S.O.S ! Une nuit de carnage sans précédent dans la ferme de Bobohu, en Ituri.

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Désormais l’Ituri est intégralement scellé par le triste sort de son cher voisin Beni, où le temps file au rythme des massacres et du carnage. Mais ce qui vient de se produire cette nuit dans la ferme de Bobohu connue vulgairement sous le nom de « Magasin de Jiba », se présente comme le sommet de tous les événements meurtriers vécus durant ce nouveau sursaut des atrocités en Ituri. Les sanguinaires, que la population de Beni appelle « égorgeurs », et que les autorités indiquent comme des assaillants non autrement identifiés, viennent d’opérer un des massacres les plus odieux de ces jours.


En effet, devant l’avancée des violences dans le centre du territoire de Djugu, la population locale est en train de se concentrer dans certaines zones encore sauves. Les faits de cette nuit concernent les contrées de Sumbuso et Dheja, dans le rayon se rapprochant de Fataki, en territoire de Djugu, en province de l’Ituri.


Des multitudes de populations fuyant la progression des massacres en cours ont choisi de trouver momentanément refuge dans la ferme de Bobohu autrement appelé « Magasin Jiba », non loin de la localité de Fataki. Les égorgeurs ont eu la fuite d’information au sujet de ces déplacés. Aussi, ont-ils organisé avec précision une incursion musclée sur la cible. Ils ont tués systématiquement ces malheureux fugitifs après avoir encerclé le lieu de leur refuge, en sorte qu’apparemment il n’y en aurait aucun survivant. Il y a lieu d’apprécier l’horreur de ce terrorisme dans l’image ci-incluse.


Le scandale est identique à la tragédie de Beni. L’attitude de la Monusco et des FARDC suscitent mille et une interrogations dans le sens de la déception pour une population qui se sent trahi à la fois par ses dirigeants et par la communauté internationale représentée sur terrain par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo, MONUSCO en sigle. Pourquoi cette déception?


Les militaires onusiens de la MONUSCO étaient présents dans la mission catholique (paroisse) de Fataki pendant que l’événement se déroulait. Ils ont été informés en temps du malheur qui rabattait sur la population. Des émissaires leur ont rapporté comment des assaillants venaient de bloquer le passage au niveau d’une localité appelé Sanduku et qu’ils incendiaient les villages de ce rayon. Cependant, au lieu de voler promptement au secours des personnes en danger, ils ont préféré rebrousser le chemin pour prendre la direction de Djugu chef-lieu. Quant aux FARDC, c’est l’inertie totale. Nul ne s’intéresse à les affecter dans les zones en ébullition. D’ailleurs, la hiérarchie de l’armée manifeste une indifférence étonnante qui trahit déjà le genre de complicité officielle en faveur des bourreaux de la population, exactement à l’instar de ce qui est dénoncé à Beni.


C’est pourquoi, les opinions locales en général, mais les jeunes gens en particuliers, sont bien tentées d’en appeler à une mobilisation générale pour l’autodéfense populaire. Car l’ennemi semble opérer sous une ferme couverture du pouvoir en place. C’est très triste, quand dans un Etat les citoyens réalisent qu’ils ne peuvent pas compter sur leurs dirigeants en cas de besoin de défense et de protection.

Ngadjole Nickson
Bunia.

©Beni-Lubero Online.

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