temps une bouteille de champagne au lit. C’est une astuce qui ne m’a jamais déçu car ça m’a toujours permis de répéter ma première expérience, et je suis presque certain que je ne suis pas en train de revivre mon passé. Je suis aussi également certain que ça ne marche pas seulement pour moi et les partenaires sur lesquelles je l’ai expérimenté” (Chartham 1971: 169-170, The Sensuous Couple, publié par Ballantine Books, New York).
 
Question No. 6 :
Ces jours-ci, je vois beaucoup de panneaux publicitaires avec des messages dont le but est d’inviter les gens à lutter contre le Sida. Ces messages sont aussi diffusés à la radio et à la TV. Pensez-vous réellement que ces types de messages puissent pousser quelqu’un à changer de comportement? Moi personnellement, je ne le crois pas. Je pense que c’est plutôt une perte d’argent. Est-ce qu’il n’y a pas un meilleur moyen de véhiculer ce message de lutte contre le Sida?
 
Réponse: Une chose qu’il faut avoir à l’esprit est que la pandémie du Sida n’est pas un problème du ministère de la Santé publique. C’est le problème de tout le monde. Avez-vous une proposition constructive qui nous aiderait à éviter la pandémie? En guise de réponse à votre question, je vais tout juste vous donner deux exemples qui reflètent ma vision de ce que “Si je savais” et “Le Fruit de l’amour” sont appelés à accomplir.
Pour inciter mes étudiants de sociolinguistique à rassembler les données que je devais inclure dans les chapitres 5 et 6 de ce livre, je leur avais promis à chacun un exemplaire du Fruit de l’Amour si un étudiant parvenait à me fournir 5 témoignages authentiques que je retiendrais pour publication dans le livre. Je savais qu’il était extrêmement difficile d’obtenir de tels messages. Une seule fille est parvenue à rassembler 5 témoignages et je lui ai donné le livre. La raison pour laquelle je vous raconte ceci est que, trois semaines après, elle est arrivée dans mon bureau très souriante. Je me demandais pourquoi. Elle me dit que, une des conséquences de mon livre et de tout ce qu’elle attend au sujet du Sida, est qu’elle a pris la décision d’aller se faire dépister et elle a maintenant obtenu ses résultats qui étaient négatifs. Elle me dit qu’elle aussi avait l’habitude de conseiller les gens au sujet du danger du Sida, mais mon livre a créé un doute en elle. Elle n’était plus sûre si réellement elle était séronégative. J’aurais souhaité que vous voyiez l’éclat de bonheur intérieur qui se lisait sur son visage. Elle se sentait vraiment heureuse. C’est cela que nous voulons. Nous voulons que les gens deviennent vraiment heureux car ils sauront qu’ils sont en bonne santé et qu’ils resteront en bonne santé et sauront jouir du sexe comme un des meilleurs dons qu’ils aient reçus de leur Créateur.
 
Le deuxième exemple concerne une de mes amies. Elle est américaine et une ancienne camarade de classe. Elle est professeur d’université aux Etats-Unis. Je lui ai parlé du livre “Si je savais”et je lui ai envoyé quelques extraits du livre pour l’informer de son vrai contenu, avec l’espoir qu’elle pourrait se servir de cette information pour nous aider à chercher des fonds qui serviraient à amortir nos dépenses pour la traduction du livre en français. Elle s’est montrée très enthousiaste au sujet de tout le projet et a promis de faire quelque chose. Elle a par ailleurs réussi à obtenir un exemplaire du Fruit de l’amour, et elle a été touchée particulièrement par ce que j’ai dit au sujet du pardon dans ce livre (cf. Mutaka 2001:36). Voici un extrait de son courrier électronique qu’elle m’a envoyé dernièrement:
 
To:       Philippe
From:   Pat
Cher Philippe,
Je n’ai absolument pas oublié ma promesse. C’est mon plus grand objectif pour ce Carême. J’ai été particulièrement touchée par ce que vous avez dit dans votre livre au sujet du pardon, car si vous vous rappelez, tout au début de nos études du cycle de maîtrise et de doctorat, ma grande soeur avait été assassinée. La date de l’exécution de son meurtrier a été fixée pour le 8 avril de cette année. (Est-ce que vous savez que les Etats-Unis comme la RDC est un des rares pays qui maintiennent la peine de mort?) Aujourd’hui, j’ai essayé de faire mon propre voyage sur le chemin du pardon à l’égard des ennemis. J’ai rencontré l’avocat de la défense du meurtrier de ma soeur et j’ai fait une déclaration demandant la clémence en sa faveur. Bien que cela soit pénible, je pense que c’est là la véritable signification de suivre le Christ. Voici le texte de ma déclaration qui a été enregistrée. J’espère que ça ne vous dérange pas que je partage avec vous une si longue déclaration […].
Linda était une belle femme éprise de vérité. Je l’aimais et continue à l’aimer de tout mon coeur. Son meurtre brutal et violent est resté la chose la plus dévastatrice pour ma famille toute entière et moi-même. Il a eu comme conséquence une souffrance inexprimable pour nous. Et pourtant, je voudrais croire qu’un jour je serai en mesure de parvenir à la seule véritable clôture de ce dossier et pardonner la personne qui a perpétré un crime aussi horrible. Je commence à présent à demander la clémence en faveur de Don Hawkins. […] Bien qu’il me soit difficile de pardonner complètement le meurtrier de ma soeur, je suis ici pour renoncer à la vengeance que notre famille et l’Etat d’Oklahoma ont le droit d’exiger. Je ne peux pas supporter que l’existence de ma soeur soit liée à plus de violence. Son meurtre en lui-même était extrêmement violent et cela me trouble si profondément que, avec l’éventualité d’exécuter son meurtrier, il y aura plus de violence qui sera amassée sur une grande violence déjà perpétrée. Vous devez comprendre que cet acte ne peut pas véritablement apporter une clôture à ce dossier mais qu’au contraire, il fera de la mort de ma soeur quelque chose de plus douloureux encore. […]
Il n’y a aucun doute que le meurtre de ma soeur était un crime tout à fait ignominieux. Je voudrais vous faire savoir clairement que je suis consciente de la gravité du mal de ce crime, et surtout de l’incapacité du meurtrier d’éprouver de la pitié envers sa victime. Je sais que Hawkins et le reste de son groupe des meurtriers ne pouvaient pas relâcher ma soeur malgré le fait qu’elle les avait suppliés et avait pleuré, et qu’ils ne pouvaient pas trouver en eux-mêmes le moindre signe de pitié. Les meurtriers ne connaissent pas la pitié et c’est précisément ce qui nous différencie d’eux. C’est cette différence essentielle qui exige de nous de lui montrer de la pitié qu’il n’a pas montrée à ma soeur en commettant son crime.
 
Ne trouvez-vous pas ce témoignage vraiment poignant? C’est un témoignage qui doit toucher notre coeur. En tant que chrétiens ou musulmans. En tant que personnes humaines qui veulent travailler pour un monde meilleur où règnent la paix et le véritable amour. Faisons alors en sorte que nous propagions le message de lutte contre le Sida en Afrique, véhiculé par ce livre “Si je savais” en nous assurant que notre voisin l’obtienne avec l’espoir que lui ou elle aussi pourra être touché(e) dans son coeur et adopter un comportement sexuel responsable.
 
Prof Philippe Mutaka
Université de Yaoundé
Beni-Lubero Online

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Pr

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Larges extraits du livre : Le fruit de l’amour, publié par les Editions Sherpa à Yaoundé en 2001. Sa version anglaise est intitulée : The Fruit of Love.)
 
Table des matières
 
Préface……………………………………………                5
Prologue …………………………………………                 11
Chapitre 1 : le sexe et l’estime personnelle ……                    19
Chapitre 2 : Rallumer la flamme ………………                    48
Chapitre 3 : Des Jeux sexuels …………………….               79
Chapitre 4 : Les fantasmes sexuels ……………                    114
Chapitre 5 : Les souhaits sexuels ………………                   148
Chapitre 6 : Les problèmes sexuels ……………                    179
Epilogue ………………………………………….                227
 
 
 
Extraits de la Préface
 
En guise d’introduction à ce livre, je voudrais dire pourquoi j’ai décidé de l’écrire.
 
Un révérend pasteur protestant, chef de Campus pour Christ à Yaoundé, m’a demandé de traduire en français un certain nombre de livres écrits par l’équipe de “Vie de Famille”, une organisation chrétienne des Etats-Unis, et dont l’objet est justement d’améliorer le mariage chrétien à travers le monde. Au cours de ma lecture et de ma traduction de ces livres, je me suis rendu compte que c’était des livres qui seraient bénéfiques à beaucoup de gens, nonobstant la religion qu’ils pratiquent. Des prêtres catholiques ainsi qu’un professeur protestant d’université à qui j’avais montré mes traductions françaises étaient unanimes à reconnaître que ces livres sont excellents pour conseiller les couples qui se préparent au mariage ou qui ont des problèmes maritaux. En même temps, je dois avouer que je n’ étais pas tout à fait satisfait lors de la lecture de ces livres à cause d’ une certaine appréhension que j’ avais que seuls, des chrétiens pratiquants, se porteraient volontaires pour étudier ces livres lors des conférences que Vie de Famille compte chaque fois organiser à travers le monde à l’ intention de ses adhérents. Je pensais que la quintessence des informations contenues dans ces livres devait également être communiquée aux laïques de n’ importe quelle foi.
 
L’étincelle qui a réellement déclenché ma résolution de commencer à rassembler du matériel pour ce livre est une révélation d’un de mes amis qui apparemment ne parvenait jamais à satisfaire sexuellement son épouse. C’est ainsi que j’avais décidé de travailler sur un document relatif au “plaisir sexuel” destiné aux couples mariés pour aider notamment ce couple et d’innombrables couples qui vivent dans une situation similaire. Comme vous le savez, un tel sujet est généralement considéré comme tabou dans différentes cultures. Il est très difficile de parler ouvertement de ses besoins sexuels avec son partenaire. En même temps, tout individu qui entretient des relations sexuelles avec un partenaire aimerait toujours améliorer ses performances. Je suis convaincu que c’est une initiative très noble et selon les investigations préliminaires que j’ai faites à ce sujet, les gens sont très intéressés par un tel document.
 
J’ai pensé que le meilleur moyen de disséminer les meilleures idées de la Vie de Famille sur le mariage ainsi que les exemples typiques de plaisir sexuel que des couples de toute obédience seraient motivés de lire serait de le faire sous forme de roman. Celui-ci est cependant un roman spécial. Bien que les personnages soient fictifs, les faits sont entièrement basés sur la réalité. Le roman est écrit comme un cours sur la gratification sexuelle que Papa Sango enseigne à un couple. Il est intitulé “Le Fruit de l’Amour” et il comporte six chapitres.
 
Le premier chapitre, “Le sexe et l’estime personnelle” explore deux idées fondamentales. La première idée est la nécessité de redécouvrir en son partenaire le don parfait de Dieu. Le sexe est vu ici comme une création de Dieu dont le but ultime est de permettre aux couples de se donner mutuellement du plaisir dans une atmosphère d’amour. La seconde idée est la nécessité de promouvoir l’estime personnelle de son partenaire. Ce chapitre est essentiellement basé sur un fond religieux qui enseigne comment devenir un meilleur couple et qui vise à promouvoir une relation stable et d’amour entre les couples.
 
Le chapitre 2, “Rallumer la flamme”, répond essentiellement à la question “comment obtenir le plaisir sexuel?” Les différents sujets qui y sont discutés sont les suivants: les composants de l’amour, notamment l’éros, le philéo et l’agape; les différentes parties de l’acte sexuel, notamment le prélude, les rapports sexuels et le postlude; des trucs pour améliorer le plaisir sexuel; des suggestions pour rallumer la flamme d’amour dans les relations au sein du mariage. Tous ces différents sujets sont assaisonnés par les sentiments personnels du couple fictif, Joé et Sarah, à qui Papa Sango enseigne le cours.
 
Le chapitre 3, “Des jeux sexuels”, discute de nombreuses aventures sexuelles par différents individus. Le but de ce chapitre est essentiellement de divertir les couples mais en même temps de les inspirer à courir des aventures similaires avec leurs partenaires pour mieux jouir des relations sexuelles avec eux.
 
Le chapitre 4, “Des fantasmes sexuels”, décrit les fantasmes de différents individus et il a pour but d’enseigner aux couples comment le monde des fantasmes sexuels peut améliorer le plaisir sexuel.
 
Le chapitre 5, “Des souhaits sexuels”, décrit les souhaits sexuels de plusieurs individus, notamment ce qu’ils veulent que leurs partenaires leur fassent ou ce qu’ils n’aiment pas que leurs partenaires leur fassent. Ce chapitre a pour but d’encourager le dialogue entre les couples en sorte qu’ils puissent se communiquer l’un à l’autre comment ils désirent que leurs partenaires fassent l’amour avec eux. S’ils ne peuvent pas arriver à l’exprimer ouvertement, ils seront capables d’indiquer à leurs partenaires qu’ils partagent les mêmes avis que tel ou tel autre personnage dont les souhaits sont décrits dans le livre.
 
Le chapitre 6, “Des problèmes sexuels”, discute un certain nombre de problèmes auxquels des couples peuvent faire face dans leurs relations; c’est par exemple l’éjaculation précoce pour l’homme, l’infidélité, le temps d’avoir des relations sexuelles, etc. Le genre de problèmes abordés dans ce chapitre sont ceux qui n’exigent pas un conseiller de mariage. C’est aussi dans ce chapitre que les meilleurs conseils obtenus de trois médecins et des chercheurs sur le SIDA sont donnés pour inciter les couples à éviter toutes sortes de maladies sexuellement transmissibles et le virus du SIDA.
 
Une caractéristique unique de ce roman est qu’il exige la participation du lecteur. Il y a un certain nombre de devoirs à domicile que le lecteur est invité à compléter. Comme je l’ai dit, ceci est un cours sur la gratification sexuelle. Pour en retirer les meilleurs effets, chaque partenaire est invité à revoir les notes qui sont discutées dans ce livre et faire les devoirs à domicile en vue de transformer ces notes sur le plaisir sexuel en réalité.
 
Prologue
“Vous avez vraiment de la chance ici à Bonanjo,” dit Patrice. “Les filles d’ici n’emploient pas de produits décapants pour rendre leurs peaux plus claires. Elles me donnent bien l’air d’être naturelles.”
“Vous avez bien raison. Et il est assez facile de les draguer. Je veux dire, lorsqu’ on les compare aux filles du Congo” lui rétorqua Joé.
“Que veux-tu dire par là?”
“ Eh bien les parents, ici à Bonanjo, ne sont pas si stricts à l’égard de leurs filles. A la limite, l’on pourrait même dire que dans certaines situations, ils donnent l’impression d’encourager leurs filles à avoir des amis de l’autre sexe.”
“Voilà quelque chose d’extraordinaire! Tu veux donc dire que, bien que tu sois marié, tu peux facilement lier une amitié avec une fille?”
“Lier une amitié avec une fille n’est pas un problème, même au Congo je m’imagine. Ce qui est intéressant ici est que les filles comme les femmes plus âgées sont d’une agressivité notoire dans les affaires sexuelles. L’on a comme l’impression que les filles prennent facilement le premier pas pour se lier d’amitié avec les garçons.”
“Dans ce cas, vous vivez alors dans un monde tout à fait idyllique. J’espère que vous faites suffisamment attention aux nombreux dangers des maladies vénériennes et au SIDA!”
“Je ne sais pas moi. Mais pensez-vous que nous ayons toujours le temps de nous intéresser à ces filles? Vous savez, Sarah pense que j’ai beaucoup de petites amies ici. Et chaque fois que j’arrive tard à la maison, elle boude parce qu’elle pense que j’étais dehors en train de courir avec des filles. Pourtant, ce n’est pas du tout vrai.”
“Vous savez, il est parfois difficile de comprendre les femmes. Chaque fois que vous êtes à l’extérieur, elles s’imaginent des choses, elles pensent que tous les hommes sont tout simplement des coureurs de jupons.”
“En ce qui me concerne, la situation est même catastrophique,” ajouta Joé. “Je n’arrive plus à m’acquitter de mon devoir de marié d’une manière satisfaisante. En réalité, je peux facilement passer trois mois sans faire l’amour avec ma femme. Même plus. C’est pour cela qu’elle pense que j’ai une autre femme à l’extérieur. Mais, pour vous dire la vérité, je jure que je n’ai vraiment pas de fille particulière. Parfois, il arrive que je rentre tard du bureau, et lorsque j’arrive à la maison, je veux tout simplement me reposer et dormir. C’est à des moments pareils que je déteste les sollicitations intempestives de Sarah concernant les relations sexuelles.”
“Dans ce cas, elle a tout à fait raison. Une de tes obligations, en tant que mari, est de faire l’amour avec ta femme. Selon toi, qu’est-ce qu’elle peut bien penser si tu ne fais pas l’amour avec elle? Tu sais bien qu’à son âge, les femmes ont tendance à aimer les rapports sexuels bien plus que les hommes. A ce propos, j’ai remarqué que beaucoup de tes effets personnels étaient dans la chambre pour étrangers, où je passe la nuit. J’ai trouvé cela quelque peu drôle.”
“ Oh! Tu as donc eu le pressentiment qu’il y avait quelque chose d’étrange dans mes relations avec ma femme ! Pour te dire la vérité, j’ai désormais décidé de dormir dans la chambre pour étrangers pour que Sarah ne succombe pas à ses envies de vouloir à tout prix faire l’amour avec moi. Le problème en est que je ne peux pas lui dire que je suis devenu presque impuissant car elle ne peut pas le croire. Je préfère la laisser dans l’ignorance de continuer à croire que j’ai une petite amie à l’extérieur. Ainsi, elle ne pourra jamais découvrir que les hommes peuvent s’affaiblir à tel point qu’ils ne sollicitent plus le sexe. Cependant, je reconnais que j’aurais souhaité être beaucoup plus viril sur le plan sexuel.”
“C’est bien triste. Ta femme est encore jeune. Je comprends maintenant pourquoi elle a toujours tendance à te critiquer en public. J’avais toujours pensé que ses critiques n’étaient que des simples plaisanteries, qu’elles faisaient partie du créneau de vos plaisanteries de famille. Maintenant, je me rends compte que c’est une femme qui est profondément touchée dans son amour propre, elle se dit que tu lui refuses quelque chose qu’elle désire si ardemment.”
 
Cette conversation avait eu lieu au Porter 39: un petit bistrot au centre de Bonanjo près du Cinéma le Capitole, que Joé fréquente souvent. J’étais tellement bouleversé par cette conversation que je voulais en faire quelque chose. Joé et Sarah forment un couple si intéressant. Si vous considérez le genre d’habits que Sarah porte, vous pouvez facilement la prendre pour une femme d’un premier ministre. J’avais connu Joé en République Démocratique du Congo lorsque j’étais encore étudiant. Cela fait près de 20 ans déjà. Je me rappelle bien les nombreux cadeaux que Joé offrait à Sarah lorsqu’ il la courtisait. En ce temps là, je pensais que Joé était le genre de type qui aime se pavaner. Lorsque je suis venu à Bonanjo pour une conférence d’affaires, j’ai décidé de rester chez Joé. Je pouvais bien voir que Sarah et Joé s’aimaient bien. Mais il y avait quelque chose qui n’allait pas. Cette affaire de deux lits séparés ne pouvait pas me laisser indifférent.
 
Au début, j’avais pensé que je pourrais leur montrer une cassette vidéo que j’avais achetée en Londres. Le film sur cette cassette est intitulé “Better Sex”, en d’autres mots, “Des meilleures relations sexuelles.” Comme il est très difficile de discuter des affaires sexuelles, j’avais pensé que si Sarah et Joé pouvaient regarder ensemble ce film, cela raviverait leurs désirs sexuels, que Joé deviendrait tellement excité qu’il déciderait de revoir son comportement vis-à-vis de sa femme. Je me souviens de la première fois que nous avions visionné ce film avec ma femme. Nous étions assis seuls au salon. Comme nombreux d’autres couples de mon entourage, Eulalie et moi ne discutions jamais ouvertement des affaires sexuelles. Mais cette soirée, Eulalie ne pouvait pas s’empêcher de regarder mon pénis excité d’une manière démesurée. Ce soir-là, j’avais découvert que les femmes ne sont pas différentes des hommes: lorsqu’ elles sont très excitées, elles mouillent aussi leurs caleçons. En effet, le caleçon d’Eulalie était littéralement mouillé. Elle vint à moi pendant que nous regardions encore le film. Je devais la pénétrer. C’était plus par obligation. C’aurait été un péché grave de ne pas faire l’amour avec elle en ce moment. De toute façon, nous étions tous deux tellement excités que nous étions heureux de pouvoir nous embrasser dans cet état et de jouir des relations sexuelles. C’était pour moi un véritable soulagement de réaliser enfin mon organe masculin explorer les endroits cachés de la partie sacrée de ma femme, sentir cet organe enveloppé dans un fourreau aux parois si douces et juteuses; en fait mon organe se retrouvait dans son giron naturel pour lequel il avait été créé quand il se trouvait dans cet état de grande érection.
 
J’avais réussi à trouver une copie de la cassette vidéo “Better Sex” et je la prêtais ainsi à mes hôtes. En fait, c’est plutôt à Joé que je l’avais donnée en insistant sur le fait qu’il la regarde avec sa femme lorsque les enfants seraient profondément endormis. Comme j’avais l’habitude de taquiner Sarah à propos des ses prouesses sexuelles, j’avais réussi à lui dire que j’avais prêté à Joé une cassette vidéo qui apprend à jouir des relations sexuelles. Je l’encourageai elle aussi à pouvoir visionner ce film avec Joé et lui dis que j’allais lui demander de me rendre compte de leurs réactions à ce film. Du fond de mon cœur, j’avais pitié de Sarah. Voilà une femme qui voulait jouir des relations sexuelles, qui voulait que son mari puisse la posséder complètement et en plus pouvoir expérimenter ensemble toutes sortes de positions sexuelles. Une femme qui voulait se livrer entièrement aux plaisirs sexuels avec son mari si seulement celui-ci pouvait comprendre le message. Comme beaucoup de femmes africaines mariées, elle ne pourrait jamais demander à son mari de faire l’amour. Comme femme, sa culture lui avait appris qu’une femme mariée doit rester passive, qu’elle doit toujours être prête à se donner à son mari chaque fois que celui-ci la désire et qu’en aucune manière, elle ne peut pas faire le premier pas. La conséquence de cette situation était non seulement la frustration mais aussi de critiquer chaque fois son mari en public, sous forme de plaisanteries.
 
Je décidai de leur accorder une semaine avant que je ne leur demande de me rendre compte de ce film. Lorsque je finis par leur poser la question, Joé me dit qu’il avait visionné le film tout seul et que c’était très intéressant. Sarah me dit que Joé lui avait parlé de ce film et lui avait demandé de le regarder seule. Elle dit qu’elle l’avait regardé et que c’était très excitant. Malheureusement c’était en anglais. Elle dit qu’elle ne pouvait pas suivre les commentaires.
 
Voilà quelque chose de bien décevant. J’avais pensé qu’en leur prêtant ce film, ils allaient réapprendre à rétablir le dialogue et de parler ouvertement de leurs problèmes sexuels. “Better Sex” est en fait un film éducatif. Un des thèmes centraux que traite ce film est le besoin de dialogue entre partenaires. Pour arriver à jouir pleinement des relations sexuelles, les deux partenaires doivent être en mesure de se sentir libres, non stressés l’un à l’ égard de l’autre. Ce film montre différents exemples des couples qui avaient des problèmes sexuels et qui étaient arrivés à les surpasser après qu’ils aient compris qu’un dialogue franc était un ingrédient important pour de meilleures relations sexuelles. Autrement dit, si vous ne pouvez pas dire à votre partenaire ce que vous voulez, comment sera-t-il/elle en mesure de vous satisfaire malgré sa bonne volonté ?
 
Quelque part dans ma tête, je me disais que Joé n’avait jamais réussi à lutter contre sa timidité. Probablement qu’il restait timide à l’ égard de sa femme. C’est pour cela qu’il ne voulait pas regarder le film avec elle. Cependant, je ne pouvais pas avoir le courage de lui demander s’il avait été excité quand il visionnait le film. De toute façon, cela importait peu. Je devais trouver une autre solution. J’eus alors l’idée de profiter des services d’un de mes amis. Il s’ appelle Sango. Il est surtout connu sous le nom de Papa Sango. C’ est un médecin de formation et il a été professeur d’ université aux Etats-Unis. Il avait quitté récemment les Etats-Unis parce qu’ il voulait tenter un commerce plus lucratif dans son pays. Papa Sango était le conseiller idéal. Comme prêtre défroqué, il saurait exactement ce qu’ il faut dire à Joé et à Sarah, pour aider ce couple à rétablir ses relations et voir à travers le sexe l’ accomplissement d’ un des buts de la création de Dieu, en procréant l’ homme et la femme.
 
Je me décidai alors de contacter Papa Sango et lui parlai de la conversation que j’ avais eue avec Joé au Porter 39. Je lui dis que je voulais qu’il fasse quelque chose. D’ une manière plus spécifique, j’ avais conçu un plan et je voulais qu’ il l’ exécute. Je voulais qu’ il apprenne à ce couple, Joé et Sarah, comment jouir des relations sexuelles en tant que mariés. Je voulais qu’ il puisse concevoir un cours dans lequel il révélerait aux couples mariés les trésors cachés que les amoureux ont l’ habitude de partager entr’ eux afin que les couples jouissent pleinement du plaisir sexuel. Très souvent, je pense que nous ne jouissons pas du plaisir sexuel avec nos partenaires parce nous ne sommes pas suffisamment créatifs. Nous ne connaissons pas ce que d’ autres gens font. Ne serait-ce pas très bon si les genres de plaisir sexuel que les gens (les profanes) obtiennent dans leurs relations extraconjugales soient connus des mariés en sorte que ceux-ci puissent eux aussi les pratiquer? Peut-être, de cette façon, les gens apprendront à être plus fidèles à leurs partenaires. Ils seraient désormais plus libres d’ expérimenter toutes sortes d’ aventures sexuelles avec leurs propres partenaires, au sein même de leurs mariages. Par dessus tout, je voulais que Papa Sango arrive à transmettre aux couples la nature sacrée de l’ acte sexuel, l’ idée que, en ayant de bonnes relations sexuelles avec son partenaire, on glorifie ainsi notre créateur suprême qui seul sait pourquoi Il a créé l’ homme et la femme comme des êtres sexuels, Lui qui voulait qu’ ils jouissent de leurs corps à travers l’ acte de mariage. Je voulais aussi que Papa Sango aide Joé à pouvoir voir en Sarah cette femme que Dieu a créée et qu’ Il lui a donnée pour être sa compagne de la vie. Je voulais aussi que Sarah voit en Joé cet unique homme qu’ elle est fière d’ avoir épousé et avec lequel elle transmet à ses enfants et à ses voisins les bienfaits de l’ amour chrétien. En fait, je considère le véritable plaisir sexuel comme une expression inhérente de l’ amour chrétien au sein du mariage.
 
Il ne fut pas difficile de convaincre Joé et Sarah de prendre le cours de Papa Sango qui était conçu spécialement pour eux. Quelques semaines après qu’ ils aient visionné le film “Better Sex” séparément, Sarah était parvenue à convaincre Joé de faire du jogging chaque fois avec elle pour éviter de gagner de poids. Un endroit idéal pour ce jogging était sur les flancs du Mont Febe. C’ est là que Papa Sango avait décidé de tenir ses cours privés sur le plaisir sexuel destiné aux couples mariés. Ce roman est l’ histoire de Joé et Sarah dans leur recherche de recouvrer l’ accomplissement sexuel sous le guide de Papa Sango.
 
Nota Bene. Le matériel contenu dans le reste de ce livre est très explicite. C’ est du matériel réservé exclusivement aux adultes, j’ ajouterai même, des adultes responsables qui savent faire la part des choses, et surtout des adultes qui savent choisir le bien et éviter le mal lorsqu’ ils sont confrontés à des situations où il faut opérer un choix. C’ est un livre qui n’ est pas écrit pour des enfants de moins de dix-huit ans. Si vous êtes très sensible à l’ égard des sujets sexuels, ce livre ne vous est pas destiné. Il ne faudrait pas le lire. Si vous tenez à le lire, limitez-vous aux deux premiers chapitres ainsi qu’ au chapitre six. Il vous faut cependant absolument lire le long travail à domicile à la fin du chapitre cinq. Cependant, si vous êtes marié et que vous voulez connaître ce que les couples qui viennent de plusieurs horizons font derrière les portes de leurs chambres, et surtout, si vous êtes prêt à prendre part à l’ aventure, comme acteur, ce livre vous est destiné. C’ est un livre de chevet pour les couples mariés en ce sens qu’ il est parsemé des devoirs à domicile; nous encourageons vivement aux couples de les faire afin de mieux participer à cette entreprise d’ apprendre à jouir des relations sexuelles. Pour arriver à déguster le jus délicieux du fruit de l’ amour, les couples doivent apprendre à planter et à entretenir l’ arbre de l’ amour qui est appelé à produire un tel fruit. Notre vif espoir est de voir que les couples qui liront ce roman apprennent à mieux se respecter l’ un et l’ autre, à mieux s’ aimer et à rechercher de meilleurs voies et moyens de vivre véritablement en enfants de Dieu.
Chapitre 1: Le sexe et l’ estime personnelle
 
“ Alors mes chers copains! Je vois d’ores et déjà que vous constituerez une audience très intéressante,” s’ exclama Papa Sango lorsqu’ il vit Joé et Sarah assis sous l’ ombre d’ un arbre sur le côté est du Palais de Congrès, en train de l’ attendre.
“ En fait, nous ne savions pas que tu étais un conseiller conjugal pour des problèmes sexuels. Tout le monde te connait sous le nom de Papa Sango le docteur. L’ on ne te connait pas comme sexologue”, lui répondit Joé.
“ Qui vous a dit que je suis un sexologue?” rétorqua Papa Sango.
“C’ est plutôt vous qui allez m’ instruire à propos de la sexologie pendant que nous nous mettrons à réfléchir ensemble sur nos problèmes sexuels. C’ est à partir de notre travail en commun que nous trouverons des solutions.”
 
Sarah était quelque peu silencieuse. Pendant la nuit, elle avait prié ardemment pour que son mari accepte de suivre ces cours privés. Elle ne cessait de se poser plusieurs questions: Papa Sango saura-t-il finalement trouver les mots corrects pour dénouer les mailles qui emprisonnent son mari et qui laissent qu’ il cherche chaque fois à l’ éviter? Arrivera-t-il à la convaincre de pardonner Joé au sujet de son comportement indécent, ses infidélités, de façon à ce qu’ elle puisse l’ accepter pour un nouveau départ. Une chose était sûre: Papa Sango n’ était pas du tout terrifiant. Tous deux le connaissaient suffisamment bien. Ils avaient pris un pot avec lui à certaines occasions dans des bistrots à Yaoundé. Cependant, comme il ne lui était pas permis d’ exercer son métier de docteur en médecine à Bonanjo, ils ne l’ avaient jamais connu comme un vrai docteur. Sarah espérait tout simplement qu’ il se montrerait à la hauteur de sa tâche comme professeur d’ université aux Etats-Unis.
 
“ Etant donné que nous n’ avons pas suffisamment de temps, nous allons directement commencer. Nous n’ allons pas beaucoup parler du sexe aujourd’hui. Nous parlerons plutôt de la Bible. Il y a certains passages dans la Bible que je voudrais que nous examinions ensemble. Après cela, nous examinerons un petit texte sur l’ estime personnelle que j’ ai amené avec moi.”
 
Joé était plutôt surpris. Il ne s’ attendait pas à ce qu’ on parle religion. C’ était curieux. En même temps, il était intéressé.
 
Papa Sango sortit alors deux feuilles de papier et demanda à ses deux étudiants de lire le premier paragraphe silencieusement. Voici le texte.
 
“L’ Éternel Dieu dit: il n’ est pas bon que l’ homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. L’ Éternel Dieu forma du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les fit venir vers l’ homme pour voir comment il les appellerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’ homme lui aurait donné. L’ homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l’ homme, il ne trouva pas d’ aide semblable à lui. Alors l’ Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’ homme qui s’ endormait; il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. L’ Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’ il avait prise à l’ homme et il l’ amena vers l’homme. Et l’ homme dit: cette fois c’ est l’ os de mes os. La chair de ma chair. C’ est elle qu’ on appellera femme, car elle a été prise de
l’ homme” (Genèse 2:19-23)
 
Après quelques minutes, Papa Sango interrompit la lecture. Il demanda si ce passage revêtait une signification spéciale pour Joé et Sarah. En vérité, ils ne virent rien de spécial dans ce passage. Ils reconnurent seulement que c’ était un passage de la Bible sur la création d’ Adam et Eve. Il n’ y avait rien d’ autre qu’ ils pouvaient dire au sujet de ce passage. Alors Papa Sango leur offrit ce commentaire.
 
“Beaucoup d’ entre nous prétendent que nous croyons en Dieu. Voici un des passages qui teste réellement la véracité de nos croyances. Si réellement nous disons que nous croyons en Dieu, cela suppose que nous croyons que c’ est Dieu qui nous a créés, que Dieu a créé Adam et Eve, et, ce qui est crucial, que Dieu a créé Eve comme la meilleure compagne d’ Adam. Imaginez-vous un moment que vous êtes devant votre créateur. Que vous êtes Adam. Vous vous sentez si seul. Parmi toutes les créatures du monde, vous ne trouvez aucune comme une “assistante qui vous convient”. Vous vous endormez. Ensuite, lorsque vous vous réveillez, vous voyez Eve qui vient à vous. Vous êtes si ravi. Dieu ne vous a pas demandé quelle sorte de femme vous vouliez avoir. Il vous a tout simplement donné Eve. Avec ses faiblesses et ses qualités. Adam avait accepté Eve. C’ est la façon dont Dieu a toujours voulu que nous acceptions nos femmes. Joé, Sarah est Eve que Dieu vous a envoyée. Gardez cela à l’ esprit. Sarah est le don parfait que Dieu a choisi pour vous. En tant que personne humaine, elle ne peut pas être parfaite. Son manque de perfection fait partie de sa nature humaine. Si vous pouvez vous mettre en tête l’ idée que Sarah est le don parfait que Dieu vous a destiné, vous aurez une nouvelle vision d’ elle et vous lui ferez confiance. Sarah a besoin de votre protection en votre qualité de mari.”
 
“ C’ est pourquoi, notre premier test dans cette entreprise est de savoir si nous sommes capables d’ accepter notre partenaire comme un don de Dieu. Si nous aimons réellement Dieu, la réponse doit être un “ oui” sans réserve. Comme un couple marié, sûrement qu’ il vous est arrivé de vous accepter l’ un et l’ autre. Peu importe que cela ait eu lieu devant un prêtre au cours du sacrement de mariage, devant le maire, les parents ou encore les aînés de votre tribu. Ce que je vous demande à présent est de vous rappeler de cette première acceptation de l’ un et l’ autre et de lui ajouter une nouvelle dimension en disant:
 
“Je vous accepte comme le don parfait de Dieu”.
 
“ Prenez un moment de repos et réfléchissez individuellement sur cette déclaration. Lorsque vous reviendrez, disons dans dix minutes, nous continuerons avec le second passage que j’ ai préparé à votre intention.
 
Les environs du Palais de Congrès constituent une place touristique. Ils ne sont pas en général encombrés par des attroupements de gens. Il est facile d’ y trouver un endroit pour s’ asseoir et réfléchir. Pendant que Joé s’ éloignait de quelques pas de ses deux compagnons, il se rappela clairement le regard si amoureux que Sarah lui avait adressé quand il la courtisait. Elle lui avait déclaré ces paroles si suaves: quoiqu’ il arrive, je vous appartiendrai à jamais. Il avait déjà déçu un certain nombre de filles. Il avait toujours considéré cela comme une pratique en fiançailles. De toute manière, on ne se marie pas avec la première fille qui vous tombe sous la main. Cette fois-ci, il avait trouvé en Sarah une fille spéciale. Il savait qu’ elle avait un fiancé. Mais quelque chose dans son coeur lui dit que c’ était la fille qui lui était destinée. Il devait se marier avec elle. Il se sentit si heureux lorsqu’ il se rappela de ce regard, plein d’ amour, que Sarah lui avait réservé. Il ne comprenait pas pourquoi il avait déçu cette fille en ne se comportant pas comme un mari idéal. Il est vrai qu’ il lui avait toujours offert de nombreux cadeaux. Mais ces cadeaux signifient-ils quelque chose s’ il ne peut plus se considérer comme cet homme pour lequel Sarah avait juré d’ abandonner son précédent fiancé. Soudainement, il se vit formuler la prière suivante:
 
“Mon Seigneur et mon Dieu, je vous prie du fond de mon coeur d’ avoir pitié de moi, je vous prie de me donner le courage de mieux aimer mon épouse. Que ces leçons que je reçois de Papa Sango soient l’ expression de votre volonté, qu’ elles m’ aident à chérir et à mieux respecter ma femme comme un don parfait que seul vous m’ avez réservé. Je vous demande ceci au nom de notre seigneur Jésus Christ.”
 
Dès que Papa Sango remarqua que ses étudiants n’ étaient plus dans une atmosphère de recollection, il les appela pour continuer la session. Il leur demanda de partager une chose au sujet de laquelle ils avaient réfléchi pendant la pause.
 
Sarah dit qu’ elle avait pensé à la période de leurs fiançailles. Elle dit que selon elle c’ était la meilleure période qu’ elle ait jamais vécu dans sa vie.
 
Joé était surpris du fait que sa femme entretenait encore de meilleurs sentiments de bonheur à propos de leurs fiançailles; peut-être qu’ elle continuait à l’ aimer sincèrement. Il dit alors à Papa Sango qu’ il avait aussi pensé à la période de leurs fiançailles et surtout sur les paroles d’ acceptation de sa femme comme un don parfait de Dieu. Il dit qu’ il avait pris intuitivement Sarah comme un don de Dieu lors de leur mariage. Il demanda alors à Sarah en plaisantant:
 
“ Es-tu prête à te considérer comme le don parfait que Dieu m’ a réservé?”
 
Sarah n’ en revenait pas d’ entendre de telles paroles de la bouche de Joé. C’ était la première fois qu’ il lui déclarait son amour après de si nombreuses années. Elle ne pouvait pas se retenir. Elle prit les mains de Joé, le regarda dans les yeux en lui disant: “Joé, tu sais que je suis ta femme.” Elle força alors une bise sur ses lèvres. Comme c’ était bon. Joé apprécia beaucoup la douceur des lèvres de sa femme et se demanda pourquoi de tels moments ne se reproduiraient pas plus souvent .
 
Papa Sango était content de ses étudiants qui réagissaient de la bonne manière. Il était temps de continuer avec la leçon. Il dit:
 
“Pour la seconde partie de notre séance, je voudrais que nous examinions le matériel sur l’ estime personnelle. Ce matériel consiste en des questions auxquelles je voudrais que chacun de vous réponde séparément. Après cela, nous pourrons discuter les idées ensemble dès que vous êtes prêts.
 
Il avait pris soin de dactylographier ces questions sur une feuille de papier. En voici le contenu.
 
Vous trouverez ci-après quelques lignes de conduite générale proposées par Dennis et Barbara Rainey (1993) au sujet de construire l’ estime personnelle de votre partenaire:
 
a. Aidez votre partenaire à expérimenter le pouvoir de libération   que confère l’ amour inconditionnel en l’ acceptant complètement.
b. Pour les hommes: En tant que mari, votre première responsabilité est d’ aimer votre femme et l’ aider à se développer en sorte qu’ elle devienne la femme idéale que Dieu a voulu qu’ elle soit.
c. Pour les femmes: Votre mari a besoin de votre loyauté indéfectible, de votre support, pour qu’ il puisse se sentir en sécurité en tant qu’ homme.
 
A la lumière de ces lignes de conduite, les questions que je vous pose et qui sont inspirées du livre de Barbara et Dennis Rainey sur “ l’ estime personnelle” sont les suivantes:
 
n       Pouvez-vous penser à votre passé, les conversations que vous avez eu avec votre partenaire ou avec d’ autres gens et dire si, dans votre conduite, vous avez fait montre d’ un amour inconditionnel envers votre partenaire?
 
n       Quels sont les éléments spécifiques qui vous empêchent de montrer un amour inconditionnel? Soyez ouverts et communiquez les à votre partenaire dans un esprit de compréhension.
 
n       Pour vous Joé, afin de montrer que vous aimez Sarah, votre épouse, avez-vous pratiqué ce qui suit:
(a) L’ avez-vous traité comme une partenaire qui participe entièrement à la conduite de vos affaires ? (Par exemple, dans la façon de gérer le budget familial, le fait de vous représenter dans des rencontres importantes, etc. )
(b) La protégez-vous ? (Par exemple de la manipulation d’ autres gens, contre un excès de travail, contre les gens qui ont tendance à la décourager, ou alors faites- vous un effort pour veiller à sa santé physique ainsi qu’ à son apparence.)
( c) L’ honorez-vous? (Par exemple en continuant de la courtiser, en lui montrant qu’ elle est importante à vos yeux, en parlant très respectueusement d’ elle, c’ est-à-dire ce qu’ elle est et tout ce qu’ elle accomplit, en vous montrant courtois à son égard, comme par exemple en lui ouvrant la porte de la voiture, en prenant ses bagages lorsqu’ elle vient du marché, en lui servant de l’ eau froide lorsque vous sentez qu’ elle en a besoin, etc.)
(d) Contribuez-vous au développement de ses talents et l’ aidez-vous à étendre ses horizons en tant que femme ?
(e) L’ aidez-vous à résoudre ses problèmes ?
 
n       Pour vous Sarah, avez-vous pratiqué ce qui suit afin de montrer á Joé que vous croyez complètement en lui, que vous lui assurez de votre indéfectible attachement en sorte qu’ il se sente en sécurité en tant qu’ homme:
(a) Lui montrez-vous du respect? (Par exemple lorsque vous lui présentez un problème, lorsque vous êtes en désaccord avec lui lors de la prise d’ une décision, lorsque vous abordez un de ses points faibles, lorsque vous réagissez à ses coups de colère, à ses déceptions, à ses craintes ou à toutes autres émotions déplaisantes.)
(b) Faites-vous un effort de comprendre sa masculinité ? (Par exemple ses désirs sexuels qui sont liés à son estime personnelle en tant qu’ homme. Avez-vous toujours évité de le ridiculiser en toutes circonstances?)
( c) Faites-vous un effort de vous adapter à lui, à ses rêves, dans le but de l’ aider à les transformer en réalité, et ceci dans toutes ses entreprises réalistes ?
 
Pour la première fois, Sarah découvrît qu’ elle n’ avait pas toujours été l’ épouse idéale pour son mari. En tant que femme, elle avait toujours pensé que c’ était suffisant de donner naissance à des enfants, de les nourrir et de les éduquer. Elle savait que, dans sa culture, c’ est cela que l’ on attendait d’ une femme. A la lumière de ces questions, elle se rendit compte que ce n’ était pas suffisant. Elle ne pouvait pas affirmer sans risque de se tromper qu’ elle avait toujours donné le meilleur d’ elle même pour supporter son mari en toutes circonstances. Avec de la tristesse au coeur, elle se rappela de ce jour qu’ elle avait ridiculisé expressément son mari en public.
 
C’ était un de ces jours que son mari et elle étaient partis en visite quelque part avec trois autres couples qui étaient leurs proches amis. Augustin, un membre de leur groupe, les avait alors invité pour prendre un pot dans un “Circuit”. A Bonanjo, les “Circuits” sont des maisons privées dans lesquelles on peut acheter et boire de la bière, un peu comme un bistrot. D’ habitude, on y prépare des poulets avec des bananes plantains que l’ on vend aux clients. C’ est pour cela qu’ en anglais camerounais on les appelle “chicken parlours”. Les francophones les appellent “Circuits”. Je ne sais pas pourquoi ils les appellent ainsi. Etant donné qu’ Augustin était un diplomate de haut rang, il ne fréquentait pas des bistrots publics. Les “circuits” constituaient pour lui un endroit idéal pour déguster son verre même si la bière y coûtait très cher. Après avoir ingurgité quelques verres de bière, Joé, le comédien du groupe, commença à attaquer les femmes. Très vite, la conversation cibla Sarah. Il décrivait au groupe comment il avait connu sa femme.
 
C’ était le papa de Sarah qui l’ avait invité chez lui parce qu’ il voulait donner en mariage deux de ses filles. Joé était un jeune informaticien qui venait de terminer ses études universitaires et qui travaillait au bureau de la représentation d’ une agence aérienne de transport à Kinshasa. Je pense que Sarah n’ avait pas aimé le cours qu’ avait pris la conversation. Pourquoi son mari devait-il révéler au groupe que c’ est grâce à l’ intervention de son père qu’ elle avait rencontré son mari? Elle jura de se venger de Joé dès qu’ elle en aurait l’ occasion. Lorsque Joé commença à se pavaner que sa femme n’ a qu’ un diplôme d’ école secondaire et qu’ elle n’ a jamais été à l’ université, c’ était l’ occasion que saisit Sarah pour régler les comptes à Joé en ces termes:
 
“Joé, tu dis que tu as été à l’ université. Combien d’ années as-tu passé à l’ université? Dis la vérité. Regarde tous ces autres hommes autour de toi et dis-leur très honnêtement si tu es un cadre universitaire. Joé, tu n’ es pas différent de moi. Qu’ appelles-tu avoir été à l’ université?”
 
Un silence embarrassant s’ installa sur le groupe. Tout le monde était sidéré. Même Joé ne pouvait pas trouver les mots pour parer à cette attaque. Il s’ était toujours présenté comme un ingénieur informaticien. Voilà sa femme qui lui dénie publiquement le rang d’un cadre universitaire.
 
Sarah se rappela clairement de cet incident. Elle se sentit coupable. Elle n’ aurait pas dû ridiculiser son mari en public. Elle se rendit compte qu’ elle avait eu de la chance puisque son mari ne l’ avait pas battue. Elle connait beaucoup de femmes qui se font battre par leurs maris pour des fautes moins graves. Si réellement elle aimait son mari, elle ne devait jamais le ridiculiser. Au contraire, elle se comporterait d’ une telle manière qu’ elle contribue à remonter l’ estime personnelle de son mari. Elle prit la résolution de demander pardon à Joé pour les nombreux manquements dont elle se serait rendue coupable à son égard. Elle espérait ardemment que Joé lui pardonnera. Elle avait désormais la ferme volonté d’ aider Joé à voir en elle cette femme qui est le don parfait de Dieu pour ses besoins.
 
Pour sa part, Joé s’ était aussi rendu compte que ses performances, pour remonter l’ estime personnelle de sa femme, avaient toujours été insuffisantes. Il avait tellement l’ habitude d’ attaquer sa femme en public sous forme de plaisanteries qu’ il ne voyait rien de mauvais dans ce comportement. Lorsqu’ il réfléchît à cela, il se rendit compte que d’ autres maris n’ attaquaient jamais leurs femmes en public. Et si jamais ils le faisaient, leurs femmes avaient toujours tendance à se comporter comme Sarah. Il se rappela du jour qu’ Augustin avait dit que les hommes aimaient sortir parce qu’ ils avaient besoin de la chaleur des petites filles de dix-sept ans. C’ était là un thème favori de Joé qu’ il employait pour faire croire à Sarah qu’ il avait des relations amoureuses extraconjugales. Kelly, la femme d’ Augustin, avait violemment réagi à cette déclaration.
 
“ Ne saviez-vous pas que nous allions grandir lorsque vous vous êtes mariés avec nous? Et toi-même? Te considères-tu encore comme jeune? Qu’ y a-t-il de spécial que vous trouvez dans ces petites filles de dix-sept ans que vous ne trouvez pas en nous?”
 
En réfléchissant à cela, Joé se rendit compte que c’ est lui qui avait toujours poussé Sarah à le critiquer publiquement d’ une manière involontaire. Encore une fois, il pria Dieu ainsi:
 
“Dieu tout puissant, aide moi à montrer plus de respect pour ma femme. Aide moi à éviter constamment les tentations de la critiquer en public. Aide moi à ne plus jamais la critiquer, et si je dois le faire, fais que je puisse le faire d’ une manière constructive, avec amour. Je demande tout ceci au nom de ton fils Jésus Christ.”
 
Une des résolutions que Joé avait prise à la fin de la séance sur l’ estime personnelle fut de faire promettre à sa femme que plus jamais ils n’ allaient se critiquer en public.
 
Papa Sango se sentait heureux. Ses étudiants étaient bien disposés à apprendre. Ils étaient prêts à changer leur vie. Ils avaient la bonne volonté de mettre toute leur confiance en  Dieu. Ils savaient que, avec leur propre volonté, ils ne pouvaient rien. C’ est tout simplement en ayant confiance en Dieu qu’ ils pouvaient être capables de changer leur vie dans la meilleure direction. Papa Sango les remercia de leur assiduité. Il leur dit qu’ il leur donnerait un travail à domicile pour qu’ ils puissent continuer à explorer leur vie afin que chacun décèle les domaines dans lesquels il a porté préjudice à l’ autre et réciproquement. C’ est de cette façon que le processus de guérison pourra continuer aussi longtemps qu’ ils mettront leur confiance en Dieu. Pour finir, ils les surprit avec ses plaisanteries en disant:
 
Mes chers amis! Maintenant je vais vous parler des affaires sexuelles. Détendez-vous! Le type de sexe dont je vais parler pendant cette leçon continue à être le sexe au sens religieux. Ce que je voudrais réellement que vous compreniez est que le sexe a été créé par Dieu pour votre jouissance mutuelle. Peut-être que vous le savez déjà. Mais je voudrais que vous jouissiez du plaisir sexuel parce que votre Dieu qui vous a créés avait conçu cela comme un moyen de faire plaisir l’ un à l’ autre. Je voudrais réellement que vous puissiez jouir des relations sexuelles, de vous engager à avoir des relations sexuelles parce que vous voulez donner du plaisir à votre partenaire chéri(e). Afin de mieux vous convaincre, je voudrais que nous regardions quelques passages que j’ ai choisis dans la Bible concernant le plaisir sexuel.
 
“Dieu créa l’ homme à son image: homme et femme il les créa…C’ est pourquoi l’ homme quittera son père et sa mère et s’ attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chaire.” (Genèse 1:27 et 2:24)
 
Dans ses commentaires sur ces passages, Dennis Rainey (1989:97) écrit ce qui suit dans son livre “Building Your Marriage” (publié par Gospel Light, Ventura): “devenir une seule chaire” est pour le mari et la femme établir une intimité physique l’un avec l’autre. Si vous regardez dans Mathieu 19:6, il est clair que non seulement Dieu approuve l’ intimité sexuelle au sein du mariage, mais aussi il en est l’ initiateur. Il n’ est permis à aucune influence humaine d’ interférer dans cette union.
 
Le passage suivant semble indiquer que le mari a la liberté de jouir du corps de sa femme:
“Que tu es belle, que tu es aimable, mon amour, (mes) délices! Ta stature ressemble au palmier, et tes seins à des grappes. J’ ai dit: je monterai au palmier, j’ en saisirai les fruits! Que tes seins soient comme des grappes de raisin, le parfum de ton souffle comme celui des pommes.” ( Cantique des Cantiques 7:7-9)
 
Le passage suivant semble aussi indiquer que la femme a la liberté de jouir du corps de son mari.
 
“Mon bien-aimé est blanc et vermeil; il se signale entre dix mille…Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, posées sur des bases d’ or pur. Son aspect est comme le Liban, il se distingue comme les cèdres. Son palais n’ est que douceur, et toute sa personne est désirable. Tel est mon bien-aimé, tel est mon compagnon, filles de Jérusalem!” (Cantique des Cantiques 5:10, 15-16)
 
Un passage plus explicite est le suivant:
 
“Que le mari rende à sa femme ce qu’ il lui doit, et de même la femme à son mari. La femme n’ a pas autorité sur son propre corps, mais c’ est le mari; et, pareillement, le mari n’ a pas autorité sur son propre corps, mais c’ est la femme.” (1 Corinthiens 7:3,4)
 
Pendant que Sarah lisait ces passages, elle sentit qu’ elle devenait une femme différente. De temps en temps, elle se demandait si elle n’ était pas anormale. Peut-être qu’ elle aimait le sexe d’ une manière exagérée et son mari n’ était pas capable de la satisfaire. Très souvent, elle se masturbait et imaginait qu’ elle avait des relations sexuelles avec un certain homme qu’ elle avait rencontré au marché ou à la paroisse. Ce qui est assez intéressant est que certains hommes qui étaient les cibles de ses fantasmes sexuels et avec lesquels elle se masturbait étaient des prêtres. Elle était l’ amie des prêtres. A l’ opposé de son mari, eux ne la critiquaient jamais. Au contraire, ils étaient toujours tendres à son égard et elle se sentait toujours confortable en leur compagnie parce qu’ eux aussi étaient confortables en sa compagnie. Si elle pouvait avoir des relations sexuelles avec son mari d’ une manière plus régulière, certainement qu’ elle ne se masturberait pas. Elle interpréta dès lors ses masturbations comme un exutoire normal dû au manque des relations sexuelles qu’ elle ne parvenait pas à entretenir avec son mari. Si seulement son mari pouvait comprendre qu’ elle adore les relations sexuelles, elle pourrait alors vivre une vie normale au cours de laquelle elle aurait sa dose régulière des rapports sexuels. C’ est de cette façon que Dieu l’ avait créée. Elle se rappela d’ une sagesse populaire exprimée dans sa langue maternelle et qui peut se traduire ainsi:
 
“Quiconque a une bouche a besoin de manger”
 
Cet adage est souvent interprété par certaines femmes que, puisque leur vagin est semblable à une bouche, il a besoin de nourriture! C’ est pourquoi Sarah a besoin de lui donner de la nourriture et c’ est dommage que son mari ne lui donne pas cette nourriture tant désirée. Elle se rappela aussi d’ un film projeté à la télévision dans lequel une femme déclarait: “mon organe sexuel est comme un véritable trou qui a constamment besoin d’ être rempli. C’ est la même chose pour ma vie. A cause de ce trou avec lequel j’ ai été créée, en tant que femme, j’ ai constamment besoin d’ un homme pour remplir ce trou. C’ est pour cela que je ne peux pas me passer d’ un homme.” Encore une fois, cette réaction reflétait parfaitement ses propres sentiments. Peut-être que c’ était là les sentiments de chaque femme. Sinon, comment peut-on expliquer le fait que les femmes qui souffrent dans leurs foyers continuent à avoir des enfants avec leurs maris qui les brutalisent. Cela veut tout simplement dire qu’ elles continuent à avoir des relations sexuelles avec ces maris. Un jour, elle demanda à une de ses amies qui vivait presque quotidiennement ce genre de brutalité avec son mari pourquoi elle continuait à avoir des enfants avec lui. Celle-ci lui répondit dans sa langue maternelle: “le clitoris ne se fâche jamais”. A l’ opposé de ces femmes qui avaient des relations sexuelles avec leurs conjoints malgré les vicissitudes qu’ elles enduraient dans leurs familles, Sarah, quant à elle, avait soif d’ avoir plus des relations sexuelles. A présent, elle savait qu’ elle avait besoin de ces rapports. Cela fait partie de sa vie. C’ est son droit inaliénable en tant qu’ une créature de Dieu. Elle espérait que Joé pourra bien comprendre cela. Elle se rappela d’ une autre femme qui déclarait dans le programme de télévision précité: “je suis toujours prête à avoir des relations sexuelles en tout moment et n’ importe où avec mon partenaire. Dans la cuisine, au salon, n’ importe où.” Cette déclaration reflétait à nouveau ses propres sentiments. C’ est comme si l’ actrice la décrivait. C’ était exactement ce qu’ elle pensait du sexe. Malheureusement elle était tombée sur un mari qui ne lui fait pas goûter cette nourriture si désirée aussi souvent qu’ elle en a envie.
 
Quant à Joé, la lecture de ces questions déclencha une ligne de raisonnement tout à fait différent. Il se rendit compte qu’ il devait désormais confronter son problème d’ être sexuellement faible. Il comprit qu’ il ne devait plus continuer à faire croire à Sarah qu’ il entretenait des relations extraconjugales avec des petites filles de dix-sept ans. Il expliquera à Sarah qu’ il n’ est pas très actif au plan sexuel et que désormais il essayera de faire des efforts pour accomplir la tâche que Dieu lui a confiée à l’ égard de sa femme. Il espérait qu’ à l’ aide de ce cours sur la gratification sexuelle, lui et sa femme apprendraient de nouvelles méthodes pour se satisfaire mutuellement. Très souvent, il s’ était réfugié dans son travail d’ ingénieur informaticien. Cela ne devrait plus se passer ainsi. Il prit la ferme décision de se créer du temps de façon à être plus disponible pour sa femme et ses enfants. Avec une meilleure façon de gérer son temps, il savait pertinemment qu’ il pouvait bien continuer à vaquer à ses occupations d’ informaticien tout en s’ occupant des besoins de son épouse. Après tout, qui a dit qu’ il ne devait pas jouir lui aussi des relations sexuelles? Sa femme était encore jeune, de loin plus jeune que lui. Cette bise sur les lèvres qu’ elle lui avait donnée ce matin prouvait qu’ elle avait encore du jus en elle qu’ il apprendrait désormais à mieux déguster.
 
Lors de la reprise de séance, Papa Sango leur dit qu’ il allait leur donner un travail à domicile. Il leur dit qu’ il serait indiqué qu’ ils fassent ce travail aussitôt que possible. Ce qui était le plus important au sujet de ce travail à domicile, ainsi que les autres travaux à domicile qui leur seront proposés à la fin de chaque chapitre, ils doivent les prendre au sérieux et les faire régulièrement tout au long de leur vie. Chaque fois qu’ ils reverront le contenu du cours et leurs réactions vis-à-vis de ce contenu, il leur faudra explorer constamment leurs propres vies et s’ engager à améliorer leur mariage à l’ aide de ces questions. Pour la leçon d’ aujourd’ hui, les choses importantes à retenir sont:
 
(a) Dieu a créé la femme à son image et en tant que son don parfait au mari. Le mari doit accepter sa femme avec toutes ses faiblesses comme un don parfait de Dieu.
(b) Dans votre conduite, il faut toujours avoir à l’ esprit de remonter l’ estime personnelle de votre partenaire.
(c) Dieu a créé l’ homme et la femme comme des êtres incomplets. Il voulait que la femme complète l’ homme et vice versa. Ceci implique que Dieu a créé à dessein votre corps pour le plaisir sexuel de votre partenaire. C’ est là la volonté de Dieu que vous devez accepter avec amour.
 
Travaux à Domicile.
 
Un mot au sujet de ces travaux à domicile. Pour que notre entreprise sur la gratification sexuelle puisse devenir un véritable succès, nous devons nous assurer que votre partenariat est basé sur des fondations solides. Il y aura des moments pendant lesquels vous serez découragé par votre partenaire et vous douterez même de votre amour à son égard. En tant qu’ êtres humains, votre partenaire ne peut pas être parfait. Il ne sera jamais parfait. Le conseil de Dennis Rainey dans son livre “Building Your Marriage” (Rainey 1993:82) est pertinent pour tout couple, nonobstant leurs croyances religieuses:
 
“ Un mariage aux attributs divins ne se crée pas par la recherche d’ une personne parfaite, sans tache, mais se crée en permettant que l’ amour de Dieu et son entière acceptation puisse se transmettre à travers une personne qui est loin d’ être parfaite, c’ est-à-dire vous, vers une autre personne loin d’ être parfaite, c’ est-à-dire votre partenaire.”
 
Qu’ est ce que cela veut dire? Cela veut dire que vous ne devriez pas rejeter votre partenaire à cause des fautes qu’ elle aurait commises. Que serions-nous si Dieu devait toujours nous rejeter lorsque nous commettons des fautes? Dans la religion chrétienne, Jésus Christ ne nous enseigne-t-il pas la prière suivante:
 
“ … et pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.”
Le mot-clé ici est “pardonner”. Nous devons pardonner notre partenaire. Aussi longtemps que votre partenaire est disposé à se faire pardonner et à coopérer avec vous, je ne vois pas en quoi cela serait difficile de le pardonner. Honnêtement, si nous pensons au sujet du pardon, il n’ y a aucune faute sur terre qu’ un partenaire ne puisse pas pardonner. C’ est en adoptant une attitude correcte envers votre partenaire que vous maintiendrez un partenariat stable dans votre mariage.
 
Les travaux à domicile donnés dans ce livre ont pour but de fortifier ce partenariat. Il faut les faire de temps en temps. Ne mettez pas simplement ce livre de côté après l’ avoir lu. Gardez le et employez le d’ une manière constante. Lorsque vous doutez du comportement de votre partenaire, suggérez lui de lire des passages spécifiques de ce livre et encouragez le à faire certains de ces travaux qui peuvent aider à fortifier votre mariage.
 
Devoir à domicile No. 2: Remonter l’ estime personnelle de votre partenaire
 
Dans leur livre, “Building Your Mate’s Self-Esteem”, Dennis et Barbara Rainey disent ceci: “Les paroles que vous addressez à votre partenaire ont le pouvoir de renforcer ou d’ empoisonner l’ estime personnelle de votre partenaire”. Une manière sûre de remonter l’ estime personnelle de votre partenaire est de lui faire des éloges. Pouvez-vous aider votre parrtenaire à savoir à quel point vous l’ appréciez en lui racontant ce qui suit:
 
a. Y a-t-il des “mauvaises herbes” que vous avez plantées dans la vie de votre partenaire et pour lesquelles vous aimeriez lui demander pardon?
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b. Quels sont les mots, les expressions de language, les attitudes et les actions qui vous dépriment et vous découragent ?
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c. Quels sont les mots, les expressions de language, les attitudes et les actions qui vous encouragent et vous remontent le moral ?
 
Chapitre 2: Rallumer la flamme
[…]
Avant de discuter la deuxième phase, c’ est-à-dire l’ acte sexuel même, que vous êtes certainement en train d’ attendre, je voudrais que vous lisiez d’ abord ce matériel que j’ ai pu recueillir de la littérature sur le prélude.
 
Papa Sango leur donna alors un papier sur lequel on pouvait lire ce qui suit:
 
Au Sujet du Prélude:
 
C’ est ici le résumé des dix parties du prélude tel que proposé dans le livre de Meier (1988). Les couples sont instamment invités à s’ inspirer de ces notes pour améliorer ce domaine dans leurs techniques de faire l’ amour.
 
(1) La détente: ceci peut s’ accomplir lorsque le couple se repose sous la couverture l’ un à côté de l’ autre, en détendant leurs muscles, en se frottant mutuellement les parties souffrantes de leurs corps, ou simplement dans le but de dégager la tension, en prenant un bain ensemble ou en entrant dans la douche ensemble.
(2) Les baisers: Les genres de baisers devraient être progressifs. D’ abord, les couples commenceront par des baisers avec les lèvres fermées; après, ce type de baiser sera suivi des baisers plus passionnés, par exemple celui qui encourage les lèvres du partenaire à s’ ouvrir, celui qui donne l’ occasion au couple d’ explorer mutuellement leurs bouches avec leurs langues. Les baisers ne doivent pas se limiter seulement à la figure. Des baisers sur n’ importe quelle partie du corps peuvent exciter la femme et soulever en elle des émotions suaves.
(3) Se déshabiller l’ un et l’ autre comme partie du prélude peut être séduisant et excitant.
(4) La communication verbale. La femme a besoin d’ entendre que son mari l’ apprécie, et celui-ci a besoin d’ entendre sa femme lui exprimer son appréciation également. Le couples devraient partager entre eux ce qu’ ils ressentent de bon et donner des instructions à leurs partenaires en prononçant des paroles telles que “je préfère ici”, ou “touche un peu plus à droite”, ou “cela me fait plaisir lorsque vous touchez là-bas”, ou “sucez me seins, caressez mes cuisses et tout autour du vagin”.
(5) Caresser tout le corps. (Surtout le corps de la femme).
(6) Faire du massage. Ici, l’ on devrait commencer par les parties non érogènes telles que le dos de la nuque, les jambes, l’ estomac, la partie intérieure des genoux, la partie intérieure des cuisses; ensuite, les zones érogènes telles que les seins et les mamelons.
(7) Les attouchements. C’ est aussi une autre façon de faire du massage ou de caresser avec beaucoup plus d’ intensité. Notez cependant que beaucoup de femmes n’ aiment pas qu’ on leur chatouille les mamelons.
(8) La stimulation du clitoris de la femme. Puisque c’ est la partie la plus sensible du vagin, le mari devrait sans doute commencer à frotter doucement les lèvres intérieures de chaque côté du clitoris avant de continuer par des mouvements circulaires à exciter les parties qui se trouvent tout autour du clitoris au lieu de le pousser durement ou directement. Le mari peut demander des instructions à sa femme pendant qu’ il la caresse. Si un homme éprouve des difficultés à trouver le clitoris, il devrait demander à sa femme.
(9) La stimulation mutuelle. Ce n’ est pas seulement le contact des parties génitales qui sont concernées ici, mais plutôt tout le corps. Le corps tout entier devrait être offert au partenaire pour l’ amour romantique.
(10) De nouvelles idées. (L’ on vous invite ici à montrer de la créativité en introduisant de nouvelles idées et de nouvelles techniques.)
 
En guise d’ idées nouvelles pour ce dixième point, l’ on peut s’ inspirer des idées suggérées dans différentes parties du livre de Robert Chartham intitulé “The Sensuous Couple”, c’ est-à-dire “Le Couple Sensuel” (publié par Ballantine Books, New York, 1971).
(a) les couples s’ administrent mutuellement des baisers profonds, se sucent les oreilles, introduisent la langue dans le trou de l’ oreille, donnent des baisers et lèchent le cou, les paupières, et le bout du nez.
(b) Lorsque les couples emploient le déshabillement comme prélude, il est important que les deux partenaires soient en contact permanent par le biais de leurs bouches ou de leurs mains.
( c) L’ emploi de la technique de l’ excitation par ablution. Pour cette technique, le couple se lave l’ un et l’ autre avec du savon. La main erre, en prenant soin de ne laisser aucun coin inexploré, de l’ anus au clitoris, de la tête du pénis à l’ anus. Je ne dois pas détailler les manoeuvres auxquelles se livrent les mains des couples sensuels: mouvement de pompage du pénis, toucher par moment le clitoris, caresser les testicules avec des mains savonnées, exploration du vagin avec les doigts, se caresser mutuellement les anus.
(d) Le couple se couche sur le flanc face à face et l’ homme sensuel tient son pénis tout juste au dessous de la tête du pénis avec ses doigts sur le frenum et le pouce sur la tête du pénis, chatouille le clitoris que la femme sensuelle lui expose en écartant les lèvres de son vagin à l’ aide de la tête douce et glissante du pénis.
(e) Le mari sensuel se couche sur la femme sensuelle, un peu au dessus d’ elle en sorte que la base de son pénis puisse être en contact avec le clitoris. Il se presse plus ou moins fortement contre le clitoris et avance et recule son pénis en balançant ses fesses.
(f) Le mari sensuel se couche sur sa partenaire sensuelle et place tout simplement la tête de son pénis dans le vagin. Avec des mouvements de fesses, il taquine les bords du muscle du vagin avec le bord de la tête du pénis. Chartham nous révèle que beaucoup de femmes adorent cela. C’ est peut-être une des variétés de la technique “ruganga” pratiquée par les femmes rwandaises que nous lirons au troisième chapitre.
 
A la lecture de tout ceci, Joé se rendit compte qu’ il n’ était qu’ un simple apprenti dans les techniques de donner des baisers. Il se demanda s’ il pourra réellement pratiquer toutes ces techniques avec Sarah. Ce que ces techniques avaient pour résultat était plutôt de nourrir ses fantasmes qu’ il avait souvent avec des petites filles de dix-sept ans. Peut-être que ce qu’ il lui faudra faire est de pratiquer certaines de ces techniques avec Sarah et voir comment elle va réagir.
Pour sa part, Sarah brûlait d’ envie de commencer la pratique de ces différents aspects du prélude avec Joé. Lorsqu’ elle était encore une jeune fille, elle avait un ami qui était de loin plus âgé qu’ elle. Il étudiait à l’ Université de Kinshasa. Elle l’ admirait parce qu’ il était un universitaire pendant que elle, était encore à l’ école secondaire. Une des choses qu’ elle adorait chez ce garçon est son amour pour les baisers. Parfois, il l’ invitait dans sa chambre et ils passaient toute l’ après-midi en train d’ expérimenter toutes sortes de bises. Elle n’ avait jamais raconté à Joé qu’ elle était experimentée dans la pratique des baisers. C’était comme s’ ils avaient assimilé la leçon que René Baudouin dans son livre “Les Joies de la chair” conseillait aux couples, notamment:
 
“Avant de vous livrer à l’ investigation de la langue dans le palais de vos désirs, posez doucement vos lèvres entrouvertes contre les siennes (celle de votre partenaire). Mêlez vos respirations et vos soupirs, donnez lui l’ impression de l’ aspirer jusqu’ à l’ âme. Vous pouvez aussi jouer avec la lèvre inférieure. La saisir entre les vôtres dans un mouvement de succion ou encore la mordiller avec délicatesse. Melez ensuite langues, haleines et salives au gré de votre inspiration réciproque.”
 
 Elle espérait seulement que si Joé tentait de l’ embarquer sur le train des baisers, elle allait lui démontrer jusqu’ à quelle mesure elle en était une spécialiste. C’ est tellement plaisant.
 
Ce sont là les idées auxquelles pensaient Joé et Sarah lorsque Papa Sango leur donna un petit repos. Lorsqu’ ils se levèrent pour se détendre, Sarah remarqua l’ érection de la verge de Joé. Elle sourit. Elle demanda alors à Joé s’ il voulait pratiquer ces différentes techniques avec elle. Joé répondit : “pourquoi pas?” Cependant, comme d’ habitude, elle savait que Joé aimait plus se vanter et accomplissait rarement ses dires. Sarah vint alors à côté de lui, lui prit les mains, et lui chuchota ceci: “Joé, cette fois-ci, donne-nous l’ occasion de pratiquer certaines de ces techniques. Ton slip est en train de m’ envoyer un message. J’ aurais souhaité qu’ en ce moment nous nous trouvions à la maison.” Joé sourit tout simplement sans dire un mot.
 
Sitôt après cela, Papa Sango les appela de nouveau pour continuer la séance. Après avoir parlé de la pluie et de bon temps, il réintroduit le sujet de la façon suivante:
 
“La seconde phase des relations sexuelles du type romantique consiste aux rapports sexuels proprement dits. C’ est à cette phase que les gens font souvent allusion lorsqu’ ils disent qu’ ils ont eu des relations sexuelles”, dit Papa Sango. “Je ne vais pas beaucoup m’ attarder sur cette phase car elle vous est familière. Ce que nous apprendrons au cours des leçons suivantes sera plus ou moins lié à cette phase dans la mesure où nous entendrons ce que beaucoup d’ autres couples font dans le secret de leur chambre à coucher. Par ce faire, nous apprendrons à mieux déguster le fruit défendu; je vous encouragerai bien sûr à pratiquer ces choses comme variétés dont vous pourrez vous servir pour assaisonner vos actes sexuels. Attendez jusqu’ à ce que vous écoutiez ces histoires dans les leçons suivantes. Au cas où vous ne pratiquez qu’ une seule position, celle qui est connue sous le nom de la position missionnaire dans vos relations sexuelles, je voudrais seulement vous rappeler qu’ il y a en fait trois positions fondamentales que les couples peuvent adopter: la position face à face avec l’ homme au dessus de la femme, celle où la femme est au dessus de l’ homme, et la position de l’ entrée par l’ arrière. Un développement plus élaboré de ces positions sexuelles sera abordé dans un des travaux à domicile qui sera donné à la fin de cette séance.
 
Joé n’ employait qu’ une seule position, la position missionnaire. C’ est peut-être là une des raisons pour lesquelles il n’ aimait pas beaucoup les relations sexuelles. Il y a un adage populaire qui dit: “ même si vous aimez le plat de haricots, si vous mangez toujours du haricot et rien que du haricot, vous commencerez bientôt à le haïr.” Certaines personnes expliquent leur promiscuité par cet adage, en interprétant le “même plat de haricots” comme la même femme. Cependant, une autre façon d’ expliquer l’ ennui pour beaucoup de couples est que “le même plat de haricots” signifie la même position sexuelle. Imaginez vous qu’ il vous ait donné la possibilité de changer de positions sexuelles avec votre partenaire le plus souvent possible. N’ auriez-vous pas l’ impression que vous seriez en train de vous coucher avec des femmes différentes? C’ est à dire, en votre femme, vous en découvriez plusieurs avec lesquelles vous vous couchez. Encore une fois, c’ est là une des raisons pour lesquelles nous devrons lire au sujet de ce que d’ autres couples font dans le secret de leur chambre à coucher afin de pratiquer ce qui leur procure du plaisir et essayer d’ expérimenter ce genre de plaisir avec nos propres partenaires.
 
Sarah rêvait de nouveau. Dès que Papa Sango parla du besoin de variété, elle pensa à ce que sa meilleure amie, Béatrice, lui avait dit. Elle avait dit que sa position sexuelle préférée est la position d’ entrée par l’ arrière. Elle disait qu’ elle se sentait aux anges lorsque son partenaire peut faire l’ amour avec elle par l’ arrière. Peu importe si elle s’ agenouille sur le lit ou si elle dort sur un des côtés. Elle adore lorsque son partenaire introduit son pénis par l’ arrière. Elle dit qu’ elle considère l’ acte sexuel comme quelque chose de primitif, de bestial et qu’ elle a toujours admiré les animaux tels que les porcs, les chèvres, les dindons, les chats lorsqu’ ils font l’ amour. Elle s’ imagine que ces animaux doivent jouir énormément lorsque le mâle couvre la femelle à partir de l’ arrière. Elle aussi aime être couverte de la même manière par derrière et préfère que son partenaire laisse son pénis dans son vagin le plus longtemps possible et qu’ il fasse les mouvements de va-et-vient exactement comme les animaux. Depuis que Béatrice lui a parlé de cette position, elle a toujours voulu l’ expérimenter. Malheureusement, elle est tombée sur un mari qui ne lui procure pas suffisamment de sexe. Aujourd’ hui, c’ était bon tout de même bien que c’ était la position favorite de Joé, la seule position qu’ il pratique, c’ est-à-dire la position missionnaire.
 
“Ce que j’ aimerais faire maintenant est de vous suggérer des trucs qui pourront rendre votre acte sexuel beaucoup plus intéréssant. J’ ai résumé ces trucs sur un papier volant. Veuillez les lire silencieusement.” Il leur tendit les notes suivantes:
 
Quelques trucs pour rendre l’ acte sexuel plus intéréssant.
 
(a) Comment profiter le plus de votre rencontre sexuel.
Selon Chartham (1971), “plus vous êtes stimulé, plus intense sera votre orgasme. Le couple sensuel fait ceci. Ils font l’ amour de manière à être au point d’ atteindre l’ orgasme, effectuent une pause jusqu’ à ce qu’ ils se sentent de nouveau détendus, recommencent la stimulation jusqu’ au même point, prennent de nouveau une pause. L’ acte sexuel ne doit pas être pressé si vous voulez savoir en quoi un réel orgasme ressemble.”
 
(b) Sur l’ importance de vocaliser
Beaucoup de gens disent que le fait de vocaliser complètement leurs sentiments les détend, que cela contribue à faire en sorte que l’ accumulation de leurs sensations s’ achève plus facilement et d’ une manière plus intense en qualité. Robert Chartham rapporte le fait suivant au sujet d’ une femme dont le partenaire avait l’ habitude de vocaliser son plaisir au cours de l’ acte sexuel:
 
“Je me disais ceci: je dois être en train de bien faire mon travail aujourd’ hui. Et je voulais le faire même mieux. Plus, vous me faisiez connaître que vous étiez en train de réellement jouir de ce que je faisais pour vous, plus je me sentais plus excitée. Ensuite losque vous avez explosé lors de l’ orgasme, je jure que cela m’ a fait atteindre mon extase d’ une manière plus intense, et après cela je me suis senti si heureuse parce que je vous avais procuré un si grand plaisir.”
 
(c ) La fellation et le cunnilingus
Ce sont là des techniques que l’ on peut considérer comme faisant partie soit du prélude soit des relations sexuelles proprement dites, plus précisément ce que l’ on appelle “relations sexuelles par la bouche”. Les explications suivantes sont de nouveau tirées du livre de Chartham (1971). (Les nombres à la fin de chaque paragraphe correspondent aux pages d’où ces passages sont tirés).
 
D’ abord, quelques définitions:
 
La fellation: ceci implique le fait de lécher ou de toucher par petits coups la tête du pénis ainsi que sa hampe avec la langue et la pointe de la langue, et aussi d’ introduire le pénis dans la bouche et de le sucer.
 
Le cunnilingus: ceci implique le fait de sucer le clitoris avec les lèvres, en léchant les bords du vagin, en suçant les lèvres du vagin avec les lèvres de la bouche et en insérant la langue dans le vagin.
 
La position dans laquelle vous vous tenez pour pratiquer la fellation est importante. Beaucoup d’ hommes trouvent la position debout pendant que la femme pratique la fellation sur eux très excitante; et pour ce faire, la femme doit presque toujours s’ agenouiller sur le sol. C’ est souvent mieux que la femme prenne des coussins pour s’ agenouiller là-dessus. (p. 136)
 
La position idéale pour pratiquer ce que l’ on appelle “la position 69” est lorsque l’ homme se couche sur son dos et la femme s’ accroupit sur lui tout en lui enjambant le corps. Son clitoris et son vagin seront alors directement face à lui et la bouche de la femme pourra atteindre facilement son pénis. Si elle laisse le pénis se coucher plat sur le ventre de son partenaire, elle peut ainsi mieux lécher le frenum et la partie intérieure du pénis, et lorsqu’ elle veut sucer le pénis, elle peut le soulever à un angle qui ne le fera pas souffrir, elle peut même le soulever si haut en sorte qu’ elle peut le traire directement à partir de la tête du pénis (p. 138).
 
Il commence à tournoyer aux alentours de l’ entrée vaginale avec le bout de sa langue, de temps en temps en introduisant sa langue dans le vagin aussi loin qu’ elle puisse arriver, et en la sortant par des mouvements de va-et-vient de la même manière que le pénis le ferait. Après quelques minutes, il dirige la partie plate de sa langue vers le sommet du vagin jusqu’ à ce qu’ il atteigne le clitoris. Après avoir atteint le clitoris, il varie ses caresses entre
(i) lécher le clitoris lentement avec la partie plate de sa langue
(ii) chatouiller la tête du clitoris avec des coups rapides du bout de sa langue;
(iii) prendre la tête du clitoris entre ses lèvres et la sucer d’ une manière énergique;
(iv) rouler la tête du clitoris entre ses lèvres;
(v) pratiquer toute autre technique qu’ il peut inventer lui-même. Le grand secret est de consacrer, disons, deux ou trois minutes à la stimulation directe du clitoris par une ou un combiné de ces méthodes, ensuite retourner au vagin une ou deux fois et ensuite revenir au clitoris (p. 142).
 
Joé et Sarah avaient l’ impression qu’ ils recevaient un peu trop d’ informations. Ils avaient besoin de beaucoup plus de temps pour mieux comprendre ces techniques et réfléchir aux moyens de les mettre en pratique. Papa Sango était conscient du problème. Il leur dit que la raison pour laquelle il leur distribuait des notes était de leur donner l’ occasion de relire souvent ces notes à la maison. C’ est seulement de cette manière qu’ ils pourront faire de ces techniques une partie intégrante de leur vie au fur et à mesure qu’ ils les pratiqueront. Pour le moment, il voulait leur parler brièvement de la troisième phase de l’ acte sexuel.
 
“La troisième phase de l’ acte sexuel du type romantique s’ appelle “postlude”, enchaîna Papa Sango. C’ est la période qui vient tout juste après que les deux partenaires aient atteint l’ orgasme. C’ est une phase que le couple a besoin de savourer également. La plupart des temps, vous voyez l’ homme quitter son partenaire après avoir éjaculé sans même se préoccuper de savoir si la femme a été totalement satisfaite. Très souvent, la femme se sent fatiguée et oublie complètement son partenaire. Pourtant, cette phase devait être celle pendant laquelle chaque membre du couple rassure son partenaire de sa pleine satisfaction de leur acte sexuel. Vous ne devez pas nécessairement le dire. Vous pouvez le montrer en donnant un baiser amoureux à votre partenaire avec des yeux brillants qui traduisent votre satisfaction. Voici ce que dit Chartham à propos de cette phase:
 
“Peu importe la position dans laquelle le couple amoureux a consommé son union pour la Grande Finale, après qu’ ils aient tous deux atteint l’ orgasme, ils ne se séparent pas jusqu’ à ce que le pénis se rapetisse et glisse hors du vagin de lui-même” (Chartham 1971:188)
 
Meier (1988) dit, quant à lui, ce qui suit au sujet de cette phase:
 
“C’ est un temps de caresses, de se tenir l’ un et l’ autre, de se supporter à travers des mots d’ appréciation et de réaffirmation. Cette phase assure une transition complète à une détente mutuelle” (Meier 1988:88).
 
C’ était là une phase que ni Sarah ni Joé ne connaissait. Pour Joé, l’ éjaculation était la dernière phase dans l’ acte sexuel. Pour Sarah, c’ était le fait d’ atteindre l’ orgasme. Il leur vint à l’ esprit ce que leur voisine avait raconté à Sarah lorsqu’ elle se lamentait qu’ elle n’ avait pas suffisamment des relations sexuelles avec Joé. Elle s’ appelle Habiba et elle est musulmane. Elle avait un jour demandé à Sarah si elle dormait nue avec son mari. Sarah lui avait menti et avait dit qu’ ils dormaient ensemble mais que son mari portait toujours un slip. Habiba révéla alors à Sarah qu’ elle et son mari dormaient complètement nus et que, très souvent, lorsqu’ ils font l’ amour, elle aime que le pénis de son mari reste dans son vagin. De cette façon elle et son mari peuvent mieux savourer leur acte sexuel jusqu’ à ce qu’ ils dorment. Elle dit qu’ elle adore avoir le pénis en elle. Lorsque Sarah raconta cette histoire à Joé, ils éclatèrent de rire pendant très longtemps. Peut-être qu’ il y a des délices qu’ ils n’ ont jamais su explorer.
 
Papa Sango leur accorda encore une pause. Il leur dit qu’ il voulait qu’ ils emploient cette pause pour parcourir leurs notes et parler, d’ une manière informelle, au sujet de deux sections qu’ on avait vues ce matin, notamment les trois composants de l’ amour et le trois phases de relations sexuelles du type romantique. Il ajouta qu’ à la fin de la pause, ils discuteront des trucs pour rallumer la flamme de l’ amour dans le mariage.
 
Lors de la reprise du cours, Papa Sango introduisit le sujet sur “rallumer la flamme” dans le mariage. Une question qu’ il posa à Joé et à Sarah fut de savoir s’ ils connaissaient un couple qu’ ils pourraient vraiment qualifier d’ heureux. Lorsqu’ ils pensèrent à leurs nombreux amis, ils ne parvinrent pas à trouver de couple à qui ils pourraient vraiment attribuer le label “heureux”. Le seul couple qui pouvait gagner ce label était le couple Molo. Molo est un pasteur, pas n’ importe lequel car il a un diplôme de doctorat d’état (Ph.D.) des Etats-Unis, et il travaille pour une organisation qui doit le payer très bien. Une des exigences de cette organisation est que ses employés doivent impliquer leurs épouses comme partenaires dans leur travail pastoral. En fait, la raison pour laquelle ils pensaient que ce couple était heureux est que, dans une des séances pastorales, la femme de Molo avait révélé à un groupe de femmes qu’ elle encadrait que son mari lui avait donné un surnom. Et ce surnom est: “Jibu”, un mot en langue Swahili qui signifie littéralement “réponse.” Selon son explication, elle est la réponse que Dieu a donné à son mari pour tout ce qui concerne ses besoins conjugaux. C’ était vraiment fascinant. Et puisqu’ ils avaient tout ce que l’ argent pouvait procurer, ce couple semblait heureux. De toute façon, la femme de Pasteur Molo semblait heureuse car elle avait pleine confiance à son mari. La raison pour laquelle Joé et Sarah n’ étaient pas sûrs si le couple Molo constituait le couple idéal en ce qui concerne le domaine des relations sexuelles, c’ est puisque c’ est un couple protestant et africain. Comme tel, ils savaient que le sexe était un sujet tabou. Ils ne pouvaient pas s’ imaginer que le pasteur Molo soit le type de personne qui pratique toutes ces techniques de faire l’ amour qu’ ils ont apprises au cours de cette séance sur la satisfaction sexuelle.
 
Papa Sango fut d’ accord avec eux sur le fait que très peu de couples pouvaient se prévaloir de jouir des relations sexuelles satisfaisantes, surtout après plusieurs années de mariage. Cependant, c’ était possible. L’ objectif visé par toute l’entreprise de ces leçons que Papa Sango enseignait à Joé et à Sarah était de s’ assurer qu’ ils forment un couple stable, que leurs relations sont fondées sur ce que Dieu a toujours voulu qu’ elles soient et non pas le fruit de leur volonté en tant que personnes humaines. C’ est pourquoi l’ on devait introduire ces leçons par le besoin de reconsidérer leur relation à la lumière de la vision biblique du mariage et l’ importance de l’ estime personnelle du partenaire. Une fois que ce fondement religieux sur le mariage est assuré, ils devront être conscients de ce que des gens qui proviennent de plusieurs horizons de la vie font afin de mieux jouir des relations sexuelles. Les leçons qui suivent ne seront qu’ un prolongement de ce sujet. Pour le moment, il voulait leur suggérer des idées qu’ il a lui même lues dans le livre de Meier et al. (1988). Celles-ci sont des trucs qui peuvent réellement aider un couple à rallumer la flamme de l’ amour telle qu’ il existait dans les premiers jours de leur mariage. Il insista encore une fois sur le fait que ce n’ était là que des idées mais qu’ il fallait les mettre en pratique. Le sens de créativité du couple est d’ une importance capitale pour leur mise en pratique. Du courage aussi pour les essayer. Les deux partenaires doivent avoir la ferme volonté de les essayer. Il leur tendit alors quelques papiers volants sur lesquels on pouvait lire les informations suivantes.
 
Chapitre 3: Des Jeux sexuels
 
Malgré qu’ ils venaient d’ apprendre les techniques de faire l’ amour, Sarah se sentait encore inconfortable dans la manière de jouir des relations sexuelles. Depuis très longtemps, elle avait toujours pensé que Joé n’ aime pas faire souvent l’ amour avec elle parce qu’ elle ne savait pas le satisfaire. Elle était particulièrement intriguée par sa voisine qui vantait ouvertement ses prouesses sexuelles avec son mari. Ainsi, lorsque Papa Sango introduisit le sujet d’ aujourd’ hui, Sarah était comblée. C’ est un sujet dont elle voulait toujours entendre parler mais dont elle même ne pouvait pas parler parce que le sexe est généralement considéré comme un sujet tabou dans sa culture. Papa Sango commença la séance en disant:
 
“Aujourd’ hui nous parlerons essentiellement d’ autres couples. Je vous présenterai des textes que j’ ai soit demandé à d’ autres couples d’ écrire spécifiquement pour cette classe, soit des textes qui résument ce que j’ ai pu collecté à partir de ce que les gens m’ ont raconté. Mon but fondamental a été le suivant. Je voulais obtenir des échantillons d’ expériences de ce que les couples font dans le secret de leurs chambres à coucher. J’ étais surtout intéressé par leurs meilleures expériences qu’ ils aient jamais eues dans leurs vies en ce qui concerne les relations sexuelles. Je pensais que, de cette manière, ces expériences pourront vous inspirer, vous mes étudiants, et tout autre couple qui sera intéressé à ces leçons sur la satisfaction sexuelle en entreprenant des expériences similaires. J’ ai appelé ces expériences sexuelles “des jeux”. Lorsque vous les considérez comme des jeux sexuels, ceci enlève le sentiment de culpabilité que des gens peuvent avoir à l’ idée de désirer les relations sexuelles. Cependant, je dois vous prévenir. Ces expériences ne sont pas nécessairement racontées par des gens que l’ on pourrait considérer comme “les sans péchés”. En fait, certaines expériences proviennent des couples ou des partenaires non mariés qui ont occasionnellement triché. Ce qui est important pour nous est de voir quels avantages nous pouvons tirer de leurs expériences. Peut-être que le fait de tricher avec notre propre partenaire peut amener un sens de l’ aventure dans nos relations sexuelles pour les rendre plus fascinantes et excitantes.
 
Chaque fois que vous donnerez ces textes à vos amis pour lecture, veuillez les prévenir qu’ ils sont destinés exclusivement aux couples mariés qui vivent ensemble. Les célibataires feraient mieux de ne pas les lire tout simplement.”
 
Papa Sango leur remit les feuilles de papier sur lesquels il avait soigneusement tapé ces textes.
 
Les textes suivants racontent les meilleures expériences de la vie sexuelle de différentes personnes. Veuillez les lire silencieusement.
 
2. L’ expérience sexuelle de Daniel.
 
Il m’ est arrivé de penser parfois que les gens exagèrent lorsqu’ ils prétendent trouver du plaisir dans les relations sexuelles. Cependant, l’ expérience que je m’ en vais à présent vous raconter m’ a convaincu que le plaisir sexuel n’ est pas un mythe mais une réalité. Et je souhaiterais même l’ expérimenter souvent avec ma propre femme.
 
Pour commencer, je souhaite révéler que j’ aime profondément cette fille avec laquelle j’ ai eu cette expérience. Dans mon esprit, j’ ai découvert qu’ elle est tout juste comme moi. Je ne voudrais pas discuter au sujet de ce que je trouve de positif en moi-même mais j’ ai toujours pensé qu’ elle reflétait certaines de mes qualités. Dans nos relations, nous avions atteint un niveau tel que nous avions entièrement confiance l’ un à l’ autre. Comme moi, elle ne pensait pas que la pénétration sexuelle soit le but ultime dans une rencontre sexuelle. Elle s’ était un jour confié en moi qu’ elle souhaitait que son partenaire lèche son vagin, puisque elle voulait expérimenter l’ expérience de son amie qui lui avait raconté qu’ elle s’ en réjouirait même si cela semblait étrange.
 
C’ est ainsi que nous décidâmes un jour d’ aller dans une auberge où nous pouvions nous sentir complètement libres. Aussitôt arrivés dans l’ auberge, elle ôta ses habits et m’ aida à me débarrasser de ma chemise, probablement parce qu’ elle voulait découvrir ma poitrine velue. Comme je m’ excite facilement, je ne voulais pas enlever mon slip immédiatement car je pensais que je serais embarrassé avec un pénis en érection. Elle était si compréhensible. Elle n’ avait pas insisté à ce que je l’ enlève. Elle vint s’ asseoir sur mes cuisses et força une bise sur mes lèvres. Elle prit alors mes mains puisqu’ elle voulait probablement goûter au plaisir de sentir nos deux mains se toucher intimement.
 
J’ avais aimé ce geste car ses mains sont tellement douces qu’ elles reflètent, en mon sens, la douceur de son corps. Comme elle se sentait entièrement libre avec moi, elle me poussa sur le lit, monta sur moi, et commença à me donner des baisers profonds. J’ adorais ce genre de baisers car je voulais jouer le rôle passif. Après cela, je m’ assis sur le lit et elle vint s’ asseoir sur moi en me chevauchant les cuisses. Voilà une position idéale qui lui permettait de coller ses seins contre moi. Elle commença aussitôt à pousser son vagin contre mon pénis. C’ est seulement à ce moment que j’ enlevais mon slip. Pendant que nous nous embrassions, je commençai à explorer son vagin avec mes doigts. C’ était déjà plein de jus. Je savais dès lors qu’ elle était déjà très excitée. Après quelques minutes, nous échangions de position. Elle s’ étendit sur le lit et je montai sur elle et commençai à lui donner des baisers partout, surtout sur la bouche et les seins. Quelques secondes après, je décidai de me diriger vers son vagin. Elle était couchée tout en restant complètement passive. J’ écartai les lèvres de son vagin car je voulais dénicher son clitoris avec ma langue. Aussitôt que ma langue toucha son clitoris, j’ entendis une sorte de courant électrique la traverser. Elle commença à gémir. Je commençai à lécher son clitoris, et parfois, j’ introduisais ma langue profondément dans le vagin comme si c’ était un vrai pénis. Je pouvais sentir qu’ elle en était très joyeuse. Elle commença à faire les mouvements de va-et-vient avec ses fesses comme si ma langue était devenue un véritable pénis. Pendant ce temps, elle caressait mes mains qui s’ affairaient à stimuler ses mamelons. Après quelques minutes, je sentis qu’ elle avait atteint l’ orgasme. C’ était très intéressant.
 
Ce qui est curieux est qu’ elle ne voulait pas se reposer. J’ étais prêt à ce que nous prenions un petit repos. Mais elle prit une nouvelle initiative, vint dormir sur moi et me couvrit des baisers pendant qu’ elle pressait son vagin contre mon pénis. J’ étais devenu si excité qu’ après quelques minutes, j’ éjaculai en dehors de son vagin. Maintenant arrive la meilleure partie que j’ aimerais que ma femme apprenne.
 
Vous savez qu’ après l’ éjaculation le pénis devient flasque. Elle avait une façon à elle de le réveiller. Je m’ assis sur le lit, et encore une fois, elle me chevaucha les jambes tout en poussant ses seins contre ma poitrine et elle commença les mouvements de l’ acte sexuel. J’ avais l’ impression que son vagin si juteux taquinait le dos de mon pénis. Par la magie du frottement continu entre le vagin et le pénis, celui-ci se révolta. Je me souviens encore de ses doux mouvements de va-et-vient au cours desquels elle se suspendait littéralement sur moi. C’ était un véritable paradis pour moi. Je pensais qu’ elle faisait cela tout simplement pour me faire plaisir. Mais lorsque je lui posai la question après, elle me confia qu’ elle y prenait beaucoup de plaisir.
 
Je pensai alors qu’ il était grand temps de changer de position. Cette fois-ci, je commençai à lui donner des baisers partout pour enfin descendre vers son vagin. Encore une fois, je pressentis la même excitation foudroyante dont elle était prise. Pour dire la vérité, j’ avais du plaisir à sucer son vagin et j’ aimais le goût du jus qu’ elle produisait. Le sien n’ était pas salé. Il donnait un goût apaisant sur ma langue et j’ étais tout simplement ravi de l’ avaler. Après quelques minutes pendant lesquelles je suçais son clitoris ou introduisais ma langue dans le tréfonds de son vagin, elle atteint de nouveau son deuxième orgasme. Je savais qu’ elle en était comblée car elle étreignait ma tête contre son vagin comme si elle voulait que ma langue la pénètre plus profondément.
 
Cette fois-ci, je décidai de nous donner un répit car nous étions tous deux couverts de sueur. Mais ce ne fut qu’ un bref repos. Elle vint de nouveau à moi, s’ assit sur mes cuisses et poussa ses seins contre ma poitrine. C’ était ma posture idéale pour les baisers. Je ne sais pas comment elle l’ avait su. Des fois, elle me tenait fermement serré contre elle, et en d’ autres moments, elle s’ agrippait à moi pendant qu’ elle excitait mon pénis avec son vagin. Je ne voulais pas personnellement qu’ elle se mette à sucer mon pénis. Je trouvais ses mouvements de frotter son vagin juteux contre les parois de mon pénis comme de loin plus excitant que n’ importe quoi que l’ on peut s’ imaginer. En un certain moment mon pénis était devenu tellement excité que je le pris et l’ introduisis très lentement dans son vagin. Comme c’ était paradisiaque le genre des sensations que je ressentis lorsque mon pénis glissa contre les parois internes du vagin. Je sentis encore une fois l’ intense plaisir qu’ elle avait ressenti lorsque j’ avais introduit ma langue dans son vagin. Après quelques secondes, je devais retirer mon pénis car je pressentis que j’ allais éjaculer. Dans la suite, elle me signala qu’ il n’ aurait pas fallu retirer mon pénis car elle était dans une période sûre au cours de laquelle elle ne pouvait pas attraper de grossesse.
 
La période qui s’ ensuivit était tout simplement radieuse. Nous étions encore tous deux complètement nus. Elle se coucha sur un côté et je lui fis face avec nos jambes entrelacées. Ensuite nous commençâmes à converser jusqu’ à ce que quelqu’un vint nous interrompre en toquant à la porte. C’ est alors que je me rendis compte que j’étais si heureux de me coucher complètement nu avec elle sur le lit. C’ était la fin de notre paradis. Il était sans doute grand temps de revenir sur terre aux réalités de la vie. Mais ce fut tellement une expérience agréable que je souhaite pouvoir la répéter souvent avec ma propre femme.
 
 Chapitre 6: Les problèmes sexuels
 (a) Des problèmes relatifs à l’ acte sexuel.
Problème No. 1: l’ éjaculation précoce
Voici des extraits que j’ ai pu obtenir à ce sujet.
 
Selon les observations consignées dans le livre de Chartham (1971:54-55), “toutes les personnes qui éjaculent trop rapidement commencent à faire les mouvements de va-et-vient avec les muscles de leurs fesses tendus aussitôt que le pénis est en position. Un des éléments d’ importance capitale pour retarder l’ orgasme consiste á détendre les muscles des fesses.”
 
L’ éjaculation précoce peut être facile à traiter. Voici un certain nombre d’ approches proposées dans le livre de Meier (1988:108-110).
 
(1)  Une expérience très simple est d’ essayer de réduire la tension que le mari peut être en train d’ expérimenter. S’ il se couche au dessous de sa femme, en prenant un rôle relativement inactif, il expérimentera une moindre tension musculaire et par conséquent aura moins tendance à éjaculer d’ une manière précoce.
(2)  Une autre approche à la solution s’ appelle “la technique de pression”. C’ est soit l’ homme soit la femme qui exerce la pression sur le pénis. Si un homme est au point d’ éjaculer, il peut en général arrêter l’ éjaculation en pressant son propre pouce contre le frenum, c’ est-à-dire la partie sensible qui se trouve sur la face inférieure du pénis là où la tête du pénis rencontre la hampe. Pour cela il peut appliquer un ou deux doigts sur cette partie inférieure comme point d’ appui, mais en fait tout ce dont il a besoin de faire est d’ exercer une petite pression, pas très forte, et la maintenir pendant quelques secondes. Ensuite il peut continuer avec l’ acte sexuel jusqu’ à ce qu’ il soit au point d’ éjaculer, et il recommence de nouveau la même procédure. Cette procédure peut servir à renforcer son endurance.
L’ alternative est que sa femme presse son pénis avec son pouce et sa majeure. Une fois qu’ il sent qu’ il ne peut plus éjaculer, sa femme arrête la pression et ils continuent leur acte sexuel.
(3)  Si un homme est très sensible, ces deux premières méthodes peuvent ne pas réussir. Un tel homme qui est extrasensible a besoin d’ apprendre à jouir du rapprochement physique avec sa femme sans éjaculer. Ils devront passer plusieurs moments au cours de la première semaine en faisant des choses qui leur donnent du plaisir physique telles que le massage, tout en évitant la stimulation des parties génitales. Ils ne devraient pas consommer l’ acte sexuel pendant ce type de thérapie. La semaine suivante, ils passeront plusieurs semaines en ajoutant à leurs exercices de contact physique la stimulation directe des parties génitales. Pendant que la femme stimule le pénis de son mari manuellement, il lui signale lorsqu’ il sent qu’ il est au point d’ éjaculer. Elle stoppe de cajoler alors le pénis et commence à le presser tout juste au dessous de la bordure de la tête du pénis. Cette procédure a comme effets de réduire l’ érection. L’ on répète cette procédure plusieurs fois jusqu’ à ce qu’ elle permette à l’ éjaculation d’ avoir lieu. La troisième semaine, après avoir passé suffisamment de temps consacré au prélude, il retire son pénis, et elle le presse jusqu’ à ce qu’ il perde son érection. Ils peuvent répéter cette procédure plusieurs fois jusqu’ à ce que l’ homme soit capable de renforcer le contrôle de son endurance et de sa tolérance.
 
Voici encore d’ autres techniques suggérées dans Porc-epic No. 009 du 11 mars 1995 (Porc-épic est un journal camerounais.)
 
(a)  L’ homme devrait apprendre à contrôler la courbe ascendante de son plaisir en interrompant momentanément les mouvements de va-et-vient jusqu’ à ce que son excitation soit réduite d’ une manière significative. Pendant qu’ il arrête ses mouvements, il concentre son attention à la caresse des seins de sa femme.
(b)  Le couple peut essayer une position différente où la femme se couche au dessus de lui. Dans cette position, l’ homme devrait tenir la femme aux hanches et essayer d’ imposer un rythme de mouvements qu’ il juge convenable pour retarder l’ orgasme.
(c)  Dès qu’ il pénètre, l’ homme pratique la technique d’ alterner trois coups rapides de pompage superficiel avec un coup lent pendant lequel il pénètre profondément; cette technique aide à mieux retarder l’ orgasme et à le contrôler.
 
Bien que ce texte soit écrit essentiellement pour les hommes, Sarah le trouva très intéressant. Il lui rappela la conversation qu’ elle avait un jour eue avec Habiba. Elle s’ était plainte des hommes qui éjaculaient d’ une manière précoce. Comme Habiba n’ est pas une de ses intimes, elle ne pouvait pas lui révéler que c’ est son mari qui était le coupable. Celle-ci lui prodigua un certain nombre de conseils intéressants.
 
Selon Habiba, lorsque l’ homme éjacule d’ une manière précoce, cela peut être dû au comportement de la femme. La femme devrait essayer de mettre son mari dans une position qui ne l’ excite pas outre mesure. Et lorsqu’ elle sent que son partenaire est au point d’ éjaculer, elle doit arrêter les mouvements, éventuellement l’obliger de retirer son pénis. Cependant, ce n’ était pas facile. Sarah avait un jour essayé cela, mais malheureusement son mari avait éjaculé sur elle. Elle avait regretté le fait que l’ éjaculation ne s’ était pas produite dans son vagin. Elle s’ était même sentie coupable car elle pensa que son mari n’ avait pas apprécié le fait de l’avoir obligé de quitter son vagin. Elle ne voulait plus en aucun cas répéter cette épouvantable expérience un autre jour.
[…]
 
Problème No. 10: La protection contre le SIDA et les maladies vénériennes.
 
Comme la satisfaction sexuelle est avant tout un problème psychologique des partenaires, c’est très important qu’ils soient tous les deux en bonne santé. Même si le problème du SIDA peut ne pas concerner directement les couples en bonne santé qui observent le voeu de fidélité au sein de leur mariage, il est néanmoins nécessaire qu’ils soient conscients du danger du SIDA et des maladies sexuellement transmissibles (MST) qui sévissent malheureusement dans nos sociétés africaines. L’information qui suit est adressée aux usagers de ce livre en vue des précautions qu’ils doivent prendre pour se protéger ou protéger les gens qu’ils aiment contre la propagation du SIDA et des maladies sexuellement transmissibles. Au cas où des parents ressentent quelques difficultés à aborder ce sujet avec leurs enfants, voilà des conseils qu’ils peuvent mettre à leur disposition pour pouvoir les discuter avec eux, en d’autres mots, ces conseils constituent l’ entrée en matière pour la discussion d’un sujet sensible aussi bien pour les parents que pour les enfants.
 
Je crois qu’une des raisons pour lesquelles de nombreux africains n’aiment pas employer les préservatifs en vue de se protéger contre le SIDA et toutes sortes de maladies vénériennes est le fait que, ils pensent que le SIDA est purement une invention des hommes blancs avec leur religion.[1] Pour eux, employer un préservatif est une manière indirecte de dire à son partenaire que l’on n’as pas complètement confiance à lui/ elle. La question est de savoir s’il vaut mieux avoir un grand plaisir sexuel avec la possibilité d’être atteint par le virus du SIDA ou des germes des maladies vénériennes ou avoir un plaisir sexuel relativement mitigée avec l’assurance que l’on reste en bonne santé.
 
En outre, il faut être réaliste. Une des causes de la propagation du SIDA en Afrique est la mentalité rétrograde de certaines personnes atteintes du virus du SIDA qui propagent intentionnellement cette pandémie pour ne pas succomber seules. En effet, une fois que ces gens savent qu’ils sont infectés, ils essaient par tous les moyens d’avoir des relations sexuelles avec de nombreux partenaires. C’est pourquoi, avoir des rapports sexuels occasionnels avec une personne que l’on ne connait pas réellement peut être parfois dangereux. Dans la section suivante, j’aimerais rapporter les réponses obtenues des docteurs en médecine et de deux chercheurs sur le SIDA à propos de la meilleure conduite à tenir pour éviter le SIDA et les maladies vénériennes.
 
A la question de savoir: “s’il vous était arrivé qu’on vous demande de donner un résumé des résultats de vos recherches sur le SIDA, quel message auriez vous à donner aux gens afin de les aider à éviter le SIDA et d’autres maladies vénériennes?” voici quelques réponses que je vous invite à examiner et à discuter avec votre partenaire.
 
Ivo Quaranta:[2]
 
Concernant votre question sur le VIH/SIDA, je ne crois pas qu’il existe des paroles magiques à communiquer aux gens afin de les inviter à éviter le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles. Ce qui est important pour moi est de faire comprendre aux gens que le SIDA n’est pas une punition morale pour leurs activités sexuelles, mais plutôt leur faire croire que c’est un virus qui ne tuera jamais quelqu’un qui se respecte et qui respecte les autres en limitant ses rapports sexuels seulement avec son partenaire, ou en utilisant les préservatifs. Je sais très bien que le sujet des préservatifs n’est pas bien accepté par l’Eglise, mais c’est pour le moment la seule solution disponible. C’est ce que je conseillerais à mes propres enfants également. Il vaut mieux rester en vie; je ne crois pas du tout à l’idée que les gens observeront l’abstinence sexuelle. Prêcher l’ abstinence est même dangereux parce que les gens seront d’accord avec vous à ce sujet, mais en même temps ils ne changeront pas leur conduite d’avoir des relations sexuelles quand, comment et avec qui ils veulent.
 
Ce serait magnifique de penser que les gens observeraient l’abstinence sexuelle jusqu’à ce qu’ils se marient et qu’après ils seraient strictement fidèles. Mais nous savons tous que cela n’est pas vrai pour la plupart de gens. C’est pourquoi prêcher l’abstinence comme moyen de lutter contre la maladie serait tout simplement voué à l’ échec.
 
Autre chose que j’aimerais suggérer aux parents est de donner chaque fois un peu d’argent à leurs enfants pour leurs besoins fondamentaux et pour leur plaisir personnel en sorte qu’ils ne tombent pas dans le piège de ceux qui leur proposent de l’argent ou de la boisson en échange des rapports sexuels. Lors de mes recherches, j’ai vu de nombreux cas des filles qui se vendaient pour des sommes modiques d’argent tout simplement parce qu’elles n’étaient pas en mesure de s’acheter soit une perruque ou quelque chose de ce genre. Si elles avaient la possibilité de se les procurer par d’autres moyens, elles ne se seraient pas livrées ainsi. En d’autres mots, c’est important de faire en sorte que les femmes, les enfants et les non nantis deviennent maîtres de leurs destinées de façon à ce qu’ils puissent valablement négocier les termes de leur vie sexuelle, en refusant les gens qui ne leurs conviennent pas ou en étant en mesure de leur imposer le préservatif s’ils veulent entretenir des rapports sexuels avec eux. Très souvent les filles demandent aux garçons d’employer les préservatifs, mais le garçon leur offre de l’argent, et la fille oublie et se donne carrément.
 
Je sais qu’il n’y a pas de paroles magiques, mais c’est important de faire comprendre aux gens que le SIDA trouve son champ de prédilection sur les chemins des inégalités et de pauvreté. C’est pour cela que c’est important de leur donner la chance de veiller à la destinée de leurs propres vies de la manière qu’ils veulent.
 
Paulette Songue[3]:
 
L’origine de la légèreté des moeurs en matière sexuelle chez les africains peut s’expliquer par leurs traditions. Alors que dans la culture occidentale, la monogamie est la norme, dans plusieurs cultures africaines, l’on trouve normal qu’un homme ait plusieurs partenaires non officielles mis à part son épouse. En outre, alors que dans la culture occidentale les parents préfèrent avoir un nombre réduit d’enfants, chez les africains en général, les couples veulent avoir une nombreuse progéniture. Quant aux relations sexuelles, les hommes ne s’inquiètent pas d’engrosser une femme. Ainsi, l’idée d’employer un préservatif est plus ou moins étrange dans la culture africaine en général.
 
En fait, dans le milieu rural, si un homme propose un préservatif à une femme, cette dernière peut avoir une réaction négative parce qu’elle peut penser que l’homme veut la tuer en introduisant un objet étranger dans son corps. Cependant, ceci ne veut pas dire que l’on ne peut pas changer de mentalité. Actuellement, un nombre croissant d’africains ne croient plus au mythe d’avoir de nombreux enfants, à cause notamment des conditions économiques. Je suis convaincue que, si beaucoup d’africains qui font de rapports sexuels sans protection devenaient suffisamment éduqués, ils changeraient leurs habitudes progressivement. Ce qu’il faut miroiter à leurs yeux est de faire en sorte qu’ils se rappellent constamment de ce qui est arrivé aux personnes mortes du SIDA qu’ils auraient connues personnellement. Ils devraient se souvenir des problèmes que ces enfants rencontrent soudainement une fois leurs parents morts.
 
Honnêtement parlant, est-ce vraiment trop demander d’exiger l’abstinence pour les célibataires? Chaque fois que vous faites des relations sexuelles sans protection, vous devez savoir que vous courez le risque d’ être la personne suivante à mourir du SIDA pour n’avoir pas pris de précautions lors de vos rapports sexuels. Vous courez ainsi le risque de laisser des enfants dépourvus de l’un de leurs parents. Vous courez le risque de rendre de tels enfants malheureux comme les autres enfants que vous connaissez personnellement dont les parents sont morts du SIDA.
 
L’abstinence et la fidélité sont les solutions idéales pour le moment. Si pour une raison quelconque l’on se trouve dans l’impossibilité d’appliquer l’une de ces solutions, la moindre chose que l’on puisse faire est d’employer les préservatifs. C’est là le prix à payer pour contribuer à la lutte contre la propagation de la pandémie du SIDA. Chaque individu doit faire sa part du travail dans cette lutte en mettant en cause certaines de ses habitudes. Chaque individu doit faire le choix correct. C’est pour cela que j’en appelle à vous, chaque fois que vous êtes tenté d’avoir des rapports sexuels, opérez le choix correct.
 
Je voudrais en outre souligner que, en Afrique subsaharienne, le SIDA n’est pas simplement un problème sexuel. Il est aussi un problème social et je ne vois pas de solutions claires pour certains des problèmes que je voudrais mentionner à présent.
 
En premier lieu, l’existence des familles polygames constitue une véritable difficulté pour combattre le virus du SIDA une fois qu’un partenaire dans une telle relation de polygamie est séropositif. Evidemment, pour les jeunes couples, la solution idéale est d’éviter coûte que coûte d’être un partenaire dans une telle relation polygame. Une autre solution est d’encourager certains partenaires dans une telle relation de polygamie de rompre leurs relations au cas où il s’avère qu’un des partenaires couche avec d’autres partenaires en dehors de son mariage. Je me demande à ce propos si la religion pourrait être une grande motivation pour éviter les relations de polygamie. Ou alors, un partenaire qui voudrait se soustraire d’une relation de polygamie pourrait avoir recours aux lois de son pays en donnant comme motif que le danger du SIDA l’oblige de quitter un mariage polygamique. Franchement parlant, je ne vois pas de solution à ce problème de polygamie en ce sens que les couples multilatéraux dans une telle relation courent un grand risque d’attraper le SIDA si un des partenaires arrivait à être infecté.
 
En deuxième lieu, il y a le problème d’héritage des femmes lors de la mort du mari. Dans certains de nos coutumes traditionnelles, la femme est automatiquement attribuée à un des frères du défunt, et même dans certains cas, à un des enfants si le défunt avait plusieurs femmes. Vu une telle coutume, qu’adviendrait-il si le défunt est mort du SIDA? Très certainement, la femme d’un tel défunt serait séropositive. Cela veut dire que son nouveau mari ainsi que sa nouvelle co-épouse devront courir le risque d’être infectés par le virus du SIDA. A cause de la pandémie du SIDA, on devrait dorénavant abolir cette coutume d’hériter la femme d’un défunt. Je crois que les différents gouvernements devraient imposer cette abolition au cas où les coutumes traditionnelles chercheraient à continuer de l’appliquer.
 
En troisième lieu, la coutume de se raser les cheveux comme rite funéraire constitue un véritable danger en ce temps de pandémie du SIDA. Lors de ce rite, le plus souvent, c’est la même lame de rasoir qui sert à raser plusieurs personnes. Bien que ceci peut ne pas apparaître comme un véritable danger pour la propagation du SIDA, je me permets de signaler le cas d’un enfant dans la province du Nord-Ouest du Cameroun dont le résultat du test HIV l’avait déclaré séropositif alors que ses parents ne portaient pas le virus du SIDA. Selon le médecin espagnol qui avait rapporté ce cas, cette infection serait due au tatouage de l’enfant. En effet, il est bien connu que des guérisseurs traditionnels emploient souvent les mêmes instruments pour tatouer les enfants, et ceci constitue un véritable danger si un des patients est séropositif. Bref, il y a urgence que certaines de nos coutumes traditionnelles soient abolies s’il s’avère qu’elles portent en elles le danger de mettre le sang de plusieurs individus en contact.
 
Je vous invite à présent d’examiner la réponse suivante qui a été donnée par une fille universitaire à qui j’avais posé la question : “comment pouvons-nous au mieux protéger nos filles universitaires et aussi celles des écoles secondaires des maladies sexuellement transmissibles ou du virus du SIDA?”
[…]
Voici les réponses que des docteurs ont donné aux différentes questions spécifiées ci-dessous:
 
Question No. 1:
Avant même de consulter un médecin, y-a-t-il des signes qui peuvent amener quelqu’un à suspecter que l’on est porteur des germes de maladies vénériennes? Que pourraient être de tels signes chez l’homme et chez la femme?
 
Dr. Austin Menjo:
 
Chez l’homme,
– l’ existence d’une ulcère ou d’une blessure indolore autour de la surface génitale, surtout après une récente relation sexuelle.
– des difficultés à uriner, surtout lorsqu’il y a la présence du pus dans l’urine.
– des chatouillements et une sensation de démangeaison dans l’ urètre ou le conduit urinaire.
 
Chez la femme:
– l’ existence d’une ulcère génitale,
– une décharge vaginale d’une abondance anormale.
– une douleur sérieuse au bas ventre.
 
 
Dr. Jifon Gilbert:
En plus des symptômes que vient de signaler mon collègue, l’on peut mentionner
 
Chez l’homme:
– une décharge urétrale, des blessures génitales (des ulcères), ou des éruptions cutanées.
 
Chez la femme:
– démangeaisons
– des douleurs lorsqu’on urine
– des relations sexuelles douloureuses
– des blessures génitales, (ulcères), ou des éruptions cutanées.
 
Dr. Ado Bwaka:
II y a effectivement plusieurs signes ou symptômes qui peuvent faire suspecter une personne comme porteuse de maladie vénérienne.
 
Les principaux signes de maladie vénérienne sont :
– l’écoulement génital
– l’ulcération génitale
– le prurit génital( démangeaisons )
 
Chez l’homme, c’est souvent soit une ulcération soit un écoulement.
Chez la femme, il faut ajouter les douleurs au bas-ventre, les douleurs pendant les rapports sexuels.
 
 
Question No. 2 :
Quels peuvent être les signes précoces du SIDA chez un partenaire?
 
Dr. Austin Menjo:
Une fièvre persistante dont on ne connait pas l’origine et qui ne répond pas au traitement contre la malaria ou aux antibiotiques; une diarrhée dont on ne connait pas la cause, des éruptions cutanées anormales, l’ herpes zoster (ou zona) communément appelé “le feu de Dieu” chez une personne adulte en bonne santé.[4]
 
Dr. Jifon Gilbert:
-un sentiment inexpliqué de malaise général, une fatigue, une fièvre persistante et intermittente, un gonflement des ganglions. C’est comme si on avait une maladie de type viral; ou alors on a la sensation comme si l’on souffrait d’une grippe pendant une période relativement longue.
 
Dr. Ado Bwaka
Il faut d’abord distinguer l’infection à VIH et le SIDA-maladie. Pour le premier cas, il s’agit d’une personne infectée par le VIH ( Virus d’Immunodéficience Humaine), agent responsable du SIDA. Une telle personne porte en elle le VIH parfois sans aucun symptôme ou signe manifesté extérieurement. Il s’agit d’ailleurs de la grande partie des gens
infectés car ils sont porteurs de virus et sont capables de le transmettre à tout moment, même si apparemment ils sont en bonne santé et vaquent à leurs occupations. Ils sont séropositifs à l’examen de leur sang.
Le SIDA-maladie, c’est le stade de la personne qui est infectée et qui présente déjà des signes en elle et cette personne est donc aussi capable de transmettre le virus.
 
Entre le stade d’infection à VIH à celui de SIDA-maladie, il peut se passer beaucoup d’années; c’est ce qu’on appelle temps d’incubation qui peut aller jusqu’a 10 ans comme c’est admis actuellement par les scientifiques.
 
Etant un syndrome, le SIDA se manifeste par un ensemble de signes.
Trois sont considérés comme majeurs:
– Fièvre prolongée de plus de 3 semaines de cause indéterminée,
– Amaigrissement de plus de 10 kgs de poids,
– Diarrhée traînante de plus de 1 mois, de cause inconnue.
D’autres signes ne sont pas spécifiques: toux, faiblesse, éruptions cutanées, …
 
Le ZONA à répétition est considéré comme un signe très probable de SIDA-maladie.
 
Question No. 3:
Comment peut-on au mieux éviter le SIDA du point de vue médical?
Dr. Austin Menjo:
– La meilleure solution c’est l’abstinence sexuelle
– éviter de partager des piqûres, des lames de rasoir et les machines pour raser.
– éviter le contact avec un sang étranger et des produits de sang ainsi que les fluides qui viennent du corps.
– Emploi de préservatifs pendant les relations sexuelles
 
Dr. Jifon Gilbert:
– Faites l’examen du VIH avec votre partenaire et soyez fidèle à lui. En d’autres mots, l’examen VIH et la fidelité avec votre partenaire.
 
Dr. Ado Bwaka:
Le meilleur moyen pour éviter le SIDA d’un point de vue médical: je dirais: la PREVENTION et c’est la seule arme efficace dont on dispose actuellement. PREVENTION VEUT DIRE ABSTINENCE POUR LES CELIBATAIRES ET FIDELITE POUR LES MARIES.
 
Il est vrai qu’à grande échelle, pour les campagnes des masses, il faut conseiller l’usage du condom pendant les rapports sexuels. Même si on sait que le condom ne protège pas à 100 %. C’est le moyen minimal dont on dispose pour faire la sensibilisation parce que de toutes façons on sait que les gens peuvent y adhérer. Mais quand il s’agit d’un individu, c’est l’abstinence et la fidélité.
 
Avant de terminer cette section, examinez les conseils suivants dont vous pourrez vous servir sur des partenaires potentiels qui seraient porteurs du virus VIH. Ceci concerne tout le monde, pas seulement les femmes. En lisant ces conseils, essayez de déterminer à quelle catégorie des personnes vous appartenez.
 
Catégorie A: Vous vous considérez comme profondément religieuse ou religieux. Non pas parce que vous voulez faire plaisir à vos parents ou à votre curé de la paroisse, mais parce que, du fond de votre coeur, vous croyez que vous devez vous comporter comme un enfant de Dieu. Dans votre cas, avoir des relations sexuelles à l’extérieur du mariage est simplement un péché que vous devez éviter à tout prix.
 
Apprenez à éviter toute situation quelconque qui peut vous conduire à une tentation. Evitez les amis qui considèrent le fait d’avoir des relations sexuelles comme la chose la plus normale du monde. Ou alors, si vous êtes obligée de rester avec eux, souvenez-vous que votre corps est sacré et que personne ne pourra vous obliger de le souiller. Vous le gardez pour votre bien-aimé jusqu’à votre mariage.
 
Catégorie B: vous savez que vous avez déjà eu des relations sexuelles auparavant et que probablement, si l’occasion se présente, vous en aurez encore. Vous savez que vous avez déjà donné votre corps pour de l’argent et que vous le ferez encore probablement dans l’avenir. Vous vous trouvez parfois dans l’obligation d’avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
 
Prenez soin de vous protéger. Comme le suggère Solange, il serait mieux de toujours garder des préservatifs dans votre sac à main.
 
Catégorie C: Vous vous trouvez spontanément dans une situation telle que vous risquez d’avoir des relations sexuelles. Pas pour de l’argent, mais simplement pour vous amuser.
 
a. Soyez prêt à regarder votre partenaire dans les yeux, une fois que vous avez le pressentiment que l’un d’entre vous pourrait être tenté à avoir des relations sexuelles. Dites-lui que vous devez absolument vous protéger au cas où il/elle s’imagine avoir des relations sexuelles avec vous. Dites lui que si vous devez coucher ensemble, il vaut mieux employer un préservatif.
b. Au cas où il/elle hésite, dites-lui que vous n’êtes pas intéressé. Soyez ferme dans votre décision. Si vous êtes des amis, proposez lui que vos ébats amoureux se limitent à la romance. Dites à votre partenaire que vous ne voulez pas coucher avec lui, et s’il insiste, quittez le simplement.
c. Apprenez à dire NON à quelqu’un qui vous propose de relations sexuelles à cause de ses besoins égoïstes. Souvenez-vous du fait que, beaucoup d’hommes aiment avoir des relations sexuelles, non pas parce qu’ils vous aiment, mais parce qu’ils éprouvent le besoin de se servir de vous, de vous corrompre avec de l’argent. Votre corps vous appartient. Personne n’a le droit de le souiller. Vous devez le protéger. Quelqu’un qui vous aime réellement vous aidera sans nécessairement coucher avec vous. Autrement, c’est un faux ami. Soyez prête de vous débarrasser de lui.
 
d. Puisque votre partenaire peut probablement se fâcher lorsque vous lui proposez le préservatif, il vous faut insister sur le fait que vous en avez besoin afin de vous assurer de ne pas tomber enceinte. Dites-lui que, très souvent, lorsqu’une fille devient enceinte, leurs amants nient qu’ils sont les auteurs de telles grossesses. Et quand bien même ils acceptent de porter la responsabilité d’une telle grossesse, ils en supportent difficilement la charge financière. Il faut faire prévaloir le fait que vous DEVEZ vous protéger à tout prix et que ce n’est pas là une affaire à négocier. En ce qui concerne l’homme, vous pouvez aussi vous servir du même argument que vous n’avez aucune intention de prendre des risques quand bien même votre partenaire vous dit qu’elle est en période sûre; après tout, des accidents se produisent parfois.
            Au cas où ce sont les statistiques qui peuvent mieux vous inciter à vous protéger, le livre intitulé World Almanac and Book of Facts (2000:880) rapporte que, parmi les 33.400.000 cas de porteurs de SIDA identifiés en 1998 dans le monde entier, 22.500.000 étaient de l’Afrique au sud du Sahara, soit 67% des cas. Ces statistiques nous indiquent qu’il y a donc un besoin absolu de se protéger et de protéger les siens.
 
 
Notes : ces larges extraits du livre vous auront donné une idée claire de tout le livre. Je voudrais signaler que le livre a été présenté à la Foire du livre de Harare au Zimbabwe, et les éditeurs Africains et européens, présents à cette foire ont trouvé qu’il était le meilleur livre sur le sexe en cette période de la pandémie du sida au début du 21e siècle. L’éditeur a aussi proposé la version française du livre au Festival Etonnants Voyageurs à Bamako (23 au 29 février 2004). Le livre été retenu comme un des 7 projets de Etonnants Scénarios qui seraient transformés en film. En tant qu’auteur, je n’ai pas de nouvelles de la suite de ce projet. Voir initiative@wanadoo.fr ou etonnants.voyageurs@wanadoo.fr.
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Prof. Philippe MUTAKA
Yaoundé (Cameroun)
Beni-Lubero Online
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[1] Dr. Ado Bwaka, qui a traité de nombreux malades de SIDA, nous fait remarquer que cette mentalité de croire que le SIDA est une invention des blancs n’est pas propre aux africains. Des asiatiques et des populations de l’Amérique Latine partagent aussi des vues similaires.
[2] Ivo Quaranta est un étudiant de doctorat de l’Université de Turin qui a effectué ses recherches sur le SIDA sous une perspective anthropologique dans la province du nord-ouest du Cameroun.
[3] Ce ne sont pas les paroles exactes de Paulette Beat Songue, un professeur de l’Université de Yaoundé 1 et chercheur sur la maladie du SIDA qui sont rapportées ici. C’est seulement l’essentiel de son message. En écrivant ce rapport, j’ai aussi introduit des suggestions de Madame Silvia Forni, une étudiante de doctorat de l’Université de Turin qui a vécu avec des femmes africaines dans la province du nord-ouest du Cameroun et qui a eu l’occasion d’observer leurs comportements intimes.
[4] La raison pour laquelle le Zona est considéré comme une manifestation très probable du SIDA est que, comme il appartient à la même famille que la varicelle, l’on suppose qu’une personne adulte qui a été vaccinée contre la varicelle ne peut plus l’attraper. Sa manifestation est donc une indication que le corps est devenu incapable de lutter contre cette maladie à cause du virus du SIDA. Curieusement, cette maladie s’appelle “moto ya Nzambe”, c’est-à-dire “feu de Dieu”, le même nom qu’ elle porte en anglais camerounais “Godfire”.

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