Réaction d’un lecteur aux articles sur le contrat sino-congolais

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Depuis vendredi 8 Mai 2008, le peuple congolais est abasourdi par le débat sur le contrat signé entre les gouvernements Chinois et la RDC. Les uns (opposition) le qualifie de contrat léonin. Les   autres (gouvernement) l’appelle un contrat « gagnant-gagnant » qui permettra la réhabilitation et la reconstruction des infrastructures de base du pays.
Après lecture minutieuse de la déclaration du député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki pour réexaminer le contrat Chine- RDC suivie du point de vue de Richard Kabamba, nous avons conclu que les congolais désirent vivre demain dans un Congo meilleur. De notre humble avis, la dette contractée entre 1970 et 1973 dans les 8 projets : Inga I, II, ligne Inga-Shaba, la voix du Zaïre, CCIZ, métallurgie de Maluku, Hôtel Karavia et cimenterie Nationale n’étaient pas du tout des projets improductifs ou éléphants blancs pendant le Zaïre de Mobutu. Par contre, l’épreuve est la capacité de gestion des fonds de la maintenance et le non rentabilité des ouvrages qui n’avaient pas été pris en considération par ce régime corrompu. Nous partagions son avis sur ce qu’il qualifie de parias de la communauté internationale « la Zaïrianisation » qui a été la source de la destruction du tissu économique du pays, ayant comme conséquence « la détérioration des termes d’échange ». Cela explique l’incapacité de rembourser les emprunts contracter avec la Banque Mondiale, bien sur avec la corruption interposée pour atteindre le stock actuel de dette publique extérieur de 11 milliards de dollars. Cependant, pouvons-nous souhaités que le gouvernement Gizenga croise les mains face aux nouveaux défis ? Nous pensons que non, ou alors, ce gouvernement a-t-il des fonds pour se prendre en charge dans cette phase cruciale de la reconstruction? Non plus, de plus, le peuple congolais est- il capable de payer les impôts pour soutenir le budget de relance Economique? Avec quelle assiette? Suite à cette multitude des questions, le contrat Chine-RDC s’impose pour affronter les préalables du développement du Congo dit « 5 chantiers ». C’est vrai que les congolais sont victimes de plusieurs slogans de démagogie politique (Indépendance immédiate, Objectif 80, dialogue intercongolais, partage du pouvoir, etc.  Mais, pourquoi n’avons-nous pas confiance aux nouvelles institutions qui sont l’émanation d’une nouvelle constitution soumise au referendum et ayant conduit à l’organisation des élections présidentielles, législatives tant qu’au niveau national et provincial, des élections qui ont mis en place un régime légitime et légal sous les auspices des nations unies?
Nous partagions le point de vue que le nouveau gouvernement a tout intérêt de soutenir ce contrat Chine-RDC, suite aux promesses tenues par les animateurs et attendues par le peuple. Comme l’avait déjà prédit H.M. Stanley « que sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny ». Autrement dit, sans l’ouverture des voies de communications, le Congo ne doit pas prétendre se développer. Etant donner que l’ambleur de la destruction des infrastructures de base du Congo-Zaïre  est le seuil du tolérable,  les bailleurs classiques: la Troïka, les institutions de Breton Woods , l’Union Européennes… avaient promis de venir au secours de la reconstruction du pays. Malheureusement  les fonds de ces bailleurs internationaux posent des préalables (Bonne gouvernance, lutte contre les violences sexuelles…) alors que le quinquennat Kabila est à son deuxième année d’un mande de cinq ans. Dans ces conditions « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! » pour rejoindre la note de l’éditeur de Benilubero dans sa note introductive à la dépêche de la lecture de Richard Kabamba. Nous n’allons pas revenir sur les conditions (la guerre du Nord et Sud Kivu, l’Ituri, et le Bas Congo, etc) qui empêchent les fonds des bailleurs classiques (Institutions de Breton Wood, UE,…)
Par contre ces promesses ne devraient pas laisser inerte le gouvernement dans ses relations bilatérales et multilatérales à prendre langue avec d’autres partenaires moyennant ses capacités diplomatiques, avec  le Brésil, la Chine, l’Indiens…. Pourquoi le contrat Chine-RDC partage encore une fois l’univers politique congolais à l’image des incidents politiques historiques : Des années 60 entre Kasavubu -Lumumba- Mobutu – Tshombe- Gizenga… sur le statut de l’Etat et ses Bailleurs privilégié sous les notions unitaire-Etat fédéral- capitaliste-unitariste- communiste ayant conduit à des idéologies sécessionniste et guerres Mulelistes. Et des années 90 entre Mobutu-Tshisekedi-Ngunz a Karl I Bond-Kabila… sur des notions de la perestroïka et le vent des conférences nationales en Afrique ayant paupérisé le peuple congolais suite au difficile passage de la de la dictature à la démocratie, par des pillages successifs, dévaluation de la monnaie, guerres civile et d’agression … qui a aboutit à l’occupation ? La Chine est réaliste : 3215km pour les chemins de fer, 3400 km routes bitumées, 2738km routes en terre battue, Ecoles, Hôpitaux, Universités, Habitations… combien nous ont laissé les Bailleurs classiques depuis 1905  à nos jours ? Plus d’un siècle. Chacun de nous connais le bilan, cet échec est interpréter de plusieurs manières : Dictature, gestion sans partage, corruption, leadership congolais, militarisation, guerre civile et d’agression, zaïrianisation, opposition divisée… Je pense qu’il faut ajouter également l’incapacité d’absorption des fonds des investisseurs.
C’est juste, dans les relations internationales, les Etats n’ont pas d’amis mais ils ont toujours des intérêts, ce qui justifie la forme lucrative des rapports bilatéraux et multilatéraux, et les Etats en difficultés budgétaires doivent recourir à d’autres formes de financement : emprunts, aides, privatisation… . Je ne partage pas la peur du députe Kiakwama, d’allonger la dette de 11 milliards vers l’accord Chinois, le Congo doit assumer ses responsabilité historiques en projetant ses visions vers le remboursement de ses dettes et prouvé ses capacité de restructuration. N’est-il pas étonnant de voir une puissance comme l’Italie privatiser sa compagnie aérienne Alitalia symbole de la souveraineté nationale pour des raisons similaires ? Aujourd’hui la mondialisation s’impose dans les rapports Etatiques ; pensons-nous qu’il existe des Etats développés sans emprunt ? L’image du Congo actuel n’est pas d’un pays d’auto-prise en charge avec une productivité interne faible, n’étant pas en mesure de prendre en charge les budgets internes. Dans ces conditions, c’est au  gouvernement congolais de bien définir comment il sera aussi gagnant dans ses rapports diplomatiques. Nous devons comprendre qu’il n’existe pas au monde un contrat sans défaillance. Mais nous devons regarder à quel point nous sommes gagnant ou perdant.
Selon les termes du ministre des infrastructures, Pierre Lumbi, le contrat CHINE-RDC est gagnant-gagnant ce qu’il faut bien examiner au parlement pour l’amélioration du fond et de la forme du contrat, sans pour autant permettre un troc entre les minerais et les infrastructures congolaises comme le pense le ministre Belge Karel De Gucht. Ce qui est important est que le gouvernement congolais instaure des mécanismes pour que ce fonds n’atterrisse pas dans les poches des prédateurs et que les Chinois nous fassent du bon travail. . Par contre le propos des analystes repris par Richard KABAMBA me semble plus sentimental en relevant que ce contrat est en faveur exclusive des chinois qui n’y perdent rien … et que Joseph Kabila est le principal bénéficiaire…. Je pense qu’il ne suffit pas de le dire car, le ministre des infrastructures n’est pas dupe pour remettre en question l’effort gouvernemental.
Pour terminer, nous pensons que le Congo a besoin d’un partenariat solide pour se reconstruire, par sa grandeur et sa diversité des ressources du sol et du sous-sol, le peuple a beaucoup souffert espère encore une fois à travers ces 5 chantiers et les acteurs politiques doivent gagner ce rendez vous de l’histoire.
Paul VYASONGYA
Italie
Beni-Lubero Online
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