Procès des ADF à Beni: il faut fustiger un tâtonnement du Ministère public mal intentionné!

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Le Ministère public instruisant le procès des présumés partisans aux massacres de Beni a cité une accusation contre l’Honorable Antipas Mbusa Nyamwisi, d’après les déclarations qu’il prétend avoir tirées du colonel David LUSENGE, un prévenu poursuivi pour association des malfaiteurs avec des sujets ougandais. Le général Major Mukutu Kiyana stipule que David Lusenge a révévélé que Mbusa Nyamwisi fomentait un complot pour attaquer les villes de Beni et de Bunia en 2012, en collaboration avec le M23 qui assiégeaient, à cette époque, la ville de Goma. Cet Officier supérieur et avocat général des FARDC au procès contre les ADF a stigmatisé le fait en tentant par tous les moyens d’y donner une couleur et un poids susceptibles de convaincre les opinions.

Or, pour mieux comprendre la tournure dilatoire que le procès actuellement en cours contre des présumés ADF et leurs complices à Beni, il est impérieux de lire minutieusement l’heure de révélation sur l’assassinat du Père Vincent Machozi et sur les massacres de Beni, précisément dans le sous-titre « Le mystère de la reddition du colonel David Lusenge ».

Dès lors, tous les secrets de machination du pouvoir en place contre le peuple Nande et leurs leaders politiques et sociaux ont été mis à nu. David Lusenge est un de ces marionnettes que le régime de Joseph Kabila et son acolyte Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu, ont forgées pour décimer les habitants du grand Nord-Kivu. Sa valeur dans l’actuel procès relève justement à la fois de son appartenance à la communauté Nande et de son passé comme ancien haut cadre militaire de l’Armée du Peuple Congolais, APC en sigle, qui fut la branche militaire de l’ancienne rébellion du RCD/K-ML. Le gouvernement congolais, ou mieux le régime de Kabila, estime que de telles personnes sont des objets précieux à utiliser pour convaincre les opinions à croire à son mensonge qui stipule que des fils Nande sont en train d’exterminer leurs frères à Beni.

Mais, une fois de plus, le colportage du général major MUKUTU, et de tout le Ministère public conduisant le « procès de l’histoire » à Beni, manque de cohérence en sautant de coq à l’âne, lorsque ce tribunal s’attèle à perdre sciemment les opinions dans des confusions des faits, de manière qu’on ne saurait situer s’il s’agit d’un procès sur le phénomène du M23 ou sur le phénomène ADF ou encore s’il s’agit simplement d’un acharnement contre la personne, pourtant inoffensive, d’Antipas Mbusa Nyamwisi.

L’emportement du Ministère public et des autorités qui le téléguident contre Mbusa Nyamwisi trahissent mal l’évidence d’un complot des intéressés contre cette victime avec toute la communauté dont il fait partie. Ici se trouve la justification de toutes les calomnies ternissant l’image de la population du grand Nord-Kivu, en l’occurrence les Yira-Nande, telle qu’elle se retrouve actuellement déshumanisée devant le monde entier.

Dans l’entre–temps, les coupables sont blanchis, graciés par toutes sortes de manœuvres de défense, et les victimes incriminées. La couverture que le Ministère public a appliquée en faveur du Maire de la ville de Beni, Monsieur Nyonyi Bwanakawa est une éminente pièce en conviction au sujet du plan machiavélique du régime Kabila contre sa propre population.

Sinon, il y a urgence que le gouvernement congolais fournissent des réponses immédiates aux interrogations suivantes:

– Toutes les maisons de télécommunications sont sous le pouvoir et contrôle de cet Avocat du roi (le Ministère public), pourquoi n’a-t-il pas produit les relevés téléphoniques démontrant la mobilisation qu’a faite Mbusa pour engager une nouvelle rébellion contre Beni et Bunia, au lieu que cet éminent juriste s’illustre par une « preuve par commune renommée » (le colportage) pour le moins ridicule surtout en matière pénale ?

– Même les petits savent que les militaires ne se déplacent jamais sans feuille de route, comment seul les anciens officiers de l’ex-APC ont eu la possibilité de se déplacer irrégulièrement, sans être inquiétés par les services de sécurité, jusqu’à venir exécuter des massacres à Beni?

– Pourquoi quand un prévenu cite le nom Antipas MBUSA NYAMWISI, les responsables judiciaires ne donne aucune chance d’investigation pour prouver la véracité de fait, pendant que pour les cas qui impliquent les ouailles du pouvoir des efforts acharnés de défense sont aussitôt entrepris (exemple vécu avec le cas de Nyonyi Bwanakawa et du général Mundos)?

– N’y-at-il que les ex-APC qui puissent avoir le monopole de vérité et eux sont vaccinés contre la manipulation visible qu’il y a dans ce procès pour le moins complaisant ?

– Lorsque le Colonel EVA dirigeait une expédition fructueuse contre les INYELE en ex-Province de l’Équateur, pourquoi n’a-t-on jamais attribué cette victoire à Antipas MBUSA NYAMWISI s’il a encore la maîtrise sur les éléments donnés à l’armée unifiée déjà en 2002 ou 2003 ?

– Mbusa Nyamwisi n’a fait que trois ans avec le colonel Lusenge, tout comme avec tous les autres ex-APC qu’il a volontairement cédés au gouvernement congolais par l’intégration, mais pourquoi continuer à coller à sa peau le mal que commettent ces anciens combattants de l’APC qui travaillent pourtant sous l’autorité du gouvernement central depuis plus de dix ans ?

– Le ministère public n’arrive même pas à trouver un accusé qui témoigne en fond contre Mzee Mbusa. Son Avocat, le général major MUKUTU parle lui-même des faits qui sont supposés être couverts par la décrispation. Si ce pretendu complot de Mbusa avait échoué, entendu que ce leader de Beni-Lubero a dégagé le terrain politique directe depuis plusieurs années, alors qui tue les gens aujourd’hui à Beni?

– Pourquoi avoir attendu si longtemps pour tenir le procès de ceux qui voulaient entrer en coalition avec le M23?

– Quel rapport y a-t-il entre cette tentative étouffée avec les massacres de plus de 1800 personnes à Beni depuis Octobre 2014 ?

– Est-ce pour vouloir faire oublier les auteurs de ces crimes qu’on monte le présent procès? Si oui, pourquoi a-t-on peur de faire le procès des vrais criminels qui ne se sont arrêtés momentanément que lorsque les maï-maï venant de Lubero sont arrivés à Beni avec la détermination de les pourchasser jusqu’à leur dernier retranchement ? Et pourquoi, les FARDC n’ont pas voulu encourager ce zèle dont le fruit positif s’est immédiatement révélé sans aucun délai?

Bref, nul ne sait si le présent procès en cours à Beni concerne les massacres de Beni ou les m23 ou la prétendue attaque de la ville de Beni.

Le régime de Joseph Kabila aux abois devrait cesser de se comporter comme un buffle blessé.

Au sujet de Mbusa Nyamwisi, un vérité reste à préserver, c’est qu’il est la personne qui fut le premier à réclamer une enquête internationale et indépendante sur les massacres de Beni. Voilà tout ce qui indispose le pouvoir en place à Kinshasa, commanditaire de l’extermination des citoyens qu’il est sensé protéger.

Jean-Luc Br.

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

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