RDC: Un second dialogue national s’annonce!

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

NOUVEAU DIALOGUE, NÉGOCIATIONS DIRECTES, TOUT COMPRENDRE SUR LE NOUVEAU ROUND FACILITÉ PAR LA CENCO.

Photo BLO par Geoges Noko

« Il faut un dialogue inclusif », exige le Rassemblement

Le sommet de LUANDA est le véritable déclencheur de ce nouveau round, contrairement aux apparences, le point 22 du communiqué final souligne en sus de Kodjo, deux autres médiateurs internationaux notamment le Président Angolais et le Chef de l’État du Congo voisin.

Dès son retour au pays, le Président Kabila reçoit en urgence la CENCO à KINGAKATI et demande formellement à l’Eglise Catholique, «complice du Rassemblement» selon la Majorité Présidentielle, d’assurer le pont entre la MP et le Rassemblement en vu d’intégrer leurs préoccupations du conclave dans l’accord déjà signé. Ça ressemble bien au schéma dicté par l’union européenne, qui se passe dans un style proposé depuis mars 2016 par le G7 exigeant «les négociations directes».

Comment le schéma va-t-il fonctionner?

Ça va se passer à deux étapes. D’abord la négociation des préalables. Discussions en cours, certains prisonniers politiques pourraient être libérés et les poursuites abandonnés contre certains opposants en exil, quelques médias vont rouvrir et les autres questions comme le dédoublement des partis seront réglées dans le nouvel accord.

La deuxième étape, c’est le fond qui concernera les trois grandes divergences entre le dialogue national (qui s’est déroulé en majorité + alliés sous la supervision de Kodjo) et le conclave (ayant été tenu par le Rassemblement et alliés), le reste n’étant que de l’habillage.

1. Le délai de la Transition pour les élections.

– pour la Majorité et ses alliés, il faudrait un délai le plus long possible, tel que leur accord le prévoit pour Avril 2018 pour le schéma A, et 2019 pour le schéma B. Sans doute, pour la Majorité, il faut gagner le temps pour changer la donne et obtenir un troisième mandat à Joseph Kabila. Ceux-ci justifie aussi ce long délai par le besoin d’un temps suffisant pour se refaire une santé financière.

– Pour le Rassemblement un délai très court, le mois d’avril 2017 pour les présidentielles seules, soit la deuxième partie de l’année si elles sont couplées aux législatives. Cela implique le schéma électoral le plus court, c’est à dire la révision du fichier électoral au lieu de la refonte totale, et le renvoie des locales au nouveau gouvernement élu.

2. Qui gère la période Intérimaire?

– Pour la Majorité et alliés il faut respecter la constitution sur toute la ligne, donc appliquer sans faille l’arrêt de la cour constitutionnelle. Et pour permettre aux alliés de prendre la primature, tous acceptent d’intégrer la Majorité Parlementaire élargie.

– Pour le Rassemblement, la gestion de la période Intérimaire est la seule garantie l’application des résolutions de l’accord. Donc, il faut un régime spécial qui suppose que tout doit être mis sur la table. Le président de la République de transition qui pourrait venir de l’opposition ou de la Majorité, doit avoir des compétences limitées pour ne pas interférer dans l’organisation des élections, la répartition des responsabilités des gouvernements nationaux et provinciaux et la territoriale doivent être paritaires, la cour constitutionnelle doit être changée et, si possible pareillement pour les Assemblées législatives. Ces exigences constituent des garanties fondamentales pour éviter les surprises institutionnelles désagréables de la part de la majorité pendant la Transition.

3. La gestion des élections.

– Pour la Majorité et alliés l’équipe Nanga reste en place; sauf les quelques délégués de l’opposition qui doivent être remplacés.

– Pour le Rassemblement, toute l’équipe dirigeante de la Ceni doit être chambardée, une nouvelle équipe paritaire mise en place, le fond spécial dont la proposition de la provenance est déjà sur la table doit être mise à sa disposition pour qu’elle travaille en toute indépendance. Le calendrier électoral doit faire partie de l’accord. Et il doit être clairement mentionné dans l’accord que Joseph Kabila ne sera pas candidat. Et tous les responsables de la Majorité et de l’opposition qui auront pris part à la gestion de la Transition comme Président, Premier ministre ou ministres ne seront pas candidats à la prochaine élection présidentielle.

Ces divergences sont profondes, mais pas impossible à concilier, pour qu’il y ait enfin la signature d’un nouvel accord politique inclusif renfermant la volonté de tous. Les acteurs politiques en présence devraient faire triompher le sens du patriotisme en bannissant des tendances trop égoïstes qui rendent les efforts pour des intérêts collectifs souvent infructueux.

Une fois de plus, la CENCO, pris aujourd’hui au piège pour se retrouver comme pont entre le Rassemblement et la Majorité Présidentielle, devrait s’en tenir à une vigilance accrue pour ne point permettre une moindre violation de la Constitution en général, mais spécialement dans ses Articles verrouillés.

Journal du témoin

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *